Napoléon Bonaparte...

Invité j-luc
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Juger un personnage appartenant à l'histoire impose à celui qui juge de se remettre dans le contexte.

Le paradoxe veut que plus l'homme en question a été présent dans son époque et plus il provoque de controverse.

Tout le monde connaît, la formule qui est vraie selon laquelle il a été écrit plus de livres sur Napoléon qu'il ne s'est écoulé de jours depuis sa mort. Dans toute cette documentation que faut-il prendre ? Que faut-il laisser ? Je ne donnerai pas de liste ne les ayant pas tous lus. Toutefois je conseillerai de privilégier les ouvrages qui éditent les témoignages de ceux qui ont participés à ces événements, rien de tel pour retrouver le climat de l'époque. Ensuite je déconseille formellement la lecture de tous les ouvrages dans lesquels il est question de la stratégie de Napoléon. Le terme de stratège remonte à la Grèce. Mais, celui de stratégie est infiniment plus récent. Son auteur le général Antoine-Henri Jomini en donnait la définition suivante : « La stratégie c'est l'art de gagner les batailles sur une carte ». Quand on présenta ce mot à Napoléon, il répondit : « Non grande-tactique ». Je ne développerai pas ici puisqu'il s'agirait alors d'exposer les fondements d'une doctrine ce qui risquerait d'être long. Mais je peux conseiller de relire Essai général de tactique de Guibert. Autres anecdotes prouvant bien que les meilleures sources d'informations doivent être considérées avec circonspection : Au service historique des armées, on trouve un texte intitulé : Relation de la bataille d'Austerlitz par le Maréchal Berthier major-général de la Grande-Armée. Hors dans ce texte on lit sous la plume de Berthier que Napoléon aurait demandé au Maréchal Jean Lannes d'opérer un renversement de front stratégique. Hors la terminologie de front stratégique est un concept « jominien » d'une part à cet instant de la bataille le brouillard masque à Napoléon l'attaque de V Corps du Maréchal Lannes qui fera effectivement définitivement verrouiller le Pratzen par la division Cafarelli d'autre part. Sur cette même bataille si abondamment commentée les seuls ordres de batailles exacts sont ceux des servies historiques russes et français tous les autres sont pour le moins farfelus.

De Bonaparte il faut rappeler que c'est le Directoire qui le nomme chef de l'armée d'Italie ce qui n'est pas un réel cadeau vu l'état de cette armée et que c'est aussi ce même Directoire qui l'envoi en Egypte le trouvant par trop encombrant.

De lui il faut rappeler le propose d'un illustre professeur présentant l'Angleterre en ces termes : L'Angleterre est une ile. Hors Bonaparte parce qu'il est Corse est lui aussi un insulaire et par ce simple fait il connaît mieux que les généraux continentaux de son époque les avantages et les inconvénients d'une ile.

Je trouve qu'il est infiniment plus facile de comprendre Bonaparte à partir de ses erreurs plutôt qu'a partir de ses réussites. Il ne s'agit pas de faire une liste mais de marquer quelques points forts de son action ou de ses décisions qui vont orienter son destin.

La première erreur : le sacre. Par le sacre Bonaparte rentre dans le « jeu dynastique » et d'une certaine façon il se place en situation d'infériorité et de plus il en a conscience. En effet il déclarera lui-même à François-Joseph : Vous pouvez vous permettre de perdre 20 batailles et vous serez toujours Empereur, alors que moi il me suffit d'en perdre une seule pour que tout soit remis en question ; je ne suis qu'un général parvenu. Un tel propos ne se trouve généralement pas prononcé par un mégalomane.

C'est bien parce qu'il a une claire conscience de cette situation qu'il cherchera en permanence à se mettre en scène. Là où la légitimité dynastique lui fait défaut il cherche à la remplacer par la destinée.

