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Les Chroniques d'Origine


Nico10000

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Nico10000 Membre 16 messages
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PROLOGUE

« L'Invasion »

C'est une nuit d'orage, la forêt est agitée à cause des rafales de pluies glaciales. Les grands arbres se balancent au dessus de leurs têtes ; les hommes ont froid. Le grondement du tonnerre semble incessant. Les éclairs blancs illuminent leurs tristes visages fatigués par l'effort de ces longues heures de marche à travers les bois interminables. Certains d'entre eux ont peur. Ils n'ont jamais subi pareille tempête, elle paraît surnaturelle, un véritable déluge ! Au fond personne n'est rassuré par le fracas de la foudre qui pulvérise les grands arbres comme de fragiles allumettes.

Seul sur son cheval de guerre, vêtu de son imposante armure bleue, le capitaine Saïmone garde les dents serrées face à la difficulté de la traversée. L'eau froide pénètre les bottes des soldats et imbibe leurs épaisses chaussettes. La cadence est rude depuis qu'ils ont pénétré la grande forêt d'Astrardh. Le capitaine ne veut perdre aucune seconde et personne ne s'en plaindra. Tous savent qu'ils marcheront encore pour une deuxième nuit blanche et que la plupart des repas seront sautés. Malgré la faim, le froid et la fatigue, les fantassins tiennent le coup malgré leurs pesantes cottes de maille et autres accessoires métalliques qui n'ont jamais été aussi lourds que cette nuit là¿

Un des soldats, soutenu depuis de longues heures par un de ses camarades, s'écroule finalement de fatigue. Le chef Saïmone descend de sa monture et lève le bras pour indiquer à ses hommes que la pause tant attendue est pour maintenant. Ils sont loin d'avoir tous récupéré de cette hécatombe. Leurs blessures ne cicatrisent pas sous de pareilles conditions. Même le redoutable et puissant capitaine a été grièvement touché ; sa gorge saigne de temps à autre. Il se baisse pour ramasser d'une main forte le lourd corps de l'homme inconscient pour le poser sur son cheval. Dans son regard si impressionnant, on peut lire la haine immense qu'il éprouve envers les responsables de la seule défaite militaire de sa carrière. Il était pourtant le seul à ne pas vouloir pas fuir¿ Ses poings se serrent, les veines de son crâne rasé se gonflent et élargissent ses tatouages. Il ne voit plus ses hommes, il ne voit plus les arbres, seule une idée l'obsède : se venger !

Le capitaine se tient debout comme une statue immense faisant face au terrible orage, ses dix sept soldats restants sont tous assis autour de lui et essayent de se montrer digne de leur capitaine en luttant contre le sommeil. Du haut de ses deux mètres de muscle, Saïmone reste implacable, les poings serrés de toutes ses forces. Cinq des hommes trouvent la force et le courage de se relever pour guetter à travers les buissons qui s'illuminent de temps à autre. Ils inspectent de leurs regards chaque centimètre de végétation. Leur chef s'avance d'un pas vers eux et leur lance de sa voix écrasante dominant presque le bruit de la tempête:

- Surveillez aussi en hauteur!

L'inquiétude qui se lit sur les visages des hommes se transforme peu à peu en frayeur. Désormais plus personne n¿a la volonté de parler. Même le capitaine ne dit mot. Tous commencent par se demander si ces créatures ne les ont pas retrouvés. L'atmosphère créée par le silence devient de plus en plus pesante¿ Chacun s'oublie à des pensées effrayantes et s'attend au pire. Le cheval de Saïmone s'agite tout à coup alors que le terrible orage semble s'éloigner. Le capitaine jette un ¿il curieux sur sa monture. La pluie se calme d'un coup en ne laissant que des gouttes plus rares et plus fines. La pression se fait à son comble. Même les soldats les plus fatigués se relèvent. Saïmone garde sa main sur le manche de sa lourde épée et, pour la première fois de sa vie, ce geste n'arrive pas à le rassurer. Même le capitaine a ses limites! Pourtant il trouve le moyen de se remettre les idées au clair¿ En soulevant légèrement l'arme de son fourreau, il s'entaille volontairement le poignet pour que la douleur lui fasse oublier sa peur. Et c'est de son regard le plus déterminé qu'il s'adresse à ses hommes :

- Qu'ils reviennent ces monstres ! Qu'on les achève !

