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L'entre-soi.

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Mobrac

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Membre, 68ans Posté(e)
Mobrac Membre 64 messages
Forumeur activiste‚ 68ans‚
Posté(e)

Alphonse Bourdard, écrivain génial, disait : "Je n'aime pas l'entre-soi." Cette déclaration, aussi simple que radicale, fait écho à des voix comme celle de Marguerite Yourcenar, qui, à sa manière, dénonçait ce même cercle fermé. Ce fameux entre-soi des auteurs, journalistes, et écrivains, où le copinage et le népotisme règnent en maîtres.

Mais ce n’est pas qu’un jeu de mots, ni un simple décryptage de l’élite littéraire ou médiatique. C’est bien plus profond. Cet entre-soi, dont parle ces gens, s'insinue partout, invisiblement, et finit par façonner la culture que l’on nous vend. Les écrivains sont peu à peu réduits à des producteurs d’illusion, des artistes qui doivent, avant tout, plaire à des cercles d’influence, séduire un public qui n’a plus d’autre critère que celui de l’acceptation dans ces milieux. Quant aux journalistes, à la recherche du scoop et du sensationnalisme, leur rôle se transforme en instrument au service des puissants, à la place de l'exploration de la vérité.

Ce phénomène n’est pas seulement un malaise du monde littéraire. Il s’infiltre dans tous les secteurs de notre société : la politique, l’économie, la culture. Loin de l’idéal républicain des lumières, où l’on croyait encore qu’un homme pouvait se hisser par son travail et son mérite, la réalité nous renvoie à un système opaque, où seuls quelques privilégiés passent les portes du succès, avec des clefs qu'ils n'ont même pas fabriquées eux-mêmes.

Et pourtant, il existe un autre monde, un monde où le mérite n’a pas besoin d’un réseau pour se faire entendre. Un monde où la sincérité et la profondeur se confrontent au néant de l’entre-soi. Un monde que l'on oublie trop souvent, englouti sous la poussière des faux-semblants et des compromissions.

Mais peut-on encore rêver d’un monde où la sincérité l’emporterait sur les apparences ? Où l’on n’aurait plus besoin de jouer à ce jeu des alliances pour exister, où les idées viendraient se frayer un chemin non pas grâce à des mécènes ou à des intrigues, mais par leur seule force ? Je doute que l’entre-soi s’effondre du jour au lendemain, mais il est des âmes qui s’en détachent, qui refusent d’y entrer, par principe ou par instinct. Elles savent que, même dans ce petit cercle clos, l’art se pervertit, se déforme, se vend au lieu de se transmettre. La culture n’est plus un partage, elle devient une monnaie d’échange. Elle appartient à ceux qui l’achètent, ceux qui savent où poser leur nom, pas à ceux qui l’ont réellement forgée.

Pourtant, cette même culture a survécu, paradoxalement, à ce système. Elle s’est glissée dans les interstices, dans les marges, là où les vrais penseurs, les vrais artistes ont toujours su se cacher. Là où les écrivains décalés, les créateurs hors norme, ceux qui refusent de se plier aux règles imposées, continuent de faire émerger des voix nouvelles. C’est dans ces coins oubliés de la société que l’on trouve peut-être les seules vérités, celles qui n’ont pas été filtrées, atténuées par les jeux de pouvoir.

Car, dans ce monde où les règles sont écrites par une élite, il est peut-être encore possible de renouer avec l’essence de l’art et de la pensée. Ce monde qui ne cède pas, qui résiste en silence et qui, parfois, éclate aux yeux de ceux qui ont pris le temps de l'écouter. Et cette résistance, comme un souffle de liberté, peut renaître n’importe où. Là où l’on cesse de chercher à plaire à ceux qui possèdent déjà tout, pour simplement écrire, penser, être, sans attente autre que celle d’être fidèle à soi-même.

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Membre, Forumeur confit, Posté(e)
Enchantant Membre 18 564 messages
Forumeur confit,
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Il y a 2 heures, Mobrac a dit :

Ce fameux entre-soi des auteurs, journalistes, et écrivains, où le copinage et le népotisme règnent en maîtres.

C’est en partie vrai, mais la nature humaine est ce qu’elle est, critiquer ses travers n’avance pas à grand-chose… Que ferions nous, nous même à leur place, de plus ou de moins si nous étions journalistes, écrivains, copains, amis, ennemis ?

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Membre, Le retour, 47ans Posté(e)
Jabba the hutt Membre 92 messages
Forumeur survitaminé‚ 47ans‚ Le retour,
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D'autant que l'entre soi fonctionne à tous les niveaux.

