Seriez vous pret à faire la Révolution ?

Nives Membre 10 messages
Forumeur balbutiant‚
Posté(e)

Pourquoi une révolution ?

Estimons nous heureux de vivre en France. Ne nous demandons pas ce que le pays peut faire pour nous, mais ce que nous pouvons faire pour lui.

J'ai travaillé 48 ans et pas des 35 heures par semaine!

Dommage que vous détruisiez tout ce que j'ai fait pour vous;

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transporteur Membre 23 297 messages
forumeur révolutionnaire‚ 44ans
Posté(e)
Pourquoi une révolution ?

Estimons nous heureux de vivre en France. Ne nous demandons pas ce que le pays peut faire pour nous, mais ce que nous pouvons faire pour lui.

J'ai travaillé 48 ans et pas des 35 heures par semaine!

Dommage que vous détruisiez tout ce que j'ai fait pour vous;

Je pense qu'il faut meiux redistribuer les richesses et sans une révolution je doute celà possible. :smile2:

Perso tu n' a rien fait pour moi.

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beruix Membre 396 messages
Forumeur survitaminé‚
Posté(e)
Pourquoi une révolution ?

Estimons nous heureux de vivre en France. Ne nous demandons pas ce que le pays peut faire pour nous, mais ce que nous pouvons faire pour lui.

J'ai travaillé 48 ans et pas des 35 heures par semaine!

Dommage que vous détruisiez tout ce que j'ai fait pour vous;

Je suis tout a fait d'accord, nous gaspillions chèrement notre energie à nous chamallié pour des pagotilles, de fermer les yeux sur ce que l'on a et de désirer toujours plus, à envier notre voisin et être jaloux de lui. Enfin bon, nous sommes humain et l'humain est ainsi, il préfère reduire ses malheurs que construire son bonheur.

Je pense qu'il faut meiux redistribuer les richesses et sans une révolution je doute celà possible. :smile2:

Perso tu n' a rien fait pour moi.

Tout t'a fait d'accord avec toi mais si cela se fait, se sera une révolution quand même^^

Autre chose, quand Nives parlait d'avoir fait pour nous, il devait surement dire qu'en travaillant pour lui directement, il travaillait indirectement pour la France et donc pour nous ;)

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transporteur Membre 23 297 messages
forumeur révolutionnaire‚ 44ans
Posté(e)
Je suis tout a fait d'accord, nous gaspillions chèrement notre energie à nous chamallié pour des pagotilles, de fermer les yeux sur ce que l'on a et de désirer toujours plus, à envier notre voisin et être jaloux de lui. Enfin bon, nous sommes humain et l'humain est ainsi, il préfère reduire ses malheurs que construire son bonheur.

Tout t'a fait d'accord avec toi mais si cela se fait, se sera une révolution quand même^^

Autre chose, quand Nives parlait d'avoir fait pour nous, il devait surement dire qu'en travaillant pour lui directement, il travaillait indirectement pour la France et donc pour nous ;)

Il travaille surtout pour lui,le reste c'est juste obligatoire et pour le bien de la collectivité.

Je suis pour bousculer les convenances et revenir sur les priviléges que s'ocrtoi une minorité au dépend de la majorité. :smile2:

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FanDeCarotte Membre 35 messages
Forumeur balbutiant‚
Posté(e)

Julien Coupat..., L'Insurrection qui vient...

Belles références. Je vous conseille de vous pencher un peu sur ces deux cas, messieurs dames. Les réseaux qu'il y a derrière tout celà.

Bref, j'ai juste envie de dire,

mettre le feu pour permettre de dévier l'attention du peuple sur le VRAI problème, qui est le système financier, ca ne donnera pas une révolution, mais juste un carnage avec une dictature au bout.

Le chaos sans idées viables, où tout le monde vient avec sa revendication, ça ne marche pas.

La révolution qui a fonctionné, c'est la révolution américaine.

Pourquoi ?

