-Morgoths-

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À propos de -Morgoths-

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    Philosopie, musique electro : dubstep, drum and bass... Science fiction, fantasy.
  1. Hello Morgoths, je viens te souhaiter de bonnes fêtes et espère que tu as la forme, bisous et au plaisir, Ama

  2. Bah une ptite guerre nucléaire ça peut nous divertir un peut nan ?
  3. L'antifascisme.

    Non c'est une bêtise infâme visant à mettre encore plus de confusion et masquer les problèmes réelles liées à l'émergence de nouvelles tendances racistes, xénophobe et violente dont les méthode s'approche plus ou moins des groupes d'extrême droite nationaliste et fasciste qui ont vu le jour au XXème siècle.
  4. L'antifascisme.

    Si l'antifascisme est le pire produit du fascisme, l'anti-antifascisme est le pire produit de l'antifascisme !
  5. L'antifascisme.

    Pop ! je t'arrête tout de suite, la première phrase de ton texte est une grossière erreur. Ça s'annonce mal pour le reste de l'argumentation. Depuis quand être contre le fascisme c'est être neutre politiquement. Bêtise monumentale ! édit : Ok c'est pire que je le pensais tu prétend que les antifascistes s'affichent comme étant neutre. Tu leur invente un propos pour mieux les démontés, bravo ! Pour ceux qui ne sont pas encore certain que le fascisme reste un danger et que l'antifascisme est nécessaire ailleurs et le sera bientôt chez nous : http://www.forumfr.com/sujet493542-helas-pour-nous-documentaire-sur-l-aube-doree.html
  6. Hélas pour nous, documentaire sur L'Aube Dorée

    Bah regarde la vidéo j'ai rien à en dire !
  7. Les opposants au mariage gay dans la rue

    J'suis vachement content de le savoir ! Tu pourrais peut être développer !
  8. Les opposants au mariage gay dans la rue

    Bah forcément Jospin est à gauche donc c'est forcément acceptable ce qu'il dit... D'ailleurs merci pour ces propos sexiste sur l'auteur de ce texte. Personnellement je ne la connais pas mais je suis d'accord avec ses propos !
  9. Les opposants au mariage gay dans la rue

