Le journal de bord de plimsoll

pascalin Membre 15 220 messages
le corps sur Terre, l'esprit ailleurs ‚ 47ans
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Re-bienvenue à bord Plimsoll :snif:

ton topic est très sympa ,très agréable à lire ,belles photos, ouais vraiment sympas :snif: et le cap de bonne espérance ,aah (là je t'envie vraiment) c'est beau ,nom magique qui évoque l'aventure! bon vent à toi Matelot!

Au grand plaisir de te lire ;)

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lazy Membre 13 445 messages
ne sait pas sur quel pied danser‚
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je sais que la tradition veut que tout marin ai au moins sa b*te et son couteau mais j'ai oublié la moitié du materiel (je te laisse deviner laquelle :snif: )

le physique du capitaine et la voix de la castafiore :snif: je commence à mieux te cerner ;)

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koubo Membre 8 726 messages
chat bleu‚ 33ans
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je viens de découvrir le topic et c'est super intéressant à lire ! :snif:

j'aime aussi beaucoup les multiples utilisations de la lance à incendie :snif:

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Plimsoll Membre 4 671 messages
Terrien d'eau douce‚ 32ans
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Allez ce coup-ci je termine (peut etre)

Mais avant tout je me suis aperçu que j'ai annoncé des sujets sans les aborder par la suite

comme ici :

-L'attaque des grillons angolais

Bon c'est pas que c'est essentiel mais faut bien y revenir sinon je perd en credibilité non ?

Donc revenons en arrière

erèirra ne snonever cnod ....:*:.:*:.:*:.:*:.:*:.....

Au passage vous pouvez remarquez les sublimes effets speciaux que tout Oliwoud m'envie :o

L'attaque au lieu dans le golfe de guinée, c'est en remontant de la machine aux alentours de 2h du mat suite a une alarme sur un separateur a huile, que l'eclaireur des gryllidés se fit entendre. Ne parlant pas grillon je n'ai rien compris, mais c'est le lendemain que j'ai compris qu'il devait passer une invitation et qu'il avait une famille nombreuse et bruyante (un grillon isolé c'est un soliste agréable mais plusieurs dizaine et ça se transforme en concert de kyo). Leurs cacophonie a peuplé la nuit jusqu'au cap de bonne esperance a peu près.

Ceci fait revenons a la traversée de l'indien (ayant depensé tout le budget pour l'effet du flashback je ne ferais pas d'effet de come back, toutefois pour les plus exigeant il est toujours possible de loucher sur le texte, ça devient flou et ça peut passer pour un artifice au moins aussi convaincant que les effets speciaux de l'ancien godzilla :o)

Bref, la traversée fut donc calme pour les pontus, a la machine pas de problème, on etait a jour dans la maintenance et rien ne deconnait. C'est dans cette atmosphere sereine et paisible que par une belle nuit comme celle-ci (un pretexte encore ? euh pas totalement ;) )

lux1120074323kh9.jpg

Qu'un bouchon de purge situé sur la traverse eau de mer sauta.

Et alors ? Pour bien saisir les consequences il convient d'expliquer ce qu'est la traverse eau de mer (pour le bouchon ça ne me semble pas utile si ?).

Cette traverse est le tuyau ou toutes les aspirations des pompes eau de mer (qui servent a refroidir ceux l'eau de refrigerations des moteurs, refroidir les turbos mais aussi alimenter le bouilleur qui transforme l'eau de mer en eau douce......)sont situées. Bref un circuit vital avec un debit important, c'est a dire que pendant que je vous explique ça la cale se remplit d'eau :p .

Heureusement nous somme alerté a l'aide des alarmes puisard (le puisard comme son nom l'indique c'est un petit puit dans lequel est situé l'aspiration de la pompe d'assechement et un flotteur qui donne l'alerte en cas de montée. Il y en a deux a l'avant du compartiment machine et un a l'arrière). L'alarme resonant le quatrième qui etait de service ce soir là descendit et eu le bon reflexe d'aveugler la fuite pendant que j'allais chercher un bouchon de rechange. A tout casser la voie d'eau n'a durée qu'une demi-douzaine de minute mais ça a etait suffissant pour mettre 50cm de flotte dans la cale (quand je vous disais que c'etait un gros debit).

Pour assecher la cale on ne peut pas balancer la flotte directement par dessus bord, elle contient en effet l'huile et la graisse qui se trouvait sur le parquet machine. Donc pour s'en debarrasser on met tout ça dans une caisse specifique, on decante et après on balance a la jaille en passant par le 15ppm.....que voilà :

imag0092fj7.jpg

Le principe de fonctionnement n'est pas compliqué, on passe sucessivement par trois elements filtrant, a la sortie de l'appareil se trouve un capteur qui mesure la teneur en hydrocarbure (en se basant sur l'opacité ce qui fait qu'avec une eau boueuse ou contenant de la rouille ça merde)

si celle-ci est inferieure a 15part par million (15ppm d'où son nom) il actionne la vanne de sortie pardessus bord, si elle est superieure la vanne de recirculation s'ouvre et celle de decharge se ferme. Autant dire que l'eau qui sort par dessus est tout a fait limpide.

Ce qui m'amène a parler du degazage, quel rapport ?

Et bien ce que les journaleux appelle, a tort, degazage c'est le rejet de cette eau sans passer par le 15ppm (ou aussi le rejet des eaux de lavage de la citerne sans passer par un dispositif similaire, dans le temps ils aplliquaient ça aussi au rejet de ballast sale mais depuis que tout les petroliers sont a ballast separé ça ne tient plus).

Alors que le vrai degazage consiste a evacuer les gaz d'hydrocarbure present dans une citerne afin de pouvoir y penetrer et d'en sortir vivant. Pratique legale, qui se fait et pour laquelle le second capitaine a même une prime ! :p

En esperant avoir fait le jour sur cette zone d'ombre.