Cette phrase redonne un brin de vaillance au groupe perdu sous une nuit sans lune¿

L'orage est parti mais les choses semblent empirer. Désormais il fait si sombre que l'on ne distingue rien, pas même une ombre. Le ciel est couvert de nuages ; la nuit dépose toute sa plus profonde obscurité sur la forêt inondée. Un des soldats s'adresse à Saïmone :

- Capitaine !

- Je sais¿ J'ai entendu ! Silence ! Ecoutez !

Chacun tend l'oreille avec crainte. Impossible de reconnaître ses sons étranges mais ils semblent venir de la même direction. La panique s'installe dans le groupe. Ils retirent tous subitement leurs épées du fourreau. Le cheval du capitaine ne tient plus en place, cabre tout à coup et s'enfuit au galop. Le pire pour eux, c'est de ne rien distinguer. Certains ont préféré fermer les yeux. Aucun d'entre eux n'a entendu pareil râle, d'autres le comparent à une sorte de cris lointains. Les bruits se rapprochent petit à petit et se font plus fréquents. Les bruits deviennent plus clairs et s'apparentent à des sortes de sifflements surnaturels et très inquiétants. Un des hommes répète sans cesse :

- Ce sont ces montres¿ Ils nous ont retrouvés !

Saïmone réplique aussitôt :

- Formez un cercle! Et ne cassez la formation que sur mon ordre ! Si vous voulez voir le jour se lever, soyez solidaires ! Plus que jamais !

Les créatures s'approchent et semblent venir de derrière le groupe. Elles sont si nombreuses qu'il est impossible de les compter. Les hommes estiment qu'elles ne sont qu'à une centaine de mètres.

Les soldats sont terrifiés mais restent en cercle. Les moins téméraires se laissent gagner par la terreur tandis que les plus inconscients tentent d'apercevoir quelque chose en s'avançant légèrement. Tout à coup un rugissement très fort se fait entendre. Il résonne à travers tous les environs. Une des créatures est très proche¿ Peut être vingt mètres, au maximum. La créature pousse un autre rugissement énorme. Le cercle de formation se casse et la moitié des hommes détalent à travers bois. Saïmone hurle de rage :

- Gardez la formation !

Et soudain, deux énormes yeux effrayants et lumineux apparaissent à travers les buissons ! Le premier de ces montres est déjà sur eux¿ Un soldat hurle de douleur ! Le capitaine reste médusé et hésite à frapper l'énorme forme obscure qui attrape sa victime. Trois autres créatures arrivent en poussant leurs cris si percutants. Elles se jettent sur les hommes comme un prédateur affamé face à de la viande fraîche. Les soldats engagent le combat dans le noir total tandis que leur chef, si courageux en temps normal, reste dépassé par l'ampleur de la catastrophe.

Tout va très vite et à la fois très doucement. C'est l'anarchie totale. Les quelques coups d'épées se confondent à la vague de cris de douleur humaine. Saïmone engage la bataille en reculant. Il frappe de sa lourde épée tout ce qui passe à sa portée. D'autres montres arrivent et plaquent au sol les soldats restant pour les dévorer vivants avec hargne ! Les hommes s'éparpillent en fuyant mais sont vite rattrapés et disputés par leur poursuivants¿ Saïmone n'échappe pas à la charge si écrasante. Les griffes de ces monstres ne transpercent pas complètement son épaisse armure de métal. Elle est bien plus résistante que la cotte de maille de ses soldats. Toutefois, il est écrasé au sol par une de ces choses, qui le mord frénétiquement. Les deux bras protégeant sa tête, le capitaine regrette d'avoir perdu son casque la veille¿ La bête est bien plus lourde que lui. Peut-être une masse de trois cents kilos ou plus. Saïmone s'enfonce dans la boue.

