la mythologie grecque


chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
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Sur la même idée que le topic concernant des poèmes que vous aimez -topic très justement renommé par notre ami Ghostrider "le cercle des poètes disparus" - je souhaitais en créer un sur la mythologie grecque car je suis une fan absolue. Et si on essayait de partager les histoires qui nous ont passionnés et qui ont souvent laissé des expressions dans notre vie quotidienne. Par exemple, savez-vous d'où vient l'expression "ouvrir la boîte de Pandore " ? En voici l'histoire.

"La boîte de Pandore"

Dans la mythologie grecque, Prométhée vola le feu aux Dieux pour le donner aux hommes. Pour se venger, Zeus ordonna à Vulcain de créer une femme faite de terre et d'eau. Elle reçut des Dieux de nombreux dons : beauté, flatterie, amabilité, adresse, grâce, intelligence, mais aussi l'art de la tromperie et de la séduction. Ils lui donnèrent le nom de Pandore, qui en grec signifie "doté de tous les dons". Elle fut ensuite envoyée chez Prométhée. Epiméthée, le frère de celui-ci, se laissa séduire et finit par l'épouser. Le jour de leur mariage, on remit à Pandore une jarre dans laquelle se trouvaient tous les maux de l'humanité. On lui interdit de l'ouvrir. Par curiosité, elle ne respecta pas la condition et tous les maux s'évadèrent pour se répandre sur la Terre. Seul l'espérance resta au fond du récipient, ne permettant donc même pas aux hommes de supporter les malheurs qui s'abattaient sur eux. C'est à partir de ce mythe qu'est née l'expression "boîte de Pandore", qui symbolise la cause d'une catastrophe.

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Ocytocine Membre+ 17 768 messages
Forumeur alchimiste‚ 45ans
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J'aime l'histoire d'Eros et Psyché.

Eros n'est pas le petit cupidon joufflu souvent représenté sur des tableaux, mais un jeune homme d'une beauté troublante. Il est le fils d'Aphrodite et a son importance dans le panthéon car il représente le principe d'union qui permet la reproduction chez tous les êtres vivants (selon les Grecs).

La légende veut que toute personne touchée par l'une de ses flèches tombe immédiatement amoureuse.

Un jour, Aphrodite, déesse de la Beauté et de l'Amour, l'interroge sur son apparence. A Eros étonné, elle explique qu'on entend parler de Psyché, une mortelle qui se vante d'être la plus belle (parce qu'aussi plus jeune...). Eros accepte, pour contenter sa mère, de punir l'orgueil de la jeune fille. Il se rend dans la chambre de la demoiselle endormie et tend son arc pour qu'à son réveil elle tombe amoureuse d'un serviteur très laid. Mais troublé par sa beauté, il trébuche... et se blesse sur sa flèche (c'est ballot ;) ).

Le voilà irrémédiablement amoureux de Psyché. Il profite de son sommeil pour l'enlever (c'est une coutume chez les dieux grecs :o ). Elle se réveille dans le noir absolu, mais sa frayeur est vaincue par le charme du jeune homme (c'est tout _Funky ça! :D ). Ils s'aiment alors chaque nuit et il repart discrètement chaque matin (le rêve de combien d'hommes!!! :( ). Cependant, Psyché finit par s'ennuyer et surtout, s'inquiète à l'idée que son compagnon de jeux nocturnes soit en réalité d'une laideur repoussante. Aussi, une nuit, se munit-elle d'une lampe à l'huile pour faire la lumière sur ce qu'est vraiment son amant. Elle n'est pas déçue du voyage, comme on dit! :o

Malheureusement, une goutte d'huile tombe sur le jeune dieu (aïe ouille :o ) et le réveille. Voyant que son secret est éventé, Eros la "plaque" sans un mot (le muffle). :o

Psyché pleure pendant des mois la perte de son amoureux et s'en va un jour implorer Aphrodite... Celle-ci exulte en voyant combien la souffrance de la jeune fille venge son orgueil blessé. Elle en remet une couche en lui proposant des épreuves en échange de l'amour d'Eros:

1) Trier un mélange de graines dans un grenier (le genre trois tonnes et demie). Aidée par des fourmis, elle réussit l'épreuve.