Où j'en etions avec tout ça ? :o

........Ah oui problème reglé, pas d'autre incident de ce genre durant le reste de l'indien.

C'est vers debut decembre que nous passions le detroit de la sonde en ayant remis en place toute nos mesure anti pirate (les lance-incendie, les cadenas, le cd de lorie et sans doute le plus efficace dont k'ai oublié de parler : le bout tendu dans les echelles exterieurs, ça fait très "maman j'ai raté l'avion" non ?)

Bref au soleil couchant nous etions pret a affronter le passage du detroit en evitant :

-les pecheurs qui pêchent

-les pirates qui flibustent

-les pecheurs qui flibustent (ben oui certain pecheur travaille a mi-temps)

lux1120074358wb0.jpg

D'après l'etat de la coque après la sonde on a reussi un sans-faute. :snif:

Nous pouvions donc remonters vers la chine.

La remontée fut un peu angoissante car je n'avais toujours pas reçu mon ordre de relève, et si je n'etais pas relevé lors de notre passage a singapour ça repoussait mon debarquement jusqu'au 26 decembre dans le golfe persique (autant dire que pour noel je me serais fait enguirlandé, les boules non ? :o )

C'est le 8 decembre dans le nuit que nous atteignimes Zhanjiang, port du sud de la chine situé a l'est du golf du tonkin et de l'ile d'hainan.

Ce coup-ci le dechargement ce fit ammaré a quai en rivière.

Je fut affecté au quart machine du troisième meca, de minuit a 6 et de midi a 18.

Ce fut un long dechargement, d'une part parceque la cadence demandée par la terre etait faible mais aussi parceque nous eumes pas mal d'ennuis.

Ceux-ci commencerent a la machine, la regulation du niveau d'eau d'une de nos chaudière s'envoya en l'air, sachant que la regulation du niveau d'eau est la chose la plus importante et donc la plus complexe sur une chaudière c'etait pas la joie. Aussi mon premier quart consista a remplacer cette regulation. C'est complexe en automatique mais en manuel il suffit d'avoir du doigté :o et une bonne communication avec la personne qui s'amuse avec les pompes de dechargement. Par la suite le chef trouva une astuce qui nous evita de laisser quelqu'un en place (le chef est malin et c'est bien pour ça qu'il est chef)

Le second problème fut pour le service pont : une fissure sur le corps d'une des pompes, comme l'entente etait cordiale entre les deux service ils ont essayé de nous mettre ça sur le dos. Manque de bol la dernière ronde que nous avions menée sur la turbine associée a cette pompe (j'espère que je vous ai pas perdu sur ce passage là :o , la turbine entraine la pompe, la pompe est du coté du pont mais la turbine, elle, est dans la salle des machines, le pont controle les paramètres sur la pompe et nous sur la turbine) datée de moins de dix minute est tout etait normal. La consequence fut que nous n'avions plus que deux pompes pour decharger au lieu de trois.

L'ultime problème survint a la fin du dechargement, lors de la deconexion du bras de chargement (de dechargement dans notre cas mais ne chipotons pas sur les mots), la terre avait oublié de souffler la ligne donc il restait encore du petrole....qui se deversa sur notre pont....et aussi un peu dans l'eau. Heureusement un peu seulement et a cause de la terre.

Et la chine comment c'etait ?

:o ben j'en sais rien, n'ayant que six heures entre mes quarts je n'ai pas pu descendre a terre, a la fin du dechargement j'etait sur les rotules, j'imagine pas ce que ça aurait donner avec 6 heures de sommeil en moins. Je n'ai même pas vu l'exterieur, quand je descendais a minuit il faisait noir (en chine aussi, curieux non ?), en remontant a six il faisait pas encore jour, a midi j'avais pas le temps et a 18 la nuit etait tombée.

Le 12 nous repartions tout de même. Et ma relève fut annoncée !

En consequence j'assistais au phénomène de distorsion temporelle, en effet le temps semble se rallonger en debut et en fin d'embarquement, doit y avoir de la têtologie la dessous :snif: .

Pour nous occuper on s'est refait un separateur avec le troisième (j'avais eu le malheur de dire que je n'en ferais plus de l'embarquement..)

Le 14 nous nous arretions au large de singapour et je descendis la coupé vers la barcasse qui conduirait les debarquant a terre.

Voici la dernière vue du navire donc

imag0099aml5.jpg

Sans doute la plus agreable a voir.

Après une heure de barcasse je touchais terre après 96jours de bord. Le mal de terre ? Pas eu, par contre la foule ça m'a mis dans mes petits souliers, sans etre agoraphobique quand vous avez vu la même vingtaine de personne pendant trois mois et que vous debarquez dans une foule c'est pas rassurant.

La suite ? Aeroport, avion dans lequel j'ai recuperé un peu de sommeil (pas de grasse mat' pendant trois mois :p ) et ensuite le foyer familiale...et le fofo :p

Ainsi se termine le recit de cet embarquement.

Bientot je repartirais de nouveau, et reviendrais vous conter de nouvelle aventures.

Mais d'ici là si vous avez des questions n'hesitez pas (si vous avez aussi une carte graphique, une choppe de bière ou un recueil de contes n'hesitez pas non plus :p), il me reste quelque jours a trainer sur le forum :D

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LaClandestina Membre 19 730 messages
Agent Publicitaire‚ 29ans
Posté(e)

t'as du passé une aventure hors du commun :snif:

moi je fais pitié avec mes petits voyages de 3 mois en espagne :snif: à glander xD

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usagi Membre+ 241 191 messages
E-mage‚ 69ans
Posté(e)

:snif:

C'est pas l'homme qui prend la mer

C'est la mer qui prend l'homme

Moi la mer elle m'a pris

Au dépourvu tans pis

J'ai eu si mal au c¿ur

Sur la mer en furie

Qu' j'ai vomi mon quatre heures

Et mon minuit aussi

J' me suis cogné partout

J'ai dormi dans des draps mouillés

25ir5.jpg

:snif:;)

