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Mobrac

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  1. Oui, comme ces enfants qui dessinaient des rectangles pour des poissons. Ils ne mangeaient que des carrés panés, ou des bâtonnets.
  2. Mobrac

    La mort au bout du chemin.

    Bonjour. J'ai toujours mesuré cette chance, c'est pour ça que j'ai écris cette nouvelle. Il y à des époques dans les époques si j'ose dire.
  3. Il y a deux jours, je me suis arrêté dans un bar, en route pour la pêche, juste pour boire un café. Comme dans beaucoup de bars, une grande télévision trônait au fond. Je n’en ai plus chez moi depuis des années, préférant les soirées silencieuses devant mon poêle à bois. Pourtant, la beauté des images m’a capté tout entier. C’était un reportage animalier sur les bélougas, ces baleines blanches aux allures irréelles, qui vivent dans le Saint-Laurent. Ce cétacé, si parfait dans sa forme, a inspiré Airbus : l’un de ses avions porte la silhouette de cette majestueuse baleine. Voir ces animaux évoluer dans des eaux d’une pureté cristalline, leur danse fluide, leur éclat blanc, m’a envahi. Ils semblaient joyeux, curieux, presque humains dans leur insouciance. Un troupeau, guidé par l’instinct grégaire, évoluait dans cet écrin bleu. Mais un danger, implacable et silencieux, menaçait cette beauté. Ce prédateur, c’est l’orque. Orca, le tueur impitoyable. Jusqu’à ce jour, expliquait le narrateur, les orques ne s’aventuraient pas ici, le niveau de l’eau étant trop bas. Mais la fonte des pôles, sans doute alimentée par l’activité humaine, a élevé les eaux. Désormais, les orques pouvaient venir chasser, sur ce territoire nouvellement ouvert. Blasé par la télévision et ses éternelles litanies sur la transformation des habitats par l’homme, je suis resté devant l’écran, absorbé jusqu’au bout. Sitting Bull, le grand chef sioux, avait dit avant d’être assassiné, et nous le savons tous : « Lorsque le dernier arbre aura été abattu, le dernier poisson pêché, la dernière rivière empoisonnée, alors l’homme blanc se rendra compte que l’argent ne se mange pas. » Je suis sorti du bar, une étrange sensation d’avoir vu quelque chose qui pourrait bientôt être une légende. Peut-être qu’un jour, le bélouga disparaîtra, comme tant d’autres espèces animales magnifiques. Tant d'intelligence chez l'homme pour en arriver au désastre . PS : Dans toute cette beauté, il y a quelque chose qui frôle l’absurde.
  4. Mobrac

    La mort au bout du chemin.

    Absolument. Cette nouvelle est publiée avec trois autres nouvelles sur certains grandes bêtises humaines.
  5. Merci c'est gentil mais je ne fais pas de pub pour mes deux livres, et mes publications journaux. Bonne journée.
  6. Il revenait du grand champ, la charrette pleine de foin, tirée par deux bœufs lents, qui semblaient eux aussi sentir la lourdeur de la journée. Le ciel s’assombrissait et l’orage grondait déjà au loin. Louis avait hâte de rentrer à la ferme et de stocker l'herbe sèche dans la grange avant que la pluie ne vienne tout gâcher. Il marchait lentement, les sabots enfoncés dans la terre meuble, lourds comme le poids du monde. Son corps, déjà usé par des années de labeur, semblait protester à chaque pas. En sortant du tournant près du grand chêne, il aperçut deux silhouettes à vélo. En s'approchant, il distingua les uniformes. Des gendarmes. Son cœur se serra, mais il ne ralentit pas son pas. Lorsqu'il arriva près d’eux, l’un des gendarmes leva la main, le saluant d’un signe sec. « Êtes-vous Louis Gardeba ? » demanda-t-il d'une voix autoritaire. Louis hocha la tête. « Oui. » Le gendarme fixa son regard sur lui, son ton s'adoucissant à peine : « Je vous informe que vous n'avez pas répondu à l'ordre de mobilisation pour aller au front, et que vous êtes passible du conseil de guerre » Louis s’arrêta un instant, cherchant ses