Antigone

Invité Elaïs
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:snif: oui, on peut imaginer que ce n'est pas un hasard s'il reprend cette oeuvre de Sophocle.

Mais le thème est d'une actualité impérissable.

Par contre, je me dis que Sophocle devait être un féministe de la première heure: mettre comme symbole du contre pouvoir et de la défense de l'essence humaine, une femme, à l'époque où la cité n'est qu'affaires d'homme, c'est ...avant-gardiste. :snif:

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Invité seth rotten
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Hin hin, j'ai pas lu la version de Sophocle mais je doute qu'elle soit aussi libertaire que celle de Anouilh. De ce qu'il me semble avoir entendu de la bouche de mon prof de littérature, Antigone est un héros tragique parce qu'en gros elle a grave merdé en allant contre les lois de la cité donc c'est normal qu'on la bute. Enfin je synthétise là... De toute façon moi à part Diogène les grecs bof quoi.

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Invité Elaïs
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Et oui, je crois que c'est fondamental: elle va contre les lois de la cité donc il apparait normal qu'elle soit tuée.

C'est comme une suite logique des choses et pourtant...aller contre les lois lorsque celles ci nous semblent injustes n'est-ce pas légitime? voir, de notre devoir de résistance?

C'est toutes ces questions que soulève cette pièce d'ou sa richesse à mes yeux. Et en plus, c'est une tite meuf :snif:

Puis l'obstination de Créon, bien qu'on on le sente vaciller par moment, lui fait perdre ce qu'il a de plus chèr: son fils.

Par rapport à ce que tu disais sur la vision que l'on pourrait s'en faire concernant l'absurdité d'un combat qui mène inéluctablement à la mort, je trouve que de la pièce, se dégage une certaine ironie sur ce sujet: l'aburdité de vivre en renoncant à ses idéaux.

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Invité seth rotten
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Oui, mais on y voit ce qu'on veut... Et je vois dans Antigone d'Anouilh la même chose que dans 1984 d'Orwell : Le livre d'un anarchiste conscient que toute lutte est inutile car le Système nous rattrape tous d'une manière ou d'une autre et qu'il est impossible de lutter contre lui, toute lutte est de toute façon vaine puisque fondamentalement inutile : d'un autoritarisme l'autre.

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Invité Elaïs
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oui, bien entendu que l'on y voit ce que l'on veut, c'est l'histoire du verre à moitié vide ou plein.

Que ce soit dans la version d'Anouilh ou dans la version originale, il y a une relle interrogation posée au lecteur sur le pouvoir et l'exercice de celui-ci au travers le droit.

En meme temps; les versions ont à mes yeux des lueurs d'espoir au travers ce vacillement de Créon mais également au travers la perte de son fils. le pouvoir n'est pas détruit mais amputé.

Je me demande si la fin eut été la meme, si Antigone n'avait pas été seule?

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Invité seth rotten
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Je sais pas, je réécris pas les livres... Mais moi je repense surtout à la fin de 1984 qui en la matière est un livre fondamental, qui va au delà de la simple critique du stalinisme... Pour moi avec Antigone c'est la même... Créon vacille, Créon pert son fils, mais ce sont bien peu de choses, puisqu'au final le pouvoir, l'ordre établi, l'ordre moral pour reprendre les termes d'Albert Caraco, GAGNE.

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yop! Modérateur 20 365 messages
Gonade Absolutrice‚ 35ans
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Méfie toi, hein, pour ça, Anouilh a quand même écrit dans Je suis partout (ce qui ne fais pas de lui un collabo nous sommes bien d'accord, mais le choix de ce journal n'est pas vide de sens). Pour moi ce qui est intéressant dans cette pièce c'est justement qu'elle a un message à double sens : oui, on peut le prendre, et c'est ce qui est enseigné, comme une pièce sur le courage de la Résistance et de la lutte contre l'oppression au péril de sa vie, mais on peut aussi l'interpréter comme une pièce sur la vanité de toute lutte puisqu'elle finit toujours écrasée dans le sang - ou pas - par un pouvoir politique qui nous englobe tous...

La vanité est l'essence de la tragédie.