    Vendredi dernier, l'ancien Premier ministre réaffirmait ses réserves sur l’ouverture du mariage aux homos. L'écrivaine Virginie Despentes revient sur son argumentaire, et sur celui des anti-mariage pour tous. Invité vendredi dernier sur le plateau du Grand Journal de Canal+, Lionel Jospin est revenu sur ses réserves sur l'ouverture du mariage aux couples homos. «C'est la position de mon parti, et donc je la respecte, a commenté l'ancien Premier ministre. Ce n'était pas la mienne au départ. Ce que je pense c'est que l'idée fondamentale doit rester, pour le mariage, pour les couples et pour la vie en général, que l'humanité est structurée entre hommes et femmes.» L'écrivaine Virginie Despentes a choisi de lui répondre dans une tribune que publie TÊTU.com. «Alors, cette semaine, c'est Lionel Jospin qui s'y colle. Il trouve qu'on n'entend pas assez de conneries comme ça, sur le mariage gay, il y va de son solo perso. Tranquille, hein, c'est sans homophobie. Il n'a pas dit qu'on avait le droit de casser du pédé ou de pourrir la vie des bébés gouines au lycée, non, juste, il tenait à signaler: attention, avec le mariage, on pousse mémé dans les orties. «L'humanité est structurée sur le rapport hommes femmes.» Juste, sans homophobie: les gouines et les pédés ne font pas vraiment partie de l'humanité. Ils ne sont pourtant pas stériles - mais comme ils ne vivent pas en couple, ce n'est pas de l'humain pur jus, pas de l'humain-humain comme l'est monsieur Jospin. Ce n'est pas super délicat pour les célibataires et les gens sans enfants, son truc, mais Jospin est comme ça: il a une idée forte de ce qu'est l'humanité, et l'humanité, c'est les femmes et les hommes qui vivent ensemble, copulent et produisent des enfants pour la patrie. C'est dommage pour les femmes, vu que, in fine, cette humanité là, c'est l'histoire de comment elles en ont pris plein la gueule pendant des millénaires, mais c'est l'humanité, que veux tu, on la changera pas. Et il faut bien l'admettre: il y a d'une part la grande humanité, qui peut prétendre aux institutions, et de l'autre, une caste moins noble, moins humaine. Celle qui devrait s'estimer heureuse de ne pas être persécutée, qu'elle ne vienne pas, en plus, réclamer des droits à l'état. Mais c'est dit sans animosité, hein, sans homophobie, juste: l'humanité, certains d'entre nous en font moins partie que d'autre. Proust, Genet, Leduc, Wittig, au hasard: moins humains que des hétéros. Donc, selon Lionel Jospin, il faut que je comprenne, et que je n'aille pas mal le prendre: depuis que je ne suce plus de bite, je compte moins. Je ne devrais plus réclamer les mêmes droits. C'est quasiment une question de bon sens. Mais c'est dit sans homophobie, c'est ça qui est bien. Comme tous les hétéros qui ont quelque chose à dire contre le mariage gay. C'est davantage le bon sens que l'homophobie qui les pousse à s'exprimer. Dans ce débat, personne n'est homophobe. Ils sont juste contre l'égalité des droits. Et dans la bouche de Jospin on comprend bien: non seulement contre l'égalité des droits entre homos et hétéros, mais aussi contre l'égalité des droits entre femmes et hommes. Parce qu'on est bien d'accord que tant qu'on restera cramponnés à ces catégories là, on ne sera jamais égaux. Je m'étais déjà dit que je ne me voyais pas «femme» comme le sont les «femmes» qui couchent gratos avec des mecs comme lui, mais jusqu'à cette déclaration, je n'avais pas encore pensé à ne plus me définir comme faisant partie de l'humanité. Ça va me prendre un moment avant de m'y faire. C'est parce que je suis devenue lesbienne trop tard, probablement. Je