mots, mais son regard se perdit un instant dans la vallée derrière lui, là où la terre qu’il avait labourée, semée et nourrie semblait l'appeler. « Je sais, » répondit-il, d’une voix calme, presque résignée. « Mais c’est les foins. La famille doit manger. » « Foin ou pas foin, vous auriez dû répondre à la réquisition. Vous êtes un homme maintenant, » rétorqua le gendarme avec une froideur qui le laissa sans voix. « Nous allons vous accompagner chez vous. Ensuite, vous nous suivrez. » Louis n’ajouta rien, mais dans sa tête, tout se brouillait. La ferme, la mère, la sœur, les bœufs, la terre... tout cela était plus réel que cette guerre qu’il n’avait pas choisie. Arrivé à la ferme, un autre gendarme lui lança, comme si c'était une formalité : « Vous avez dix minutes pour faire votre sac. Dites au revoir à vos proches. » Louis entra sans un mot, le cœur lourd. Il n'eut pas le temps de se poser des questions. Il prit le minimum : une chemise, un pantalon, quelques affaires, et sans un mot, embrassa sa mère, sa sœur, et sortit sous l’œil vigilant des gendarmes. Le trajet fut long, plus long encore que la distance physique. À chaque kilomètre, il sentait son monde se réduire, ses racines se défaire. Il pensa aux champs, à la grange, à tout ce qu’il laissait derrière lui. Deux heures plus tard, ils arrivèrent à ce carrefour qu’on appelait la grande route, ou la route des Romains, comme si l’histoire de ce pays, depuis les temps les plus anciens, avait toujours été celle des hommes qui partaient et ne revenaient pas. Un camion les attendait, déjà chargé d’une dizaine d’autres hommes, jeunes et vieux, tous dans la même impasse. Le moteur rugit et la vieille carcasse de fer se mit en mouvement. Les hommes étaient entassés, les visages fermés. Ils roulèrent pendant des heures, leurs pensées errant entre l’angoisse et la fatigue. À chaque arrêt, un peu plus de gars aussi perdus que lui montaient dans le camion, formant une file impressionnante. Finalement, après plus de dix heures de route, l’engin s’arrêta brusquement dans la cour d'un grand bâtiment qui ressemblait à une caserne. Les hommes descendirent, exténués. Des femmes, sans un mot, leur servirent un repas frugal. Puis, on les dirigea vers le fourrier qui leur remit des uniformes. Des vêtements de soldat, un fusil, des balles, un masque à gaz, une gourde... tout ce qui faisait d’eux des "outils" de guerre. Il n’y avait plus de retour possible. Vers dix heure deux femmes silencieuses leurs apportèrent une boisson noire et chaude qu’il ne connaissait pas, à la ferme, il ne mangeait que de la soupe. Un type à coté de lui dit: c’est du café, tu mets un peu de sucre dedans, et c’est bon. Tu verras, ça réchauffe. Il alluma une cigarette et lui en propose une. Gentiment Louis déclina. Il ne fumait pas. La nuit, ils dormirent dans une sorte de grand tunnel, une sorte de hangar où les ombres se mêlaient à la poussière, où les bruits de souffle s’éteignaient dans un silence lourd. Au petit matin, un clairon sonna. Il fît la queue dans la cour et reçu un autre café et deux morceaux de pains durs comme de la pierre. Le voyage reprit, long et pénible. Il faisait chaud, et les cailloux de la route faisaient rebondir les camions et les soldats à l’intérieur. Chaque secousse lui faisait mal aux reins et aux épaules. Il pensait à sa famille, à ses bœufs si loin maintenant. Le paysage avait changé : tout était nu, sec, poussiéreux, il n’y avait même plus d’arbres. Un gars lui offrit à nouveau une cigarette, qu’il accepta cette fois-ci. Il tira dessus, aspira la fumée, et s’étouffa. Ses yeux se remplirent de larmes et la fumée piquait sa gorge. Le gars lui dit, avec un demi-sourire : — T’inquiète pas, au début c’est comme ça. Après, on s’habitue… et on peut plus s’en passer. Tu viens d’où ? — De Corrèze. Et toi ? — De Melun. La rivière là-bas, c’est la Seine. — Ah