Jean-Jacques-Régis de Cambacérès


Olivier1985 Membre 8 188 messages
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Maurin_-_Cambaceres.png

Né à Montpellier le 18 octobre 1753 dans une famille de magistrats appartenant à la vieille noblesse de robe de la ville, il fit ses études de droit à la Faculté de Montpellier. Reçu avocat en 1771, il succède à son père dans la charge de conseiller à la cour des comptes, Aides et Finances, de Montpellier en 1774.

Ses frères sont Etienne Hubert de Cambacérès qui sera archevêque de Rouen, cardinal et sénateur et Jean Pierre Hugues Cambacérès, général. Fils du précédent, son neveu, Marie Jean Pierre Hubert de Cambacérès, connu sous le nom de duc de Cambacérès, est pair de France sous Louis-Philippe, puis sénateur et grand maître des cérémonies sous Napoléon III.

Sous la Révolution

Dès 1789, il participa activement à la Révolution francaise, au conseil municipal de Montpellier, puis comme procureur syndic du district et président du tribunal criminel de l'Hérault. En 1792, il est élu député de l'Hérault à la Convention nationale. Pendant le procès de Louis XVI, il protesta que la convention n'avait pas le pouvoir de siéger comme tribunal et exigea que le roi disposât des moyens nécessaires pour sa défense. Néanmoins, il vota la mort de Louis XVI, mais demanda que son exécution fût repoussée après la fin des hostilités. Entré aucomité de sûreté générale, il vota l'arrestation des Giirondins en juin 1783. Il fut chargé en 1793, avec Merlin de Douai, de la classification des lois et de leur réunion en un seul corps.

Il rédigea de nombreuses lois et fut chargé de coordonner la rédaction duCode civil francais par les Montagnards. Deux premiers projets furent présentés en 1793 et 1794. Le premier est rejeté car trop long et pas assez révolutionnaire. Le second suit le même sort : trop court. Un troisième projet échoue encore en 1796, victime également des luttes politiques. La version définitive n'aboutira qu'en 1804. Il devint, en 1794, président de la Convention, puis présida le Comité de salut public.

En janvier 1791, Cambacérès se porta acquéreur du domaine de Saint Drézéry, alors propriété du chapitre de la cathédrale de Montpellier et vendu comme bien national par la municipalité. Alors vice-président du conseil municipal, Cambacérès dut se servir d'un prête-nom pour acheter le domaine qu'il lègua à sa mort à la cathédrale de Montpellier.

Sous le Directoire

Il fut élu au Conseil des Cinq-Cents en 1795. Il exerça des fonctions diplomatiques et négocia la paix avec l'Espagne. En 1796, il prépara un troisième projet de Code civil, toujours sans suite. Il ne fut pas réélu en tant que diplomate en 1797 et, en 1798, son élection fut annulée. Le 20 juillet 1799, il devint ministre de la justice, poste qui lui permit d'appuyer le coup d'Etat du 18 Brumaire (9 novembre).

Sous le Consulat

Le 11 nivôse an VIII (1er janvier 1800), il est nommé deuxième consul, en remplacement de Sieyès, qui était auparavant consul provisoire. En 1801, il est l'un des fondateurs de la Société d'encouragement pour l'industrie Nationale, avec JeanAntoine Chaptal et Benjamin Delessert .

Sous le Premier Empire

Il est nommé prince-archichancelier lors de la proclamation du Premier empire en 1804. Lors des nombreux déplacements de l'Empereur sur les théâtres des opérations militaires, il assure la présidence du Sénat et du Conseild'Etat, ainsi que la direction de l'administration. Nommé Prince de l'Empire et duc de Parme le 24 avril 1808, il accumule une fortune considérable et sa table est renommée pour ses fastes. Il participe à la renaissance de la Franc maçonnerie française et prend la direction de toutes les obédiences. On lui prête le mot : « En public appelez-moi : "Votre Altesse Sérénissime", en privé "Monseigneur" suffira. » En 1814, il est, sans le titre, le véritable régent de France, ce qui ne l'empêche pas de voter au Sénat la déposition de Napoléon I. Il eut la part principale dans la rédaction du Code cicilfrançais et sut mettre à profit les travaux des grands jurisconsultes des siècles précédents, surtout ceux de Portalis ; c'est lui qui est l'auteur du Discours préliminaire du Projet de code civil. Le 30 ventôse an XII ( 21 mars 1804), grâce à la stabilisation politique apportée par le consulat , le Code civil est enfin promulgué.