A ce sujet il est intéressant de citer un acteur de l'époque : le général baron de MARBOT :

La bataille de Friedland selon (Mémoires). Plon, Nourrit et Cie - Paris 1891

En élevant son frère Jérôme sur le trône de Westphalie, Napoléon ajoutait aux fautes qu'il avait déjà commises, lorsqu'il avait donné le royaume de Naples à Joseph et celui de Hollande à Louis. Les populations se sentirent humiliées d'être forcées d'obéir à des étrangers qui, n'ayant rien fait de grand par eux-mêmes, étaient au contraire assez nuls, et n'avaient d'autre mérite que d'être frères de Napoléon. La haine et le mépris que s'attirèrent ces nouveaux rois contribuèrent infiniment à la chute de l'Empereur. Le roi de Westphalie fut surtout celui dont les agissements firent le plus d'ennemis à Napoléon."

Jérôme pour sa part saura faire preuve de son incompétence lors de la campagne de Russie à la tète de l'aile droite l'armée des nations par sa lenteur à man¿uvrer.

Le témoignage de Marbot nous amène directement à évoquer l'autre grande erreur qui conduit à la guerre d'Espagne. C'est l'abdication du roi d'Espagne et de son fils en faveur de Napoléon. Alors que l'Espagne nous était acquise et qu'il n'y avait pas lieu d'entrer en conflit avec elle bien au contraire. La seule chose que désirait Napoléon et ce qui lui était accordé c'était le libre passage de ses troupes pour se rendre au Portugal. Cela pour rendre émétique le blocus continental en chassant les anglais de la presqu'ile faisant face à Lisbonne.

Une fois encore les choses ne sont pas si simples. D'aucun reprocheront à Napoléon d'avoir rétabli l'esclavage. La question étant quel est le poids du politique dans cette question et on observe que le même lorsqu'il rentre à Madrid après la bataille de Sumo Sierra prend deux décisions : abolitions des privilèges de la noblesse espagnole et dissolution du tribunal de l'inquisition.

A Waterloo Napoléon malade et mal obéit met un terme à l'épopée. Voici un autre témoignage d'un acteur de l'époque sur la bataille et ses responsabilités concernant le Maréchal Soult.

"Maintenant cet homme, qui à l'encontre des faits les plus authentiques est parvenu à se faire la réputation d'un grand homme de guerre, qu'a-t-il fait comme major général ? Que Waterloo réponde ! Si Napoléon avait eu un major général seulement ordinaire, il n'eût pas perdu cette bataille, attendu qu'à quatre lieues de distance et à travers un pays ami, il ne fallait que savoir faire parvenir à temps un ordre au maréchal Grouchy. On peut juger d'ailleurs ce qu'il fut en cette grave occurrence par le mot de Napoléon qui, indigné que le maréchal Soult n'eût envoyé ses ordres au maréchal Grouchy que par un seul officier, se retourna en disant avec indignation : ¿Mon pauvre Berthier en aurait envoyé vingt-cinq¿. Mais en voilà trop pour établir cette vérité importante que le maréchal Soult n'est fait pour être ni chef d'armée, ni major général d'une armée. " (Mémoires, t. 4, p.415)

Extrait des mémoires du général Thiébault.

Il faut savoir qu'au retour de l'Ile d'Elbe le dit Soult avait rédigé le texte suivant :

Soldats ! Cet homme qui naguères abdiqua aux yeux de toute l'Europe un pouvoir usurpé, dont il avait fait un si fatal usage, Buonaparte est descendu sur le sol français qu'il ne devait plus revoir.

Que veut-il ? la guerre civile : que cherche-t-il ? des traîtres : où les trouverait-il ? serait-ce parmi ces soldats qu'il a trompés et sacrifiés tant de fois en égarant leur bravoure ? serait-ce au sein de ces familles que son nom seul remplit encore d'effroi ?

Buonaparte nous méprise assez pour croire que nous pouvons abandonner un souverain légitime et bien aimé pour partager le sort d'un homme qui n'est plus qu'un aventurier. Il le croit, l'insensé ! et son dernier acte de démence achève de le faire connaître.

Soldats, l'armée française est la plus brave armée de l'Europe ; elle sera aussi la plus fidèle.