oui… j’ai appris ça à l’école, quand je passais mon certificat d’études. Ils se turent, chacun perdu dans ses pensées. Un officier leur intima l’ordre de monter dans les camions. En sortant de la cour, une fille lui sourit. Louis sentit son cœur se gonfler, une chaleur inattendue lui parcourut la poitrine. Le temps restait orageux, le vent portait l’odeur de la terre et des herbes brûlées. Les rudes vêtements de soldat le grattaient partout. Il avait prit le temps de mettre de l’eau dans sa gourde, et en bu une gorgée, car ce qu’ils appelaient du café laissait une amertume tenace. Il regretta le goût simple et doux de sa soupe à la ferme : pommes de terre et poireaux. Leur café, leur tabac, ce n’était pas bon. Le camion roula jusqu’à midi et s’arrêta en rase campagne. Un immense camp de tentes avait été dressé, et des hommes s’affairaient dans tous les sens. L’officier les dirigea vers une grande tente servant de réfectoire. Des tables et des bancs avaient été montés à la hâte. La troupe mangea une soupe versée dans leurs quarts en aluminium : du porc, du chou et des pommes de terre. C’était chaud, parfumé, ça tenait au corps et ça réchauffait. Le gars à côté de lui lança la conversation : — Tu sais où on va ? — Non… j’ai entendu Verdun. — C’est où ? — Je sais pas… c’est loin. — Tu crois qu’on va s’en sortir ? Qu’on reviendra de la guerre ? — Je sais pas non plus. — Ouais… t’es comme moi, tu sais rien. T’es quoi dans la vie ? demanda encore le gars. — Bouvier. Mes parents ont une ferme, moi je m’occupe des bœufs. Je cultive, je fais les foins. On a une vache pour le fromage. L’hiver, je fais du bois. Et toi ? — Moi, je suis conducteur. Je travaille sur les machines. C’est un gros rouleau pour aplanir les routes, ça marche au charbon. — Comme un tracteur que j’ai vu à la grande fête du village ? — C’est ça. Comme un gros tracteur, deux grosses roues à l’arrière et un énorme rouleau à l’avant qui écrase tout. Tu chasses ? — Non, je braconne. Je pose des collets pour attraper des lapins. - Et tu en attrapes ? — Oui… des fois y’en a un, des fois deux. C’est bon avec des carottes, du thym et des patates. Et toi, tu chasses ? — Non, j’ai pas de fusil, c’est trop cher, et puis les cartouches aussi. Je pêche des brochets dans la Seine. C’est bon aussi, avec une crème réduite et de l’estragon. Pourquoi qu’on est en guerre, d’après toi ? — Je sais pas… répondit Louis. Il paraît qu’on va se battre contre les Allemands. — Ben moi, je sais pas non plus. Personne nous a rien dit, sauf qu’il fallait aller se battre contre les Boches. Il paraît que les Boches, c’est les Allemands. — Je savais pas non plus. Le curé a rien dit… sauf que c’était la guerre, et qu’il fallait prier pour les gars qu’étaient au front. Après le repas, Louis suivit son camarade à travers le camp. Les tentes se succédaient, dressées à la hâte, et des hommes s’affairaient partout. Le bois craquait sous les bottes, des rires étouffés se mêlaient à des jurons. La poussière s’élevait à chaque pas et piquait la gorge. Un soldat plus âgé s’approcha et leur montra comment ajuster leur sac, comment tenir un fusil correctement. Louis sentit la sangle lui couper l’épaule, la main trembler en tenant la crosse de bois. Son camarade riait à moitié de lui, mais lui donna un petit coup d’épaule rassurant. — Faut t’y faire, gamin, dit-il. La guerre, ça se passe autant dans la tête que dans les bras. Louis hocha la tête, en silence. Il observait les hommes autour de lui : certains semblaient fatigués, d’autres concentrés. Il remarqua une petite troupe qui parlait de la vie à la ferme, comme lui. Un soldat racontait comment il cultivait des carottes géantes, un autre parlait de sa vache qui produisait le meilleur lait du village. Louis sourit malgré lui. L’après midi se passa à écouter un instructeur de tir. Le ciel s’assombrit, le vent apportait