Elle était guidée par des leaders (Hamilton, Franklin, Jefferson..) qui connaissaient l'ennemi (les Britanniques et leur système de libre-échange), et descendaient d'une tradition philosophique européenne de Leibniz, Montesquieu, Platon... d'où il résulte la Déclaration D'indépendance, la Constitution américaine, le sytème américain d'économie politique (représenté par Hamilton, Henry Carey, Paul Cauwès, Friedrich List, ...).

Qui a utilisé la tradition des pères fondateurs dans l'histoire ?

Washington, Lincoln, Roosevelt.

Bref, pas de révolution viable avec de la rage.

Les ingrédients sont simplement des leaders charismatiques, des idées politiques avec un sytème politique viable, la connaissance de l'ennemi.

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Black Survitual Membre 1 513 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
Posté(e)
Julien Coupat..., L'Insurrection qui vient...

Belles références. Je vous conseille de vous pencher un peu sur ces deux cas, messieurs dames. Les réseaux qu'il y a derrière tout celà.

Bref, j'ai juste envie de dire,

mettre le feu pour permettre de dévier l'attention du peuple sur le VRAI problème, qui est le système financier, ca ne donnera pas une révolution, mais juste un carnage avec une dictature au bout.

Le chaos sans idées viables, où tout le monde vient avec sa revendication, ça ne marche pas.

La révolution qui a fonctionné, c'est la révolution américaine.

Pourquoi ?

Elle était guidée par des leaders (Hamilton, Franklin, Jefferson..) qui connaissaient l'ennemi (les Britanniques et leur système de libre-échange), et descendaient d'une tradition philosophique européenne de Leibniz, Montesquieu, Platon... d'où il résulte la Déclaration D'indépendance, la Constitution américaine, le sytème américain d'économie politique (représenté par Hamilton, Henry Carey, Paul Cauwès, Friedrich List, ...).

Qui a utilisé la tradition des pères fondateurs dans l'histoire ?

Washington, Lincoln, Roosevelt.

Bref, pas de révolution viable avec de la rage.

Les ingrédients sont simplement des leaders charismatiques, des idées politiques avec un sytème politique viable, la connaissance de l'ennemi.

PROPAGANDE...

B.S.

USA are fucking you !

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Black Survitual Membre 1 513 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
Posté(e)
Julien Coupat..., L'Insurrection qui vient...

Belles références. Je vous conseille de vous pencher un peu sur ces deux cas, messieurs dames. Les réseaux qu'il y a derrière tout celà.

Ferme ta gueule ou j'envoie un commando depuis Tel Aviv...

En face, le maquis dont nous attendons, heure après heure, que la radio

de Londres nous parle. Entre tant de Français à l'écoute, pas un ne sait

que ce maquis est un fantôme. Moins de cinq cents combattants.

L'armement qui attend leurs compagnons ne comprend que des armes

légères. Contre l'artillerie divisionnaire allemande et les

automitrailleuses, par un canon, pas un bazooka. Plus de ravitaillement.

Autour, vingt mille hommes.

Le premier grand combat du Peuple de la Nuit s'engage. écoutons les

dépêches allemandes :

Le 24 : « Terroristes font sauter train renforts allemands devant Annecy

¿ Attaque Milice au-dessus d'Entremont. Sentinelles espagnoles tuées ¿

Rejointes par groupes terroristes ¿ Milice engagée deux heures stop ¿

Troupes Milice regroupées à l'arrière. »Le 25 : « Préparation artillerie

et bombardement aviation. »Le 26 : « Attaque Milice ouest et nord-ouest.

Troupes regroupées ¿ Attaque allemande nord stoppée, envoyez aviation ¿

Nos mortiers mis en place ¿ Attaque Milice et garde de réserve deux

points ouest depuis cinq heures ¿ Attaque générale 11 heures. » Ils

attaquent, en effet, de tous côtés.

L'avant-poste de la passe d'Entremont ¿ dix-huit hommes ¿ est attaqué

par deux bataillons. Deux sections de renfort atteignent la passe. Le

premier fu:::::::::::::

Allumer le feu

Et faire danser, les diables et les dieux

Allumer le feu

Allumer le feu

Et voir grandir la flamme dans vos yeux

Allumer le feu

Allumer le feu

Allumer le feu

Allumer le feu

Paroles de Banzaï !