ne suis pas encore habituée à ce qu'on me remette à ma place toutes les cinq minutes. Ma nouvelle place, celle des tolérés. Au départ, cette histoire de mariage, j'en avais moitié rien à faire - mais à force de les entendre, tous, sans homophobie, nous rappeler qu'on ne vaut pas ce que vaut un hétéro, ça commence à m'intéresser. Je ne sais pas ce que Lionel Jospin entend par l'humanité. Il n'y a pas si longtemps, une femme qui tombait enceinte hors mariage était une paria. Si elle tombait enceinte d'un homme marié à une autre, au nom de la dignité humaine on lui faisait vivre l'enfer sur terre. On pouvait même envisager de la brûler comme sorcière. On en a fait monter sur le bûcher pour moins que ça. On pouvait la chasser du village à coups de pierre. L'enfant était un batard, un moins que rien. Bon, quelques décennies plus tard, on ne trouve plus rien à y redire. Est-on devenus moins humains pour autant, selon Lionel Jospin? L'humanité y a t-elle perdu tant que ça? A quel moment de l'évolution doit on bloquer le curseur de la tolérance? Jospin, comme beaucoup d'opposants au mariage gay, est un homme divorcé. Comme Copé, Le Pen, Sarkozy, Dati et tuti quanti. Cet arrangement avec le serment du mariage fait partie des évolutions heureuses. Les enfants de divorcés se fadent des beaux parents par pelletées, alors chez eux ce n'est plus un papa et une maman, c'est tout de suite la collectivité. On sait que les hétérosexuels divorcent plus facilement qu'ils ne changent de voiture. On sait que l'adultère est un sport courant (qu'on lise sur internet les commentaires d'hétéros après la démission de Petraeus pour avoir trompé sa femme et on comprendra l'importance de la monogamie en hétérosexualité - ils n'y croient pas une seule seconde, on trompe comme on respire, et on trouve inadmissible que qui que ce soit s'en mêle) et on sait d'expérience qu'ils ne pensent pas que faire des enfants hors mariage soit un problème. Ils peuvent même faire des enfants hors mariage, tout en étant mariés, et tout le monde trouve ça formidable. Très bien. Moi je suis pour tout ce qui est punk rock, alors cette idée d'une immense partouze à l'amiable, franchement, je trouve ça super seyant. Mais pourquoi tant de souplesse morale quand ce sont les hétéros qui se torchent le cul avec le serment du mariage, et cette rigidité indignée quand il s'agit des homosexuels? On salirait l'institution? On la dévoierait? Mais les gars, même en y mettant tout le destroy du monde, on ne la dévoiera jamais d'avantage que ce que vous avez déjà fait, c'est perdu d'avance... dans l'état où on le trouve, le mariage, ce qui est exceptionnel c'est qu'on accepte de s'en servir. Le Vatican brandit la polygamie - comme quoi les gouines et les bougnoules, un seul sac fera bien l'affaire, mais c'est ni raciste ni homophobe, soyons subtils, n'empêche qu'on sait que les filles voilées non plus ne font pas partie de l'humanité telle que la conçoit cette gauche là, mais passons - ne vous en faites pas pour la polygamie: vous y êtes déjà. Quand un bonhomme paye trois pensions alimentaires, c'est quoi, sinon une forme de polygamie? Que les cathos s'occupent d'excommunier tous ceux qui ne respectent pas l'institution, qu'ils s'occupent des comportements des mariés à l'église, ça les occupera tellement d'y mettre un peu d'ordre qu'ils n'auront plus de temps à perdre avec des couples qui demandent le mariage devant le maire. Et c'est pareil, pour les enfants, ne vous en faites pas pour ça: on ne pourra pas se comporter plus vilainement que vous ne le faites. Etre des parents plus sordides, plus inattentifs, plus