Rallions-nous atour de la bannière des lys, à la voix de ce père du peuple, de ce digne héritier des vertus du grand Henri. Il vous a tracé lui-même les devoirs que vous avez à remplir. Il met à votre tête ce prince, modèle des chevaliers français dont l'heureux retour dans notre patrie a déjà chassé l'usurpateur, et qui aujourd'hui va, par sa présence, détruire son seul et dernier espoir.

Paris, le 8 mars 1815. Le ministre secrétaire d'état de la guerre,

Signé MARECHAL DUC DE DALMATIE

Laissons conclure Napoléon:Qu'est ce l'histoire, sinon une fable sur laquelle tout le monde est d'accord ?

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Valtesse Membre 6 551 messages
"Contraria contrariis curantur"‚
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"L'Histoire est une suite de mensonges sur lesquels les hommes se sont mis d'accord" (Napoléon 1er)

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Davoust Membre 1 585 messages
Forumeur alchimiste‚ 39ans
Posté(e)
Soldats ! Cet homme qui naguères abdiqua aux yeux de toute l'Europe un pouvoir usurpé, dont il avait fait un si fatal usage, Buonaparte est descendu sur le sol français qu'il ne devait plus revoir.

Que veut-il ? la guerre civile : que cherche-t-il ? des traîtres : où les trouverait-il ? serait-ce parmi ces soldats qu'il a trompés et sacrifiés tant de fois en égarant leur bravoure ? serait-ce au sein de ces familles que son nom seul remplit encore d'effroi ?

Buonaparte nous méprise assez pour croire que nous pouvons abandonner un souverain légitime et bien aimé pour partager le sort d'un homme qui n'est plus qu'un aventurier. Il le croit, l'insensé ! et son dernier acte de démence achève de le faire connaître.

Soldats, l'armée française est la plus brave armée de l'Europe ; elle sera aussi la plus fidèle.

Rallions-nous atour de la bannière des lys, à la voix de ce père du peuple, de ce digne héritier des vertus du grand Henri. Il vous a tracé lui-même les devoirs que vous avez à remplir. Il met à votre tête ce prince, modèle des chevaliers français dont l'heureux retour dans notre patrie a déjà chassé l'usurpateur, et qui aujourd'hui va, par sa présence, détruire son seul et dernier espoir.

Paris, le 8 mars 1815. Le ministre secrétaire d'état de la guerre,

Signé MARECHAL DUC DE DALMATIE

Ces mot de Soult... Lui qui n'était pas le dernier pour faire ses coups en douce et qui fût le major-général de l'Arm"ée en remplacement de Berthier durant la bataille de Waterloo...

j-luc, la critique est contre Soult, et non contre vous.

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Invité j-luc
Invité j-luc Invités 0 message
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Soult au mieux un jean-Foutre au pire un traitre 12 balles dans la peau!

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Davoust Membre 1 585 messages
Forumeur alchimiste‚ 39ans
Posté(e)

Soult était un bon commandant mais il était un grand détrousseurs de tableau de grand peintre et d'oevre d'art.

En Espagne, 2 grenadiers volèrent des chandeliers dans une eglises. Ils fûrent fusillés comme de vulgaire bandits sans que celui-ci ne les graçia alors que lui volait, détournait et s'enrichissa sur le dos de bon nombre de personnes...

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Invité j-luc
Invité j-luc Invités 0 message
Posté(e)

Quoi que sur le domaine de la rapine je crains bien qu'il faille mettre en tête de liste le Maréchal Masséna.

Sur les corps d'armée c'est exact tout dépend de la date à laquelle on se situe. Lors de la 3 éme coalition terminus Austerlitz Le V corps sera toujours sous les ordres du Maréchal Lannes et le VI corps sous celui de Murat vu que ce corps était la réserve générale de cavalrie.

Le commandement pouvait varier parle seul fait que Napoléon ne laissait pas en permanence le même de ses maréchaux commander la Garde Impériale.