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Belizarius VIP 22 812 messages
Mangeur de fromage‚ 37ans
Posté(e)

Merci capitaine pour ce voyage! :snif:

Très instructif, c'est un milieu que l'on ne connait guère :snif:

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lazy Membre 13 445 messages
ne sait pas sur quel pied danser‚
Posté(e)

oui le mal de terre ... j'ai toujours trouvé ça très drôle ... les marins qui débarquent après de longs jours de navigation, on a l'impression qu'ils sont saouls ... en fait c'est le roulis et à force de s'appuyer sur ses appuis pour trouver un équilibre :snif: ça te le fait non ?

en tout j'espère bien que tu reviendras nous en raconter d'autres :snif:

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Plimsoll Membre 4 671 messages
Terrien d'eau douce‚ 32ans
Posté(e)
t'as du passé une aventure hors du commun :o

moi je fais pitié avec mes petits voyages de 3 mois en espagne :o à glander xD

Pitié ? mais,pas du tout ! pendant trois mois tu as l'occasion de te meler a la population locale tandis que de mon coté ce que je connais des pays traversé c'est plutot minime, quelque discusion avec le loading master (le type qui surveille qu'on charge bien) portant plus sur la quantité de petrole qu'on a a bord que sur l'histoire de son pays. Et sinon au risque de decevoir les eaux chinoise ressemblent fort aux eaux europeene ou angolaise, il n'y a bien que l'homme pour tracer des lignes et declarer sienne ce qui n'appartient a personne.

:o

C'est pas l'homme qui prend la mer

C'est la mer qui prend l'homme

Moi la mer elle m'a pris

Au dépourvu tans pis

J'ai eu si mal au c¿ur

Sur la mer en furie

Qu' j'ai vomi mon quatre heures

Et mon minuit aussi

J' me suis cogné partout

J'ai dormi dans des draps mouillés

:o:o

Jolie chanson, quant a savoir si c'est l'homme qui prend la mer ou si c'est la mer qui prend l'homme je ne saurais dire ;)

Merci capitaine pour ce voyage! :D

Très instructif, c'est un milieu que l'on ne connait guère :o

Merci a toi, peu connu c'est vrai car nous sommes peu a exercer ce metier, partir loin et longtemps ça ne convient pas a tous, surtout que contrairement a ce que l'on pourrait penser un marin doit etre plus casanier qu'aventurier car une fois a bord on ne peut partir ailleur, même si on est bon nageur.

oui le mal de terre ... j'ai toujours trouvé ça très drôle ... les marins qui débarquent après de longs jours de navigation, on a l'impression qu'ils sont saouls ... en fait c'est le roulis et à force de s'appuyer sur ses appuis pour trouver un équilibre :o ça te le fait non ?

en tout j'espère bien que tu reviendras nous en raconter d'autres :snif:

Ca ne me l'a pas trop fait vu qu'on a pas eu de gros temps (sauf avant le cap de bonne esperance mais là encore ce n'etait pas du gros gros temps, juste un grain passager. Ce qui met mal a l'aise en debarquant c'est surtout :

-L'absence de vibration (a bord c'est continuel)

-La foule (ce qui m'a le plus indisposé, etrange non ?)

-Le monde qui vous rattrappe, en effet pendant l'embarquement la santé du moteur et de la coque ont priorité sur la politique nationale ou internationale, exception faite des zones que l'on traverse, ce qui fait que quand on rentre on est surpris de tout ce qui a pu ce passer durant notre abescence.

-La terre, fouler un sol qui ne se derobe pas sous vos pied c'est etrange.

Sinon l'impresion d'ebrieté n'est pas toujours qu'une impresion :snif:

Ben oui après trois mois où l'on a bu qu'une biere de temps en temps le premier apero ça vous met morzif rapidement.

Je reviendrais vous narrer mes aventures, n'ayez craintes.

Modifié par Plimsoll

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Chapacha Membre+ 21 021 messages
Folle de chats, yo !‚ 48ans
Posté(e)

Tiens, quelques chopinettes pour la route :

oktoberfest_bild.jpg

Et merci pour ces aventures magistralement narrées, et pour les belles photos (oooh la photo de nuit... :snif: ) et vivement la suite !!

Bonne route cap'tain !

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Ocytocine Membre+ 17 768 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

z'en veux encore... :snif:

"J'irai revoir ma Picardie, c'est le pays qui m'a donné le joouuuuuuuuuuur"

content que tu sois revenu (et pas pressée que tu repartes). merci pour ce passionnant récit. :snif: La prochaine fois, si tu veux rentrer plus vite, emmène un bon vieux Maroilles de notre chère patrie, et oublie-le quelque part dans le bateau... (quoique, ils vous mettraient peut-être en quarantaine :o )

biz ;)

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generallee Membre 63 001 messages
Forumeur alchimiste‚ 77ans
Posté(e)

Je n'aurais qu'un mot pour ce topic...

... GENIAL !!!!!

Vivement la suite... :snif::snif:

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Invité guillom
Invité guillom Invités 0 message
Posté(e)

Je viens de découvrir ce topic ( pseudo-blog ) , excellente idée !

A quand les prochaines aventures du capitaine ! :snif:

Visiblement tu repars, donc bon voyage :snif:

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lazy Membre 13 445 messages
ne sait pas sur quel pied danser‚
Posté(e)

j'ai cru remarqué que notre moussaillon avait mis le pied à terre :snif:

alors on attend avec gourmandise le récit de son voyage ;):snif:

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Plimsoll Membre 4 671 messages
Terrien d'eau douce‚ 32ans
Posté(e)

Salutation a toutes z'et a tous. Reviendus depuis peu et repartant bientot je passe plus ou moins en coup de vent vous livrer la suite (peut être attendue, dans tout les cas inédite) de ce journal de bord.

