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La nouvelle Libye, fêtée à l'ONU, est toujours en guerre


eklipse

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Membre, Dazzling blue², 53ans Posté(e)
eklipse Membre 14 471 messages
53ans‚ Dazzling blue²,
Posté(e)

C'est le genre d'accueil à rendre Mahmoud Abbas envieux. Contrairement à la délégation palestinienne, les responsables du Conseil national de transition libyen (CNT) ont été accueillis à l'ONU avec tous les honneurs. Le nouveau drapeau de la Libye flotte devant le bâtiment des Nations unies, le président du CNT, Moustapha Abdeljalil, s'est adressé à l'Assemblée générale, pendant que le Premier ministre, Mahmoud Jibril, tenait une conférence de presse pleine à craquer et que les deux hommes rencontraient tour à tour les plus puissants chefs d'Etat de la planète, tous disposés à leur glisser des mots encourageants.

Même l'Union africaine, qui traînait les pieds jusqu'ici, s'est décidée à reconnaître le CNT comme « le représentant du peuple libyen. » Belle victoire pour des hommes et un mouvement qui, il y a tout juste six mois, ont manqué d'être écrasés « comme des rats» par les forces loyales à Mouammar Kadhafi !

Néanmoins, pendant que les représentants du CNT s'affichent à New York ou jouent les hôtes reconnaissants pour les alliés en visite chez eux (Nicolas Sarkozy et David Cameron le 15 septembre dernier), la situation de la Libye est loin d'être celle d'un État stable, pacifié et gouverné.

Poster_de_Kadhafi_dechire.jpg© TC

Tout d'abord, Kadhafi court toujours, sans que nul ait une idée précise de l'endroit où il peut se terrer. Après deux semaines de silence, il a de nouveau fait parvenir un enregistrement audio à une télévision syrienne (les médias d'une dictature aux abois diffusant les messages d'un dictateur en fuite), afin de dénoncer le nouveau pouvoir libyen et les bombardements de l'Otan.

Il est peu probable que ce témoignage de vie galvanise les forces qui lui restent fidèles, mais il rappelle que la guerre n'est pas terminée puisque le CNT, comme ses alliés occidentaux, ont fait de la capture ou de la mort du « Guide » le marqueur de la « véritable victoire ».

Moustapha Abdeljalil aurait confié, lors de sa rencontre avec Barack Obama à New York, qu'il pensait que Kadhafi était toujours en Libye, mais nul ne semble en savoir plus. Le deuxième prix, son fils Saïf al-Islam, n'est pas plus localisable. Les rebelles qui se battent dans la ville de Beni Walid pensent qu'il pourrait y être réfugié – ce qui expliquerait la résistance des loyalistes, acharnés dans la défense d'un des derniers fils Kadhafi encore vivants (Seif al-Arab et Khamis étant sans doute morts) ou sur le territoire (Mohamed et Hannibal seraient en Algérie, Saadi au Niger).

Si le spectre de la partition de la Libye était une réelle possibilité au début du conflit et de l'intervention occidentale, il est aujourd'hui écarté. Mais tant qu'il restera une seule ville qui échappe au contrôle du nouveau régime, celui-ci ne pourra prétendre gouverner la Libye. Or, aujourd'hui, il en reste au moins quatre principales, qui continuent de résister : Bani Walid, Syrte, Waddan et Sebha.

Le CNT a beau proclamer avec régularité, depuis plusieurs semaines, que leur chute n'est qu'une « question d'heures », elles n'ont pas encore cédé. Néanmoins, depuis mardi, des pans de Sebha sont tombés entre les mains du nouveau régime, dont les combattants ont été accueillis « chaleureusement », selon un reporter de CNN présent sur place.

Si la prise de Sebha était confirmée dans les jours à venir, cela représentait une victoire tactique importante, car la ville est le point de passage crucial vers l'Algérie et le Niger, principales planches de salut pour les dignitaires kadhafistes désireux de fuir.

Un problème de légitimité pour le CNT

Restent les épines que sont Bani Walid, berceau de la plus importante tribu libyenne (les Warfala), longtemps alliée à Kadhafi, et surtout Syrte, ville d'enfance et cité préférée de l'ex-tyran. Soucieux d'éviter un bain de sang dans les derniers instants de la guerre, mais aussi en raison de la démobilisation d'une partie de ses combattants qui sont essentiellement des volontaires désireux de rentrer auprès de leurs familles dans leurs villes d'origines, le CNT préfère l'encerclement et l'attente.

Il mène des négociations avec les dignitaires tribaux de ces deux villes et a ouvert le passage aux habitants désireux de fuir – à Syrte, il n'y a apparemment plus d'eau, d'électricité ou de nourriture. Et, pendant ce temps, l'Otan continue ses sorties, comme en témoignent les communiqués quotidiens rapportant les « sorties aériennes » : 102 dont 32 frappes le 20 septembre, 91 dont 32 frappes le 19 septembre, 113 dont 42 frappes le 18 septembre...

