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03 avril 1680 : mort de Nicolas Fouquet...


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Invité David Web
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03 avril 1680 : mort de Nicolas Fouquet...

Important dans l'Etat français de l'époque.

Il est diplômé de l'équivalent d'une licence à la faculté de la Sorbonne à Paris.

Il est connu pour être le surintendant du roi Louis XIV (de 1653 à 1661), ainsi que le procureur général du Parlement de Paris.

Il a principalement oeuvré à la construction du château de Vaux-le-Vicomte, et fait travailler les meilleurs artisans du moment (Le Vau, Le Brun, Le Nôtre et Villedo), pour satisfaire le roi.

Toutefois, il est soupçonné de trafiquer les finances de Louis XIV et est arrêté le 5 septembre 1661 et enfermé avec de nombreux confrères dans la forteresse de Pignerol. Il trouve la mort dans cette même forteresse à l'âge de 65 ans, le 17 mars1680.

Surintendant des finances :

En février 1653, le duc de La Vieuville, surintendant des finances, meurt subitement. Fouquet, soutenu par des amis financiers, se porte aussitôt candidat à sa succession. Si Mazarin, répugnant à trancher et sachant que diviser c'est régner, crée un second poste de surintendant des finances auquel il nomme le diplomate Abel Servien, l'autre charge est emportée par Fouquet le 7 février sur des candidats de première importance comme Le Tellier, Mathieu Molé, l'ancien surintendant de Maisons ou encore les maréchaux de Villeroi et de l'Hospital.

Il doit sa nomination à sa bonne conduite durant la Fronde, mais aussi à l'influence de son frère Basile. À la surintendance est assorti un brevet de ministre, qui permet à Fouquet de siéger au Conseil d'En-Haut, la plus puissante instance monarchique. Fouquet est ainsi le plus jeune responsable des Finances de l'Ancien Régime. Pour ce qui est de sa compétence, les opinions varient selon qu'on considère l'homme d'affaires ou l'homme d'État. L'historien Daniel Dessert souligne ses compétences financières et commerciales, qu'il est « préparé à affronter la redoutable tâche des Finances royales » et il « connaît de l'intérieur le fonctionnement de la finance ». En revanche, l'un de ses biographes, Jean-Christian Petitfils, précise qu'« il connaissait mal les arcanes de la finance » publique et qu'il était « étranger au milieu des publicains ».

Les finances royales sont alors dans un état désastreux. Alors que les besoins d'argent de la couronne sont immenses, à la fois pour financer la guerre et pour les dépenses personnelles de Louis XIV, le Trésor est en banqueroute, la conjoncture fiscale est calamiteuse (les tailles ne rentrent plus) et le stock de métaux précieux disponible, insuffisant.

Pour faire face, Fouquet ne s'appuie pas sur une théorie économique précise. Cependant, il sait d'expérience que le principal problème de l'État français est son manque de crédit : les traitants, fermiers et autres bailleurs de fonds ne lui font pas confiance. Il s'emploie donc à restaurer le crédit en respectant les contrats passés entre ces traitants et le Trésor et en leur consentant des taux avantageux. Ainsi, il assigne sur de nouveaux fonds de vieux billets de l'Épargne, compensant ainsi une partie de la banqueroute de 1648.

Il met l'accent sur les « affaires extraordinaires » : création et vente de charges, création de droits nouveaux, émissions de rentes et prêts, le tout dans des conditions très avantageuses pour les traitants. Au contraire des manipulations monétaires passées, il impose en juillet 1653 une réévaluation de la livre tournois : la pistole d'or passe de 12 à 10 livres. Le crédit se fait plus abondant et la situation s'améliore.

Loin d'inciter à la sagesse, cette embellie provoque de nouvelles dépenses inconsidérées. Dès 1654, la crise revient. Fouquet doit s'engager de manière importante sur sa fortune personnelle et même celle de ses proches. En novembre 1657, il doit ainsi prendre à sa charge un tiers d'un contrat global de 11,8 millions de livres. Son crédit personnel lui permet de couvrir l'engagement, mais au prix d'un intérêt de 20 %.

Parallèlement aux difficultés qu'il rencontre dans l'exercice de sa charge, il doit compter avec la faveur changeante de Mazarin et les critiques de Colbert, intendant de ce dernier. Exaspéré par ces tensions, il offre même sa démission, qui est refusée. Il ne s'entend guère non plus avec son collègue Servien : dès décembre 1654, il avait dû réclamer au roi un règlement pour délimiter les fonctions de chacun. Servien s'était vu attribuer les dépenses, et Fouquet les recettes.

La politique de Fouquet lui permet de se constituer une large clientèle parmi les manieurs d'argent du royaume. En outre, les flux financiers considérables qui passent par les mains du surintendant ainsi qu'un réseau d'espions et d'informateurs permettent à Fouquet de consolider sa position. Les plus grands seigneurs deviennent ses amis et/ou ses obligés. Enfin, ses cousins Maupéou ainsi que son remariage lui garantissent une bonne mainmise sur la robe. Fouquet consacre son ascension sociale en mariant sa fille Marie avec Armand de Béthune, marquis de Charost, petit-neveu de Sully. Il dote sa fille princièrement : elle apporte 600 000 livres à son époux en louis d'or et d'argent.

À la mort de Servien en 1659, Fouquet est confirmé seul dans sa charge, qu'il conserve jusqu'à la suppression de cette dernière en 1661. Il repousse avec succès une intrigue de Colbert pour le relever de la surintendance, s'emploie à convaincre Mazarin de la nécessité de réduire les dépenses de l'État et simultanément, travaille à un vaste plan de redressement financier fondé sur l'amélioration de la perception des impôts indirects (centralisation des fermes générales), l'allègement des tailles (remise sur les arrérages de tailles impayées), l'assainissement des finances municipales (vérification des dettes des villes) et, toujours, l'amélioration des relations avec les manieurs d'argent. Malgré la fin de la guerre, pourtant, la situation des finances royales reste très dégradée. Les manieurs d'argent préfèrent prêter à la Cour qu'au roi, et Fouquet doit une nouvelle fois engager sa signature personnelle, consentir à des taux d'intérêt considérables, accorder des remises et recourir aux affaires extraordinaires.

Le bilan de sa surintendance ne fait pas l'unanimité. L'historiographie classique reproche à Fouquet son absence de principes économiques clairs, sa timidité à réduire les « affaires extraordinaires » et à éteindre les emprunts royaux, mais surtout sa collusion avec le milieu des manieurs d'argent, son clientélisme et son enrichissement personnel. Daniel Dessert juge ce bilan largement marqué par les critiques de Colbert et préfère souligner l'amorce de redressement financier obtenu par Fouquet, par des moyens somme toute similaires à ceux de Colbert :

« En réalité, il n'existe pas de politique financière profondément différente entre Fouquet et son rival Colbert. Ce qui les différencie, c'est leur style : tout en nuances, en touches subtiles chez le premier ; en coups de boutoir chez le second. »

On a objecté à cette thèse que si Fouquet avait bien une politique cohérente, il n'a pas comme Colbert été l'auteur d'un système administratif cohérent.

Toujours est-il, que l'État se retrouve complètement ruiné par les intérêts des emprunts qu'il lui a fait contracter auprès de ses amis traitant ou de compagnies dans lesquelles il est intéressé, tandis que lui-même se retrouve à la tête d'une fortune fabuleuse lui permettant d'entretenir une cour et de donner des fêtes somptueuses. Ce contraste entre la prospérité de ses affaires et la ruine corrélative de son maître ne tardera pas à provoquer sa chute.

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