Des corps d'armée on peut dire aussi que leur effectif était variable ainsi à Austerlitz un bataillon du V corps ira renforcer le IV corps et pendant que nous y sonnes indiquer que les unités pouvaient passer de l'un à l'autre. Ainsi la division Saint Hilaire à Ulm était affectée au I corps de Bernadotte alors qu'a Austerlitz elle manoeuvrera sur le Pratzen au sein du IV corps et de quelle manière.

Enfin la composition de chaque corps d'armée montre que pour Napoléon l'interarme était une évidence, alors qu'il semblerait que la redécouverte de celle-ci se situe en 2006 si j'en crois la lecture d'Héraclés, un journal de l'arme blindée cavalrie.

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saint thomas Membre 17 547 messages
Forumeur alchimiste‚
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Davoust , tu ne m'as pas répondu :

Etait-il souhaitable que Napoléon l'emporte contre la coalition et pourquoi ?

Modifié par saint thomas

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Stein Membre 1 771 messages
Vipère lubrique‚ 74ans
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C'est un apparté qui n'a rien à voir, mais je ne pouvais pas laisser passer cela:

mais le fait est que l'Allemagne sous HItler fût grande et puissante.

C'est vrai sur ce point: quant Hitler arriva au pouvoir en Allemagne en 1933, il réindustrialisa et donna du travail au Allemands, l'économie fit un bond en avant, mais il interdisa aussi les grèves et prône le capital et le travail. Dans sa campagne de propagande, il plaçait en tête de son programme la lutte contre le chômage car quant il arrive au pouvoir; 7 millions d'Allemands sont au chomage.

Il fit aussi:

-Dévelloppement de l'industrie lourde.

-Construction d'autoroutes.

-Construction de logement en grade échelle

-Dévelloppement des exportations.

Mais malheureusement pour les Allemands tout cela sera temporairement perdus en 1945.

Dire que Hitler aurait redressé l'économie allemande, ce n'est hélas pas tout à fait vrai. D'abord, la politique de relance est surtout le fait de l'économiste Schacht et non des nazis. La mise en place de grands travaux civils (notamment les Autobahnen) date en fait du gouvernement von Schleicher en 1932, et influencèrent d'ailleurs Roosevelt. Les nazis n'ont fait qu'assurer la continuité de ces programmes, leur seul "génie" aura été de ne pas les annuler tout de suite.

D'ailleurs, dans les points énumérés par Davoust, il faut signaler que les "constructions de logement à grande échelle" (notamment via les Siedlungen) ne sont pas non plus le fait des nazis, puisque la plupart datent de 1928-1932. En fait, le rythme des constructions diminue progressivement, jusqu'à être quasi nulle dès 1938.

Tous les programmes non militaires, ou jugés non-utiles à l'armée seront progressivement stoppés (contrairement à ce qui se passera pour de véritables politiques de relance keynesienne dans les états démocratiques).

---

Au contraire, on peut dire que les nazis contribuèrent à progressivement fragiliser ces programmes, puisqu'ils les détournèrent et ne les utilisèrent plus que dans un seul but: le réarmement. Ce réarmement à outrance fut notamment financé par des bons publics que le gouvernement prétendait rembourser quelques années plus tard (sans parler du pillage des biens juifs et autres "indésirables politiques" -presque 3% de la population allemande, dont tous les avoirs furent extorqués et vendus-). La politique de la Reichsbank, pour éviter une désastreuse inflation, fut de plus en plus autarcique, et les exportations chutèrent également.

En fait, en 1939, l'économie allemande est au bord du précipice, et risque de faire face à une crise incroyablement plus violente que celle de 1929. Le gouvernement est phénoménalement surrendetté (550%!!), le Mark sur le point d'être dévalué au huitième de sa valeur; comme il n'y a aucune liquidité, les nazis n'escomptaient absolument pas rembourser les emprunts publics -en réalité, comme Schacht l'a révélé dans ses mémoires, il n'en avait jamais été question, puisque dès 1936, Hitler avait prévu d'être en guerre trois ans plus tard: tout ceci n'était qu'une vaste escroquerie-, bref...

