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10 avril 1599. L'effroyable agonie de Gabrielle d'Estrée, maîtresse d'Henri IV.


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Invité David Web
Invité David Web Invités 0 message
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10 avril 1599. L'effroyable agonie de Gabrielle d'Estrée, maîtresse d'Henri IV.

On a dit qu'elle avait été empoisonnée pour éviter qu'elle ne soit reine. Faux ! Elle meurt d'une grossesse qui tourne mal.

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Juste avant le lever du soleil, Gabrielle d'Estrée, la maîtresse d'Henri IV, sort du coma qui l'avait prise la veille au soir. Son corps frêle est à nouveau secoué de formidables convulsions. Ses membres se tordent dans tous les sens. Elle hurle, son si beau visage se déforme dans un rictus effrayant. Sa peau devient noire. Ses serviteurs, Mlle de Guise, et tous ceux qui la veillent, assistent avec effroi à ce spectacle. Les médecins et les chirurgiens qui, le jour précédent, l'ont délivrée de son enfant mort dans ses entrailles restent impuissants à la soulager. Vers 5 heures, après un dernier râle abominable, Gabrielle retombe inerte sur sa couche. Son âme s'est envolée.

Celle qui espérait devenir reine de France n'est plus qu'un cadavre inerte. La nouvelle de son agonie, puis de sa mort, se répand comme une traînée de poudre dans tout Paris, provoquant l'afflux de milliers de curieux. Chacun veut constater de ses propres yeux quel monstre de laideur est devenue, dans la mort, cette beauté si lumineuse, si parfaite, si blonde. Le roi ne vient finalement pas la voir. Séjournant à Fontainebleau, son premier réflexe avait bien été de sauter sur un cheval pour venir l'assister dans son agonie, mais son entourage lui a conseillé de faire demi-tour, à mi-chemin, pour lui éviter un spectacle trop pénible.

Empoisonnement ?

L'effroyable mort de Gabrielle d'Estrée a immédiatement fait penser à un empoisonnement. Sully a été le premier à soutenir cette thèse dans ses mémoires. D'après lui, un clan de la Cour de France l'a ainsi éliminée pour qu'elle ne devienne pas reine, car Henri était bel et bien déterminé à l'épouser. Elle avait, dit-on, déjà commandé sa robe de mariage. Mais faut-il croire Sully ? Certains historiens affirment, preuves à l'appui, qu'il aurait totalement inventé cette histoire d'empoisonnement pour d'obscures raisons. En revanche, une lettre rédigée six jours après le décès de la favorite et retrouvée au XIXe siècle donne plutôt à penser que Gabrielle serait morte d'éclampsie et de fièvre puerpérales suite à l'intervention salopée des chirurgiens pour la débarrasser de son foetus mort. Cette lettre, signée par M. de Vernyes, un proche d'Henri IV, décrit en détail les derniers jours de la pauvre d'Estrée.

Le dimanche 4 avril 1599, Gabrielle d'Estrée, enceinte de quatre mois (elle a déjà donné trois enfants au Vert Galant) quitte Fontainebleau pour venir faire ses Pâques à Paris. C'est une façon pour elle d'affirmer qu'elle est bonne catholique, même si elle fréquente de nombreux réformés. Et elle a intérêt à donner de tels gages si elle veut pouvoir épouser Henri IV, comme il le lui a promis. Bien qu'elle soit sa maîtresse depuis huit ans, le Béarnais reste très amoureux d'elle. Aussi prend-il la peine de lui faire un brin de conduite jusqu'au bac de Melun qui la conduira à Paris. Ils y passent la nuit, puis le roi revient à Fontainebleau.