2) Aller chercher un coffret dans le monde des Morts. Aidée encore une fois, elle le récupère auprès de Perséphone... mais ne peut résister à la curiosité (les femmes sont extrêment curieuses dans les mythes grecs, et puis pas fut-fut en plus :( ) de l'ouvrir. Au lieu d'y trouver un charme pour être plus belle (après tout il était destiné à Aphrodite) et récupérer son mec, elle laisse échapper le Sommeil éternel (ben oui, il vient de chez les morts, quoi) et s'endort à jamais.

Evidemment c'est triste, j'ai jamais promis que ce serait drôle. :D

Aphrodite est excellente dans le rôle de Cruella, n'est-ce pas? Et entre Eros et Psyché... il n'y en a pas un pour racheter l'autre. :(

L'amour ça fait souffrir, décidément. :(

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RIPPERDUCK Membre 2 846 messages
Forumeur alchimiste‚ 55ans
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Achille:

Fils de Pélée et de la nymphe marine Thétis, il fut élevé par le sage centaure Chiron.

Sa mère le trempa dans les eaux du Styx pour le rendre invulnérable.

Seul le talon resta hors de l'eau. Les Parques offrirent à Achille le choix entre une vie longue dans l'aisance et l'obscurité et une vie brève assortie de la gloire immortelle.

Il choisit cette dernière.

Achille devint pour les Grecs le modèle de l'homme noble, franc et direct, qui ne pouvait tolérer les actes déshonorants, comme celui d'Agamemnon qui lui prit sa captive de guerre.

Achille est un des principaux héros de l'Iliade, il commande aux Myrmidons. Considéré dans l'antiquité, comme un demi-dieu c'est un personnage qui présente de nombreuses caractéristiques humaines. Il joue un rôle décisif dans la guerre de Troie.

Il combattit et tua Penthésilée, la reine des Amazones, dont il tomba amoureux alors qu'elle rendait son dernier soupir.Il est connu pour ses différents exploits mais également pour son caractère peu facile. Il met à l'épreuve plusieurs fois son courage, notamment lorsqu'il décide de débarquer seul sur la plage face aux troyens.

La première fois où Achille montre son courage est tout simplement lorsqu'il choisit de participer à la guerre de Troie malgré la désapprobation de sa mère et sachant qu'il court à une mort certaine. Il a cependant l'appui de son ami de toujours Patrocle ainsi que celui d'Ulysse aux mille ruses.

Mais Achille sait être aussi sensible à la pitié. Il respecte le chagrin du vieux Priam lorsque celui-ci vient le supplier de lui rendre le corps de son fils Hector.

"Achille, appelant les femmes, leur ordonna de laver le cadavre et de le parfumer à l'écart, afin que Priam ne vît point son fils, et de peur qu'en le voyant, le père ne pût contenir sa colère dans son c¿ur irrité, et qu'Achille, furieux, le tuât, en violant les ordres de Zeus.

Et après que les femmes, ayant lavé et parfumé le cadavre, l'eurent enveloppé du beau manteau et de la tunique, Achille le souleva lui-même du lit funèbre, et, avec l'aide de ses compagnons, il le plaça sur le beau char. Puis, il appela en gémissant son cher compagnon :

- Ne t'irrite point contre moi, Patrocle, si tu apprends, chez Aidès, que j'ai rendu le divin Hector à son père bien-aimé ; car il m'a fait des présents honorables, dont je te réserve, comme il est juste, une part égale.

Ton fils t'est rendu, vieillard, comme tu l'as désiré. Il est couché sur un lit. Tu le verras et tu l'emporteras au retour d'éôs."

extrait de l'Iliade chant XXIV

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Bran ruz Membre 8 737 messages
Artisan écriveur ‚ 50ans
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Enfant, j'aimais beaucoup toutes les histoires mythologiques grecques.

Je me souviens...

Héphaïstos, encore nourisson, expulsé de l'Olympe pour cause de laideur.

Dégringolant sur terre le pauvre devint en plus boîteux.

Mais, devenu grand, après maintes péripéties, il épouse Aphrodite !!!

La plus belle de toutes.

Héphaïstos tient-il sa revanche sur la vie ?

Vous n'avez qu'à demander à Arès ce qu'il pense d'Eros...

La femme d'Heraklès, qui incite son mari à porter la mortelle tunique de Nessus.

Les jalousies entre Déesses (la télé réalité avant l'heure, avec un peu plus de classe...). Le destin de la pauvre Arachnée...