Sous la Première Restauration, les Cent-Jours et la Seconde Restauration

Retiré de la vie politique lors du retour de la monarchie, en 1814, il reprend du service pendant les cent jours. Réintégré dans toutes ses dignités au retour de l'île d'Elbe, il est nommé le 2 juin 1815 Pair de France, président de la Chambre haute et, par intérim, ministre de la Justice, dont les fonctions sont exercées par M. Boulay, de la Meurthe, conseiller d'état.

Ceci lui vaut l'exil à Bruxelles après la chute définitive de Napoléon .

Ayant perdu son titre de duc de Parme, il prend celui de duc de Cambacérès, titre qui sera confirmé à sa famille en 1857 sous le Second Empire.

Il se réfugie alors dans la piété et un certain Baron écrit de lui (cité par Pierre Larousse dans Flore Latine) : « Quand je dis Cambacérès, il faut vous figurer un vieillard respectable, en perruque et en habit marron, allant tous les matins à Sainte-Gulude, notre cathédrale, près de laquelle il était logé ; un domestique le suivait portant un gros livre d'heures. Là, Cambacérès s'agenouillait sur la terre nue, entendait la messe et restait plongé dans de longues méditations : Quantum mutatus ab illo ! » Il est autorisé à rentrer en France en 1818, mais ne jouera plus aucun rôle politique, et il meurt à Paris en 1824. Il est enterré au Cimetière du Père lachaise.

Modifié par Olivier1985

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Blackcat Membre 1 698 messages
Forumeur alchimiste‚ 47ans
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Maurin_-_Cambaceres.png

Né à Montpellier dans une famille de magistrats appartenant à la vieille noblesse de robe de la ville, il fit ses études de droit à la Faculté de Montpellier. Reçu avocat en 1771, il succède à son père dans la charge de conseiller à la cour des comptes, Aides et Finances, de Montpellier en 1774.

Ses frères sont Etienne Hubert de Cambacérès qui sera archevêque de Rouen, cardinal et sénateur et Jean Pierre Hugues Cambacérès, général. Fils du précédent, son neveu, Marie Jean Pierre Hubert de Cambacérès, connu sous le nom de duc de Cambacérès, est pair de France sous Louis-Philippe, puis sénateur et grand maître des cérémonies sous Napoléon III.

Sous la Révolution

Dès 1789, il participa activement à la Révolution francaise, au conseil municipal de Montpellier, puis comme procureur syndic du district et président du tribunal criminel de l'Hérault. En 1792, il est élu député de l'Hérault à la Convention nationale. Pendant le procès de Louis XVI, il protesta que la convention n'avait pas le pouvoir de siéger comme tribunal et exigea que le roi disposât des moyens nécessaires pour sa défense. Néanmoins, il vota la mort de Louis XVI, mais demanda que son exécution fût repoussée après la fin des hostilités. Entré aucomité de sûreté générale, il vota l'arrestation des Giirondins en juin 1783. Il fut chargé en 1793, avec Merlin de Douai, de la classification des lois et de leur réunion en un seul corps.

Il rédigea de nombreuses lois et fut chargé de coordonner la rédaction duCode civil francais par les Montagnards. Deux premiers projets furent présentés en 1793 et 1794. Le premier est rejeté car trop long et pas assez révolutionnaire. Le second suit le même sort : trop court. Un troisième projet échoue encore en 1796, victime également des luttes politiques. La version définitive n'aboutira qu'en 1804. Il devint, en 1794, président de la Convention, puis présida le Comité de salut public.

En janvier 1791, Cambacérès se porta acquéreur du domaine de Saint Drézéry, alors propriété du chapitre de la cathédrale de Montpellier et vendu comme bien national par la municipalité. Alors vice-président du conseil municipal, Cambacérès dut se servir d'un prête-nom pour acheter le domaine qu'il lègua à sa mort à la cathédrale de Montpellier.

Sous le Directoire

Il fut élu au Conseil des Cinq-Cents en 1795. Il exerça des fonctions diplomatiques et négocia la paix avec l'Espagne. En 1796, il prépara un troisième projet de Code civil, toujours sans suite. Il ne fut pas réélu en tant que diplomate en 1797 et, en 1798, son élection fut annulée. Le 20 juillet 1799, il devint ministre de la justice, poste qui lui permit d'appuyer le coup d'Etat du 18 Brumaire (9 novembre).