égoïstes, plus j'm'enfoutistes, plus névrosés et toxiques - impossible. Tranquillisez vous avec tout ça. Le pire, vous vous en occupez déjà très bien. Tout ça, sans compter que l'humanité en subit d'autres, des outrages, autrement plus graves, en ce moment, les gouines et les pédés n'y sont pour rien, je trouve Lionel Jospin mal organisé dans ses priorités de crispation. Il y a, en 2012, des atteintes à la morale autrement plus brutales et difficiles à admettre que l'idée que deux femmes veulent se marier entre elles. Qu'est-ce que ça peut faire? Je sais, je comprends, ça gêne l'oppresseur quand deux chiennes oublient le collier, ça gêne pour les maintenir sous le joug de l'hétérosexualité, c'est ennuyeux, on les tient moins bien. Parfois la victime n'a pas envie de se laisser faire en remerciant son bourreau, je pensais qu'une formation socialiste permettrait de le comprendre. Mais non, certaines formations socialistes amènent à diviser les êtres humains en deux catégories: les vrais humains, et ceux qui devraient se cacher et se taire. J'ai l'impression qu'en tombant amoureuse d'une fille (qui, de toute façon, refuse de se reconnaître en tant que femme, mais je vais laisser ça de côté pour ne pas faire dérailler la machine à trier les humains-moins humains de Lionel Jospin) j'ai perdu une moitié de ma citoyenneté. J'ai l'impression d'être punie. Et je ne vois pas comment le comprendre autrement. Je suis punie de ne plus être une hétérote, humaine à cent pour cent. Pendant trente cinq ans, j'avais les pleins droits, maintenant je dois me contenter d'une moitié de droits. Ça me chagrine que l'Etat mette autant de temps à faire savoir à Lionel Jospin et ses amis catholiques qu'ils peuvent le penser, mais que la loi n'a pas à être de leur côté. Si demain on m'annonce que j'ai une tumeur au cerveau et qu'en six mois ce sera plié, moi je ne dispose d'aucun contrat facile à signer avec la personne avec qui je vis depuis huit ans pour m'assurer que tout ce qui est chez nous sera à elle. Si c'est la mort qui nous sépare, tout ce qui m'appartient lui appartient, à elle. Si j'étais hétéro ce serait réglé en cinq minutes: un tour à la mairie et tout ce qui est à moi est à elle. Et vice versa. Mais je suis gouine. Donc, selon Lionel Jospin, c'est normal que ma succession soit difficile à établir. Qu'on puisse la contester. Ou qu'elle doive payer soixante pour cent d'impôts pour y toucher. Une petite taxe non homophobe, mais qu'on est les seuls à devoir payer alors qu'on vit en couple. Que n'importe qui de ma famille puisse contester son droit à gérer ce que je laisse, c'est normal, c'est le prix à payer pour la non-hétérosexualité. La personne avec qui je vis depuis huit ans est la seule personne qui sache ce que j'ai dans mon ordinateur et ce que je voudrais en faire. J'aimerais, s'il m'arrivait quelque chose, savoir qu'elle sera la personne qui gèrera ce que je laisse. Comme le font les hétéros. Monsieur Jospin, comme les autres hétéros, si demain le démon de minuit le saisit et lui retourne les sangs, peut s'assurer que n'importe quelle petite hétéro touchera sa part de l'héritage. Je veux avoir le même droit. Je veux les mêmes droits que lui et ses hétérotes, je veux exactement les mêmes. Je paye les mêmes impôts qu'un humain hétéro, j'ai les mêmes devoirs, je veux les mêmes droits - je me contre tape de savoir si Lionel Jospin et ses collègues non homophobes mais quand même conscients que la pédalerie doit avoir un prix social, m'incluent ou pas dans leur conception de l'humanité, je veux que l'Etat lui fasse savoir que je suis une humaine, au même