Pour Antigone, je trouve que beaucoup de choses se mélangent dans le personnage et la lutte qu'elle incarne. La femme contre le tyrannie de l'homme, la tyrannie familiale, la tyrannie de l'autorité, la tyrannie de la mort, la tyrannie du devoir de deuil envers son frère, la jeunesse contre les aînés,...

Et surtout, elle sait déjà ce qui va arriver, donc c'est le symbole humain de lutter même dans la fatalité. Si la tyrannie triomphe de tout, elle n'aura pas triomphé d'elle, de son âme, de ses valeurs. Par la mort.

Et le choix de mourir est un don indirect pour les gens qui viendront après. La preuve est qu'on en parle encore de sa mort. Qu'Antigone ait existé sous d'autres traits est sûr pour moi.

Hin hin, j'ai pas lu la version de Sophocle mais je doute qu'elle soit aussi libertaire que celle de Anouilh.

J'ai essayé... Hum... comment dire... Anouilh a bien fait de dépoussiérer le mythe !

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Invité seth rotten
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Il y a une très courte nouvelle de Bertolt Brecht que j'ai étudié en allemand... Dans laquelle un type se fait exploiter par son bourreau, un énorme mec gras et cruel, qui l'humilie de plein de façons différentes... Le mec dit "oui", "oui", "oui" tout le temps à ses caprices mais un jour le gros devient tellement gros qu'il ne peut plus bouger et il crève, alors l'autre type le fout à la poubelle, et il dit "non".

Deux visions d'une même situations.

Après j'ai peut être une lecture un peu pessimiste d'Antigone de Anouilh.

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TitoVaudoo Membre+ 5 355 messages
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Le contexte de seconde guerre mondiale est à prendre en compte, mais à mon avis pas tant que cela, la guerre a peut-être accéleré les choses, mais je pense qu'Anouilh aurait écrit cette pièce un jour ou l'autre, guerre ou pas.

La fillette qui résiste au système est la métaphore apparente, je pense qu'une seconde est à prendre en compte au second degré.

Je veux dire que je ne vois pas dans le personnage d'Antigone une résistante, je serais même peut-être tenté de dire au contraire. J'y vois la crise humaine face à l'impossibilité de vivre sans concessions, sans compromis... Je me rappelle que dans de nombreux passages, Antigone nous montre clairement qu'elle se contrefiche de son frère, du rituel religieux, ce n'est pas par respect envers le mort qu'elle agit ainsi, mais parce qu'elle ne veut plus vivre.

Et elle ne veut plus vivre parce que la vie humaine, ses concessions, l'absence de l'absolu, de l'idéal ne lui convient pas. Idéaliste, elle ne peut qu'accepter de voir ses principes bafoués au quotidien ou aller chercher l'absolu dans le seul endroit où il est: la mort. Je rapproche Antigone à de nombreux anti-héros de rcette époque, tous victimes de la Nausée sartrienne, mais à la différence de Roquentin, elle ne saura pas, ou plutôt ne voudra pas vivre (au sens glauque du terme, par glauque j'entends l'impossibilité d'accès à l'absolu).

Et je dis le contraire d'une résistante car les héros de Sartre et de Camus ne sont pas défaitistes, ils ont tous trouvé solution dans la révolte (au sens de Camus) ou de la création.

Cette pièce me rappelle énormément Le Diable et le Bon Dieu de Sartre (une pièce... pas de mots désolé, juste que je la lis une fois par mois depuis quelques années), à savoir que son héros, Goetz, a un désir d'absolu, en Bien ou en Mal, quand il constatera l'impossibilité, il fera ce qu'il sait faire, et uniquement faire: la guerre. Ici c'est la guerre, Roquentin avait choisi l'écriture, Rieux l'aide aux pestiférés, chacun son crédo réaliste et existentiel. Antigone n'en veut pas, elle veut rester dans l'étre, accessible uniquement en mourant; elle ne veut pas "retrousser ses manches" comme le lui dit Créon, en lequel je ne vois dans la version d'Anouilh qu'un brave homme.

"Je veux tout" a-t-elle crié. Je pense que si Créon lui avait proposé d'enterrer son frère, elle aurait trouvé un autre moyen de mourir quand même, Antigone était perdue d'avance.