Poste_frontiere_de_Dehiba_dans_le_Djebel_Nafoussah.jpg©

Si le Conseil national de transition avait été très prompt à se mettre sur pied et à présenter une figure unie de la rébellion, vis-à-vis de l'étranger, mais aussi au plan intérieur comme passerelle de ralliement pour tous les insurgés, il peine aujourd'hui à passer à la vitesse supérieure.

Il a un peu tardé à faire la transition de Benghazi (à l'est du pays) vers Tripoli. Il a quelque peu laissé échapper le contrôle militaire sur le terrain, se laissant imposer un « commandant militaire de Tripoli » réputé proche des islamistes, Abdelhakim Belhadj, qui a fort peu de légitimité militaire, selon de nombreux combattants tripolitains, mais beaucoup de culot.

Fort de sa nouvelle position, il conteste ouvertement la composition du CNT, comme d'autres révolutionnaires, de la première comme de la dernière heure (il y a beaucoup de ces derniers en Libye), qui voient en Moustapha Abdeljalil et Mahmoud Jibril des transfuges de l'ancien régime (le premier était ministre de la Justice sous Kadhafi, le second un important responsable économique).

En outre, ces deux hommes, comme la plupart des autres membres du CNT, ont passé l'essentiel de ces derniers mois dans l'ombre, ou alors à faire la tournée de leurs soutiens à l'étranger (Jibril est régulièrement accusé de passer plus de temps au Qatar qu'en Libye). Aujourd'hui qu'arrive le temps de la politique et de l'expression publique, ils se retrouvent en position délicate face à des personnalités populistes qui commencent à émerger (Balhadj ou le tribun islamiste Ali Sallabi). Ils ont également la tâche ardue de devoir former un gouvernement représentatif à la fois des tribus, des régions et des courants politiques de la Libye, dans un pays qui n'avait ni véritables forces d'opposition ni même de réseau associatif jusqu'alors. Jibril a échoué à constituer un gouvernement la semaine dernière et il en promet désormais un « d'ici à dix jours ».

Pour ces raisons de légitimité, le CNT a annoncé qu'il voulait aller très vite sur le chemin des élections et l'écriture d'une Constitution – les délais varient de six à dix mois selon les déclarations. Mais, dans un pays qui n'a pas vu une urne depuis quarante ans et n'a jamais connu de Constitution, l'entreprise risque de s'avérer compliquée. Et, comme dans la plupart des pays sortant d'une guerre civile ou d'une révolution, ce qui va compter en priorité pour les habitants sera leur bien-être et leur sécurité.

Habitués, pour nombre d'entre eux, à une qualité de vie supérieure à celle de leurs voisins, les Libyens ne vont pas se satisfaire longtemps des ordures qui envahissent les rues, des pénuries récurrentes d'eau ou d'un approvisionnement en électricité capricieux. Même chose pour l'ordre public : les policiers, assez peu mouillés dans la dictature contrairement à d'autres services de sécurité, n'ont pas encore réendossé leurs uniformes.

La Libye est aujourd'hui dans une curieuse situation : la guerre est terminée dans les têtes, mais pas sur le terrain ; le gouvernement existe sur le papier mais pas dans la capitale ; le tyran est parti mais n'est pas anéanti ; l'avenir est à portée de main, mais encore insaisissable.

http://www.mediapart...?page_article=2

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Membre, Con de Sysiphe, 49ans Posté(e)
Aaltar Membre 11 523 messages
49ans‚ Con de Sysiphe,
Posté(e)

Poste_frontiere_de_Dehiba_dans_le_Djebel_Nafoussah.jpg

Accessoirement, c'est la LIBYE, faudrait au moins écrire le nom de son pays correctement quand même :sleep:

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Membre, 50ans Posté(e)
belzebut Membre 1 585 messages
Baby Forumeur‚ 50ans‚
Posté(e)

:D

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Membre, 44ans Posté(e)
carnifex Membre 5 710 messages
Baby Forumeur‚ 44ans‚
Posté(e)

Poste_frontiere_de_Dehiba_dans_le_Djebel_Nafoussah.jpg

Accessoirement, c'est la LIBYE, faudrait au moins écrire le nom de son pays correctement quand même :sleep:

Les libyens savent certainement écrire le nom de leur pays en arabe.

Les images que l’on reçoit de libyens disant et écrivant ce que l’on souhaite entendre et lire (orthographe exceptée) relève plus de la propagande que du journalisme et ne sont sans doute pas représentative de la moindre réalité.

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