titre que les autres. Même sans bite dans le cul. Même si je ne fournis pas de gamin à mon pays. La question de l'héritage est centrale dans l'institution du mariage. Les sourds, les aveugles et les mal formés pendant longtemps n'ont pas pu hériter. Ils n'étaient pas assez humains. Me paraît heureux qu'on en ait fini avec ça. Les femmes non plus n'héritaient pas. Elles n'avaient pas d'âme. Leurs organes reproducteurs les empêchaient de s'occuper des affaires de la cité. Encore des Jospin dans la salle, à l'époque ils s'appelaient Proudhon. J'ai envie de vivre dans un pays où on ne laisse pas les Jospin faire le tri de qui accède à l'humanité et qui doit rester dans la honte. Je ne vois aucun autre mot qu'homophobie pour décrire ce que je ressens d'hostilité à mon endroit, depuis quelques mois qu'a commencé ce débat. J'ai grandi hétéro, en trouvant normal d'avoir les mêmes droits que tout le monde. Je vieillis gouine, et je n'aime pas la sensation de ces vieux velus penchés sur mon cas et me déclarant «déviante». J'aimais bien pouvoir me marier et ne pas le faire. Personne n'a à scruter à la loupe avec qui je dors avec qui je vis. Je n'ai pas à me sentir punie parce que j'échappe à l'hétérosexualité. Moi je vous fous la paix, tous, avec vos mariages pourris. Avec vos gamins qui ne fêteront plus jamais Noël en famille, avec toute la famille, parce qu'elle est pétée en deux, en quatre, en dix. Arrangez vous avec votre putain d'hétérosexualité comme ça vous chante, trouvez des connes pour vous sucer la pine en disant que c'est génial de le faire gratos avant de vous faire cracher au bassinet en pensions compensatoires. Vivez vos vies de merde comme vous l'entendez, et donnez moi les droits de vivre la mienne, comme je l'entends, avec les mêmes devoirs et les mêmes compensations que vous. Et de la même façon, pitié, arrêtez les âneries des psys sur les enfants adoptés qui doivent pouvoir s'imaginer que leurs deux parents les ont conçus ensemble. Pour les enfants adoptés par un parent seul, c'est ignoble de vous entendre déblatérer. Mais surtout, arrêtez de croire qu'un petit Coréen ou un petit Haïtien regarde ses deux parents caucasiens en imaginant qu'il est sorti de leurs ventres. Il est adopté, ça se passe bien ou ça se passe mal mais il sait très bien qu'il n'est pas l'enfant de ce couple. Arrêtez de nous bassiner avec le modèle père et mère quand on sait que la plupart des enfants grandissent autrement, et que ça a toujours été comme ça. Quand les dirigeants déclarent une guerre, ils se foutent de savoir qu'ils préparent une génération d'orphelins de pères. Arrêtez de vous raconter des histoires comme quoi l'hétérosexualité à l'occidentale est la seule façon de vivre ensemble, que c'est la seule façon de faire partie de l'humanité. Vous grimpez sur le dos des gouines et des pédés pour chanter vos louanges. Il n'y a pas de quoi, et on n'est pas là pour ça. Vos vies dans l'ensemble sont plutôt merdiques, vos vies amoureuses sont plutôt calamiteuses, arrêtez de croire que ça ne se voit pas. Laissez les gouines et les pédés gérer leurs vies comme ils l'entendent. Personne n'a envie de prendre modèle sur vous. Occupez-vous plutôt de construire plus d'abris pour les sdf que de prisons, ça, ça changera la vie de tout le monde. Dormir sur un carton et ne pas savoir où aller pisser n'est pas un choix de vie, c'est une terreur politique, je m'étonne de ce que le mariage vous obnubile autant, que ce soit chez Jospin ou au Vatican, alors que la misère vous paraît à ce point supportable.»
  10. Misère de la fausse critique – Comprendre comprendre l’empire