Les nuages se dispersent enfin pour laisser apparaître finalement un croissant de la lune rouge, l'obscurité absolue des bois disparaît en révélant les monstrueux prédateurs qui s'attaquent au groupe. Leur frénésie est telle qu'il est impossible de prendre le temps d'en décrire un du regard. Tout ce qu'on pourrait en distinguer, ce sont ses très grandes griffes, ses dents démesurées, son dos parsemé de squames impénétrables. Saïmone ne s'attarde pas à regarder la créature qui le harcèle. Sans hésiter il décroche un brutal coup de poing dans l'un des horribles yeux de la bête. Son attaque fulgurante réussit avec brio. Le monstre recule sa gueule cauchemardesque. Sans hésiter, le capitaine s'empare de la tête de la créature de ses deux mains, en enfonçant ses pouces dans l'orbite des yeux. L'effet ne se fait pas attendre ; la terrible bête pousse un cri de douleur en reculant d'un grand saut pour se libérer de l'étreinte. Serrant sa mâchoire carrée avec force, Saïmone commence à peine à se relever que le monstre le charge à nouveau. N'ayant pas le temps de reprendre son arme, il fait front et parvient à esquiver au dernier moment l'attaque en se jetant au sol au moment où le monstre bondit. Par chance sa main retombe sur le pommeau de son épée, il s'empresse de s'en emparer quand il se rend compte que tous ses hommes sont déjà tombés ! Tournant les yeux avec angoisse autour de lui, Saïmone constate qu'il est seul face à tous ces monstres qui arrivent sans cesse plus nombreux¿ Il se retrouve plaqué au sol par plusieurs de ces hideuses créatures.

Alors que son issue devient fatale, une étrange parole qui semble venir du néant résonne parmi les arbres. Le capitaine n'a jamais entendu pareil langage mais l'effet est instantané : tous les monstres se retirent doucement derrière la végétation en emportant les corps des hommes à moitié dévorés. Les coudes à terre, il profite de ce miracle inespéré quand une silhouette humaine de grande taille apparaît entre les sapins. La voix étrange résonne à nouveau, mais cette fois en parlant le langage des hommes :

- Nous allons te laisser vivre¿ humain.

Saïmone tente de distinguer plus précisément son interlocuteur, mais l'obscurité est trop présente. Le capitaine se lève avec méfiance et serre de toutes ses forces son épée à deux mains. Saïmone qui se voyait mourir ne comprend pas bien la situation, la voix reprend :

- Tu vas vivre humain, pour transmettre à tes frères la terreur que tu as subie ici. Tu vas vivre pour raconter à tes maîtres que Méka est de retour !

Dégoûté par le résultat final de cette campagne, éc¿uré de toute son âme de la perte de ses soldats, Saïmone trouve la folie de répondre avec haine :

- Vous¿ Qui que vous soyez, vous allez payer pour cette boucherie¿

La voix éclate d'un long rire sinistre.

- Tu nous provoques¿ pitoyable insecte ?

L'épée du Capitaine fond aussitôt. Comme du beurre plongé sur des braises, il s'empresse de la relâcher avec stupeur. La voix murmure mais pour autant les mots semblent venir depuis toutes les directions :

- Tu as beaucoup de chance¿ Pour l'instant nous avons autre chose à faire que de nous occuper de ta méprisable carcasse.

La silhouette disparaît dans un cercle de flammes.

Le jour se lève, voilà quelques heures que Saïmone avance sans cesse vers l'Ouest depuis que ces monstres l'ont épargné¿ Il est totalement épuisé, ses forces le quittent, le sommeil finit par avoir raison de lui. Assoupi contre le tronc d'un arbre, le courageux guerrier n'a pu lutter plus longtemps contre la fatigue, il s'endort profondément couché prêt d'un large sentier.