Dôzo, shitaku wo shite kudasai

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Maki Membre+ 10 092 messages
Maki Sard... Tsar... euh Star ! ‚ 25ans
Posté(e)

Si vous manquer de bourreau... A vot' service ! :smile2:

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Black Survitual Membre 1 513 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
Posté(e)
Si vous manquer de bourreau... A vot' service ! :smile2:

T'es pas pris... ;)

B.S.

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Maki Membre+ 10 092 messages
Maki Sard... Tsar... euh Star ! ‚ 25ans
Posté(e)

Trop jeune ? Zut ! Je vais être obligé de faire des études, finalement... :smile2:

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doug Membre+ 6 902 messages
Statut : de la liberté‚
Posté(e)
Pourquoi une révolution ?

Estimons nous heureux de vivre en France. Ne nous demandons pas ce que le pays peut faire pour nous, mais ce que nous pouvons faire pour lui.

J'ai travaillé 48 ans et pas des 35 heures par semaine!

Dommage que vous détruisiez tout ce que j'ai fait pour vous;

Je ne comprends pas ! Il veut dire quoi ton message ?

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Monkey.D.Luffy Membre 4 868 messages
Forumeur alchimiste‚ 30ans
Posté(e)

Manifestation serait un mot plus approprié :smile2: Retourne a tes bannières petit rebel ;)

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Black Survitual Membre 1 513 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
Posté(e)
Manifestation serait un mot plus approprié :smile2: Retourne a tes bannières petit rebel ;)

Je mesure combien d'après toi ? Les belles blondes avec des AK ça te dit rien ? :mur:

B.S.

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Black Survitual Membre 1 513 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
Posté(e)
Manifestation serait un mot plus approprié :smile2: Retourne a tes bannières petit rebel :mur:

Citation partielle : "Les grandes choses demeurent réservées à ceux qui sont grands, les abîmes à ceux qui sont profonds, les finesses et les frissons à ceux qui sont subtils, et en un mot comme en cent, tout ce qui est rare à ceux qui sont rares." Nietzsche

DOCUMENTI ! ;)

B.S.

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manoukian Membre 1 176 messages
Forumeur alchimiste‚ 53ans
Posté(e)
Je mesure combien d'après toi ? Les belles blondes avec des AK ça te dit rien ? :smile2:

B.S.

je les ai vu, mais elles ne sont pas si belles avec leurs armes et leurs uniforme KAKI

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Black Survitual Membre 1 513 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
Posté(e)
je les ai vu, mais elles ne sont pas si belles avec leurs armes et leurs uniforme KAKI

Pas d'uniforme ! Elles étaient en civil les filles. Débranche ! :smile2:

B.S.

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Black Survitual Membre 1 513 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
Posté(e)

Barbara

L'AIGLE NOIR

paroles et musique: Barbara

Un beau jour ou peut-être une nuit

Près d'un lac je m'étais endormie

Quand soudain, semblant crever le ciel

Et venant de nulle part,

Surgit un aigle noir.

Lentement, les ailes déployées,

Lentement, je le vis tournoyer

Près de moi, dans un bruissement d'ailes,

Comme tombé du ciel

L'oiseau vint se poser.

Il avait les yeux couleur rubis

Et des plumes couleur de la nuit

é son front, brillant de mille feux,

L'oiseau roi couronné

Portait un diamant bleu.

De son bec, il a touché ma joue

Dans ma main, il a glissé son cou

C'est alors que je l'ai reconnu

Surgissant du passé

Il m'était revenu.

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Coast liners Membre 3 802 messages
Forumeur out‚ 27ans
Posté(e)
Barbara

L'AIGLE NOIR

paroles et musique: Barbara

Un beau jour ou peut-être une nuit

Près d'un lac je m'étais endormie

Quand soudain, semblant crever le ciel

Et venant de nulle part,

Surgit un aigle noir.

Lentement, les ailes déployées,

Lentement, je le vis tournoyer

Près de moi, dans un bruissement d'ailes,

Comme tombé du ciel

L'oiseau vint se poser.