Car en fait, la seule solution prévue pour éviter cette catastrophe, c'était la guerre. Toute la politique nazie ne tendait que vers cette extrémité, qui avait été prévue et planifiée depuis le début. La fameuse "relance économique" n'a été, en définitive, qu'une vaste fuite en avant.

Modifié par Stein

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Davoust Membre 1 585 messages
Forumeur alchimiste‚ 39ans
Posté(e)

En réalité, lorsque Napoléon capitula, il n'était pas MILITAIREMENT vaincu.

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Invité j-luc
Invité j-luc Invités 0 message
Posté(e)

Saint Thomas,

Ce qui s'est joué c'est avant tout la suprématie en Europe. Lorsque Napoléon part pour Sainte Héléne c'est la suprématie de l'Angleterre qui commence. Si cette Nation n'avait pas en permanence utilisé ses finances pour suciter des coalitions contre la France cette période aurait sans doute été plus paisible pour l'Europe continentale.

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Stein Membre 1 771 messages
Vipère lubrique‚ 74ans
Posté(e)
Saint Thomas,

Ce qui s'est joué c'est avant tout la suprématie en Europe. Lorsque Napoléon part pour Sainte Héléne c'est la suprématie de l'Angleterre qui commence. Si cette Nation n'avait pas en permanence utilisé ses finances pour suciter des coalitions contre la France cette période aurait sans doute été plus paisible pour l'Europe continentale.

Ce n'est pas faux.

Beaucoup de politiciens anglais se sentaient beaucoup plus proches du régime français que des royaumes féodaux et réactionnaires qui constituaient le reste de l'Europe, en matière de sensibilité idéologique. Un certain nombre d'entre eux ont d'ailleurs tenté jusqu'au bout de susciter un "alliance des libertés" entre la France et la Grande-Bretagne (par exemple Charles James Fox, qui n'a échoué que d'extrème justesse aux élections).

Mais voilà, ces guerres n'avaient rien à voir avec ces idées-là.

Il s'agissait avant tout de patriotisme et surtout, surtout, de géostratégie...

Et les Anglais ont gagné, ils ont pu dominer et écraser le monde pendant presque un siècle.

Modifié par Stein

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Davoust Membre 1 585 messages
Forumeur alchimiste‚ 39ans
Posté(e)

Juste une question Stein: les informations que vous énumérer et qui contredisent se que j'ai ecrit, vous les avez eu où?

Les miennes viennent d'un bouquin en ma possession et, d'après moi, confirmé par certaine revues que j'achète régulièrement.

Voilà,

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Stein Membre 1 771 messages
Vipère lubrique‚ 74ans
Posté(e)
Juste une question Stein: les informations que vous énumérer et qui contredisent se que j'ai ecrit, vous les avez eu où?

Les miennes viennent d'un bouquin en ma possession et, d'après moi, confirmé par certaine revues que j'achète régulièrement.

Voilà,

Oh, ce n'est pas très difficile.

D'abord il y a quelques mots clés concernant des données que vous pouvez vérifier autant de fois que vous le désirez (Schacht, von Schleicher, Siedlung... etc...). Je vous en prie!

Ensuite il y a également de nombreuses lectures sur le sujet, dont par exemple les fameuses mémoires rédigées par Hjalmar Schacht (qui était quand même ministre de l'économie pendant la période concernée 1934-1937), en VO "Abrechnung mit Hitler", ainsi que "76 Jahre meines Lebens"...

Rien de tel que le témoignage d'économistes lorsqu'on parle d'économie, non? :o

---

En ce qui concerne les programmes de constructions sociaux, alors là encore, adressez-vous à des architectes et à des urbanistes. Par exemple, à Berlin, vous vous apercevrez que les dernières Siedlungen ont été achevées début 1937, et après, plus rien...

Etc...

Rien que des données professionnelles, soyez-en assuré!