Sous le Consulat

Le 11 nivôse an VIII (1er janvier 1800), il est nommé deuxième consul, en remplacement de Sieyès, qui était auparavant consul provisoire. En 1801, il est l'un des fondateurs de la Société d'encouragement pour l'industrie Nationale, avec JeanAntoine Chaptal et Benjamin Delessert .

Sous le Premier Empire

Il est nommé prince-archichancelier lors de la proclamation du Premier empire en 1804. Lors des nombreux déplacements de l'Empereur sur les théâtres des opérations militaires, il assure la présidence du Sénat et du Conseild'Etat, ainsi que la direction de l'administration. Nommé Prince de l'Empire et duc de Parme le 24 avril 1808, il accumule une fortune considérable et sa table est renommée pour ses fastes. Il participe à la renaissance de la Franc maçonnerie française et prend la direction de toutes les obédiences. On lui prête le mot : « En public appelez-moi : "Votre Altesse Sérénissime", en privé "Monseigneur" suffira. » En 1814, il est, sans le titre, le véritable régent de France, ce qui ne l'empêche pas de voter au Sénat la déposition de Napoléon I. Il eut la part principale dans la rédaction du Code cicilfrançais et sut mettre à profit les travaux des grands jurisconsultes des siècles précédents, surtout ceux de Portalis ; c'est lui qui est l'auteur du Discours préliminaire du Projet de code civil. Le 30 ventôse an XII ( 21 mars 1804), grâce à la stabilisation politique apportée par le consulat , le Code civil est enfin promulgué.

Sous la Première Restauration, les Cent-Jours et la Seconde Restauration

Retiré de la vie politique lors du retour de la monarchie, en 1814, il reprend du service pendant les cent jours. Réintégré dans toutes ses dignités au retour de l'île d'Elbe, il est nommé le 2 juin 1815 Pair de France, président de la Chambre haute et, par intérim, ministre de la Justice, dont les fonctions sont exercées par M. Boulay, de la Meurthe, conseiller d'état.

Ceci lui vaut l'exil à Bruxelles après la chute définitive de Napoléon .

Ayant perdu son titre de duc de Parme, il prend celui de duc de Cambacérès, titre qui sera confirmé à sa famille en 1857 sous le Second Empire.

Il se réfugie alors dans la piété et un certain Baron écrit de lui (cité par Pierre Larousse dans Flore Latine) : « Quand je dis Cambacérès, il faut vous figurer un vieillard respectable, en perruque et en habit marron, allant tous les matins à Sainte-Gulude, notre cathédrale, près de laquelle il était logé ; un domestique le suivait portant un gros livre d'heures. Là, Cambacérès s'agenouillait sur la terre nue, entendait la messe et restait plongé dans de longues méditations : Quantum mutatus ab illo ! » Il est autorisé à rentrer en France en 1818, mais ne jouera plus aucun rôle politique, et il meurt à Paris en 1824. Il est enterré au Cimetière du Père lachaise.

Merci pour la biographie intéressante.

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Olivier1985 Membre 8 188 messages
Milk shaker‚ 31ans
Posté(e)

Ce sujet ne semble pas intéressé grand monde. On peu bien se limiter aux personnages les plus célèbres : Louis XIV, Louis XV, Louis, XVI, Napoléon I et III et compagnie mais sa va être vite fait dans ce cas... Non?

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game95560 Membre 2 689 messages
Forumeur alchimiste‚ 24ans
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Merci pour cette biographie , ce fut intéressant car je ne connaissais pas ce personnage.

Par contre , peut être ai-je mal lu , mais il n'y a pas sa date de naissance :smile2: ?

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nerelucia Membre 12 814 messages
Forumeur alchimiste‚ 110ans
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Ce sujet ne semble pas intéressé grand monde. On peu bien se limiter aux personnages les plus célèbres : Louis XIV, Louis XV, Louis, XVI, Napoléon I et III et compagnie mais sa va être vite fait dans ce cas... Non?

Pas sûr, il y a du monde.

J'aimerais bien qu'on dise quelques mots sur les fondateurs du sionisme.

Les révolutionnaires sont intéressants.

L'article est un peu long mais bon...

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