Prédiction de terribles événements

Selon de Vernyes, Gabrielle fait une étape à Savigny avant de descendre au débarcadère situé près de l'Arsenal le mardi 6 avril, vers 15 heures. Elle se rend aussitôt chez Sébastien Zamet, un ancien cordonnier devenu immensément riche et ami du roi, dont l'hôtel se situe près du quai d'accostage, rue de la Cerisaie. Elle soupe chez lui, mais n'y séjourne pas, car elle a décidé de passer la nuit chez sa tante, Madame de Sourdis, au doyenné de Saint-Germain-l'Auxerrois. C'est son habitude quand elle réside à Paris. Mais sa tante est absente ce soir-là, car elle est partie pour Chartres. C'est une mauvaise nouvelle pour Gabrielle qui comptait sur elle pour la rasséréner. En effet, depuis quelques jours, la jeune femme est inquiète, voire angoissée, car ses astrologues lui ont prédit de terribles évènements. Ce qui fait qu'elle craint de mourir. Elle s'en est déjà ouverte à Henri qui a tenté, en vain, de la rassurer.

Il faut que sa tante revienne le plus vite possible : elle lui envoie un valet qui galope toute la nuit. Le lendemain matin, mercredi 7 avril, la jeune femme se fait conduire en litière à l'église du Petit Saint-Antoine pour assister à l'office des Ténèbres en compagnie de sa grande amie, Mlle de Guise. Dans la chapelle qui leur est réservée, Gabrielle est en train de lire les deux lettres amoureuses d'Henri reçues le matin même quand elle est prise de violents maux de ventre. Le terme n'est pourtant pas prévu avant plusieurs semaines. Cette douleur lui fait renoncer de dîner (à l'époque, le dîner est le repas de la mi-journée) à nouveau chez Zamet. Mais sans doute s'y arrête-t-elle pour manger un citron. Le fameux citron qui aurait servi à l'empoisonner.

Maux effroyables

De retour au doyenné, elle envoie un deuxième laquais à sa tante pour la presser de rentrer si elle veut la voir en vie. Les médecins accourus parviennent à calmer les douleurs de Gabrielle et ses convulsions. Elle reçoit une troisième lettre du roi, lui répond et se couche. La nuit se déroule calmement. Le lendemain matin, elle s'habille pour assister à la messe de Saint-Germain-l'Auxerrois, puis regagne son lit vers 14 heures. Deux heures plus tard, elle connaît à nouveau de terribles douleurs qui martyrisent son pauvre corps. Va-t-elle accoucher prématurément ? Au soir, elle se sent un peu mieux et parvient à s'endormir.

Ce n'est qu'un répit. Le vendredi, les maux la reprennent sur les 14 heures. Effroyables. Son ventre laisse échapper un grand flux de sang. Visiblement, elle est en train de perdre son bébé, mais celui-ci ne parvient pas à sortir. Les médecins doivent intervenir, c'est une boucherie, ils extraient l'enfant "à pièces et lopins". En langage clair, ils le découpent dans le ventre de la mère pour le sortir par morceaux. Sans anesthésie, sans asepsie ! On imagine le calvaire subi par Gabrielle.

Saignées, lavements et suppositoires

Pour faire mesure, les chirurgiens la saignent à trois reprises, lui administrent trois lavements et quatre suppositoires. Des traitements parfaitement incapables de calmer les effroyables convulsions de son corps qui l'amènent à se griffer le visage. Par la suite, les témoins raconteront que jamais médecins, apothicaires et chirurgiens n'en ont vu de plus épouvantables. Vers 18 heures, la malheureuse retombe sur sa couche, privée de ses sens. Elle gît, incapable de parler, d'entendre et même de voir. Le coma se prolonge jusqu'au lendemain, samedi 10 avril. À l'aube, de dernières convulsions la reprennent avant de mourir.

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dannya Membre 7884 messages
funambulle‚ 40ans
Posté(e)

C'est triste ce qui est arrivé à cette pauvre femme.

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Invité Grenadine33
Invité Grenadine33 Invités 0 message
Posté(e)

Une mort atroche qu'on souhaite à personne.

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Noisettes Membre+ 9885 messages
Un manuscrit dans une main, une boussole dans l'autre‚ 36ans
Posté(e)

Est-ce que Gabrielle d'Estrée aurait pu devenir reine de France ? Sur cette question, j'ai de sérieux doutes.

Ensuite, sa fin n'est pas enviée, y compris à son pire ennemi.

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