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saint thomas Membre 17 547 messages
Forumeur alchimiste‚
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Et les Anglais ont gagné, ils ont pu dominer et écraser le monde pendant presque un siècle.

Napoléon voulait créer un empire européen , c'est pas pareil .

La GB aurait pu annexer la France ,elle ne l'a pas fait , Napoléon s'il avait pu envahir la GB l'aurait annexée .

On aurait alors parler d'un empereur à la tête de l'empire européen , heureusement la coalition l'a arrêtée.

Bref , je suppose que personne sur ce forum , ne regrette que les coalisés aient gagné à la fin . Maintenant on peut défendre Napoléon , il a fait des choses , mais pas regretter que la GB l'ait arrêté dans sa course folle.

Même Davoust ne regrette pas , son silence fait foi .

Modifié par saint thomas

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Invité j-luc
Invité j-luc Invités 0 message
Posté(e)

Absolument Stein

Outre le traité signé à Paris en 1815 qui ouvre les portes de tous les marchéx internationaux à l'Angleterre (et c'est important aujourd'hui encore 80% des marchandises sont transportées par bateau et à l'époque l'Angleterre est inconstablement la reine des mers); elle obtient se surcroit le contrôle de Malte, du Cpa de Bonne Espérance, de l'île Maurice et de Ceylan.

Puisqu'on parle de l'Angleterre, il est bon de rappeler que l'idée d'envahir l'Angleterre, n'est pas une idée de Napoléon c'est une idée de la République. Je ne sais plus si c'est Brune ou Gouvion Saint Cyr qui écrivait: Je ne saurais rester sur le continent quand le canon républicain tonnera sur la Tamise.

En fait Bomaparte pose probléme encore aujourd'hui. Nous l'avons vu sur la scéne internationale quand pour le bicentenaire d'Austerlitz rebaptisé aujourd'hui Slavkov u Brna la République Tchéque a organisé un colloque international intitulé Napoléon et l'Europe. Tout simplement parce qu'évoquer Bonaparte c'est reposer le paradigme de la puissance et cela aussi c'est de la géostratégie. Hors dans ce domaine la classe politique française est notoirement impuissante.

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Stein Membre 1 771 messages
Vipère lubrique‚ 74ans
Posté(e)
Et les Anglais ont gagné, ils ont pu dominer et écraser le monde pendant presque un siècle.

Napoléon voulait créer un empire européen , c'est pas pareil .

La GB aurait pu annexer la France ,elle ne l'a pas fait , Napoléon s'il avait pu envahir la GB l'aurait annexée .

Non, rien ne vous dit que ç'aurait été le cas.

Napoléon a battu militairement l'Autriche plusieurs fois de suite (et totalement, encore), il ne l'a jamais annexée. Ce n'est qu'en désespoir de cause, après la cinquième guerre franco-autrichienne, qu'il commence à créer quelques protectorats sur des terres autrefois possedées par cet empire (surtout en Italie).

Napoléon a également écrasé la Prusse, il aurait en effet très bien pu annihiler cet état, sa dynastie, et tout ce qui va avec (il n'était alors pas très grand en surface), il ne l'a pas fait. Il s'est juste contenté d'exiger l'indépendance des territoires polonais que la Prusse avait annexé quelques décennies plus tôt.

De même, en ce qui concerne la Grande-Bretagne, on sait qu'il était favorable à l'indépendance de l'Irlande et de l'Ecosse.

---

Donc c'est un peu plus compliqué que cela, même si les dérives dynastiques des dernières années sont en effet critiquables. Mais la paranoïa grandissante de Napoléon (surtout à partir de 1807) n'est pas de son seul fait non plus, à mon humble avis...

Modifié par Stein

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Davoust Membre 1 585 messages
Forumeur alchimiste‚ 39ans
Posté(e)
Juste une question Stein: les informations que vous énumérer et qui contredisent se que j'ai ecrit, vous les avez eu où?

Les miennes viennent d'un bouquin en ma possession et, d'après moi, confirmé par certaine revues que j'achète régulièrement.