Les châtiments imposés dans les Enfers, tous d'une haute tenue philosophique et dignes de figurer dans un site SM :

-Prométée, enchaîné sur son rocher, visité quotidiennement par un aigle lui dévorant le foie sans cesse renaissant.

-Tantale, l'antropophage, ténaillé par la faim et la soif, enchaîné a deux doigts seulement d'un arbre aux fruit mûrs et d'un ruisseau cristallin...

-Le rocher de Sisyphe, le tonneau des Danaïdes etc...

Et puis la boîte de Pandore, qu'en ancien argot des faubourgs d'Athènes on nommait, avec une certaine amertume, : "BoitaKôn", ou plus concisément :"Télé"...

Je me souviens de toutes ces histoires qui m'ont captivé à l'époque.

Je me rend compte aujourd'hui que les femmes n'y avaient pas souvent la part belle... Mais lorsque l'on sait quelle place la femme occupait dans la société grecque d'alors, on le comprend mieux.

Je me souviens que le plus paillard et coureur de jupons était le roi des dieux.

Faut-il y voir une relation de cause à effet?

Je l'ignore...

Dans tous les cas, le père Zeus n'aurait pas dérogé à l'invite aux lecteurs que propose le bon François Rabelais dans

Faut-il y

Enfant, j'aimais beaucoup toutes les histoires mythologiques grecques.

Je me souviens...

Héphaïstos, encore nourisson, expulsé de l'Olympe pour cause de laideur.Dégringolant sur terre, le pauvre devint en plus boîteux.

Mais, devenu grand, après maintes péripéties, il épouse Aphrodite !!!

La plus belle de toutes.

Héphaïstos tient-il sa revanche sur la vie ?

Vous n'avez qu'à demander à Arès ce qu'il pense d'Eros...

La femme d'Heraklès, qui incite son mari à porter la mortelle tunique de Nessus.

Les jalousies entre Déesses (la télé réalité avant l'heure, avec un peu plus de classe...). Le destin de la pauvre Arachnée...

Les châtiments imposés dans les Enfers, tous d'une haute tenue philosophique et dignes de figurer dans un site SM :

-Prométée, enchaîné sur son rocher, visité quotidiennement par un aigle lui dévorant le foie sans cesse renaissant.

-Tantale, l'antropophage, ténaillé par la faim et la soif, enchaîné a deux doigts seulement d'un arbre aux fruit mûrs et d'un ruisseau cristallin...

-Le rocher de Sisyphe, le tonneau des Danaïdes etc...

Et puis la boîte de Pandore, qu'en ancien argot des faubourgs d'Athènes on nommait, avec une certaine amertume, : "BoitaKôn", ou plus concisément :"Télé"...

Je me souviens de toutes ces histoires qui m'ont captivé à l'époque.

Je me rend compte aujourd'hui que les femmes n'y avaient pas souvent la part belle... Mais lorsque l'on sait quelle place la femme occupait dans la société grecque d'alors, on le comprend mieux.

Je me souviens que le plus paillard et coureur de jupons était le roi des dieux. Faut-il y voir une relation de cause à effet?Je l'ignore...

Dans tous les cas, le père Zeus n'aurait pas dérogé à l'invite aux lecteurs que propose le bon François Rabelais à la fin de la préface de son premier Livre :"Vivez joyeux!".

Et tant et tant de récit, tous les uns plus intéressants les uns que les autres... Et des héros en veux tu en voilà, et des déesses belle et intriguantes...

Mais , cependant, à l'heure où j'écris ces quelques lignes, un héros par dessus tous les autres ressurgit du fond de ma mémoire et s'impose à mon esprit...

Morphée. :o

dans la préface de son premier livre :"Vivez joyeux".

Tant de héros si courageux, tant des déesses si belles...

Parmi la foule de tous ces personnages, il y en a cependant un qui, a l'heure où j'écris ces lignes, s'impose à mon esprit...

Morphée. :o

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
Posté(e)

Je profite du post de Bran Ruz pour évoquer l'expression "dormir dans les bras de Morphée".