Il avait les yeux couleur rubis

Et des plumes couleur de la nuit

é son front, brillant de mille feux,

L'oiseau roi couronné

Portait un diamant bleu.

De son bec, il a touché ma joue

Dans ma main, il a glissé son cou

C'est alors que je l'ai reconnu

Surgissant du passé

Il m'était revenu.

Tu ne finiras pas de m'étonner...

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beruix Membre 396 messages
Forumeur survitaminé‚
Posté(e)
Il travaille surtout pour lui,le reste c'est juste obligatoire et pour le bien de la collectivité.

Je suis pour bousculer les convenances et revenir sur les priviléges que s'ocrtoi une minorité au dépend de la majorité. :smile2:

même si c'est par obligation, il a payé ses impôts pour la collectivité donc pour nous ;)

PROPAGANDE...

B.S.

USA are fucking you !

toi qui à l'air super caler^^ tu devrai savoir qu'à la sortie de la 2GM, ont n'aurrait pas été grand chose sans les U.S.A...

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le_gu1_du_95 Membre 28 messages
Forumeur balbutiant‚
Posté(e)
"Rien n'est préparé, aucun plan de bataille et on fera pas de détails..."

"Avis à tous les Causescu Nicolaï : à droite comme à gauche il faudra qu'ils s'en aillent !"

"Allez les gars"

"Il es minuit :" "Banzaï !"

L'insurrection qui vient

Comité invisible

arton215.jpg Chaque secteur spécialisé de la connaissance fait à sa manière le constat d'un désastre. Les psychologues attestent d'inquiétants phénomènes de dissolution de la personnalité, d'une généralisation de la dépression qui se double, par points, de passages à l'acte fou. Les sociologues nous disent la crise de tous les rapports sociaux, l'implosion-recomposition des familles et de tous les liens traditionnels, la diffusion d'une vague de cynisme de masse ; à tel point que l'on trouve dorénavant des sociologues pour mettre en doute l'existence même d'une quelconque « société ». Il y a une branche de la science économique - l'« économie non autistique » - qui s'attache à montrer la nullité de tous les axiomes de la prétendue « science économique ». Et il est inutile de renvoyer aux données recueillies par l'écologie pour dresser le constat de la catastrophe naturelle.

Appréhendé ainsi, par spécialité, le désastre se mue en autant de « problèmes » susceptibles d'une « solution » ou, à défaut, d'une « gestion ». Et le monde peut continuer sa tranquille course au gouffre.

Le Comité invisible croit au contraire que tous les remous qui agitent la surface du présent émanent d'un craquement tectonique dans les couches les plus profondes de la civilisation. Ce n'est pas une société qui est en crise, c'est une figure du monde qui passe. Les accents de fascisme désespéré qui empuantissent l'époque, l'incendie national de novembre 2005, la rare détermination du mouvement contre le CPE, tout cela est témoin d'une extrême tension dans la situation. Tension dont la formule est la suivante : nous percevons intuitivement l'étendue de la catastrophe, mais nous manquons de tout moyen pour lui faire face. L'insurrection qui vient tâche d'arracher à chaque spécialité le contenu de vérité qu'elle retient, en procédant par cercles. Il y a sept cercles, bien entendu, qui vont s'élargissant. Le soi, les rapports sociaux, le travail, l'économie, l'urbain, l'environnement, et la civilisation, enfin. Arracher de tels contenus de vérité, cela veut dire le plus souvent : renverser les évidences de l'époque. Au terme de ces sept cercles, il apparaît que, dans chacun de ces domaines, la police est la seule issue au sein de l'ordre existant. Et l'enjeu des prochaines présidentielles se ramène à la question de savoir qui aura le privilège d'exercer la terreur ; tant politique et police sont désormais synonymes.

L'insurrection qui vient nous sort de trente ans où l'on n'aura cessé de rabâcher que « l'on ne peut pas savoir de quoi la révolution sera faite, on ne peut rien prévoir ». De la même façon que Blanqui a pu livrer les plans de ce qu'est une barricade efficace avant la Commune, nous pouvons déterminer quelles voies sont praticables hors de l'enfer existant, et lesquelles ne le sont pas. Une certaine attention aux aspects techniques du cheminement insurrectionnel n'est donc pas absente de cette partie. Tout ce que l'on peut en dire ici, c'est qu'elle tourne autour de l'appropriation locale du pouvoir par le peuple, du blocage physique de l'économie et de l'anéantissement des forces de police.

