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Séminaire - Anselm Jappe - Critique du néo-libéralisme ou critique de la société marchande ?


-Morgoths-

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Membre, 31ans Posté(e)
-Morgoths- Membre 416 messages
Baby Forumeur‚ 31ans‚
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Dans cette vidéo, très intéressante aussi pour qui voudrait découvrir la critique de la valeur, Jappe montre en quoi il faut rompre une bonne fois pour toute avec l'ensemble de la vision tronquée de la société capitaliste-marchande qu'a pu véhiculé le marxisme traditionnel et son cadavre contemporain. Celui-ci depuis le XIXe siècle a unilatéralement dénoncé la seule exploitation de la survaleur sans dénoncer la valeur en elle-même et le reste des formes sociales catégorielles de la vie sous le capitalisme. Cette vision très répandue a toujours compris le travail comme un principe ontologique ayant existé dans toutes les sociétés humaines (ce qu'a contesté l'anthropologie contemporaine en dénaturalisant l'économie), qui serait capté extérieurement par le capital. Le capitalisme est réduit à un simple mode de distribution de catégories supposées être éternelles (travail, argent, valeur...). Il fallait donc dans cette vision « libérer le travail du capital ». La critique de la valeur reformulée ici rapidement par Jappe, démontre au contraire que le travail est un principe social récent au fondement même de la société capitaliste qui émerge à partir du XVIe siècle (l'étude de l'historien Geoffrey Parker sur la « Révolution militaire » permet de comprendre la première diffusion sociale du travail abstrait dans la modernité), mais qui vient corseter véritablement des pans entiers de la vie depuis seulement la fin de la Seconde guerre mondiale. Il faut donc se libérer du travail qui apparaît dans l'histoire quand il devient une activité qui va médiatiser l'ensemble des rapports sociaux modernes et s'auto-médiatiser lui-même dans sa forme suprasensible et invisible, la valeur. Celle-ci, en tant que médiation sociale des sociétés modernes, va se constituer au travers des pratiques des individus inscrites dans certaines formes sociales, en un « sujet automate » (Marx) qui met en mouvement une société construite autour de cette fin en soi irrationnelle pour la croissance de la valeur. Le travail, dans sa double nature (concrète et abstraite) est devenu véritablement le principe d'une nouvelle « synthèse sociale », donc d'une société moderne inédite et complément fétichiste. Dans cette critique, le prolétariat n'a donc jamais été le sujet de l'histoire et la lutte des classes, qui existe bien en tant que conflit d'intérêts immanent à la société capitaliste (entre le travail - abstrait - qui est du capital fluidifié et le capital qui est du travail abstrait fossilisé, deux co-principes d'une même boucle autoréflexive de la valorisation, qui se métamorphosent l'un dans l'autre dans un mouvement auto-expansif qui est le fétichisme réel de la croissance pour elle-même) sans lui être en aucune manière hétérogène, n'est en rien porteuse de son dépassement pouvant nous amener vers les terres d'une nouvelle médiation sociale qui ne serait plus celle du travail et de la valeur.





blog de la critique de la valeur


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Membre, 31ans Posté(e)
-Morgoths- Membre 416 messages
Baby Forumeur‚ 31ans‚
Posté(e)

ça n'inspire personne ? :p

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