N'ayant pas été victime d'aléa informatique ce coup-ci j'ai eu le temps de peaufiner le récits en conséquence cela risque d'être un chouïa plus long.

Voici donc sans attendre ce que l'on pourrait appeller la première partie du livre II. Récit qui vous menera du cap d'Antifer jusqu'aux Emirats arabe Unis en passant par la Chine et d'autre contrées mais je ne vais pas m'étendre là car sinon il y aurait plus de surprise.....

20 Janvier

« Bienvenue a bord »

La lumière décline sur le cap d'Antifer balayé par les vents lorsque j'approche du navire. Je l'ai quitté il y a un mois a peine a Singapour et je le retrouve sous une autre latitude, toujours aussi imposant ses 332 mètres accostés à l'abris de la jetée; son enfoncement m'indique que le déchargement est commencé depuis peu.

dsc0319aah6.jpg

Traînant mes pesantes valises (le poids de mes valises s'explique de bien des façons : Partant pour un minimum de 80jours il faut emmener tout ce dont on aura besoin pendant ce temps car en mer point de supermarché ni de librairie. C'est ainsi que s'entassait pêle-mêle une douzaine de livre, un jeu de tarot, du matos informatique qui espérait que le pc ne plante pas cette fois, mes diplômes maritimes, des victuailles etc¿. Il existe des personnes qui arrive a voyager léger, seulement une petite valise où tout y est rangé au carré, pas un truc qui dépasse, pas une roue grinçante ou bloquée par une feuille. Je n¿en fais pas parti), je franchis la coupée, décline mon identité auprès du matelot de quart et dirige mes pas vers les aménagements. Au pc cargo où je me présente l'effervescence règne comme toujours pendant le déchargement. Je retrouve des têtes connues et lie connaissance avec les nouvelles. Le navire étant surpeuplé, 33 personnes sont a bord et nous ne disposons que de 29 cabines; je dépose mes valises dans la cabine double que j'occuperais avec le nouvel élève en attendant que nous reprenions la mer. On me remet l'équipement de sécurité habituel, bleus de travail blanc immaculés pour le moment, chaussure de sécu trop grandes et inodores là aussi pour le moment, casque antibruit, casque antichoc, gants de protection, et me voilà paré pour prendre mon poste une fois de plus.

C'est la première fois que j'embarque deux fois sur le même navire, j'ai déjà parcouru ces ponts et coursives durant trois mois autant dire que je suis comme a la maison¿. Chaque marin qui passe sur un navire y laisse sa marque, pas un coeur gravé dans la peinture du gaillard avant a la petit cuillère mais plutot des petit arrangements, astuces qui facilite la tâche jusqu'a ce qu'ils tombent en désuétude...Ce fut assez rgiolo de retrouver les miens tantôt perfectionné, parfois abatardis...

21Janvier

« Et ils pompaient, pompaient »

Les Shadocks

Enfer et dame nation ! Le cuistot débarque pour urgence médicale, pas de remplaçant en vue. Pour plomber d'avantage le moral le camion de vivre est en panne a 150 bornes du navire. Je parle souvent du cuistot car c'est un des éléments clef du navire, un estomac plein et des papilles heureuses rendent la vie a bord plus agréable. La réciproque est également vrai, passez trois mois a manger une tambouille infâme et un rien mettra le feu aux poudres (sur un pétrolier c'est plutôt gênant), sans compter des problèmes digestif que ça occasionne.

Le déchargement se poursuit sans encombre.

Et l'ascenseur est toujours en panne depuis 19mois¿Quoi ? Un ascenseur ? Sur un navire ? Quel intérêt ?

Petit plan approximatif, ça fait quelque ponts (étages dirait-on a terre), 63m de haut a peu près, et vous passez votre temps a passer d'un pont a un autre. Pour info le mess c'est l'endroit où l'on se nourrit de l'infâme tambouille du cuisinier et le carré c'est l'endroit où l'on prend l'apéro imaginaire pour supporter le passage au mess.....

planhy5.jpg

A l'embarquement dernier après 95jours a me taper les échelles j'étais rincé j'espère que ce coup-ci il sera réparer avant que je débarque¿.

22 Janvier

« Parez a larguez ! »

Fin de l'opération commerciale

Nous quittons le quai, un dernier regard sur les falaises française tandis que nous contournons la digue et nous voilà de nouveau en mer en route vers l'Angola pour notre prochain chargement.

Nous partons sans cuistot et sans nouvelle de son remplaçant, soirée sandwiches (curieusement ce fut agréable car le coq précédent n'était pas terrible)

23 Janvier

« Qui voit Ouessant, voit son sang »

Dicton breton

Dans la matinée nous passons ouessant. Le service rata s'est organisé et nous mangeons de nouveau normalement, du moins selon les critères du bord (soupe en boite, viande hachée, frappée et cuite dans son jus et l'incontournable riz)

éa y est j'ai réussi a dégeullasser mes bleus, j'ai beau essayer de les garder présentable je n'y arrive jamais, quand je pense qu'il y en a qui arrive a rester blanc immaculé j'ignore comment ils font. Depuis tout petit je n'arrive jamais a garder une tenue irréprochable plus de quelque heures, avant c'était l'herbe et la terre, maintenant l'huile, la graisse, la peinture et le pétrole. Tout change ou presque.

24 Janvier

Le cap Finistère est derrière nous, la nouvelle tombe, un cuisinier nous attends aux canaris (le veinards, embarqué aux canaris c'est tout de même mieux que le havre non ?)

En attendant le moment est venu (le grappin..!!! Non pas celui là voyons..) de faire une présentation en bon et due forme de l'équipage qu'on retrouve a bord des navires de commerce, histoire que vous voyez qui fait quoi.