128 p./7 euros

ISBN : 2-913372-62-7

En librairie le 22 mars 2007

« Monsieur le Président de la République,

Voilà donc plus de vingt ans que Jean Moulin partit, par un temps de décembre sans doute semblable à celui-ci, pour être parachuté sur la terre de Provence, et devenir le chef d'un peuple de la nuit. Sans la cérémonie d'aujourd'hui, combien d'enfants de France sauraient son nom ? Il ne le retrouva lui-même que pour être tué ; et depuis, sont nés seize millions d'enfants...

Puissent les commémorations des deux guerres s'achever aujourd'hui par la résurrection du peuple d'ombres que cet homme anima, qu'il symbolise, et qu'il fait entrer ici comme une humble garde solennelle autour de son corps de mort. Après vingt ans, la Résistance est devenue un monde de limbes où la légende se mêle à l'organisation. Le sentiment profond, organique, millénaire, qui a pris depuis son action légendaire, voici comment je l'ai rencontré. Dans un village de Corrèze, les Allemands avaient tué des combattants du maquis, et donné ordre au maire de les faire enterrer en secret, à l'aube. Il est d'usage, dans cette région, que chaque femme assiste aux obsèques de tout mort de son village en se tenant sur la tombe de sa propre famille. Nul ne connaissait ces morts, qui étaient des Alsaciens. Quand ils atteignirent le cimetière, portés par nos paysans sous la garde menaçante des mitraillettes allemandes, la nuit qui se retirait comme la mer laissa paraître les femmes noires de Corrèze, immobiles du haut en bas de la montagne, et attendant en silence, chacune sur la tombe des siens, l'ensevelissement des morts français. Ce sentiment qui appelle la légende sans lequel la résistance n'eut jamais existé et qui nous réunit aujourd'hui c'est peut-être simplement l'accent invincible de la fraternité.

Comment organiser cette fraternité pour en faire un combat ? On sait ce que Jean Moulin pensait de la Résistance, au moment où il partit pour Londres : « Il serait fou et criminel de ne pas utiliser, en cas d'action alliée sur le continent, ces troupes prêtes aux sacrifices les plus grands, éparses et anarchiques aujourd'hui, mais pouvant constituer demain une armée cohérente de parachutistes déjà en place, connaissant les lieux, ayant choisi leur adversaire et déterminé leur objectif. » C'était bien l'opinion du général de Gaulle. Néanmoins, lorsque, le 1er janvier 1942, Jean Moulin fut parachuté en France, la Résistance n'était encore qu'un désordre de courage : une presse clandestine, une source d'informations, une conspiration pour rassembler ces troupes qui n'existaient pas encore. Or, ces informations étaient destinées à tel ou tel allié, ces troupes se lèveraient lorsque les Alliés débarqueraient. Certes, les résistants étaient des combattants fidèles aux Alliés. Mais ils voulaient cesser d'être des Français résistants, et devenir la Résistance française.

