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bien mal acquis


danielfr40

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La protection des biens et des personnes est un leitmotiv pour toute forme de justice. Or, la justice prend naissance dans la sphère sociale ; nul ne peut donc prétendre qu'il n'en connaît pas ces aspects. Cela signifie qu'on ne peut pas s'approprier un objet immérité sans avoir conscience qu'il y a une condamnation sociale de cet acte. Il ne s'agit donc pas de simplement suivre ses pulsions, puisque le forban n'agirait pas en présence d'une ou plusieurs personnes en particulier (les intéressés par exemple).

Il faut donc, soit que le voleur fonde pour lui-même le droit à posséder l'objet delictueux (désir positif), ou alors qu'il le prenne par peur de son manque (désir négatif). Mais nous ne pouvons déjà plus être dans le premier cas, puisque le droit en terme de biens est fonction du mérite, et que celui-ci est défini par la société (ce sont les autres qui nous attribuent notre mérite), mais nous avons précisé qu'elle condamnerait cet acte (et que le voleur le sait).

Mais jouir dans la crainte de n'avoir pu le faire c'est déjà vouloir emprisonner le plaisir, le cerner conceptuellement, en s'imaginant la jouissance dont on se serait privé. Mais la véritable jouissance se vit comme absolue, elle doit envahir le corps et l'esprit dans un mouvement purement positif ; lorsque la pensée lui donne des limites, et qu'on tente alors de la définir, elle disparaît.

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danielfr40 Membre 1 719 messages
Baby Forumeur‚ 68ans‚
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La protection des biens et des personnes est un leitmotiv pour toute forme de justice. Or, la justice prend naissance dans la sphère sociale ; nul ne peut donc prétendre qu'il n'en connaît pas ces aspects. Cela signifie qu'on ne peut pas s'approprier un objet immérité sans avoir conscience qu'il y a une condamnation sociale de cet acte. Il ne s'agit donc pas de simplement suivre ses pulsions, puisque le forban n'agirait pas en présence d'une ou plusieurs personnes en particulier (les intéressés par exemple).

Non, la protection des biens et des personnes n'est pas lié à la justice mais à la propriété. La justice serait qu'il n'y ait aucune raison que quelqu'un d'autre n'utilise pas mon bien si je ne l'utilise pas.

Celui qui s'approprie un bien immérité lutte contre deux choses

- la crainte de se faire prendre, probablement la contrainte la plus bloquante

- effectivement la crainte d'une condamnation sociale, que ses proches le jugent mal, contrainte très relative et dépendant du risque de se faire prendre

Il faut donc, soit que le voleur fonde pour lui-même le droit à posséder l'objet delictueux (désir positif), ou alors qu'il le prenne par peur de son manque (désir négatif). Mais nous ne pouvons déjà plus être dans le premier cas, puisque le droit en terme de biens est fonction du mérite, et que celui-ci est défini par la société (ce sont les autres qui nous attribuent notre mérite), mais nous avons précisé qu'elle condamnerait cet acte (et que le voleur le sait).

Je pense que les bonnes excuses ne manquent pas:

- la société me traite mal, je n'ai pas reçu l'éducation à laquelle j'avais droit, les lois sont faites pour protéger les nantis qui ne font rien pour moi, et donc j'ai le droit de me servir, voire de leur faire payer

- si je vole le magasin, je ne touche qu'aux profits des actionnaires, je ne fais de mal à personne

- si je vole l'état, je ne fais de mal à personne en particulier

Mais jouir dans la crainte de n'avoir pu le faire c'est déjà vouloir emprisonner le plaisir, le cerner conceptuellement, en s'imaginant la jouissance dont on se serait privé. Mais la véritable jouissance se vit comme absolue, elle doit envahir le corps et l'esprit dans un mouvement purement positif ; lorsque la pensée lui donne des limites, et qu'on tente alors de la définir, elle disparaît.

je ne suis pas sûr de comprendre, mais je ne pense pas qu'il y ait de règle générale

mais d'abord est-ce qu'on le fait pour la jouissance ?

- la jouissance d'avoir fait perdre le système ?

- la jouissance de posséder quelque chose qu'on ne pourrait s'offrir ?

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Celui qui s'approprie un bien immérité lutte contre deux choses

- la crainte de se faire prendre, probablement la contrainte la plus bloquante

- effectivement la crainte d'une condamnation sociale, que ses proches le jugent mal, contrainte très relative et dépendant du risque de se faire prendre

Je ne suis pas certain que le distinction soit pertinente, dans la mesure où il serait question de ce qui fonde ces deux craintes à la fois, à savoir la possibilité d'une condamnation absolue. Il est possible de dire que la condamnation porte sur l'acte du délit plutôt que sur l'individu, et d'en construire une vision relative. Mais je conçois que nous condamnons également l'individu dans la mesure où il peut s'identifier à son acte.

Je pense que les bonnes excuses ne manquent pas:

- la société me traite mal, je n'ai pas reçu l'éducation à laquelle j'avais droit, les lois sont faites pour protéger les nantis qui ne font rien pour moi, et donc j'ai le droit de me servir, voire de leur faire payer

- si je vole le magasin, je ne touche qu'aux profits des actionnaires, je ne fais de mal à personne

- si je vole l'état, je ne fais de mal à personne en particulier

Il faudrait d'abord trouver des individus pour y croire. Une faute existe-t-elle sans personne pour la condamner? Il me semble que c'est aussi un sentiment absolu et envahissant qui fonde l'interdit social, et cela pose question sur la possibilité de s'affranchir localement (par exemple dans un groupe d'amis proches comme dans les mafias) d'une faute.

En effet, se chercher une excuse revient quelque part à reconnaître la faute qui a été commise, mais en invitant hypocritement l'observateur à nous considérer comme un objet déterminé, de la même façon qu'un arbre arraché par la tempête fracasse le crâne d'un passant. Mais il n'est pas possible de se persuader tout à fait d'être un objet, même si on peut sûrement en persuader un autre, et d'ailleurs, même si c'était vrai.

En tout cas la société transcende le groupe mafieux, puisque ce dernier le parasite de l'intérieur ; une mafia n'a pas de systeme propre mais elle dépend d'un plus grand, le système social, qu'elle rançonne, et donc elle n'ignore pas les lois, puisqu'elle se fonde justement sur le fait de les contourner. Il y aurait donc tout de même un conflit psychique gênant la jouissance, si toutefois on la conçoit comme absolue.

mais d'abord est-ce qu'on le fait pour la jouissance ?

- la jouissance d'avoir fait perdre le système ?

- la jouissance de posséder quelque chose qu'on ne pourrait s'offrir ?

Il me semble que nous courrons naturellement à travers le bonheur ou le plaisir, ce qui correspond à mes yeux au même clin d'oeil absolu et divin, se différenciant principalement par son rapport au temps. Pourquoi aurait-on choisi de voler cet objet à cette personne (et non pas un autre), si notre préoccupation était juste de se maintenir en opposition au système (p.ex. en possédant ce qu'il ne nous permettrait pas de nous offrir)?

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