Morphee.jpg

L
e Mythe de Morphée

M
orphée est l'un des mille

enfants du Sommeil (Hypnos).
Son nom dérivé du mot grec

signifiant la
Forme
, indique

sa fonction.
Il est chargé de prendre

la forme d'Etres humains

et de se montrer aux Hommes

endormis, pendant leurs rêves.
Comme la plupart des Divinités

du Sommeil et des Songes.
Morphée est ailé.
Il possédait dit on, de

grandes ailes rapides, qui battent,

sans bruit, et le portent aux

extrémités de la terre en un instant.

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
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Que signifie l'expression "avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête" = un danger constant

Origine

Denys, tyran de Syracuse, vivait dans un château cerné d'une fosse et sans cesse sous la surveillance de nombreux gardes. Denys, qui était toujours inquiet, se trouva des courtisans qui devaient le flatter et le rassurer. Parmi eux, Damoclès, roi des orfèvres, ne cessait de flatter son maître sur la chance qu'il avait d'être le tyran de Syracuse. Agacé, celui-ci lui proposa de prendre sa place le temps d'une journée. Au milieu du festin, Damoclès leva la tête et s'aperçut qu'une épée était suspendue au-dessus de lui, et n'était retenue que par un crin de cheval. C'est pourquoi depuis le 19ème siècle, on parle d'une "épée de Damoclès" pour décrire une situation particulièrement dangereuse ou pénible.

Modifié par chirona

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
Posté(e)

Je voulais vous donner à lire un texte très intéressant sur des créatures mythologiques qui m'intéressent tout particulièrement : les Centaures.

Ixion, fils d'Arès, roi des Lapithes, est tombe amoureux d'Héra. Il croit s'unir à la déesse, mais en fait Zeus lui envoie une nuée ressemblant à son épouse. De cette union bizarre naissent les Centaures, créatures hybrides avec un buste d'hommes et un corps de cheval. Les Centaures vivent dans les forêts de Thessalie, ils mangent de la chair crue, aiment beaucoup le vin et les femmes et se distinguent par leur brutalité. Pirithoos, fils d'Ixion, roi des Lapithes, invite à son mariage les Centaures. épris de boisson, ils cherchent à violenter Hippodamie, l'épouse de Pirithoos, ce qui déclenche une célèbre bataille entre les Lapithes et les Centaures. Ces derniers sont finalement vaincus et chassés de Thesssalie grâce au courage de Pirithoos et de son ami Thésée. Cette victoire symbolise le triomphe de la civilisation sur la barbarie

Cependant, deux centaures se distinguent pour leur sagesse : Pholos (fils de Silène) et Chiron (fils de Cronos), tous deux trouvent la mort par la faute involontaire d'Héraclès.

En allant capturer la sanglier d'Erymanthe, Héraclès trouve l'hospitalité dans la grotte du centaure Pholos. Au cours du repas, Pholos débouche une jarre de vin appartenant à tous les Centaures. Mais l'odeur du vin attire les Centaures, une terrible bataille s'en suit. Héraclès tue de nombreux centaures avec ses flèches empoisonnées. Le combat terminé, Pholos retire une flèche de la blessure d'un Centaure pour l'examiner de près, mais elle lui échappe des mains et lui blesse mortellement le pied.

De même, Héraclès, blesse involontairement Chiron en pourchassant les Centaures. Chiron souhaite mourir pour abréger ses souffrances, mais il est immortel. Héraclès lui propose de céder son immortalité à Prométhée pour être définitivement délivré de sa douleur.

Quant à Héraclès, il trouve la mort après avoir étouffé le centaure Nessus qui lui disputait Déjanire (il meurt en revêtant la tunique empoisonnée du centaure Nessus).

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idunn Membre 190 messages
Forumeur inspiré‚ 44ans
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quel joli topic !!!

Les Erynnies : (Les Furies, ou Euménides)

Le monde infernal Les Furies ou, par antiphrase, les Euménides, c'est-à-dire en grec les Bienveillantes, sont appelées aussi les érinnyes. Ce sont les divinités infernales chargées d'exécuter sur les coupables la sentence des juges. Elles doivent leur nom à la fureur qu'elles inspirent.