C'est pourquoi Jean Moulin est allé à Londres. Pas seulement parce que s'y trouvaient des combattants français (qui eussent pu n'être qu'une légion), pas seulement parce qu'une partie de l'empire avait rallié la France libre. S'il venait demander au général de Gaulle de l'argent et des armes, il venait aussi lui demander « une approbation morale, des liaisons fréquentes, rapides et sûres avec lui ». Le Général assumait alors le Non du premier jour ; le maintien du combat, quel qu'en fût le lieu, quelle qu'en fût la forme ; enfin, le destin de la France. La force des appels de juin 40 tenait moins aux « forces immenses qui n'avaient pas encore donné », qu'à : " Il faut que la France soit présente à la victoire. Alors, elle retrouvera sa liberté et sa grandeur." La France, et non telle légion de combattants français. C'était par la France libre que les résistants de Bir Hakeim se conjuguaient, formaient une France combattante restée au combat. Chaque groupe de résistants pouvait se légitimer par l'allié qui l'armait et le soutenait, voire par son seul courage ; le général de Gaulle seul pouvait appeler les mouvements de Résistance à l'union entre eux et avec tous les autres combats, car c'était à travers lui seul que la France livrait un seul combat. C'est pourquoi - même lorsque le président Roosevelt croira assister à une rivalité de généraux ou de partis - l'armée d'Afrique, depuis la Provence jusqu'aux Vosges, combattra au nom du gaullisme comme feront les troupes du Parti communiste. C'est pourquoi Jean Moulin avait emporté, dans le double fond d'une boîte d'allumettes, la microphoto du très simple ordre suivant : « M. Moulin a pour mission de réaliser, dans la zone non directement occupée de la métropole, l'unité d'action de tous les éléments qui résistent à l'ennemi et à ses collaborateurs. » Inépuisablement, il montre aux chefs des groupements le danger qu'entraîne le déchirement de la Résistance entre des tuteurs différents. Chaque événement capital - entrée en guerre de la Russie, puis des états-Unis, débarquement en Afrique du Nord - renforce sa position. é partir du débarquement, il devient évident que la France va redevenir un théâtre d'opérations. Mais la presse clandestine, les renseignements (même enrichis par l'action du noyautage des administrations publiques) sont à l'échelle de l'Occupation, non de la guerre. Si la Résistance sait qu'elle ne délivrera pas la France sans les Alliés, elle n'ignore plus l'aide militaire que son unité pourrait leur apporter. Elle a peu à peu appris que s'il est relativement facile de faire sauter un pont, il n'est pas moins facile de le réparer ; alors que s'il est facile à la Résistance de faire sauter deux cents ponts, il est difficile aux Allemands de les réparer à la fois. En un mot, elle sait qu'une aide efficace aux armées de débarquement est inséparable d'un plan d'ensemble. Il faut que sur toutes les routes, sur toutes les voies ferrées de France, les combattants clandestins désorganisent méthodiquement la concentration des divisions cuirassées allemandes. Et un tel plan d'ensemble ne peut être conçu, et exécuté, que par l'unité de la Résistance.

C'est à quoi Jean Moulin s'emploie jour après jour, peine après peine, un mouvement de Résistance après l'autre : « Et maintenant, essayons de calmer les colères d'en face... » Il y a, inévitablement, des problèmes de personnes ; et bien davantage, la misère de la France combattante, l'exaspérante certitude pour chaque maquis ou chaque groupe franc, d'être spolié au bénéfice d'un autre maquis ou d'un autre groupe, qu'indignent, au même moment, les mêmes illusions... Qui donc sait encore ce qu'il fallut d'acharnement pour parler le même langage à des instituteurs radicaux ou réactionnaires, des officiers réactionnaires ou libéraux, des trotskistes ou communistes retour de Moscou, tous promis à la même délivrance ou à la même prison ; ce qu'il fallut de rigueur à un ami de la République espagnole, à un ancien " préfet radical ", chassé par Vichy, pour exiger d'accueillir dans le combat commun tels rescapés de la Cagoule !

Jean Moulin n'a nul besoin d'une gloire usurpée : ce n'est pas lui qui a créé Combat, Libération, Franc-tireur, c'est Frenay, d'Astier, Jean-Pierre Lévy. Ce n'est pas lui qui a créé les nombreux mouvements de la zone Nord dont l'histoire recueillera tous les noms. Ce n'est pas lui qui a fait les régiments mais c'est lui qui a fait l'armée. Il a été le Carnot de la Résistance.

Attribuer peu d'importance aux opinions dites politiques, lorsque la nation est en péril de mort - la nation, non pas un nationalisme alors écrasé sous les chars hitlériens, mais la donnée invincible et mystérieuse qui allait emplir le siècle ; penser qu'elle dominerait bientôt les doctrines totalitaires dont retentissait l'Europe ; voir dans l'unité de la Résistance le moyen capital du combat pour l'unité de la nation, c'était peut-être affirmer ce qu'on a, depuis, appelé le gaullisme. C'était certainement proclamer la survie de la France.