Je sais il me semble avoir déja fait un semblant de présentation il y a quelque mois mais ce coup-ci c'est définitif et en mieux (du moins j'espère.... :snif: )

-Le capitaine, qu'on appelle commandant lorsqu'on s'adresse à lui et pacha, singe, vieux, tonton lorsqu'il est hors de portée acoustique. Il est le « chef de l'expédition maritime », qu'on dit, en clair c'est lui qui dialogue avec la compagnie et qui nous dis où on charge et décharge. En cas de pépin c'est lui qui prends en premier.

Le département pont :

-Le second capitaine, c'est lui qu'on appelle capitaine a bord. Il dirige le service pont, prépare les plans de chargement, déchargement, dirige l'entretien du pont¿

-Les lieutenants, au nombre de trois, ils se répartissent le quart tant à la mer qu'en opération cargo. Un quart = 4 heures.

Le 00 à 04 tient a jours les cartes marines et documents nautiques du bord, c'est également lui qui prépare les traversées, itinéraire, distance, rapport¿.

Le 04 à 08 est en charge de tout ce qui a trait a la sécurité, ce qui se résume en deux groupes : le matériel incendie et le matériel abandon.

Le 08 à 12 s'occupe de la maintenance des équipements radio, de l'hôpital et de la cave (sorte de superette détaxée)

-Le bosco, maître d'équipage il supervise le travail des matelots sur le pont

-Les matelots, à bord nous en avons 4, leur principale activité implique l'utilisation d'un pinceau. Durant les heures nocturne chaque lieut dispose d'un matelot a la passerelle pour la veille visuelle.

-Le pompiste est en charge du circuit cargo, il dispose les vannes avant, pendant et après les opérations commerciales, effectue la reconnaissance de citerne avant et après les chargements/déchargement, entretien les canons de lavage¿.

Le département machine

-Le chef mécanicien, grand gourou du service machine.

-Le second mécanicien qui est en charge du moteur principal et des ses auxiliaires

-Le troisième méca est responsable des groupes électrogène ainsi que des circuit fuels, séparateurs et d'une manière générale de tout ce qui tache et salit¿.

-Le quatrième méca gère les chaudières, l'incinérateur, les wc, le bouilleur qui produit l'eau douce et le dispositif de pompage et de traitement des eaux de cales

-L'électricien, surnommé le fusible ou fufu simplement, dès qu'un truc électrique fait des siennes on lui refille¿ il est aussi responsable de la clim

-Les ouvriers machines, deux sont disponible, l'un est sensé savoir tourner et l'autre souder, il aide au démontage, nettoyage, fabrique de pièce¿

-Le nettoyeur, il nettoie (étonnant non ?) la machine de haut en bas et de bas en haut et quand il a finit il recommence.

-Les élèves. On distingue l'élève stagiaire de l'élève officier, l'un a obtenu le diplôme d'élève officier après trois années d'étude, de festivités et un examen composé de deux écrits, deux simulateurs, onze oraux et cinq tp le tout portant sur quatorze matières, l¿autre pas encore. Dans les deux cas on le surnomme le zef. Actuellement j'occupe la fonction d'élève officier polyvalent c'est-à-dire pont z'et machine. Le zef est chargé de préparer les crêpes une fois par semaines, le samedi après midi quand il est malin, le dimanche tandis que tout le monde fait la sieste quand il cherche les faveurs du tonton. J'ai opté pour le samedi après-midi car il faut quand même pas déconner.

Et pour finir le service rata

-Le cuisinier, fort d'une formation cuisine de six semaines en bulgarie, c'est de la grande cuisine, pas en qualité mais en quantité¿.

-Les garçons, un pour l'équipage et un pour les officiers, ils servent a table, débarrassent, lavent la cuisine, les cabines officiers, les literies¿

25 Janvier

«éa gaz ? »

Nous commençons a dégazer deux citernes afin de les inspecter (j'ai déjà parler du dégazage aussi n'ai-je pas a revenir dessus. Si jamais ce n'était pas assez clair n'hésitez pas a demander je ne râlerais pas (trop)). Pour se faire nous faisons tout d'abord circuler du gaz inerte, le laissant s'échapper par les panneaux ouvert.

26 Janvier

Les canaris, on stoppe juste au large le temps de hisser le cuistot a bord et c'est reparti.

Il paraît que certaine touriste pratiquaient le bronzage intégral sur la plage mais me trouvant a la barre ben je ne peux pas vous le confirmer. Ce qui me permets de mettre fin a une autre idée reçue, la barre ce n'est plus le gros truc en bois bien cirée avec des dorures qu'il faut être a deux pour manoeuvrer (sauf dans les films où les acteurs sont assez balèze pour barrer en faissant un point astro sans astre tout en enlaçant l'héroïne de la noblesse qui a fuit un mariage forcé et se fera kidnapper au millieu du film histoire de relancer l'intrigue......)

mais ce petit volant que vous pouvez voir. éa fait très volant de jeu vidéo sauf que au bout vous contrôlez un navire de 332 mètres sur 58, autant dire que ça ne réagit pas pareil, et pour l'héroïne c'est a l'eau aussi. imag0021hj7.jpg

Le dégazage se poursuit, nous mettons maintenant en place des ventilateurs actionner par des manches a incendies (encore une utilisation des manches !), pour oxygéner la citerne.

28 Janvier

« Quand t'es dans le dessert.... »

Ce que j'ai pris pour de la brume dans le petit matin c'est avéré être du sable charrié du Sahara par le vent. Nous sommes portant a 80 miles (150km environs) des côtes mais notre pont se recouvre peu à peu de sable. La visibilité en est réduite aussi passons nous le Cap vert sans le voir.

imag0001degazagezk6.jpg

éa y est une des citernes remplit les condition requises pour qu'on puisse rentrer dedans (21% d'oxygène, 0% d'explosivité, et pas de gaz nocif genre benzène....) aussi chaussons nous les bottes et c'est parti. Comme il n'est pas possible de photographier la visite (sauf si on est un aficionados de la roulette russe) je vais tenter de vous emmener avec moi. (mais non ce n'est pas un kidnapping :snif: )

Prêt ?