    Pardon mais je n'ai RIEN COMPRIS.
  11. Misère de la fausse critique – Comprendre comprendre l’empire

    Pardon mais tout le monde à des prérequis, le tout est de savoir les discerner. Un raisonnement qui dit : "je part du principe que ..." Ne peut être bon que si ce principe est défendable. Or les gens on plutôt tendance à partir de prérequis qu'ils peuvent défendre... J'ai cette prétention lorsque j'argumente, sinon je n'argumenterais pas.
  12. Expulsions à Notre Dame des landes

    J'aimerais que tout ceux qui ne considèrent ps que le problème est global, qu'il s'agit juste d'un enjeu local prenne le temps de lire ce texte. « Serrer les boulons et faire rouler l’économie » L’idée que le développement des grandes infrastructures serait indispensable pour « sortir de la crise » n’est pas vraiment nouvelle. Déjà dans les années 30, la politique des grands travaux était censée sauver les économies occidentales ravagées par la « grande dépres- sion ». Au fond, « crise » pourrait être le nom, à chaque fois répété, des phases de restructuration du capitalisme. Et le développement des infrastructures la solu- tion miracle qui est censée y remédier. La « crise » comme fonctionnement nor- mal de l’économie, comme toile de fond. En Italie, si Mario Monti n’a pas eu be- soin d’élections pour remplacer Berlusconi, c’est parce qu’aux yeux de tous, il n’est pas un politicien mais un technicien qui doit réparer les problèmes éco- nomiques du pays. Seul un technicien peut, par delà les divergences politiques, être protégé des secousses de l’opinion publique pour mener à bien les ré- formes. Côté français, le projet de TGV Lyon-Turin avait été remis au goût du jour en 2008 sans susciter de débat particulier, dans le cadre d’un simple plan de relance. Pour ne pas rater le train du Progrès, celui qui relierait Madrid à Kiev 1 en quelques dizaines d’heures. Ce e ligne TGV ne constitue en effet qu’une portion d’un des nombreux « corridors stratégiques » pour le déve- loppement indéfini de l’économie de la zone euro. Pour « rétablir la rentabilité de l’union européenne face à la concurrence des économies émergentes » (et toutes nos déprimantes conditions d’existence qui l’accompagnent), il faudrait à la fois serrer les boulons et faire circuler davan- tage (davantage de marchandises ou de voyageurs friqués). Au nom de la crise, ou dans le silence assourdissant des engins de chantier, c’est le même passage en force qui se joue, la même stratégie du choc. « La réforme des retraites est indispensable », « le train à grande vitesse doit passer », « il faut réformer le système de santé ». Un journaliste grec po- sait même il y a peu ce e question presque naïve : ne vaut-il pas mieux avouer au peuple que le pays, pour sortir de la crise, doit être soumis pour au moins deux ans à une sorte d’état d’exception permanent. Les grands aména- gements et « la crise » fonctionnent au sein d’une même machinerie politique qui vise à transformer les conditions de vie des populations comme si, précisé- ment, ce e opération n’avait rien de politique, comme si les évolutions s’imposaient d’elles-mêmes, avec la fatalité d’un ordre des choses, d’une iné- luctable marche en avant. Ce qui se joue là avec la « crise » et ses « nécessaires restructurations », c’est une nouvelle organisation du monde. La stratégie : d’une part, intensifier les conditions d’exploitation (en gelant les salaires, réduisant les retraites, en développant la flexibilité et en « assouplis- sant » les protections sociales... voir les thérapies de choc imposées en Grèce, en Italie ou en Espagne au cours des derniers mois) ; d’autre part, opérer une meilleure connexion entre des « zones à forte valeur ajoutée», transformant de facto les autres territoires en zones de relégation. Il y a les centres villes intelli- gents, durables, hauts lieux de la performance économique, et les ban- lieues pourries. Il devrait y avoir le Lyon-Turin, comme si les métropoles pouvaient déjà se toucher, s’inter-pénétrer... mais à condition de faire disparaî- tre le Val Susa, sous un trait d’union ou sous les gaz lacrymogènes. Les grandes infrastructures nécessaires à toute ce e réorganisation sont égale- ment de deux ordres. Les lignes à grande vitesse, l’aéroport Notre-Dame-des- Landes, les lignes THT ou le câblage par fibre optique fonctionnent comme des dispositifs structurants, au sens d’une intensification des flux économiques (flux de marchandises, d’information, d’énergie ou de capital sur pa es). D’autres in- frastructures doivent, quant à elles, perme re la création ou l’extraction de valeur, même dans les coins les plus paumés. D’où l’idée saugrenue de me re des soleils en cage comme à Cadarache, ou de faire cracher la roche pour capter les huiles ou les gaz de schiste, depuis l’Ardèche jusqu’au Jura ou au bassin pa- risien. Des flux et des pôles. Désormais, les actions qui s’évertuent à dénoncer ces infrastructures sont inutiles. Fukushima a parlé pour le nu- cléaire, même constat pour le gaz de schiste au Canada. Quant à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, la destruction de 2000 hectares de bocage laisse peu d’ambiguïté sur la sensibilité