En février, ce laïc passionné avait établi sa liaison par radio avec Londres, dans le grenier d'un presbytère. En avril, le Service d'information et de propagande, puis le Comité général d'études étaient formés ; en septembre, le noyautage des administrations publiques. Enfin, le général de Gaulle décidait la création d'un Comité de coordination que présiderait Jean Moulin, assisté du chef de l'Armée secrète unifiée. La préhistoire avait pris fin. Coordonnateur de la Résistance en zone Sud, Jean Moulin en devenait le chef. En janvier 1943, le Comité directeur des Mouvements unis de la Résistance (ce que, jusqu'à la Libération, nous appellerions les Murs) était créé sous sa présidence. En février, il repartait pour Londres avec le général Delestraint, chef de l'Armée secrète, et Jacques Dalsace. De ce séjour, le témoignage le plus émouvant a été donné par le colonel Passy. « Je revois Moulin, blême, saisi par l'émotion qui nous étreignait tous, se tenant à quelques pas devant le Général et celui-ci disant, presque à voix basse : ¿Mettez-vous au garde-à-vous¿, puis : ¿Nous vous reconnaissons comme notre compagnon, pour la libération de la France, dans l'honneur et par la victoire¿. Et pendant que de Gaulle lui donnait l'accolade, une larme, lourde de reconnaissance, de fierté, et de farouche volonté, coulait doucement le long de la joue pâle de notre camarade Moulin. Comme il avait la tête levée, nous pouvions voir encore, au travers de sa gorge, les traces du coup de rasoir qu'il s'était donné, en 40, pour éviter de céder sous les tortures de l'ennemi. » Les tortures de l'ennemi... En mars, chargé de constituer et de présider le Conseil national de la Résistance, Jean Moulin monte dans l'avion qui va le parachuter au nord de Roanne.

Ce Conseil national de la Résistance, qui groupe les mouvements, les partis et les syndicats de toute la France, c'est l'unité précairement conquise, mais aussi la certitude qu'au jour du débarquement, l'armée en haillons de la Résistance attendra les divisions blindées de la Libération.

Jean Moulin en retrouve les membres, qu'il rassemblera si difficilement. Il retrouve aussi une Résistance tragiquement transformée. Celle là, elle avait combattu comme une armée, en face de la victoire, de la mort ou de la captivité. Elle commence à découvrir l'univers concentrationnaire, la certitude de la torture. Desormais elle va combattre en face de l'enfer. Ayant reçu un rapport sur les camps de concentration, il dit : « J'espère qu'ils nous fusillerons avant. » Ils ne devaient pas avoir besoin de le fusiller.

La Résistance grandit, les réfractaires du travail obligatoire vont bientôt emplir nos maquis ; la Gestapo grandit aussi, la Milice est partout. C'est le temps où, dans la campagne, nous interrogeons les aboiements des chiens au fond de la nuit ; le temps où les parachutes multicolores, chargés d'armes et de cigarettes, tombent du ciel dans la lueur des feux des clairières ou des causses ; c'est le temps des caves, et de ces cris désespérés que poussent les torturés avec des voix d'enfants... La grande lutte des ténèbres a commencé.

Le 27 mai 1943, a lieu à Paris, rue du Four, la première réunion du CNR.

Jean Moulin rappelle les buts de la France libre : « Faire la guerre ; rendre la parole au peuple français ; rétablir les libertés républicaines ; travailler avec les Alliés à l'établissement d'une collaboration internationale. »

Puis il donne lecture d'un message du général de Gaulle, qui fixe pour premier but au premier Conseil de la Résistance, le maintien de l'unité de cette Résistance qu'il représente.

Au péril quotidien de la vie de chacun de ses membres. Le 9 juin, le général Delestraint, chef de l'Armée secrète enfin unifiée, est pris à Paris.

