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Les Peuples de la vallée de l'Omo


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Fuel4Life Membre 10926 messages
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La vallée inférieure de l’Omo, au sud-est de l’Ethiopie, est habitée par huit peuples différents dont la population représente environ 200 000 personnes qui vivent sur ces terres depuis des siècles.

Cependant, l’avenir de ces peuples est incertain. Un barrage hydroélectrique géant, Gibe III, est en construction sur l’Omo. Une fois achevé, il anéantira un environnement fragile et le mode de vie de ces peuples qui dépendent étroitement du fleuve et de sa crue annuelle.

Salini Costruttori, une compagnie italienne, a commencé la construction du barrage Gibe III fin 2006 et en a déjà achevé un tiers.

La plus grande banque chinoise, la Banque chinoise de commerce et d’industrie (ICBC), a accepté de financer une partie de la construction du barrage.

Après avoir effectué des études préliminaires d’évaluation, la Banque européenne d’investissement et la Banque africaine de développement ont annoncé en 2010 qu’elles n’envisageaient plus de financer le barrage de Gibe III.

En mars 2011, le gouvernement éthiopien a annulé sa demande d’aide financière au gouvernement italien. La requête avait suscité la vive préoccupation de plusieurs ONG italiennes qui avaient exhorté le ministre des Affaires étrangères à ne pas soutenir le barrage controversé.

Survival et plusieurs organisations régionales et internationales estiment que le barrage Gibe III aura des conséquences catastrophiques sur les peuples de l’Omo qui vivent déjà très difficilement dans cet environnement aride et hostile.

Nous appelons les autres financeurs potentiels à ne pas soutenir ce projet tant que ne sera pas menée une étude d’impact socio-environnemental complète et indépendante et tant que les peuples indigènes n’auront pas été consultés et n’auront pas donné leur consentement libre et informé.

La vallée inférieure de l’Omo est une région d’une beauté majestueuse offrant des écosystèmes d’une extrême variété dont des prairies, des affleurements volcaniques et l’une des rares forêts ‘vierges’ de l’Afrique semi-aride abritant une importante diversité faunistique.

eth-ham-it-10_article_column.jpg © Survival Les Bodi (Me’en), les Daasanach, les Kara (ou Karo), les Kwegu (ou Muguji), les Mursi et les Nyangatom vivent le long de l’Omo et en dépendent étroitement. Ils ont développé au cours des siècles des pratiques socio-économiques et écologiques complexes adaptées aux conditions climatiques difficiles et imprévisibles de cette région semi-aride.

La crue annuelle de l’Omo alimente la riche biodiversité de la région et garantit une sécurité alimentaire à ces peuples lorsque les précipitations sont rares.

Ils en dépendent donc pour pratiquer une ‘agriculture de décrue’, en utilisant le limon déposé sur les berges du fleuve par le lent retrait des eaux.

Ils pratiquent également l’agriculture pluviale et itinérante, produisant du sorgho, du maïs et des haricots dans les plaines inondées. Certains peuples comme les Kwegu, chassent le gibier et pratiquent la pêche.

Le bétail, les oies et les moutons jouent un rôle essentiel dans le mode de vie de la plupart de ces peuples qui en tirent du sang, du lait, de la viande et du cuir. Ils accordent une très haute valeur au bétail qui est utilisé comme moyen de paiement pour la dot de la mariée.

Les animaux domestiques représentent un important moyen de défense contre la famine due à la sécheresse. A certaines époques de l’année, les familles se rendent dans des campements provisoires pour procurer de nouveaux pâturages au bétail et se nourrissent du lait et du sang de leurs animaux. Les Bodi chantent des poèmes pour faire prospérer leur bétail.

D’autres peuples, comme les Hamar, les Chai ou les Turkana, vivent plus loin de la rivière, mais un réseau d’alliances interethniques s’est créé pour qu’ils aient également accès aux plaines inondées, en particulier en période de famine.

Malgré cette coopération, des conflits éclatent périodiquement pour l’accès aux ressources naturelles. Le gouvernement s’étant accaparé de plus en plus de terres indigènes, la compétition pour les rares ressources s’est intensifiée. L’introduction d’armes à feu a rendu les conflits interethniques beaucoup plus dangereux.