l’odeur âcre du café, de la poudre, et le cliquetis des gamelles résonnait dans les tentes. La nuit tombait doucement, enveloppant le camp dans une atmosphère étrange : les ombres dansaient sur les tentes et les silhouettes des hommes semblaient plus grandes, plus menaçantes. Louis aperçut à nouveau la fille qui lui avait souri dans la cour. Finalement, elle aussi était du voyage. Elle passait entre les tentes avec un plateau de nourriture, et son regard croisa le sien un instant. Une chaleur étrange monta dans sa poitrine. Un gars lui dit. - Cette fille c’est la mère au jus, c’est elle qui sert le café le matin aussi, elle est jolie hein ? - Louis répondit oui, j’ai jamais vue une fille belle comme ça, on dirait un oiseau. L’autre homme sourie surpris de tant de simplicité. Pour un instant, la guerre sembla lointaine, presque irréelle. Puis l’officier donna l’ordre de se préparer pour la nuit. Des feux de camp furent allumés, et des torches dispersées le long des allées. Louis sentit son cœur battre plus fort. La peur, l’angoisse, l’excitation se mêlaient en un même frisson. Il savait que demain, peut-être, ils partiraient pour Verdun. Et cette pensée le rendait à la fois vivant et terrifié. Son camarade posa une main sur son épaule : — On est ensemble, gamin. Peu importe ce qui arrive, on tient le coup. Louis hocha la tête. Le camp respirait, bougeait, vivait autour d’eux. Et lui, au milieu de tout ça, sentait qu’il allait découvrir la guerre… mais aussi l’amitié, la peur, la chaleur humaine et la vie qui persiste malgré tout. Un jour plus tard, Louis "débarqua" à l’entrée d’une ville qu’on appelait Verdun. Quand il arriva enfin au front, l’atmosphère était étouffante, presque irréelle. Un autre soldat, le regard vide, lui passa un tourniquet métallique en lui murmurant : « Bienvenue en enfer. » En arrivant dans la tranchée, la boue colle ses chaussures, lourdes comme du plomb. Dans la tranchée, les hommes sont tassés, silhouettes boueuses, les yeux creusés. Le silence dure quelques secondes, puis un sifflet déchire l’air. Un officier crie en avant. Alors Louis il se lève, maladroit, mécanique. Il sort de la tranchée comme on monte à l’échafaud. La pluie d’obus s’abat au loin, puis plus près, chaque explosion secoue la terre comme un animal qui gronde. Les cris se mêlent au fracas, mais personne ne distingue plus rien. Un soldat court, son fusil glisse de ses mains couvertes de sang et de boue. À côté, un autre tombe, net, comme une marionnette dont on a coupé les fils. Louis avance à peine, le corps crispé, chaque pas dans la boue est une lutte contre le poids de ses godillots et de son destin. Les obus éclatent autour, éclaboussant la terre et les corps, transformant le paysage en enfer de feu et de boue. Il sait, au fond de lui, qu’il n’échappera pas à ce déluge. Et alors, dans un souffle, une image douce surgit : sa mère, assise près du feu, les mains ridées toujours chaudes, le regard plein de tendresse. Il se souvient de son rire, de ses histoires racontées au soir, de la façon dont elle lui essuyait la tête après la pluie. Son cœur se serre. Il murmure son nom, une dernière fois, comme une prière silencieuse.Puis un obus tombe plus près encore, le souffle le renverse. La boue et la fumée lui masquent le monde. Une horrible douleur lui à broyé les jambes. Dans ce fracas aveugle, il serre ses souvenirs contre lui : la chaleur d’un foyer, la douceur d’une voix aimante. Et quand le chaos s’abat, il disparaît, mais ce fragment de vie - cette pensée de sa mère — reste suspendu dans l’air, fragile et invincible, comme un éclat de lumière dans l’ombre la plus noire qui éteint la lumière de ses yeux. Louis est un mort un quart d’heure plus tard au combat pour rien ,et sans savoir pourquoi. Il avait dix huit ans.
  7. Merci c'est très gentil.
  8. ouf ! Il y à longtemps que je suis publié.