Ministres de la vengeance des dieux, elles ont dû exister dès l'origine du monde : elles sont vieilles comme le crime qu'elles persécutent, comme l'innocence qu'elles s'efforcent de venger. Selon les uns, elles ont été formées dans la mer par le sang de Cælus, lorsque ce dieu antique fut outragé et blessé par Saturne. Selon Hésiode, qui les fait plus jeunes d'une génération, elles naquirent de la Terre qui les avait conçues du sang de Saturne blessé par Jupiter. Ailleurs ce poète les dit filles de la Discorde. Eschyle prétend qu'elles ont été engendrées par la Nuit et l'Achéron. Enfin Sophocle les fait sortir de la Terre et des Ténèbres, et épiménide les suppose filles de Saturne et d'évonyme, s¿urs de Vénus et des Parques. Leur pouvoir s'exerce non seulement aux Enfers, mais encore sur la terre et même dans le ciel.

Les plus connues des Furies, les plus souvent citées par les poètes sont Tisiphone, Mégère et Alecton.

Tisiphone, vêtue d'une robe ensanglantée, est assise, et veille nuit et jour à la porte du Tartare. Dès que l'arrêt est prononcé aux criminels, elle s'arme de son fouet vengeur, les frappe impitoyablement, et insulte à leurs lamentations ; de la main gauche elle leur présente des serpents horribles, et appelle ses barbares s¿urs pour la seconder. C'est elle qui, pour punir les mortels, répandait la peste et les fléaux contagieux ; c'est encore elle qui poursuivit étéocle et Polynice, et fit naître en eux cette haine insurmontable qui survécut même au trépas. Cette furie avait sur le mont Cithéron un temple environné de cyprès, où ¿dipe, aveugle et banni, vint chercher un asile.

Mégère, sa s¿ur, a pour mission de semer parmi les hommes les querelles et les disputes. C'est elle aussi qui poursuit les coupables avec le plus d'acharnement.

Alecton, la troisième furie, ne laisse aux criminels aucun repos ; elle les tourmente sans relâche. Odieuse à Pluton même, elle ne respire que la vengeance, et il n'est point de forme qu'elle n'emprunte pour trahir ou satisfaire sa rage. Elle est représentée armée de vipères, de torches et de fouets, avec la chevelure entortillée de serpents.

On appelle parfois érinnyes la première des Furies, et son nom est devenu un terme générique employé pour les désigner toutes ensemble. Les érinnyes avaient un temple près de l'Aréopage, à Athènes. Ce temple servait d'asile inviolable aux criminels. C'est là que tous ceux qui comparaissaient devant le tribunal de l'Aréopage étaient obligés d'offrir un sacrifice et de jurer sur les autels qu'ils étaient prêts à dire la vérité.

Dans les sacrifices offerts aux érinnyes, Euménides ou Furies, on employait le narcisse, le safran, le genièvre, l'aubépine, le chardon, le sureau ou l'hièble, et l'on brûlait des bois de cèdre, d'aune et de cyprès. On leur immolait des brebis pleines, des béliers et des tourterelles.

Ces déesses redoutables étaient partout l'objet d'hommages particuliers : c'est avec respect que l'on prononçait leur nom, et c'est à peine si l'on osait jeter les yeux sur leurs statues et les sanctuaires qui leur étaient consacrés.

Quelques auteurs ont confondu érinnyes avec Némésis et par suite les érinnyes avec les Némèses, Celles-ci, selon Hésiode, n'étaient qu'au nombre de deux. L'une, la Pudeur, retourna dans le ciel après l'Age d'or ; l'autre, la véritable Némèse ou Némésis, fille de l'érèbe et de la Nuit, resta sur la terre et dans les Enfers, pour veiller à la punition des fautes et à l'exécution des règles imprescriptibles de la Justice. Elle avait une inspection spéciale sur les offenses faites aux pères par les enfants. Elle était invoquée dans les traités de paix, et en assurait la stricte observation. C'est elle qui maintenait la foi jurée, vengeait l'infidélité des serments, recevait les v¿ux secrets, courbait les têtes orgueilleuses, rassurait les humbles, et consolait les amantes abandonnées. Sur une mosaïque d'Herculanum, on voit la malheureuse Ariane consolée par Némésis : le vaisseau de Thésée fend les mers et s'éloigne, tandis que, près d'Ariane, l'Amour se cache et verse des larmes.

