de qui sont les vers qui vous émoustillent le plus?XD


Gripsou Membre 323 messages
Forumeur survitaminé‚ 24ans
Posté(e)

bon je suppose qu'un sujet a déjà été posté sur cette question, mais comme je me la pose etq ue j'ai rien trouvé bah je la re-pose... donc voilà j'aimerais savoir qui est votre poète (poésies/poèmes, pamphlets, pièces de théâtre en vers voire alexandrins,...) (ancien ou actuel) préféré, celui dont les vers vous touchent le plus, vous émotionnent le plus... et si possible avec une citation de la longueur de votre choix, ou le nom de l'une de ses oeuvres ce genre de chose... je commence, moi j'ai découvert que j'étais particulièrement touvhé par les alexandrins, surtout ceux de Lamartine (bien sur je ne connais pas tout le monde) par exemple le poème "L'isolement" que j'apprécie ^^

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Tambourineboy Membre 56 messages
Forumeur en herbe‚ 31ans
Posté(e)

Je peux d'abord proposer quelques auteurs des plus connus, en vrac:

Rimbaud

-Le dormeur du Val, un de ses poèmes de jeunesse, superbe...

-Le Bateau Ivre...

Baudelaire

-Harmonie du soir

-Le possédé (ralala...)

-Les petites vieilles (un sens de l'observation bien tordu)

Paul Valéry

-Le cimetière marin

-Ebauche d'un serpent

-Anne

Verlaine

-Ariettes oubliées

-Poèmes saturniens

Léo Ferré

-Avec le temps (un classique)

-Des armes

-Thank you Satan

Brassens: que choisir? il y' en a tellement...allez, on va dire:

-Mourir pour des idées

-Les trompettes de la renommée

-Misogynie à part :smile2:

Brel

-Jef

-L'homme dans la cité

-Ces gens là

Noir Désir

-Charlie

-Aux sombres héros de l'amer

-A ton étoile

Thiéfaine

-La dèche, le twist et le reste

-Alligators 427

-Narcisse 81

etc..........etc...........etc..............

Modifié par Tambourineboy

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

Mon poète de prédilection reste incontestablement Baudelaire et ses incroyables "fleurs maladives". Après, j''aime beaucoup Verlaine, Rimbaud et Ronsard.

Je voulais quand même ajouter deux poèmes en particuliers qui me font chavirer :

- "El desdichado" de Nerval (extrait des Chimères, 1854)

Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,

Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie :

Ma seule Etoile est morte, - et mon luth constellé

Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,

Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,

La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,

Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.

Suis-je Amour ou Phébus ?... Lusignan ou Biron ?

Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;

J'ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène...

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :

Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée

Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

- "Las, où est maintenant" de Du Bellay (extrait des Regrets) :

Las, où est maintenant ce mépris de Fortune ?

Où est ce c¿ur vainqueur de toute adversité,

Cet honnête désir de l'immortalité,

Et cette honnête flamme au peuple non commune ?

Où sont ces doux plaisirs qu'au soir sous la nuit brune

Les Muses me donnaient, alors qu'en liberté

Dessus le vert tapis d'un rivage écarté

Je les menais danser aux rayons de la Lune ?

Maintenant la Fortune est maîtresse de moi,

Et mon c¿ur, qui soulait être maître de soi,

Est serf de mille maux et regrets qui m'ennuient.

De la postérité je n'ai plus de souci,

Cette divine ardeur, je ne l'ai plus aussi,

Et les Muses de moi, comme étranges, s'enfuient.

Baudelaire : "A une passante"

baudelaire-grand-carjat.gifLa rue assourdissante autour de moi hurlait.

Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,

Une femme passa, d'une main fastueuse

Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.

Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,

Dans son ¿il, ciel livide où germe l'ouragan,

La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair¿ puis la nuit ! - Fugitive beauté

Dont le regard m'a fait soudainement renaître,

Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! Trop tard ! Jamais peut-être !

Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,

é toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

- Ronsard : "Mignonne..."

Mignonne, allons voir si la rose

Qui ce matin avait déclose

Sa robe de pourpre au soleil,

A point perdu cette vesprée

Les plis de sa robe pourprée,

Et son teint au votre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,

Mignonne, elle a dessus la place,

Las, las ses beautés laissé choir !

O vraiment marâtre Nature,

Puisqu'une telle fleur ne dure

Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,

Tandis que vôtre âge fleuronne

En sa plus verte nouveauté,

Cueillez, cueillez votre jeunesse :

Comme à cette fleur, la vieillesse

Fera ternir votre beauté.

" Odes ", I, 17

Ronsard (1524, Vendômois), XVIème

- Paul Verlaine, "Mon rêve familier" ( extrait de Poèmes saturniens) :

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,

Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même

Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur transparent

Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème

Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,

Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse? Je l'ignore.

Son nom? Je me souviens qu'il est doux et sonore,

Comme ceux des aimés que la vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,

Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a

L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

- Arthur Rimbaud, "Ophélie"

:

I

Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles

La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,

Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...

- On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie

Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir,

Voici plus de mille ans que sa douce folie

Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle

Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;

Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,

Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;

Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,

Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :

- Un chant mystérieux tombe des astres d'or.

II

O pâle Ophélia ! belle comme la neige !

Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !

C'est que les vents tombant des grand monts de Norwège

T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;

C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,

A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits ;

Que ton coeur écoutait le chant de la Nature

Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;

C'est que la voix des mers folles, immense râle,

Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;

C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,

Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !

Tu te fondais à lui comme une neige au feu :

Tes grandes visions étranglaient ta parole

- Et l'Infini terrible effara ton ¿il bleu !

III

- Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles

Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;

Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,

La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.

Modifié par chirona

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Tambourineboy Membre 56 messages
Forumeur en herbe‚ 31ans
Posté(e)

heu..."Ophélie" n'est pas extrait d' "Une saison en enfer", qui date de 1873...

Il s'agit là encore d'un de ses poèmes de jeunesse

Sinon j'aime bien ces poèmes, notamment celui de Ronsard, plutôt ambigu

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

Autant pour moi, j'ai trouvé la référence erronée sur un site d'Internet. Je connais le poème mais j'avoue ne pas avoir recherché plus particulièrement son origine. Je vais éditer.

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