Perché sur la cime d'un arbre, un étrange animal l'observe sournoisement¿ C'est un Draghzar, une espèce de chauve-souris géante munie d'une longue trompe venimeuse, cette créature qui vit normalement la nuit est généralement réputée pour attaquer le gros gibier ou le bétail. Mais le Draghzar est aussi friand des proies faciles, charognard à l'occasion, il lui arrive de s'en prendre à d'autres espèces¿ Dans un premier temps l'énorme volatile noir de quatre mètres d'envergure harponne sa cible avec ses énormes serres, puis enfonce sa trompe pointue par le cou de sa victime, enfin son poison dissout l'intérieur du corps facilitant ainsi le sucement des parties vitales et nutritives¿

Ce prédateur volant est de l'autre côté de la route, perché et attentif aux réactions de l'humain, il n'a jamais attaqué d'hommes et hésite un peu à prendre le risque, il est vrai qu'en plus, le capitaine n'a guère l'air appétissant. Mais la faim tenaille le Draghzar, c'est pour cette raison qu'il n'est pas encore couché. Finalement il écarte ses ailes et se laisse tomber en vol plané vers sa proie, traversant à vive allure la distance qui le sépare de Saïmone. Le volatile géant charge sans avertissement.

Au même instant, sorti de nulle part, un Dragon-Rouge aussi grand qu'un bateau de trois mâts, surgit du ciel et avale d'une seule bouchée le petit Draghzar. Un souffle impressionnant se dégage de l'attaque surprise et titanesque !

Saïmone n'a pas été réveillé par la puissante rafale de vent produite par la charge aérienne ; son sommeil semble imperturbable¿ Le gigantesque Dragon-Rouge se pose sur la route en faisant vibrer le sol. Des branches et des centaines de feuilles s'envolent en tous sens sous la tempête de son atterrissage. De ses grands yeux jaunes, le Dragon tourne la tête vers l'humain tandis qu'il avale sa ridicule petite bouchée de Draghzar.

La pluie reprend. Un autre orage menace d'éclater sous ses inquiétants et épais nuages gris qui couvrent tout le ciel. Le Dragon lève son regard vers les éclairs. Doucement, il commence à déployer ses ailes au dessus des arbres qui entourent Saïmone, formant ainsi un véritable toit. Le capitaine peut dormir tranquille, ce bienveillant Dragon-Rouge le protège¿

Il est huit heures ; l'orage est parti. Les rayons de soleil font déjà ressortir l'humidité sous forme de brume. Le Dragon-Rouge s'est couché sur la route ; un ¿il fermé et l'autre observant le capitaine. Le majestueux garde du corps est toujours à l'affût de son réveil. Sous la fraîcheur et le vent glacial, Saïmone se réveille et tremble un peu malgré lui. Aussitôt le Dragon fait partir un jet de flammes d'une de ses narines pour provoquer ainsi un feu de camp à coté du capitaine. La chaleur si soudaine interpelle l'homme qui se lève et se retourne vers le foyer de l'incendie contrôlé. Il constate le feu avec étonnement, mais ne distingue pas encore le Dragon qui l'observe. L'imposant animal se relève en faisant chuter un arbre de sa queue par inattention. Saïmone tourne tout de suite sa vigilance sur le grand bruit du sapin déraciné et ne tarde pas à être très surpris de tout ce cirque... Pour se faire remarquer, le Dragon pousse un léger feulement qui provoque l'envol de quelques oiseaux. Saïmone aperçoit enfin l'animal avec effroi. Le capitaine recule jusqu'à se coller contre un rocher voisin. Le Dragon répète son appel un peu plus bruyamment en approchant sa tête à travers les branches au dessus de l'homme. Saïmone s'étonne de voir un Dragon-Rouge sauvage aussi calme. Il reste figé par ses doutes et finit par s'adresser à l'animal :

- Laisse-moi¿ Je ne suis pas comestible¿Je vais te filer la diarrhée¿

Le Dragon avance encore son museau jusqu'à quelques centimètres du visage de Saïmone. Les branches cassent par dizaine face à l'avancée ! Il pousse affectueusement un autre petit cri en reniflant l'humain. Saïmone y répond avec inquiétude :

- Pousse -toi ! Je ne suis pas ta mère¿

Le courageux guerrier a l'impression un instant, au moment où l'immense gueule s'ouvre, de lire dans les yeux du Dragon que ses mots l'ont vexé.