Les peuples de la vallée inférieure de l’Omo souffrent de la perte progressive d’accès et de contrôle de leurs terres depuis de nombreuses années. Deux parcs nationaux créés dans les années 1960 et 1970 les empêchent de disposer des ressources essentielles à leur survie qui s’y trouvent. Les touristes peuvent y chasser le gibier au cours de safaris alors même que les résidents indigènes n’en ont pas le droit, ce qui entraîne de graves problèmes de malnutrition.

Dans les années 1980, une partie de leur territoire a été transformée en une ferme irriguée étatique et très récemment, le gouvernement a lancé le projet de convertir une partie substantielle de leurs terres à la production d’agrocarburants.

Bien que la Constitution éthiopienne garantisse aux peuples indigènes le droit à la ‘pleine consultation’ et à ‘l’expression de leurs points de vue concernant la planification et l’implantation de mesures environnementales et de projets qui les affectent directement’, le processus de consultation n’est en réalité jamais mené entièrement et de manière appropriée.

Les peuples de la vallée inférieure de l’Omo prennent toutes les décisions qui les concernent lors d’importantes assemblées communautaires réunissant tous les adultes. Très peu d’entre eux parlent l’amharic, la langue nationale, et le taux d’alphabétisation est l’un des plus bas dans le pays, ce qui signifie qu’ils ont peu accès à l’information concernant les projets de développement qui les affectent.

‘Des conversations avec des organisations de la société civile en Ethiopie ont révélé que remettre en question les projets gouvernementaux était une démarche hautement périlleuse et aucune d’entre elles n’ose évoquer publiquement les dangers potentiels que représentent les barrages de crainte de la répression du gouvernement.’ Campagne pour la réforme de la Banque mondiale’ Un expert de l’agence nord-américaine pour le développement international (USAID) qui s’est rendu dans la vallée de l’Omo en janvier 2009 pour évaluer les impacts du barrage Gibe III a rapporté que les communautés indigènes ne savaient rien ou quasiment rien de ce projet.

Dans le but de limiter le débat sur les politiques controversées et de resteindre la sensibilisation aux droits de l’homme, le gouvernement a publié un décret en février 2009 statuant que toute ONG ou autre association à but non lucratif recevant plus de 10% de ses fonds de sources étrangères (ce qui est pratiquement le cas de toutes les ONG en Ethiopie) ne peut promouvoir les droits démocratiques et humains.

En juillet 2009, le Bureau de Justice de la région sud a révoqué les licences de 41 ‘associations communautaires’, les accusant de ne pas coopérer avec la politique gouvernementale. De nombreux observateurs considèrent cette mesure comme une tentative réelle du gouvernement d’écarter toute discussion et de déjouer les mouvements d’opposition au barrage Gibe III.

En juillet 2006, le gouvernement éthiopien a signé un contrat avec la compagnie italienne Salini Costruttori pour la construction de Gibe III, le barrage hydroélectrique le plus important de tout le pays. Il n’a été lancé aucun appel d’offre pour le contrat, en violation avec la législation éthiopienne.

La mise en œuvre du chantier a démarré en 2006 avec un budget de 1,4 milliard d’euros. Un tiers du barrage a déjà été construit et les coûts sont de plus en plus élevés.

Le barrage bloquera la partie sud-ouest de l’Omo qui s’étend sur 760 km depuis les hautes terres d’Ethiopie jusqu’au lac Turkana au Kenya. La vallée inférieure de l’Omo est un site classé au patrimoine mondial de l’Unesco en raison de son importance géologique et archéologique. L’Omo s’y écoule dans les parcs nationaux Mago et Omo, où vivent plusieurs peuples indigènes.

La législation éthiopienne sur l’environnement stipule qu’une évaluation d’impact environnemental et social (EIES) doit être menée avant l’approbation de tout projet. Malgré la législation, l’Agence fédérale éthiopienne de protection de l’environnement a approuvé l’EIES de manière rétroactive, en juillet 2008, deux ans après le commencement des travaux.

L’EIES a été menée par l’agence italienne CESI et a été financée par la compagnie éthiopienne d’électricité EEPCo (Ethiopian Electric Power Corporation) et Salini, faisant soulever des doutes quant à son indépendance et sa crédibilité. Son rapport publié en janvier 2009 soutient le projet, prétendant que l’impact sur l’environnement et les peuples concernés sera ‘négligeable’, voire ‘positif’.