des aménageurs. La difficulté n’est plus tant de convaincre que de trouver comment combatre. « Combien de grains de sable ? » La crise désigne aussi une période de déstabilisations, occasionnées par toutes les mesures de « sauvetage » en cours. En de multiples points des gens résistent à ces mesures ou s’opposent aux réorganisations annoncées de leurs conditions d’existence. En temps de crise, il y a la place pour reprendre l’initiative. Mou- vements contre l’austérité en Grèce, en Espagne, au Portugal ou en Italie. Mobi- lisations contre le nucléaire, les lignes à haute tension, les forages exploratoires ou les LGV... « Non à l’aéroport », « No Tav», « Stop THT » : ce qui s’exprime ici c’est la puissance du refus. Le Non veut nier le pouvoir et non plus le prendre. À Rome, une grande manifestation contre les plans d’austérité a été organisée cou- rant mars par un des principaux syndicats italiens (FIOM) ; au grand désespoir du parti démocrate, la FIOM avait décidé de s’associer au mouvement NoTav. Un peu partout, les gouvernants et les journalistes sérieux dénoncent ces mo- bilisations comme autant d’a eintes au « fonctionnement normal des institu- tions ». Comme lorsque Sarkozy accuse sans rire les ouvriers de Florange de « faire de la politique » (leur reprochant de prendre l’initiative plutôt que d’at- tendre sagement les élections présidentielles), ou qu’un éditorialiste italien se lamente sur la multiplication des luttes qui ça et là s’en prennent aux « tunnels de la démocratie ». Dans le Val Susa ou sur un piquet de grève, la démocratie est sans doute mise en crise. Tout simplement parce que des gens, alors, refusent de s’en reme re aux instances légitimes et de se laisser gérer. Blocages ponctuels des voies de communication ou du fonctionnement de l’économie, déboulon- nages de pylônes, occupations de la rue, de bâtiments... Il s’agit de se donner les moyens de la lu e, et de les assumer. Les nécessités de l’organisation pour la lu e ou la simple survie quotidienne ouvrent des espaces habitables, engagent des manières de se trouver, de penser ensemble, de manger ensemble, de bou- ger ensemble qui appellent bien autre chose qu’un retour à la normale. Les Pre- sidi du Val Susa, les maisons occupées sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, les cantines populaires ou les hôpitaux occupés à Athènes dessinent des terri- toires de lu e d’où s’affronter réellement à la crise et à sa gestion gouvernemen- tale, en leur opposant une autre transformation de nos existences. À chaque fois qu’un presidio, une maison ou un terrain est expulsé, c’est cette possibilité qui est attaquée. Pour laisser place à des espaces indifférenciés, interchangeables, vides de toutes nouvelles possibilités. Si les temps difficiles qu’on nous annonce sans cesse impliquent de nous serrer la ceinture, de faire avec moins, ça fera tou- jours moins de choses qui nous tiennent ou nous domestiquent, et plus à faire, à inventer, par nous-mêmes. En Italie, les événements du Val Susa essaiment du nord au sud de la péninsule, et même au-delà des frontières. La vallée, comme territoire en lutte, s’est chargée au fil d’une résistance de plus de vingt ans et elle explose à présent, dissémine, contamine en d’autres lieux – sous de nouvelles configurations. C’est que les gestes, et l’intelligence de la lutte ne cessent aussi de circuler. Côté français, l’opposition au TGV prend corps aussi, parce que les enquêtes publiques ont marqué une nouvelle étape dans la réalisation d’un projet jusque-là un peu vague, parce que nul ne croit plus aux sornettes du Progrès, aux nécessaires sa- crifices qu’il faudrait concéder pour que tout roule. Face aux aménageurs, il n’y a pas que la résistance d’une constellation de foyers locaux ou de moments de révolte. Un autre plan se constitue peu à peu. Par la mise en commun (des questions comme des pratiques), par l’auto-organisation, ces irruptions locales cherchent leur effet de résonnance : ce qui fait que quand des fréquences s’ajustent, elles provoquent une onde de choc. Si chaque situation a quelque chose de propre, qui s’éprouve singulièrement, elle détermine un halo qui la déborde et fait communiquer d’une lu e à l’autre autour d’enjeux familiers : le territoire, le commun, les autonomies à défendre et depuis les- quelles reprendre l’offensive... Un souffle plus large, une onde qu’il nous faudra bien apprendre à nommer, à intensifier. Quelque chose de plus que ce qui se joue strictement là. L’élément révolutionnaire. http://ti1ca.com/gx919i15-contributions-2-pages-separees-contributions-2-pages-separees.pdf.html
  13. Misère de la fausse critique – Comprendre comprendre l’empire

    Si tu définis idéologie comme opinion politique alors oui je suis noyés dans mes opinions politiques, et toi aussi. Être neutre d'une certaine manière c'est accepter l'existant, partir d'un postulat de base que l'on ne met pas en question, accepter l'ordre, les institution c'est avoir l'idéologie de l'État, des rapports sociaux de notre civilisation. Je ne défend pas cette idéologie, donc pour vous je suis noyez dans une position rigoureusement opposé à celle de l'ordre établi donc aliéné...