Tout ça n'est que mon avis, à séparer du contexte de l'époque!! Cette pièce est pour moi intemporelle. Et il ne faut pas non plus y voir une invite au défaitisme, Anouilh ne fait que nous montrer l'inexistence de l'étre en tant quétat continu, la mort promise en cas de quête obstinée.

Pour terminer, je conseille à ceux qui ont apprécié la lecture de la pièce de voir l'adaptation de Robert Hossein, magnifique.

Et bien sûr de lire les autres oeuvres de l'auteur, j'avais dévoré Anouilh en quelques semaines quand je l'ai découvert, mon coup de coeur va, avec Antigone bien sûr, à "La sauvage", j'avais eu une furieuse envie de... de je sais plus quoi quand je l'ai lue, c'était très fort.

Désolé d'avoir été long, mais Anouilh m'a profondément marqué.

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Invité Elaïs
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J'attendais ton grain de sel avec impatience :snif: le voilà...il me plait!

Je partage ton point de vue concernant son besoin d'absolu, pas celui sur la non résistance. Mais je vais le relire du coup, ca fait un bail et ma dernière lecture doit dater de y'a 11 ans. Pareil pour 1984 Seth, je vais le relire pour voir ce que j'en tire avec 16 années de plus :snif: .

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TitoVaudoo Membre+ 5 355 messages
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J'attendais ton grain de sel avec impatience :snif: le voilà...il me plait!

Je partage ton point de vue concernant son besoin d'absolu, pas celui sur la non résistance. Mais je vais le relire du coup, ca fait un bail et ma dernière lecture doit dater de y'a 11 ans. Pareil pour 1984 Seth, je vais le relire pour voir ce que j'en tire avec 16 années de plus :snif: .

En ce qui concerne la résistance, elle résiste... ;) Je mettais juste une nuance, elle ne résiste pas au système, elle s'en contrefiche! Sa résistance est existentielle, philosophique, je ne pense pas qu'on puisse la réduire ou même l'apparenter à la résistance durant la guerre.

Pfiou, c'est dur à exprimer... En bref je pense qu'Antigone résiste à la vie qu'est obligé de vivre tout un chacun sous peine de mort assurée en cas de résistance au système, oui... mais pas le système étatique ou social, pas Créon ou Pétain, tout simplement le système qu'on est obligés de suivre pour pouvoir cohabiter avec l'autre.

Le vernis social.

Pour moi Antigone reste une pièce purement philosophique, je n'y vois pas de discours politique.

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Invité seth rotten
Invité seth rotten Invités 0 message
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Nous sommes d'accord.

1984 est assez chiant à lire par contre son message, d'un pessimisme terrible, est à garder en mémoire quoi qu'il arrive. Pour moi, toute résistance ou révolution politique est vouée à l'échec et 1984 en fait une brillante démonstration. La seule révolution possible, c'est celle qui se fait dans votre tête, le reste est voué à l'échec. L'erreur d'Antigone et de Winston Smith c'est d'avoir pu croire qu'une révolution, une lutte concrète contre le pouvoir temporelle avait une chance de gagner.

Attention n'en concluez pas que je suis contre la résistance, pour Vichy, tout ça. Non. Simplement, virer une dictature il en viendra une autre pour la remplacer, ce n'est qu'une question de temps.

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fratix Membre 1 message
Baby Forumeur‚
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Bonjour, moi aussi, j'ai découvert Antigone de Anouilh grâce à ma prof de français, mais il y a un truc qui me chifonne à la page 33 du livre:

Antigone dit: "Voilà, je n'ai plus peur. Ni du méchant ogre, ni du marchant de sable, ni de Taoutaou qui passe et emmène les enfants...".

Qui est Taoutaou ? Est-ce un homme inventé par Jean Anouilh ? Ou un personnage d'un comte ?

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xenops Membre 792 messages
Forumeur accro‚ 107ans
Posté(e)

Voilà, j'amène ma petite plume de contribution...Pour moi,si Antigone préfère mourir en accord avec ses pensées plutôt que de subir les lois d'un dictateur, c'est parce que c'est une pièce sur la liberté individuelle face aux contraintes ou lois collectives. Antigone s'en fout de mourir, elle est libre même devant la mort...Elle incarne aussi l'adolescence et sa quête d'absolu. Et puis aussi plein de choses que vous avez déjà évoquées :snif: :snif:

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