On peut critiquer telle ou telle corporation mais naturellement dès le moindre "privilège" acquis, on a tendance à le faire valoir pour ses proches, et notamment ses enfants.

Combien de personne critiquent telle ou telle catégorie de personne mais se comporteraient ou se comportent de la même façon une fois entré dans le serail.

La nature humaine.

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Membre, 68ans Posté(e)
Mobrac Membre 64 messages
Forumeur activiste‚ 68ans‚
Posté(e)
il y a 9 minutes, Enchantant a dit :

C’est en partie vrai, mais la nature humaine est ce qu’elle est, critiquer ses travers n’avance pas à grand-chose… Que ferions nous, nous même à leur place, de plus ou de moins si nous étions journalistes, écrivains, copains, amis, ennemis ?

S'y résigner sous prétexte que c'est "naturel", c'est accepter que la loi du plus fort ou du mieux connecté prime toujours. La critique n'est pas vaine, elle est le moteur même de notre évolution : sans elle, nous n'aurions jamais instauré de règles déontologiques ou de garde-fous démocratiques. Il ne s'agit pas d'affirmer que nous serions, par essence, plus vertueux qu'eux à la même place. Il s'agit de refuser d'occuper cette place dans les mêmes conditions. L'entre-soi prolifère quand des intérêts croisés (financiers, mondains, corporatistes) l'encouragent. L'éthique consiste à bâtir des modèles économiques et sociaux indépendants qui empêchent matériellement ces connivences de s'installer, garantissant ainsi une véritable curiosité désintéressée.

Par contre, vous avez raison sur un point : personne n'est immunisé par nature contre l'entre-soi, et soumis aux mêmes pressions ou aux mêmes dépendances, nous aurions sans doute les mêmes réflexes. Mais c'est précisément pour cela que la critique est vitale. Elle ne sert pas à distribuer des brevets de vertu morale, mais à exiger des cadres et des structures qui nous protègent de cette facilité. Invoquer la nature humaine pour excuser ces travers revient à s'interdire de construire des espaces indépendants, seuls capables de préserver une pensée libre et une curiosité désintéressée. »

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Membre, 68ans Posté(e)
Mobrac Membre 64 messages
Forumeur activiste‚ 68ans‚
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il y a 1 minute, orangine a dit :

L'entre soi ferme des portes et le partage nous ouvre le monde

j'aime....

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Membre, 63ans Posté(e)
orangine Membre 1 043 messages
Mentor‚ 63ans‚
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Le partage face à l'entre-soi

Le partage est une valeur essentielle qui permet de créer des liens, de transmettre des connaissances et de favoriser la solidarité. Partager, c'est accepter d'ouvrir ce que l'on possède, ce que l'on sait ou ce que l'on ressent aux autres. Cette ouverture enrichit chacun et contribue à construire une société plus inclusive.

À l'inverse, l'entre-soi désigne la tendance à rester uniquement avec des personnes qui nous ressemblent, qui partagent les mêmes idées, le même milieu social ou les mêmes habitudes. Si cela peut offrir un sentiment de sécurité et d'appartenance, l'entre-soi peut aussi limiter les échanges, renforcer les préjugés et empêcher la découverte de nouvelles perspectives.

Trouver un équilibre entre ces deux réalités est essentiel. Il est naturel de rechercher des espaces où l'on se sent compris, mais il est tout aussi important de s'ouvrir à la diversité. Le partage permet justement de dépasser les frontières de l'entre-soi en favorisant le dialogue, la coopération et la rencontre avec l'autre.

Dans un monde de plus en plus connecté mais parfois fragmenté, développer une culture du partage est un moyen de lutter contre le repli sur soi. En acceptant la différence et en multipliant les occasions d'échanger, chacun peut contribuer à une société plus ouverte, plus solidaire et plus riche humainement.

Le fond de ma pensée

Par le passé j'ai fait du bénévolat pas entre vsoi mais du partage et des souhaits glissés à des politiciens que pour des bonnes choses

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Membre, 68ans Posté(e)
Mobrac Membre 64 messages
Forumeur activiste‚ 68ans‚
Posté(e)
il y a 1 minute, orangine a dit :

Le partage face à l'entre-soi

Le partage est une valeur essentielle qui permet de créer des liens, de transmettre des connaissances et de favoriser la solidarité. Partager, c'est accepter d'ouvrir ce que l'on possède, ce que l'on sait ou ce que l'on ressent aux autres. Cette ouverture enrichit chacun et contribue à construire une société plus inclusive.