Aucun successeur ne s'impose. Ce qui est fréquent dans la clandestinité : Jean Moulin aura dit maintes fois avant l'arrivée de Serreules : « Si j'étais pris, je n'aurais pas même eu le temps de mettre un adjoint au courant... » Il veut donc désigner ce successeur avec l'accord des mouvements, notamment de ceux de la zone Sud. Il rencontrera leurs délégués le 21, à Caluire.

Ils l'y attendent, en effet.

La Gestapo aussi.

La trahison joue son rôle - et le destin, qui veut qu'aux trois quarts d'heure de retard de Jean Moulin, presque toujours ponctuel, corresponde un long retard de la police allemande. Assez vite, celle-ci apprend qu'elle tient le chef de la Résistance.

En vain. Le jour où, au fort Montluc à Lyon, après l'avoir fait torturer, l'agent de la Gestapo lui tend de quoi écrire puisqu'il ne peut plus parler, Jean Moulin dessine la caricature de son bourreau. Pour la terrible suite, écoutons seulement les mots si simples de sa s¿ur : « Son rôle est joué, et son calvaire commence. Bafoué, sauvagement frappé, la tête en sang, les organes éclatés, il atteint les limites de la souffrance humaine sans jamais trahir un seul secret, lui qui les savait tous. »

Comprenons bien que, pendant les quelques jours où il pourrait encore parler ou écrire, le destin de la Résistance est suspendu au courage de cet homme. Comme le dit Mlle Moulin, il savait tout.

Georges Bidault prendra sa succession. Mais voici la victoire de ce silence atrocement payé : le destin bascule. Chef de la Résistance martyrisé dans des caves hideuses, regarde de tes yeux disparus toutes ces femmes noires qui veillent nos compagnons : elles portent le deuil de la France, et le tien. Regarde glisser sous les chênes nains du Quercy, avec un drapeau fait de mousselines nouées, les maquis que la Gestapo ne trouvera jamais parce qu'elle ne croit qu'aux grands arbres. Regarde le prisonnier qui entre dans une villa luxueuse et se demande pourquoi on lui donne une salle de bains - il n'a pas encore entendu parler de la baignoire. Pauvre roi supplicié des ombres, regarde ton peuple d'ombres se lever dans la nuit de juin constellée de tortures.

Voici le fracas des chars allemands qui remontent vers la Normandie à travers les longues plaintes des bestiaux réveillés : grâce à toi, les chars n'arriveront pas à temps. Et quand la trouée des Alliés commence, regarde, préfet, surgir dans toutes les villes de France les commissaires de la République - sauf lorsqu'on les a tués. Tu as envié, comme nous, les clochards épiques de Leclerc : regarde, combattant, tes clochards sortir à quatre pattes de leurs maquis de chênes, et arrêter avec leurs mains paysannes formées aux bazookas l'une des premières divisions cuirassées de l'empire hitlérien, la division Das Reich.

Comme Leclerc entra aux Invalides, avec son cortège d'exaltation dans le soleil d'Afrique, entre ici, Jean Moulin, avec ton terrible cortège. Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi ; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé ; avec tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration, avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de Nuit et Brouillard, enfin tombé sous les crosses ; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes, avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l'un des nôtres. Entre, avec le peuple né de l'ombre et disparu avec elle - nos frères dans l'ordre de la Nuit... Commémorant l'anniversaire de la Libération de Paris, je disais : « écoute ce soir, jeunesse de mon pays, ces cloches d'anniversaire qui sonneront comme celles d'il y a quatorze ans. Puisses-tu, cette fois, les entendre : elles vont sonner pour toi. »

L'hommage d'aujourd'hui n'appelle que le chant qui va s'élever maintenant, ce Chant des partisans que j'ai entendu murmurer comme un chant de complicité, puis psalmodier dans le brouillard des Vosges et les bois d'Alsace, mêlé au cri perdu des moutons des tabors, quand les bazookas de Corrèze avançaient à la rencontre des chars de Rundstedt lancés de nouveau contre Strasbourg. écoute aujourd'hui, jeunesse de France, ce qui fut pour nous le Chant du Malheur. C'est la marche funèbre des cendres que voici. é côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées. Aujourd'hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n'avaient pas parlé ; ce jour-là, elle était le visage de la France...

André Malraux.

warzazate

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