En résumé, Furies et Némèses avaient pour devoir le maintien de l'ordre et de l'harmonie dans la famille, la société et le monde moral. Elles inspiraient la crainte des remords, des châtiments inévitables, et par là même faisaient comprendre aux hommes les douceurs d'une honnête conscience et les avantages de la vertu. Ce n'est pas en vain que l'on voyait Némésis, un doigt sur la bouche, et tenant un frein ou un aiguillon ; il était facile d'en déduire qu'elle recommandait la discrétion, la prudence, la modération dans la conduite, en même temps qu'elle excitait au bien.

---------------------------------------------

Orestès (extrait d un recit)

Eh bien ! Qu'importe ?

J'ai racheté mon sang, et la vipère est morte.

Elle empoisonnait tout de sa morsure. Elle a

Tué l'homme et vendu l'enfant... mais la voilà

Tranquille maintenant, et pour jamais, je pense.

Des équitables Dieux j'attends ma récompense !

Il regarde le cadavre.

Qu'elle est grande ! On dirait qu'elle m'écoute... non !

Je l'ai frappée au coeur, sûrement. L'acte est bon.

Justice est faite. Il faut que tout forfait s'expie.

Ils siégeaient, triomphants, dans leur puissance impie,

Les mains chaudes du meurtre ; ils se disaient, contents :

«Nous avons tout, le trône et le sceptre éclatants,

Et la vieille maison du roi Pélops ! Nous sommes

Les dynastes d'Argos et les pasteurs des hommes ;

Commandons, aimons-nous, et vivons sans remords».

Et moi, je viens, je frappe ; et les tyrans sont morts !

Maintenant, de ceci j'effacerai les traces :

L'une au bûcher funèbre, et l'autre aux chiens voraces.

Que le peuple s'empresse à l'Agora ! Demain,

Le sceptre paternel brillera dans ma main ;

Parmi les chefs vaillants je m'assoirai, semblable

Aux Dieux ; avec le bruit de la mer sur le sable,

Hellas acclamera mon nom, disant : «C'est bien.

Il a vengé son père et reconquis son bien !»

Il regarde le cadavre.

Pourquoi ne pas fermer ta sanglante paupière,

Cadavre ? Que veux-tu ? Va ! Mon coeur est de pierre :

Je ne crains rien, j'ai fait pour le mieux. C'est assez !

Ne me regarde pas de tes yeux convulsés !

Je t'ensevelirai, toi, mes maux, et le reste,

Dans l'oubli, comme il sied d'un souvenir funeste.

A quoi bon épier mes gestes et mes pas ?

Regarde dans l'Hadès, ne me regarde pas !

Il lui ramène sur la face un pan du péplos. Tendant les bras vers le tombeau.

Et toi qu'ils ont couché sous ce tertre sans gloire,

Père ! Monte à travers la nuit immense et noire,

Apparais à ton fils qui te venge aujourd'hui !

Il t'appelle, ô chère ombre ! Entends-le, viens, dis-lui

Que devant tous les Dieux du ciel et de l'abîme

L'action qu'il a faite est droite et légitime !

Deux Erinnyes se dressent de chaque côté du tombeau.

Ah ! Qu'est-ce que cela ? D'où viennent celles-ci ?

Vieilles femmes, parlez : que faites-vous ici ?

Trois Erinnyes apparaissent autour du cadavre.

Encore ! Par les Dieux ! Ces faces de squelettes

Pour mordre ont retroussé leurs lèvres violettes.

Ah ! Monstres, vous grincez des dents affreusement !

Arrière !

Les Erinnyes apparaissent de tous côtés.

En vérité, c'est un fourmillement

De spectres ! Et je suis traqué comme une proie !

L'épouvante me prend à la gorge, et la broie !

Non, ce n'est point un songe, et je suis là, debout,

Eveillé ! Malheureux ! C'est cela, je sais tout :

Ce sont elles, ce sont les chiennes furieuses

De ma mère ! ... pourquoi rester silencieuses ?

A qui me montrez-vous de vos doigts décharnés,

O louves de l'Hadès ? Je vous attends, venez !

Vous ne vous trompez pas. C'est moi ! Je l'ai frappée !

Voyez ce sang. La terre en est toute trempée.

Il m'inonde les pieds, il me brûle les mains.

Mais, quoi ! Vous le savez, ô monstres inhumains,

Elle a tué mon père. Eh bien ! J'ai fait justice :

La voici morte. Que l'abîme l'engloutisse,

Avec sa trahison, sa haine et sa fureur !

Ah ! Ah ! Vous vous taisez, monstres !