Voilà,

Oh, ce n'est pas très difficile.

D'abord il y a quelques mots clés concernant des données que vous pouvez vérifier autant de fois que vous le désirez (Schacht, von Schleicher, Siedlung... etc...). Je vous en prie!

Ensuite il y a également de nombreuses lectures sur le sujet, dont par exemple les fameuses mémoires rédigées par Hjalmar Schacht (qui était quand même ministre de l'économie pendant la période concernée 1934-1937), en VO "Abrechnung mit Hitler", ainsi que "76 Jahre meines Lebens"...

Rien de tel que le témoigne d'économistes lorsqu'on parle d'économie, non? :o

---

En ce qui concerne les programmes de constructions sociaux, alors là encore, adressez-vous à des architectes et à des urbanistes. Par exemple, à Berlin, vous vous apercevrez que les dernières Siedlungen ont été achevées début 1937, et après, plus rien...

Etc...

Rien que des données professionnelles, soyez-en assuré!

Merci :o

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saint thomas Membre 17 547 messages
Forumeur alchimiste‚
Posté(e)
Donc c'est un peu plus compliqué que cela, même si les dérives dynastiques des dernières années sont en effet critiquables. Mais la paranoïa grandissante de Napoléon (surtout à partir de 1807) n'est pas de son seul fait non plus, à mon humble avis...

Non certes , surtout au début , lors de la premiére coalition .

Mais ensuite ? Son rêve d'Europe unifiée sous sa férule (il ne s'en cachait pas) devait-il rester sans réaction ? Il a partagé l'Europe avec le tsar , est-ce pour lutter contre l'Angleterre ?

L'Angleterre a des torts mais parfois son dos est bien large quand on lui met aussi dessus les ambitions toutes perso de Napoléon (ambitions d'un empire que d'autres ont eu avant et aprés lui).

Les annexions se sont faites avant tout sur le dos des pays alliés ou neutres ; l'Autriche et la Prusse , c'était pas particuliérement le cas .

En Autriche il annexa les territoires que ce pays lui avait cédés .

Nous avons connu la domination allemande et la France ne fut pas annexée , la Prusse n'échappa pas à la domination de Napoléon tant politique , qu'économique .

Il apporta beaucoup de changements interessants dans ces territoires mais jamais leurs habitants ne furent aussi heureux que lorsqu'ils en furent débarrassés , la terreur , l'exploitation du pays au profit de la France ont pesé lourd , aucun ne leva le petit doigt lorsqu'il fut en difficulté ,en Espagne ou dans les territoires modéles de l'Empire , chacun souhaitait son départ .

Du temps de Napoléon les coalitions contre la France furent incessantes , du jour où il mourut , elles cessérent . Bizarre .

http://www.napoleon.org/fr/salle_lecture/articles/files/

Napoleon_pour_contre_Europe.asp://http://www.napoleon.org/fr/salle_le...ntre_Europe.asp://http://www.napoleon.org/fr/salle_le...ntre_Europe.asp

C'est un lien assez neutre qui dit le bon comme le mauvais , le mauvais l'emporte quand même .

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Acharon Membre 2 217 messages
Forumeur alchimiste‚ 37ans
Posté(e)

Je suis impressionné par l'erudition de Stein ......effectivement la "reussite "economique de l'Allemagne nazie est en grande partie du aux tours de passe-passe du magicien Schacht (comme il aimait s'appeller lui meme ).

Je n'ai rien à ajouter à ce qu'a deja ecrit stein si ce n'est de preciser un peu le cas de ces bons d'etat .Le talent de Scharcht a été de récuperer l'argent la ou il se trouvait .Effectivement il a su drainer les capitaux des grands industriels et proprietaires terriens en emettant ces fameux bons du tresor qui etaient attractifs pour deux raisons .D'une part il rapportait 5 % (important pour cette periode ) de plus ils etaient echangeables à tout moment au comptoir rassurant les investisseurs .Ce fut un des coups de bluff les plus reussis de la politique economique .Les caisses du tresor etant vide l'etat allemand eut été incapable de rembourser ces bons du tresor si les investisseurs s'etaient précipités en masse aux comptoirs .La "banqueroute " de lEtat allemand eut été alors consommé .