Très délicatement le Dragon referme sa bouche sur l'armure de Saïmone. Il soulève le capitaine avec ses énormes dents pour le transporter avec souplesse sur son dos, entre ses ailes. Il le relâche doucement. L'homme n'a pas eu le temps de réagir, il subit la volonté du plus fort. Saïmone observe la peau cuirassée d'écailles qui se trouve sous ses pieds en répliquant :

- Heureusement que tu le prends comme ça ! Parce que j'allais m'énerver¿

Le Dragon déploie ses ailes avec une force prodigieuse : il prend son envol. Le Capitaine s'assoit et resserre ses mains pour s'accrocher sur une épaisse écaille rouge. Son c¿ur bat d'excitation.

Très peu d'humains à travers Origine ont eu le privilège de monter un Dragon. Saïmone en oublierait presque les derniers jours horribles qu'il vient de passer. L'adrénaline lui monte en puissance quand les ailes battent avec violence pour décoller. Le Dragon s'envole si vite pour sa taille que Saïmone en perd son souffle.

Dans les airs, les mains fortement accrochées sur le grand Dragon, le capitaine découvre la sensation de voler avec beaucoup d'excitation. L'air siffle avec violence dans ses oreilles. Le Dragon commence à accélérer en piquant légèrement du nez¿ Pris par un flot de sensations extrêmes, le capitaine ne peut s'empêcher d'hurler son émotion dans le ciel. L'énorme animal semble prendre le même plaisir à promener son passager puisqu'il rugit à son tour ! Le capitaine éclate de rire.

Saïmone n'a aucune idée du temps que son voyage en Dragon a duré mais l'atterrissage semble imminent car sa monture descend en altitude rapidement. Saïmone distingue une île. Malgré toutes ses connaissances géographiques, l'homme ne reconnaît pas cette terre mystérieuse qui apparaît peu à peu. Les arbres de l'île sont colossaux, peut-être plus de deux-cents ou trois-cents mètres de hauteur ! Il n'a jamais vu une telle flore de sa vie, cette terre semble abriter une forêt extraordinaire¿ Mais ses yeux émerveillés par la magie de ce lieu sont très loin d'avoir tout vu ; un autre conifère apparaît à sa vue. Cette fois-ci l'arbre est absolument titanesque puisqu'il monte jusqu'aux nuages pour y disparaître ! Saïmone se lève même debout sur le Dragon pour tenter d'en apercevoir la cime. Sa bouche reste béante face à ce prodigieux élément naturel ! L'île est très grande et le capitaine s'étonne fortement de n'en avoir jamais entendu parler. C'est tout de même cet arbre dont la largeur du tronc fait un quart de l'île qui l'étonne le plus¿ Une plage est en vue et l'homme jette un ¿il sur l'entrée de la forêt. Avec grand étonnement il aperçoit une ribambelle d'insectes aussi grands que lui !

Le Dragon fonce en rugissant vers l'arbre si démesuré et croise une libellule géante aussi grande qu'une charrette ! Il passe à travers quelques énormes branches à vive allure. Saïmone sent faillir son courage quand de grandes feuilles d'un mètre sifflent au dessus de sa tête¿ Ils arrivent dans l'ombre de la végétation et le Dragon finit par se poser sur une branche avec souplesse. Rugissant à nouveau, il baisse son long cou pour permettre au capitaine de descendre sur la branche si étendue¿ L'homme descend et ne se remet pas de la taille des choses, les écorces de cet arbre sont si grosses qu'il reste quelques secondes à les regarder. Saïmone se dégourdit un peu les jambes en avançant dans la direction du tronc. Il s'émerveille devant tant de disproportion qu'il en oublie le Dragon qui l'a conduit jusqu'ici. Tout est surnaturel, tout est géant et surprenant. Il redevient tel un enfant en découvrant ce lieu féérique. Mais son instinct lui interdit de se détendre car il ne comprend pas bien les intentions de ce Dragon-Rouge¿

Le capitaine s'adresse à lui sans vraiment avoir l'espoir d'une réponse :

- Et maintenant ? Tu vas me donner à bouffer à tes petits ?

Subitement une voix féminine et charmeuse résonne dans les airs :

- Bienvenu sur l'île de Mana humanoïde. Approche donc vers la lumière pour nous rejoindre.

