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110 milliards accordés à la grèce n'ont pas suffit


dihyia

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Membre, Posté(e)
dihyia Membre 9 023 messages
Baby Forumeur‚
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Philippe Martin, professeur d'économie à Sciences Po Paris, revient sur la nouvelle aide qui pourrait être accordée par l'Union européenne à la Grèce, un an après le premier plan de sauvetage organisé pour le pays.

Vendredi 6 mai, le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, a déclaré que la Grèce avait besoin d'un "programme d'ajustement supplémentaire". De quoi s'agit-il ?

On réalise, en fait, que le prêt de 110 milliards d'euros accordé à la Grèce il y a un an est insuffisant, ce qui n'est pas réellement une surprise. L'Europe va donc très certainement prêter à nouveau de l'argent au pays. Toute la question concerne le rôle que va jouer le secteur privé dans la restructuration de la dette grecque.

Qu'entend-on par "restructuration de la dette" ?

Il y a plusieurs acceptions. La plus franche consiste en une baisse de la valeur faciale de la dette : je vous devais 100 et désormais je ne vous dois plus que 50. Cette solution peut paraître étonnante mais elle repose sur l'idée que la Grèce n'est pas solvable : soit elle fait défaut sur 100 % de sa dette, soit un accord est conclu sur 50 %. Les investisseurs ne seraient pas ravis mais ils n'auraient pas le choix. C'est une situation comparable à celle d'un ménage surendetté, qui se montrerait incapable de rembourser ses dettes. Cependant, ce n'est pas, à mon avis, la solution qui sera retenue à court terme.

Le scénario le plus probable serait la conclusion d'un accord avec les acteurs du secteur privé qui ont prêté de l'argent au pays : la valeur de la dette ne varie pas mais on allonge la période de remboursement. Dans ce cas, il ne s'agit pas nominalement d'une défaillance de l'État grec, puisque le capital dû reste dû. Mais cela n'en demeure pas moins une restructuration : il y a une perte de revenu pour les détenteurs de dette grecque.

Comment en est-on arrivé là ?

Aujourd'hui, la Grèce ne pourrait pas se faire prêter d'argent sur les marchés, les taux d'intérêt demandés étant trop élevés, à hauteur d'environ 15 %. Ce niveau s'explique par le fait que les marchés anticipent que le pays ne pourra pas rembourser entièrement sa dette, ou devra allonger ses échéances. Or, d'ici un an et demi, l'État sera obligé de revenir sur ces marchés pour financer sa dette. En effet, une partie de celle-ci arrivera à échéance et il lui faudra emprunter de nouveau.

Par ailleurs, les prévisions qui concernaient l'économie grecque étaient trop optimistes. Les diminutions de dépenses organisées par le gouvernement ont été drastiques, le plan d'ajustement imposé par le Fonds monétaire international, la Banque centrale européenne et la Commission européenne a été draconien. Mais cela n'a pas suffi à faire croître les revenus de l'Etat.

Il faut ajouter que les réformes structurelles pour améliorer le recouvrement de l'impôt, notamment en ce qui concerne la fraude fiscale, prennent du temps et ne réussissent pas vraiment. Le déficit public du pays a d'ailleurs augmenté par rapport à ce qui était initialement prévu.

La Grèce ne pouvant pas emprunter sur les marchés dans ces conditions, il va donc falloir que l'Union européenne lui prête de l'argent. Cela ne va toutefois pas être simple : certains pensent que les Finlandais vont opposer leur veto à ce nouveau prêt.

Dans ces conditions, quand peut-on s'attendre à un retour de la Grèce sur les marchés financiers ?

Si on opère une restructuration forte de la dette grecque, par exemple en la divisant par deux, on peut espérer un retour rapide du pays sur les marchés. Cela s'est déjà vu en Amérique latine, lorsque ces restructurations ont été négociées avec les créditeurs. Dans ces cas-là, on a vu des pays revenir sur les marchés trois à quatre mois après la restructuration. Il faut toutefois qu'elle s'effectue rapidement, efficacement, et qu'elle soit bien acceptée par les marchés.

Cette aide supplémentaire ne va-t-elle pas pousser d'autres pays à la réclamer ?

On peut imaginer que si la Grèce obtient un prolongement de ses crédits, d'autres pays le demanderont aussi. À mon avis, cela concernera surtout l'Irlande. Mais la première conséquence serait une augmentation rapide des taux d'intérêt appliqués à l'Irlande, justement, ainsi qu'au Portugal. Cette tendance est d'ailleurs déjà amorcée.

source

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Membre, 20ans Posté(e)
Gilgamesh Membre 77 messages
Baby Forumeur‚ 20ans‚
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On est dans la mouise.