Comme l'a dit Stein cette politique economique ne pouvait etre que temporaire et n'avait que seule vocation de financer la guerre .......

Modifié par Acharon

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Stein Membre 1 771 messages
Vipère lubrique‚ 74ans
Posté(e)
Je suis impressionné par l'erudition de Stein ......effectivement la "reussite "economique de l'Allemagne nazie est en grande partie du aux tours de passe-passe du magicien Schacht (comme il aimait s'appeller lui meme ).

Je n'ai rien à ajouter à ce qu'a deja ecrit stein si ce n'est de preciser un peu le cas de ces bons d'etat .Le talent de Scharcht a été de récuperer l'argent la ou il se trouvait .Effectivement il a su drainer les capitaux des grands industriels et proprietaires terriens en emettant ces fameux bons du tresor qui etaient attractifs pour deux raisons .D'une part il rapportait 5 % (important pour cette periode ) de plus ils etaient echangeables à tout moment au comptoir rassurant les investisseurs .Ce fut un des coups de bluff les plus reussis de la politique economique .Les caisses du tresor etant vide l'etat allemand eut été incapable de rembourser ces bons du tresor si les investisseurs s'etaient précipités en masse aux comptoirs .La "banqueroute " de lEtat allemand eut été alors consommé .

Comme l'a dit Stein cette politique economique ne pouvait etre que temporaire et n'avait que seule vocation de financer la guerre .......

Dans le cas par exemple des bons MEFO (Metallurgische Forschungsgesellschaft), ils ont été émis à partir de juillet 1934 jusqu'en avril 1938, et représentèrent jusqu'à 12 milliards de Reichsmark (selon les estimations: leur nombre exact ayant été tenu secret). Leur échéance était fixée sur 5 ans, c'est à dire que dès juillet 1939, les premiers acquéreurs de ces bons commencèrent à se présenter auprès des comptoirs du gouvernement...

Un mois après, le pays était en guerre, n'est-ce pas un curieux hasard?

C'est un tel tour de passe-passe visant à créer des fonds à partir de rien que rétrospectivement, on n'hésite plus à parler de "vraie-fausse monnaie"...

Ce n'était pas le premier coup de bluff du magicien Schacht: En 1929 (alors qu'il était déjà président de la Reichsbank), afin de ne pas rembourser la dette dûe au traité de Versailles, il avait entre autres choses organisé l'insolvabilité de l'Allemagne, de façon délibérée!

Il renouvellera ce genre d'opération pourtant risquée dès 1934, toujours avec le même succès.

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Quoiqu'il en soit, en ce qui concerne les bons d'état émis par les Nazis, la base financière nécessaire pour que l'opération démarre (et que l'on ait ainsi l'illusion qu'elle soit rentable ou viable, économiquement parlant) a été fournie par l'expropriation définitive des biens d'un nombre considérable d'Allemands, jugés "indésirables" (les juifs et les opposants politiques, en particulier). N'importe quel pays peut en théorie faire semblant de doper son économie de cette manière (à supposer qu'il s'agisse d'une dictature autoritaire), mais cela ne fonctionne qu'une fois.

Enfin, il y a un autre facteur qui explique qu'entre 1934 et 1939, l'Allemagne n'ait pas succombé aux sirènes inflationnistes: Tout spéculateur était menacé d'être déporté en camp, lui et sa famille. Tout commerçant ou grossiste qui aurait commencé à afficher des prix au delà de ce que lui ordonnait les directives de l'Etat risquait gros.

Là encore, on peut mettre ce "succès" au crédit des spécificités de l'idéologie nazie (terreur et contrôle), mais curieusement, je ne suis pas sûr que nous aimerions tant que ça suivre ce genre d'exemple. :o

Modifié par Stein

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