Saïmone cherche des yeux la femme qui aurait pu lui adresser ces quelques mots mais n'aperçoit personne. Avec prudence il s'avance doucement vers une grande feuille éclairée par un rayon de soleil qui a réussi à traverser la très vaste branche du dessus¿ Il s'arrête à deux mètres face à la grande feuille, n'y voyant personne il demande :

- Où êtes-vous ?

La voix si sulfureuse et attirante lui répond aussitôt :

- Nous sommes devant toi ?! Tu ne nous discernes pas ?

Saïmone s'avance, ne voit toujours rien et s'adresse à nouveau à l'inconnue :

- Cessez de vous cacher, ce jeu n'a rien de drôle ! Expliquez-moi plutôt ce que vous me voulez¿ Je n'ai pas de temps à perdre avec des gens de magie comme vous¿

La voix féminine lui annonce subitement :

- Vous n'avez pas le c¿ur assez éthéré¿ Votre âme est accommodée par la haine et la vengeance. Vous avez outrageusement de sang sur les mains pour être l'élu¿ Cependant si Drakan vous a conduit ici¿ vous méritez notre obligeance sur vos initiatives à l'extérieur¿

Saïmone interroge la voix :

- De quoi parlez-vous ? Qui êtes-vous ?

Immédiatement, le guerrier voit une petite forme minuscule de quelques millimètres apparaître sur la feuille¿ C'est une superbe jeune femme en modèle très réduit qui se dresse devant lui ! Pas plus large qu'un cheveu, la créature miniature serait presque imperceptible à l'¿il nu si une étrange lueur dorée ne l'entourait pas. Le capitaine a rapproché son visage du si petit être qui lui demande :

- C'est ainsi que tu m'as imaginé ? Votre esprit est si primitif¿ Mais je ne suis pas intégralement inassouvie de ce nouveau procédé, même divergente de la Source, cette conformation d'existence apparaît assez convenable¿ Bien, tu m'as inconsciemment donné le substantif d'Hédénia. Je vais pouvoir appréhender l'intérêt que les hommes ont à se particulariser les uns des autres par des appellations ! Peut-être que leur individualisme naît justement de là ? Enfin, nous aviserons, les humains sont si complexes à l'extérieur¿

La lilliputienne créature tâte son corps avec curiosité et s'exclame :

- Je ne peux pas conjecturer que tu m'ais fourni un tel organisme ! On assimile bien que les mâles humains sont assez limités pour m'échafauder aussi affriolante¿ Ce n'est pas tragique, j'essaierais ainsi d'analyser les éventualités que m'offre ce corps à l'extérieur¿ Bien ! N'aie crainte belliciste, je vais prendre en mesure. Tiens !? Assez fantaisiste la façon dont tu m'as accoutrée, c'est assez coruscant !

Jamais de sa vie, Saïmone n'aurait pu imaginer pareille aventure. Il reste hébété par la magie qui s'opère devant lui¿ En effet, Hédénia se met à grandir jusqu'à atteindre une taille plus humaine, la magnifique blonde aux yeux bleus est vêtu de façon très légère qui laisse mettre en valeur ses formes plus que généreuses¿ Ses longs cheveux sont parsemés de fleurs exotiques, ses vêtements de couleur jade paraissent provenir directement de la forêt¿ Tout à coup, elle devient beaucoup plus palpitante en taille réelle et Saïmone commence à craindre l'apparition de son fantasme personnifié. La mystérieuse jeune femme s'assoit sur la feuille tandis qu'il recule par méfiance, elle lui murmure :

- Que pourrais-je te concéder qui te soutiendraient au mieux pour commencer ? Bien¿ Pourquoi pas ce puissant bracelet de saphir, élaboré par le conglomérat des Couaks ? Son pouvoir te léguera la vigueur et la vitesse d'une dizaine d'hominidés combinés. Qu'en penses-tu?

J'adooore ! et encore ça c'est rien !!

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  • 3 mois après...
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  • 5 mois après...
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Nico10000 Membre 16 messages
Forumeur balbutiant‚
Posté(e)
:yahoo: pas de réponse ?
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25ans Posté(e)
Sheren Membre 82 messages
Forumeur en herbe‚ 25ans
Posté(e)

et oui, se sont des chose qui arrive... j'ai un sujet qui, au bout de deux semaine, n'a toujours aucun com.

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