Selon des experts indépendants, le barrage aura un impact gigantesque sur l’écosystème délicat de la région en altérant la crue saisonnière de l’Omo et réduira dangereusement son volume en aval, ce qui provoquera la sécheresse de la zone riveraine et la disparition de la forêt lacustre.

Si la crue naturelle et ses riches dépôts de limon disparaissent, l’économie de subsistance des peuples de la région s’effondrera, exposant au moins 100 000 membres de communautés indigènes à une grave pénurie alimentaire.

icon_pdf.png Télécharger une lettre adressée aux directeurs de la Banque africaine de développement (PDF)

icon_web_16x16.png Lire la requête de l’ONG International Rivers au sujet du barrage Gibe 3

icon_pdf.png Télécharger une seconde lettre de Survival adressée aux directeurs de la Banque africaine de développement (PDF)

icon_pdf.png Télécharger les commentaires du goupe de travail Africa Resources (PDF)

icon_pdf.png Télécharger la fiche d’information de International Rivers (PDF)

Agissez maintenant pour aider les Peuples de la vallée de l'Omo

Ecrivez une lettre au Premier ministre d’Ethiopie l’exhortant à reconsidérer le projet.

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Fuel4Life Membre 10926 messages
Forumeur alchimiste‚
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Des organisations de droits de l’homme, dont Survival et Human Rights Watch, ont vivement critiqué la décision de la Banque mondiale et d’autres institutions, comme l’Agence française de développement (AFD), de financer un réseau de lignes électriques lié au barrage controversé Gibe III en Ethiopie.

Ce projet, qui vient d’être approuvé, raccordera au réseau électrique du Kenya l’énergie générée par le barrage hydroélectrique dans le sud de l’Ethiopie.

Le très controversé barrage Gibe III devrait être achevé en 2014, mais les conséquences socio-environnementales dévastatrices de sa construction ont suscité un vaste mouvement d’opposition.

La décision de soutenir un projet aussi controversé entre en contradiction avec les lignes directrices de la Banque mondiale sur la protection des droits des peuples indigènes et leur réinstallation involontaire ainsi qu’avec la démarche de responsabilité sociale et environnementale de l’AFD.

Les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire de plus de 200 000 membres de tribus indigènes vivant dans la vallée inférieure de l’Omo seront réduits à néant par le barrage.

Le faible niveau d’eau qui a atteint un seuil sans précédent brise l’autosuffisance des tribus pastorales telles que les Bodi et les Mursi ainsi que les chasseurs-cueilleurs kwegu.

Ajouté à cela, tandis que le gouvernement ouvre des terres aux lucratives plantations de canne à sucre et de coton irriguées par les eaux du barrage, les violents accaparements de terre, les réinstallations forcées et les atteintes aux droits de l’homme sont monnaie courante dans le cours inférieur de l’Omo.

L’Ethiopie a négligé de consulter les communautés tribales sur la construction de Gibe III ou sur ses projets agressifs de plantation qui dévastent la vallée inférieure de l’Omo, un site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

3_article_column.jpg La violente mainmise sur les terres du cours inférieur de l'Omo forcent les tribus telles que les Mursi à abandonner leurs villages.

© Survival Le barrage affectera également plusieurs communautés tribales du Kenya près du lac Turkana, le plus grand lac du monde en milieu désertique.

Stephen Corry, directeur de Survival International, a déclaré aujourd’hui : ‘Les besoins énergétiques du Kenya et de l’Ethiopie ne devraient pas être utilisés pour justifier de telles violations des droits fondamentaux de l’homme. Il s’agit une fois de plus d’un nouveau projet dévastateur subventionné par la Banque mondiale qui va détruire la vie de centaines de milliers de personnes appartenant aux communautés les plus auto-suffisantes de la Corne de l’Afrique. Et pourtant leurs droits de l’homme sont ouvertement bafoués par un organisme qui devrait s’appuyer sur l’histoire, plutôt que de répéter les erreurs du passé’.

Note aux rédactions:

Survival International, Human Rights Watch et International Rivers condamnent unanimement la décision de la Banque mondiale de financer ces lignes de transmission électriques.

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