À l'inverse, l'entre-soi désigne la tendance à rester uniquement avec des personnes qui nous ressemblent, qui partagent les mêmes idées, le même milieu social ou les mêmes habitudes. Si cela peut offrir un sentiment de sécurité et d'appartenance, l'entre-soi peut aussi limiter les échanges, renforcer les préjugés et empêcher la découverte de nouvelles perspectives.

Trouver un équilibre entre ces deux réalités est essentiel. Il est naturel de rechercher des espaces où l'on se sent compris, mais il est tout aussi important de s'ouvrir à la diversité. Le partage permet justement de dépasser les frontières de l'entre-soi en favorisant le dialogue, la coopération et la rencontre avec l'autre.

Dans un monde de plus en plus connecté mais parfois fragmenté, développer une culture du partage est un moyen de lutter contre le repli sur soi. En acceptant la différence et en multipliant les occasions d'échanger, chacun peut contribuer à une société plus ouverte, plus solidaire et plus riche humainement.

Le fond de ma pensée

Je n'aurai pas dis mieux. La culture c'est ce que nous empruntons aux autres et que nous améliorons ( anthropologie de la culture ). En ce sens, rester à l'intérieur de  " ses frontières " ( physiques, mentales , sociales etc, et ) nous privent de l'évolution. Je pense avoir assez développé.

Chaleureusement.

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Membre, 63ans Posté(e)
orangine Membre 1 043 messages
Mentor‚ 63ans‚
Posté(e)
il y a 2 minutes, Mobrac a dit :

Je n'aurai pas dis mieux. La culture c'est ce que nous empruntons aux autres et que nous améliorons ( anthropologie de la culture ). En ce sens, rester à l'intérieur de  " ses frontières " ( physiques, mentales , sociales etc, et ) nous privent de l'évolution. Je pense avoir assez développé.

Chaleureusement.

au plaisir de te relire Amitiés

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Membre, 44ans Posté(e)
ashaku Membre 1 075 messages
Mentor‚ 44ans‚
Posté(e)
Il y a 3 heures, Mobrac a dit :

L'entre-soi.

Encore de bonnes observations et réflexions sur ce sujet. Je trouve que tu as une pensée assez profonde et transverse des phénomènes que tu décris, et que tu parviens à toujours rester neutre, sans blâmer un groupe ou un individu. Tu évoques les concepts, en les structurant. J'aime les structures que tu produis même si elles me semblent étranges parfois, rapport au manque d'acteurs humains dans tes explications. J'ai souvent envie de dire "c'est vrai mais c'est normal, c'est dû à l'historique du vivant, de l'animal puis de l'humain".

De mon coté, j'organise mes réflexions autour de dualités. Dans ce thème, tu évoques l'entre-soi des groupes, c'est "intérieur-extérieur" (nous/eux). Mais aussi "connu/nouveau".

De par nos origines, notre cerveau inclut le mécanisme "si c'est familier c'est bon" (un fruit déjà gouté sans mourir est comestible). Ce mécanisme est dérivé et exploité intensément dans la publicité et la politique. Il est à l'origine de notre ostracisme naturel. C'est un tort et une dérive, oui, mais c'est aussi une réalité. Le mécanisme existe physiquement pour nous protéger des dangers physiques. C'est lorsque nous reproduisons ce mécanisme avec des idéologies que les biais apparaissent. C'est là que la prudence devient du racisme, du jeunisme ou de l'intolérance en général.

 

En synthèse active :

nouveau/connu : combattre la préférence naturelle du connu et développer l'appétence naturelle du cerveau envers la nouveauté lorsqu'il s'agit de culture.

matériel/conceptuel : réserver les réflexes ancestraux aux actions physiques et en développer de nouveaux pour les idéologies.

 

Il y a 4 heures, Mobrac a dit :

Les écrivains sont peu à peu réduits à des producteurs d’illusion, des artistes qui doivent, avant tout, plaire à des cercles d’influence, séduire un public qui n’a plus d’autre critère que celui de l’acceptation dans ces milieux. Quant aux journalistes, à la recherche du scoop et du sensationnalisme, leur rôle se transforme en instrument au service des puissants, à la place de l'exploration de la vérité.

C'est un constat réel et véridique, mais il n'est fataliste que si tu le prend localement. Si on compare les journalistes d'Europe et d'ailleurs, on voit qu'il y a de la diversité. Si on compare les écrivains d'aujourd'hui et ceux du passé, on voit qu'il y a de la diversité. Ton analyse montre que notre espace-temps local est sclérosé par l'entre-soi, mais il faut se rappeler que les choses changent avec le temps.

L'entre-soi génère beaucoup de tensions, ces dernières génèrent des réactions, qui provoquent à leur tour des changements.

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