  9. Le silence des blocs de béton "nouveau" est un linceul que seul le murmure de la machine sait percer. À sept heures précises, la veille de l’unité YZ2 s’est muée en une présence polie. YZ2 le robot demanda « Monsieur a-t-il bien dormi ? Votre petit-déjeuner est prêt; Miro émergea de ses draps synthétiques. Dans cette cellule de plastique et de silice, l’air avait le goût métallique des recycleurs de fin de cycle. Il faisait partie des élus, un matricule sur 200 000, sauvé de la "gestion des déchets », cet euphémisme technocratique qui, depuis des décennies, éliminait le surplus dès le premier cri. Ici, la méritocratie n'était plus une promesse, mais une guillotine biologique. L'Algorithme pour seul horizon Sous son derme, au niveau de la tempe, la puce frémit. Deux messages de la firme Spatiale. Plus besoin de l'encombrement des écrans ou de l’archaïsme des téléphones : l’information coulait directement dans son flux nerveux. Miro était un rouage biologique de l’empire orbital. Son travail ? Forger des illégoritmes. Ces structures logiques complexes, à la lisière de la légalité mathématique, qui permettaient aux cités célestes de réguler leurs ressources tout en ignorant l'agonie de la planète mère. En bas, la Terre n'était plus qu'une décharge à ciel ouvert, abandonnée aux miasmes d'une pollution irréversible. Les derniers hommes vivaient dans des sarcophages de béton composite, un mélange de sable et d’ossements humains finement broyés. Un recyclage ultime, où les morts servaient littéralement de fondations à la survie des survivants. La journée de Miro s'étirait, rythmée par la pensée pure. Une fois ses lignes de code envoyées vers les étoiles, la distraction reprenait ses droits. YZ2, avec une précision chirurgicale, s'occupait de ses mains. Ce robot, dernier rempart contre la folie, lui limait les ongles avec une douceur programmée. C’était le prélude au rituel quotidien : une partie de Niclotyma. Sur l'interface neuronale de Miro, les jetons virtuels s'alignaient. Gagner des Bitcons. Accumuler une monnaie qui ne s'échangeait contre rien de réel, si ce n'est le droit de continuer à respirer un jour de plus dans son cube de plastique. Miro jouait, les yeux dans le vide, tandis qu'au-dessus de lui, les cités orbitales brillaient comme des diamants sur le velours noir de l'espace, indifférentes au broyeur d'os qui leur servait de socle. Le rêve de Elon Musk avait été réalisé
  10. Lorsque j’étais enfant, ma grand-mère louait un champ à un voisin. Ce terrain de deux hectares possédait une singularité : en son centre trônait un immense pommier, un centenaire dont la présence détonait dans ce paysage agricole. Alors que les parcelles environnantes étaient parsemées de dizaines d'arbres, celle-ci n'en comptait qu'un seul. Pour moi, le mystère était entier ; c’était, disions-nous, l’œuvre d’un fou.Le champ servait à la récolte du foin, puis, une fois l'herbe repoussée, au pâturage. À l'époque, je détestais ce pommier. Il m’obligeait à atteler l’âne pour aller ramasser les fruits qu'il généreusement donnait, car ma grand-mère, dans sa sagesse paysanne, ne gâchait rien. Il m'a fallu attendre la troisième saison pour comprendre sa fonction première : il était là pour offrir l'ombre. Nous y déjeunions, installés sur l’herbe, dans une scène qui semblait tout droit sortie d'un tableau de Renoir. Le mystère était enfin levé. Nos anciens possédaient ce sens pratique et ce respect de l’environnement qui font si cruellement défaut aujourd'hui. Un système funeste, il n’y a pas d’autres mots, en a décidé autrement. Aujourd'hui, tout semble dicté par l'impératif de détruire pour vendre, de produire des objets voués à l'obsolescence et de démoder ce qui était séculaire. Un vent de folie s'est emparé des hommes ; l'appât du gain est devenu l'unique moteur d'une logique qui enflamme et dévore la planète. Quarante ans plus tard, je suis retourné sur les lieux. L’arbre a été abattu, les haies ont été rasées. À la place, un champ immense, uniforme, où le blé, privé de protection, se laisse désormais coucher par les vents. Nous sommes dorénavant pris à la gorge et nous ne pouvons plus faire marche arrière . Ce n’est pas lorsque l’on tombe à l’eau qu’il faut songer à apprendre à nager. Toute notre science n’aura servi à rien.
  11. Bonne soirée à toi moi, je vais écrire mon texte pour demain, je suis auteur dans des journaux.:))))))
  12. e monde s'en fiche ! PUTAIN ! C'EST ATHENA QUI NOUS LES A DONNES ! Oui c'est une triste constat. Nous laisserons une terre en ruine et polluée. C'est maintenant certain
  13. C'est l'histoire de mon village. Nous étions 370 habitants. Une boutique, un café, un boucher, une école. Il ne reste plus que 110 personnes en majorités des retraités. Tout est fermé, il n'y à même plus d'hirondelles non plus.
  14. Oui, il y en à plein..
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