La tristesse en extraits


Coast liners Membre 3 802 messages
Forumeur out‚ 27ans
Posté(e)

Les extraits les plus tristes.

"La solitude absolue, le spectacle de la nature, me plongèrent bientôt dans un état presque impossible à décrire. Sans parents, sans amis, pour ainsi dire seul sur la terre, n'ayant point encore aimé, j'étais accablé d'une surabondance de vie. Quelquefois, je rougissais subitement, et je sentais couler dans mon c¿ur comme des ruisseaux d'une lave ardente; quelquefois je poussais des cris involontaires, et la nuit était également troublée de mes songes et de mes veilles."

Chateaubriand, René.

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Acharon Membre 2 217 messages
Forumeur alchimiste‚ 37ans
Posté(e)

Ah chateaubriand ou l'art de se plaindre sur des milliers de page dans mémoire d'outre tombe .

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Acharon Membre 2 217 messages
Forumeur alchimiste‚ 37ans
Posté(e)

C'était René !? Cela ressemblait comme deux gouttes d'eau à un passage des mémoires d'outre tombe . :smile2:

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Coast liners Membre 3 802 messages
Forumeur out‚ 27ans
Posté(e)

Bah c'est le même auteur.... :smile2:

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Acharon Membre 2 217 messages
Forumeur alchimiste‚ 37ans
Posté(e)

Bin oui :smile2: .

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

Un incontournable !

Ariette III

Il pleure dans mon coeur

Comme il pleut sur la ville

Quelle est cette langueur

Qui pénètre mon coeur?

O bruit doux de la pluie

Par terre et sur les toits!

Pour un coeur qui s'ennuie,

O le chant de la pluie!

Il pleure sans raison

Dans ce coeur qui s'écoeure.

Quoi! nulle trahison?

Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine

De ne savoir pourquoi,

Sans amour et sans haine,

Mon coeur a tant de peine!

Paul Verlaine, Romances sans paroles, 1874

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

Voici un poème que j'adore.

El desdichado

Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l'Inconsolé,

Le Prince d'Aquitaine à la Tour abolie :

Ma seule Etoile est morte, - et mon luth constellé

Porte le Soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m'as consolé,

Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,

La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,

Et la treille où le Pampre à la Rose s'allie.

Suis-je Amour ou Phébus ?... Lusignan ou Biron ?

Mon front est rouge encor du baiser de la Reine ;

J'ai rêvé dans la Grotte où nage la sirène...

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron :

Modulant tour à tour sur la lyre d'Orphée

Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée.

Nerval, Les chimères, 1854

Modifié par chirona

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Gripsou Membre 323 messages
Forumeur survitaminé‚ 24ans
Posté(e)

"Car vois-tu je ne peux pas être à tes côtés

Mais mon c¿ur embrasé, ce maudit y est bien

Enfermé comme il est, fait prisonnier du tien

Pour avoir trop souvent osé dire qu'il t'aimais"

mais de qui ça peut bien être? :smile2:

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,

Vains objets dont pour moi le charme est envolé

Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,

Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé

Que le tour du soleil ou commence ou s'achève,

D'un oeil indifférent je le suis dans son cours ;

En un ciel sombre ou pur qu'il se couche ou se lève,

Qu'importe le soleil ? je n'attends rien des jours.

Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,

Mes yeux verraient partout le vide et les déserts :

Je ne désire rien de tout ce qu'il éclaire ;

Je ne demande rien à l'immense univers.

[...]

Que ne puis-je, porté sur le char de l'Aurore,

Vague objet de mes voeux, m'élancer jusqu'à toi !

Sur la terre d'exil pourquoi resté-je encore ?

Il n'est rien de commun entre la terre et moi.

Quand la feuille des bois tombe dans la prairie,

Le vent du soir s'élève et l'arrache aux vallons ;

Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :

Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !

Alphonse de Lamartine, l'isolement

Modifié par Gripsou

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

Las, où est maintenant ce mépris de Fortune ?

Où est ce c¿ur vainqueur de toute adversité,

Cet honnête désir de l'immortalité,

Et cette honnête flamme au peuple non commune ?

Où sont ces doux plaisirs qu'au soir sous la nuit brune

Les Muses me donnaient, alors qu'en liberté

Dessus le vert tapis d'un rivage écarté

Je les menais danser aux rayons de la Lune ?

Maintenant la Fortune est maîtresse de moi,

Et mon c¿ur, qui soulait être maître de soi,

Est serf de mille maux et regrets qui m'ennuient.

De la postérité je n'ai plus de souci,

Cette divine ardeur, je ne l'ai plus aussi,

Et les Muses de moi, comme étranges, s'enfuient.

Joachim du Bellay, Les Regrets

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