Vous avez votre détecteur quatre gaz (oxygène, sulfide d'hydrogène, limite d'explosivité et carbone),vos bottes, votre talkie et votre lampe approuvée ?

Vos poches sont vides ?

Alors c'est partis, on enjambe l'écoutille et on se rattrape a l'échelle pour descendre d'un mètre.

Attention dans l'escalier qui suit, des sédiments sont restés collé sur les barreaux constituant les marches et les ont rendu glissant. Une marche de loupée et on se retrouve dix mètres plus bas.

L'odeur ? Tout va bien c'est normal on sent le pétrole brut, l'odeur est moins entêtante que le gazole mais plus tenace.

éa y est la lumière du jour ne nous atteint plus, seul le faisceau de nos lampes coupe l'obscurité. En bas de l'escalier une couche de boue d'hydrocarbures, même texture que la boue mais plus visqueuse et noire, rien d'anormale le canon de lavage a du mal a atteindre les recoins et puis nous lavons au pétrole brut. Longeons la cloison et nous trouverons un autre escalier, le voilà, prenez garde celui ci est plus grand mais tout aussi traître, le ronronnement du ventilo vous accompagne dans la descente, si jamais il se coupe soyez prêt a remonter. Si votre détecteur sonne rejoignez dare-dare le pont.

« CHIEF ? »

Tout va bien c'est le matelot posté près de l'écoutille qui demande des nouvelles. Si il n'a pas de vos nouvelles pendant plus de cinq minutes il envoie la cavalerie. Vous vous étiez peut être demandez a quoi servait la civière et les appareils respiratoire a l'entrée ? Et bien maintenant vous savez....Nous voilà en bas de l'escalier, descendez l'echelle sur votre droite et vous vous retrouverez sur le fond de la citerne. Le pétrole vous arrive maintenant a mi-botte, normal nous somme sur l'arrière de la citerne et le navire a de l'assiette sur le cul (c'est a dire qu'il a un tirant d'eau plus fort a l'arrière qu'a l'avant). Vous voyez ce tuyau dont vous n'arrivez pas a faire le tour avec vos bras ? Et bien c'est celui qui sert a remplir et a vider cette citerne. N'approchez pas du petit ! Un puisard se trouve autours, rapprochez vous et on vous retrouve une soixantaine de centimètre plus bas avec une jambe en moins. Le petit ? Oui celui qui fait une quarantaine de centimètres de diamètre, il sert pour assécher la citerne, je vous expliquerais plus en détail une autre fois.

Allons vers l'avant, le pétrole liquide fait place aux boues et aux sédiments, maintenant levez votre lampe. Vous distinguez le plafond ? C'est grand n'est-ce pas ? Ben oui 13169,7 m3 tout de même. Les structures apparaissent de ci de là mais moins que ce que l'on pourrait croire, elles sont plutôt dans les ballasts latéraux ou les double fonds.

Tout est en bon état, une vingtaine de mètre cube de sédiments et de boues au total, ils seront enlevé au prochain passage en cale sèche. La corrosion ? Rien d'alarmant, un millimètre d'acier donne 13 millimètre de rouille. Ici nous avons moins d'un mm de rouille donc pas de soucis.

On est repartis pour l'ascension, on fait le chemin en sens inverse, éclairé dans les échelles par celui qui vous suit, pas de bol quand vous êtes le dernier.

L'air frais vous fouette le visage, ne courez pas partout ! Vous étés noir des pieds jusqu'à la tête, n'allez donc pas salopez le pont ! Laissez vos bottes dans le fut plein de sable et retourner dans votre cabine prendre une douche. Vous puez.

Voila pour ce premier trait, dans l'épisodes/chapitre suivant nous continurons a affrontez le sable saharien, nous mettrons le feu au navire et je tenterais de vous refiler un ou deux tuyau sur le chargement d'un pétrolier......

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Belizarius VIP 22 812 messages
Mangeur de fromage‚ 37ans
Posté(e)

C'est toujours absolument génial :snif:;):o

Bravo Plimsoll, super plume, on s'y croirait... un topic indispensable! :snif:

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anariel Membre+ 17 040 messages
Fée Rosse à Balai‚ 34ans
Posté(e)

oh non, j'ai finit la lecture :snif:

encore plimsoll, encore !!

... et un gros merci pour le récit de ce mode de vie franchement atypique !!

au fait, le cuisto, il est comment ? :snif:

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Ocytocine Membre+ 17 768 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
Posté(e)

Quelle idée de vous donner des bleus blancs? :snif:

Sinon, je voudrais savoir:vous vous causez dans quelle langue? Parce que dans notre bonne vieille patrie, tu as dû apprendre que le ch'ti est à la mode... :snif:

Modifié par Lili_greycat

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Ilan Membre 3 052 messages
Forumeur alchimiste‚ 25ans
Posté(e)

Un topic super interessant, franchement, ça me passionne!!!

Les photos de couchers de soleil sur la mer sont magnifiques :snif:(la lune aussi :snif: ).

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Plimsoll Membre 4 671 messages
Terrien d'eau douce‚ 32ans
Posté(e)

Pour le bleu blanc je pense que l'armateur s'est dit derrière son bureau un vendredi matin avant de partir en week-end que le blanc ferait classieux pour les officiers mais a du oublier que vu l'effectif qu'il y a bord si l'officier reste les mains dans les poches le navire n'avance pas... Ainisi le bleu est blanc, puis le temps et le fuel aidant vire sur le noir/gris avant de se stabiliser sur le noir/marron..

Pour la langue on parle "anglais", entre guillemets car nous parlons un anglais maritime donc fonctionnel, avec une prononciation aproximative et une grammaire approximative. Pour ma part je le parle avec un accent picards qui a découragé plus d'un prof de collège/lycée.