Les Erinnyes se jettent toutes sur lui.

Horreur !

Il s'enfuit. D'autres Erinnyes lui barrent le chemin.

bouguereauorestepoursuimu3.jpg

Oreste poursuivi par les Erynnies (william Bouguerreau)

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grododo Membre 2 344 messages
Forumeur alchimiste‚ 33ans
Posté(e)

comme d'hab excellent sujet chirona!! j'adore la mythologie mais ca faisait longtems que je ne m'etais pas penchee dessus!!

alors j'ai choisi le mythe d'oedipe tres connu! car souvent designe en psychanalyse! le complexe d'oedipe se refere a la periode ou l'on tombe amoureux de son parent du sexe oppose

Quand Amphion et Zéthos eurent pris possession de Thèbes, Laïos se réfugia auprès de Pélops mais enleva le fils de son hôte, Chrisyppe. Le dieu Appollon lui envoya alors un oracle : pour le punir, s'il engendrait un fils, celui-ci le tuerait et épouserait sa mère.

180px-Gustave_Moreau_005.jpg magnify-clip.pngGustave Moreau, ¿dipe et le Sphinx, 1864, Metropolitan Museum of Art (Inv. 21.134.1)Laïos reprit possession de son royaume après la mort d'Amphion et de Zéthos, et épousa Jocaste. Se souvenant de l'oracle, à la naissance de son fils, il le remit à un serviteur pour l'abandonner sur le mont Cithéron, après avoir fait transpercer ses pieds avec un clou. Mais au lieu d'obéir, le serviteur donna l'enfant à un berger qui le porta au roi de Corinthe, Polybe, et à son épouse, Mérope. Le couple, qui n'avait pas d'enfant, éleva le bébé comme leur propre enfant et lui donna le nom d'¿dipe, en raison de la déformation de ses pieds (Οἰδίπους / Oidípous signifie « pieds enflés », de οἰδέω / oidéô, « gonfler, enfler » et πούς / poús, « pied »).

Quand ¿dipe eut grandi, un homme quelque peu ivre lui révéla, au cours d'un banquet, qu'il n'était pas le fils de Polybe. Il se rendit alors à Delphes pour connaître l'identité de ses véritables parents. Il eut pour seule réponse qu'il tuerait son père et épouserait sa mère. Il décida pour cette raison de ne plus jamais retourner à Corinthe et se mit à voyager en direction de Thèbes : par hasard, il rencontra Laïos, à un carrefour où trois routes se croisaient. Ils se disputèrent et ¿dipe tua son père sans le reconnaître.

Il continua jusqu'à Thèbes qui, à cette époque, était terrorisée par le Sphinx, un monstre qui tuait tous ceux qui ne pouvaient répondre à l'énigme qu'il leur posait. Créon, frère de Jocaste et régent de Thèbes, offrit le royaume et le mariage avec Jocaste à quiconque pourrait anéantir ce fléau (le pouvoir était matrilinéaire, il fallait donc épouser la femme de l'ancien roi pour devenir roi). ¿dipe trouva la réponse à l'énigme (Quel est l'animal qui marche à quatre pattes, le matin, à deux pattes à midi et à trois pattes le soir ? Réponse : l'humain, qui marche à quatre pattes lorsqu'il est bébé, à deux pattes dans le milieu de sa vie, et à trois pattes lorsque, vieux, il s'appuie sur une canne), et le Sphinx se donna la mort. ¿dipe épousa Jocaste, de qui il eut deux fils, étéocle et Polynice, ainsi que deux filles Antigone et Ismène.

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brownie Membre 929 messages
Forumeur accro‚
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J'aime bien celui d'Orphée

L'histoire:

"Orphée a épousé la nymphe Eurydice, Un jour, elle se promène sur les bords d'une rivière de Thrace et rencontre Aristée, le berger que les Muses ont mis à garder leurs troupeaux. Aristée trouve Eurydice très belle et en tombe immédiatement amoureux. Il la poursuit de ses assiduités à un tel point qu'elle doit fuir à travers la campagne. Dans son empressement, elle marche sur un serpent qui, en se redressant, la pique au mollet. Eurydice en meurt.