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Membre, Posté(e)
dihyia Membre 9 023 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

avec toutes nos dettes et nos dépenses qui continuent on va peut être faire comme la grèce ?

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Membre, 43ans Posté(e)
uno Membre 6 484 messages
Maitre des forums‚ 43ans‚
Posté(e)

avec toutes nos dettes et nos dépenses qui continuent on va peut être faire comme la grèce ?

J'ai l'impression que les jours de l'Euro sont bel et bien comptés et que tôt où tard cette monnaie unique va s'effondrer avec à la clef une crise économique potentiellement grave! On se fout beaucoup de la gueule de Marine Le Pen sur sa proposition de sortir de l'Euro néanmoins n'est-il pas possible qu'elle ait raison au moins sur ce point là? Rappelez-vous le livre d'Alain Cotta intitulé «Sortir de l’Euro ou mourir à petit feu»!

Une monnaie unique pour des pays aux économies aussi différentes que la Grèce et l'Allemagne cela ne marche pas et si l'on ajoute une dette publique monstrueuse liée à l'obligation des États à se financer sur les marchés contre des taux d'intérêt souvent exorbitant au lieu de pouvoir notamment emprunté directement auprès de la Banque centrale contre un taux d'intérêt nul ou faible (comme ce fut le cas de la France avant la Loi de 1973 la forçant de se financer sur les marchés), alors vous avez un cocktail explosif qu'est celui de la crise de la dette.

À l'heure actuelle l'Allemagne veut qu'on élève les taux d'intérêts car son économie est dynamique et l'Allemagne craint à juste titre la surchauffe de son économie, pour elle des taux d'intérêt plus haut est quelque chose de bénéfique d'où la hausse des taux directeur par la Banque Centrale européenne. Problème si l'augmentation de ces taux est bénéfique pour l'Allemagne elle est extrêmement négative pour des pays comme la Grèce, le Portugal ou encore l'Espagne qui eux n'ont pas d'économie aussi vigoureuse que celle de l'Allemagne et peine déjà sérieusement à rembourser leurs dettes.

Mais bon apparemment certains pensent qu'il faut sauver l'Euro à tout prix et apparemment ce n'est pas prêt de changer car certains décident pour les nations européennes de ne pas sortir des l'Euro elle décident pour la nations européenne l'option «mourir à petit feu»!

Franchement j'espère avoir tout faux dans mes pronostiques sincèrement car un effondrement de l'Euro et une Banqueroute serait catastrophique, seulement voilà en voyant comment la problématique de l'Euro persiste car structurellement inadaptée pour des économies aux dynamiques aussi différentes, je vois mal comme on pourra éviter indéfiniment un scénario pour le moins dramatique économiquement parlant!

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Membre, 32ans Posté(e)
economic dream Membre 3 028 messages
Baby Forumeur‚ 32ans‚
Posté(e)

Je te felicite pour ta connaissance sur le sujet, notamment la loi de 1973.

N'est-il pas ridicule qu'on emprunte pour payer les interets de la dette? Où est la logique?

Cela absorbe tous les impots sur le revenu et c'est intégralement donné aux banques privées! L'arnaque du siècle!

Ces spéculateurs n'auront jamais assez. On ferait mieux de déclarer la Grèce en faillitte et de retourner au système d'avant 1973 .

Malheureusement, nous sommes liés par les pieds et les mains aux traités néolibéraux de l'UE.

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Membre, 47ans Posté(e)
jimmy45 Membre 11 249 messages
Maitre des forums‚ 47ans‚
Posté(e)

N'importe quel gouvernant servant le peuple aurait au minimum depuis longtemps refusé les "aides" des européens et du FMI, déclaré le défaut de paiement et proposé à ses créanciers de ne payer qu'une partie de la dette comme genre 50% à condition qu'ils arrêtent de lui demander des disaines de % d'intérêts, mais des intérêts raisonnables du style 3%, que c'est ça ou niet.

Un gouvernant servant le peuple aurait au mieux fait la même chose tout en nationalisant les secteurs non déficitaires de ses banques pour créer un service public et réautorisé sa banque centrale à prêter à l'état avec zero intérêt.

Mais un dirigeant larbin de l'oligarchie européenne comme Papandréou, a préféré accepter l'aide européenne et du FMI, appliqué un plan de rigueur qui n'est rien d'autre qu'un plan de pillage des richesses de la grèce par les banques européennes et par les autres états européens qui prennent une ptite marge au passage. Les pillages n'aidant vraiment pas généralement à relancer l'économie mais plutôt le contraire, il était certain que l'état n'aurait pas pu rembourser. La preuve.

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