Reprenons donc le récit ici : (j'ai trouvez comment faire des auto-citation pour differenciez le présent du passé, si ça c'est pas de la science tout de même !)

29 janvier

« Suivez le guide »

Toujours dans le sable

La citerne centrale n°3 est prête pour la visite !

Vous en êtes ?

Inutiles de vous rappeler les règles de sécurité, je suis sur que vous les avez assimilées.

C'est repartis pour une succession d'échelle sombre et traîtresse, mais maintenant que vous y étés habitués profiter donc pour jettera un coup d'oeil pendant la descente. Vous discernez comme des poutres d'acier ? Le terme poutre ne leur rend pas justice tant elles sont imposante, on les appelles des barres sèches, disposées transversalement elle évite que le navire ne se déforme comme une boite d'allumette sous les pressions exercées. Pourquoi sèche ? Simplement parce qu'elles ne supporte pas de pont, si c'était le cas on les nommerait alors barrots (non ce n'est pas une faute de frappe). La descente prend fin, le plancher est fichtrement glissant, seule une fine pellicule de pétrole demeure. Finit de s'observer les pieds levez la tête ! C'est une véritable cathédrale d'acier que nous avons sous les yeux, les membrures se dressent dans la pénombre, les pas résonnent, nul voûte en ogive cependant mais un anneau porqué, ceinture métallique imposante. Le puit de lumière que génère le panneau de cale ouvert coupe l'obscurité, lame de lumière s'émoussant sur le formica du plancher. 32.452,5m3, une chouette piscine non ? Beaucoup plus de tuyau que dans la latérale, forcement l'hydraulique qui actionne les vannes immergés passe par la centrale avant de desservir les citernes latérales. D'ailleurs c'est l'une des raisons de notre descente, un actuator (mécanisme servant a manoeuvrer la vanne) est a remplacer. Quelle est l'autre ? Euh...on vient aussi recuperer l'echantillionneur que le pompiste a perdu lors du dernier chargement...Allons a sa recherche d'ailleurs, de l'arrière vers l'avant. On voit bien les zones d'ombres des canons de lavage, on passe de la tôle lisse a une couche de sédiments, la frontière circulaire est nette. Et VLAN, une gamelle, forcement a trop contempler les parois on finit par glisser.... Toujours rien ? Retour a l'arrière alors et gare aux pie...trop tard ! Bah vous pouvez toujours essayer de vous laissez glisser sur le ventre si ça vous amuse, mais comptez pas sur moi pour vous portez jusqu'en haut en cas de pépin! Là ! Ce tube métallique, c'est ce que nous cherchons. On donne deux coups de tournevis sur l'actuator, on agrémente de deux ou trois bordées d'injure et on remonte (Là encore certain arrive a réparer sans pousser un seul juron, les même que ceux qui ont de petite valise bien rangées et légère et qui arrive a rester propre). Un dernier coup d'oeil en passant par l'écoutille et on peut désormais refermer ce sanctuaire. La douche ? Oui...

30 janvier

Le mur de sable se fait plus dense. Visibilité 2M

31janvier

« J'veux du soleil...... »

Et voilà après trois année d'étude mon premier point astro concluant. Faut dire que j'ai renoncé a comprendre le processus en détails, le mouvement des astres par rapport a la terre qui tourne, précessione, révolutionne, etc.. le tout mixé avec le mouvement du navire, la position et l'age du capitaine, ca fait un sacré merdier a comprendre. Alors qu'en fait il n'y a que deux trois formules et convention a appliquer. Et aussi le sextant a dresser...

imag0034asextantma6.jpg

Pour expliquer brièvement le point astro :

Imaginez qu'un astre agisse comme un projecteur, projetant un cône de lumière, il dessine alors un cercle de lumière a la surface de la terre , en relevant l'angle que forme l'astre et l'horizon a l'aide du sextant nous somme capable de nous situer sur ce cercle. Celui-ci est tellement grand que a l'échelle des cartes que nous utilisons en navigation on peut assimiler ce cercle a une succession de droite. Et fort de ce constat en ayant une position « estimée » on peut arriver a se situer sur une seule droite. En répetant la manoeuvre avec trois astres différent ou alors avec le même astre mais a diverse heures on peut trouver notre position. C'est un peu simplifié mais l'idée est là, si jamais vous n'avez pas saisi ou si vous souhaitez en savoir d'avantage n'hésitez pas a questionnez.

L'intérêt du point astro a l'ère du gps ? Disons que le gps est précis mais pas intègre, c'est a dire qu'il ne signale pas ses erreurs, de plus il est facilement brouillable. Tandis que votre sextant n'a pas besoin d'électricité, pas besoin de satellite américain et il donne une apparence professionnelle.

imag0023aptastrome7.jpg

Petite précision vestimentaire, les grosses godasses avec le short c'est simplement car je n'ai pas réussi a trouver une paire de tongues au mois de décembre, inouïs non ?

Le Sable se dissipe enfin, de son passage ne subsiste que l'allure saharienne du pont.

2 février

« Tout feu tout flamme »

Aujourd'hui exercice incendie, on en fait régulièrement car d'une part c'est obligatoire et d'autre part c'est évite les surprises, la formation a la lutte incendie qu'on reçu certain matelots laissait a désirer lors de mon précèdent embarquement mais a force d'exercice et de gueulante c'était en amélioration. Mais on ne se fait pas d'idée en cas de réel incendie la moitié filera directement aux embarcations, c'est déjà arrivé sur d'autre navire...