Orphée est inconsolable. Il décide d'aller chercher sa femme aux Enfers et chante en s'accompagnant de sa lyre. «é son chant, du tréfonds, de l'érèbe, les fantômes des morts, les ombres transparentes montent aussi serrés qu'oiseaux parmi les feuilles» (Virgile, Les Géorgiques, IV, 471-473). Par le jeu de sa lyre, il charme les démons. Perséphone elle-même est touchée et prend en pitié un homme qui manifeste avec tant d'art l'amour qu'il porte à son épouse. Elle lui promet le retour d'Eurydice à la lumière, mais y met ses conditions: qu'Orphée marche devant la captive délivrée et qu'à aucun moment il ne lui parle ni ne se retourne pour la regarder.

Orphée accepte et prend le chemin du retour. Suivi d'Eurydice, il est tout joyeux de l'avoir retrouvée et de la ramener à la vie. Mais le voyage est long et bientôt des doutes germent dans son esprit. Perséphone ne l'a-t-elle pas trompé ? Sa bien-aimée est-elle bien derrière lui ? Il se souvient aussi des conditions imposées par la reine des Enfers et fait effort pour ne pas se retourner. Mais son incrédulité grandit peu à peu.

Tout à coup, n'y tenant plus, il tourne la tête et il voit Eurydice disparaître et mourir à nouveau. Alors il revient sur ses pas, se précipite, veut pénétrer une nouvelle fois dans les Enfers. Charon se met en travers de la route, il garde la porte et est intraitable. La délivrance ne se renouvellera pas et Orphée doit retourner chez les humains seul avec toute sa douleur.

Orphée n'a pas su garder la distance, il s'est laissé aller à son attirance pour Eurydice sans égard pour le reste du monde, et c'est ainsi qu'il a perdu l'amour auquel il tenait tant.

Orphée se montra par la suite inconsolable, fonda une communauté dont les femmes étaient exclues, décida de n'aimer plus que des garçons. Les Bacchantes ou Ménades en éprouvèrent un vif dépit et le déchiquetèrent. Sa tête, jetée dans le fleuve Hébros, vint se déposer sur les rivages de l'île de Lesbos, terre de la Poésie. Les Muses, éplorées, recueillirent les membres pour les enterrer au pied du mont Olympe, à Leibèthres."

Une de ses adaptations libre est le magnifique film de Cocteau....

http://fr.wikipedia.org/wiki/Orph%C3%A9e_%28film%2C_1949%29

;)

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
Posté(e)

Il était temps de faire resurgir ce topic qui était tombé dans l'oubli.

Arachné :

Arachné ou Arachne (en grec ancien Αράχνη / Arákhnê), dans la mythologie gréco-romaine, est une jeune fille originaire de Lydie qui excellait dans l'art du tissage.

Intriguée, Athéna se déguisa en vieille femme pour rendre visite à la jeune tisseuse et observer son travail. Arachné prétendit devant la déesse qu'elle était la meilleure tisseuse du monde, meilleure qu'Athéna elle-même. La déesse entra alors dans une grande colère en constatant qu'une simple mortelle pouvait prétendre être aussi adroite qu'elle. Elle révéla à Arachné sa véritable identité et organisa un concours avec la jeune femme. Athéna illustra sur sa toile les divers dieux de l'Olympe tandis qu'Arachné préféra tisser Zeus avec ses nombreuses amantes. Ce fut finalement la fille de Lydie qui gagna. Furieuse, Athéna déchira son ouvrage. Humiliée, Arachné alla se pendre. La déesse, prise de remords, décida d'offrir une seconde vie à Arachné : elle la changea en araignée suspendue à son fil, pour qu'elle puisse à nouveau tisser sa toile.

Sources : Wikipédia

100318081959259769.jpg

Velasquez, Les fileuses (1657)

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grododo Membre 2 344 messages
Forumeur alchimiste‚ 33ans
Posté(e)

je croyais qu'elle l'avait transformee en meduse

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chirona Membre+ 3 432 messages
Forumeur alchimiste‚ 44ans
Posté(e)

Salut Grododo :blush: .

Cela concerne une autre jeune fille qui a été séduite par Poséidon dans un temple d'Athéna. Cette dernière la transforma en Gorgone. Selon une autre version, Aphrodite, jalouse de la beauté de Méduse et de sa belle chevelure, transforma ses cheveux en serpents.

100321093224418855.jpg

source de l'image : http://www.voyanceplus.net/mythes-et-legen...eduse-t9043.htm

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