Enfin cet exercice ne s'est pas trop mal passé et le soir venu nous n'avons pas volé notre repos.

imag0062coucherlisseal9.jpg

D'accord la phrase du dessus n'est encore qu'un pretexte photographique :snif:

3 février

« Un bon tuyau ¿..ou plus si affinité »

Chargement girassol. Bon pour bien aprehender le chargement il va bien falloir parler des citernes et des lignes plus en details. Attention la migraine ! Alors commençons par les citernes, elles sont au nombre de 15, 5 centrales et 10 latérales, auxquelles se rajoute deux autres citernes latérale, les slops. Je les nommes a part car leur disposition diffère des autres. Donc un total de 17 citernes. Chacune contient un radar, transmettant le ullage au pc cargo (ullage= hauteur libre dans la citerne), deux alarmes, une a 95% et l'autre a 98%; des canons de lavages ( Deux a trois canon de surface pour les latérales, quatre de surface et un de fond pour les centrales); deux trous d'homme pour pouvoir descendre dedans, un ou deux panneaux pour ventiler en cas de descente, un trou pour prendre le ullage et plusieurs prise de sonde.

Concernant les lignes simplifions les choses en disant qu'il existe des lignes de fonds et des lignes de pont. Ces deux types de lignes sont reliées entre elles directement par les « drops lines » qui servent au chargement et aussi par les « risers » situés après les pompes qui servent au dechargement. Déjà là je ne suis pas sur d'avoir été clair donc voici un schéma simplifié a l'extrême qui devrait permettre de mieux se représenter la chose. Les espèces de sablier représente des vannes.

schemasimplifiql3.jpg

Simplifié car le schéma exact serait celui-ci :

schemareelkb5.jpg

Vous voyez la nécessité de la simplification maintenant ? J'en étais sur...

Le chargement se déroule ainsi :

On prend le pilote qui nous guidera vers la bouée ou le quai, ensuite on s'amarre ou on accoste. En compagnie du surveyllor mandé par le chargeur nous effectuons l'inspection qui consiste a prendre les sondes de toute les citernes afin de déterminer l'OBQ (on board quantity, c'est a dire la quantité de pétrole présent dans les citerne avant chargement, cette quantité sera défalquée du total au moment du paiement).

Ceci fait nous connectons le ou les bras de chargement a la traverse de chargement puis on dispose les vannes nécessaire pour que la cargaison, mue par les pompes de terre, aille de la traverse vers les lignes de fond des citernes.

Pendant que les citernes se remplissent on ne se tourne pas les pouces, l'officier de quart est au pc cargo en train de surveiller que les citernes qui le doivent monte mais que les autres reste vide, il s'occupe aussi de rentrer les données pour calculer les débits, déballaste en suivant le plan de chargement et en surveillant les efforts exercés sur le navire, histoire de ne pas le tordre voir le rompre...

imgp2088pcoq4.jpg

Jolis cadran non ?

Un matelots reste a la traverse de chargement pour surveiller la pression et un autre reste a l'avant pour surveiller la bouée (non pas pour la protéger d'un larcin mais plutôt pour évite qu'on ne l'arrache) un troisième larron se ballade sur le pont pour vérifier que nos tuyau sont étanches. Une fois les citernes remplies, on déconnecte le bras et nous refaisons une inspection en prenant ce coup-ci le ullage (pour évite de salir 25 mètres de ruban), la température a plusieurs hauteur. La présence d'eau est aussi contrôlé (je vous passe les details de la sonde UTI, Ullage Interface Température, qui sert a cela). Ensuite commence la grande valse des papiers, là encore je vous en fait grâce. Les papiers les plus étrange sont les lettres de protest ou chacun de son coté se plaint de l'autre, ces lettres vont ensuite au service juridique a terre qui règle les différents.

Voilà qui règle la question du chargement, j'espère avoir été assez clair sans en avoir été soporifique. En cas de question ou d'insomnies n'hésitez pas....

4 février

« Machine en avant toute ! »

A 20h nous avons fini de chargé le million de barils, papiers jusque 1h et départ ensuite, je remplaçais le lieut, donc a moi les plaisir du shutburn (la manette de commande du moteur) selon les ordres du tonton bien évidemment. Le pointage de la position en sus bien sur.

5 février

« Tiens bon la barre et tiens bon le vent... »

Plimsoll a la barre pour la manoeuvre d'arrivé ! Mais non je ne vais pas beahcer le navire, mauvaises langues...

Nous voici a djeno, près de la Pointe-Noire au Congo, pour la deuxième moitié de notre chargement, vu sur la plage de sable fin mais toujours sur bouée....

Je ne refais pas l'explication

6 février

Fin vers 22h, papiers jusque 00h30 et départ dans la foulée direction la chine !

9 février

« Et les tours d'horloge,

Me serre la gorge

Chaque seconde me tue¿. »

Thomas Fersen, Les tours d'horloge

Le moment est venu de vous expliquer comment nous effectuons le changement d'heure car en France nous avons une heure de plus qu'au méridien de Greenwich (temps universel (tu) +1 donc) alors qu'en chine où nous allons décharger ils sont en tu+8 (donc 7h de décalage, quand il est 7h du mat en chine il est minuit en France). Le changement a bord nous l'effectuons a peu près tout les trois jours suivant les envies du commandant. Certain commandant avance dans la journée de travail de sorte que nous travaillons une heure de moins, celui-ci change durant la nuit si bien que ce soir nous dormirons une heure de moins ;)

Nous avons trouvé le surnom du coq, « garbage maker », qu'on pourrait traduire par « faiseur de poubelles », ça donne une idée de son niveau. La viande rouge n'a de rouge que le nom avec lui. Les frites sont crues, les entrées encore congelées¿. C'est inquiétant car d'habitude les cuisiniers ne sont pas mauvais le premier mois, durant leur période d'essais, et ensuite ils régressent du simili-cuisto au cantinier, du cantinier au vendeur surgelé et du surgelé au garbage maker. celui-ci commence très bas, il ne peut donc que monter normalement, du moins on espère....

La fois prochaine nous passerons le cap de bonne espérance et entrerons dans l'Indien (l'océan indien et non pas un indien zerbie a moitié à poil qui vient nous demander de refaire woodstock....:snif:). On recevra aussi de bonnes nouvelles et on parlera linguistique histoire de changer des tuyaux....

Modifié par Plimsoll

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