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Bretons, Kabyles : l’improbable amitié

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Marcuse

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Membre, 26ans Posté(e)
Marcuse Membre 1 774 messages
Maitre des forums‚ 26ans‚
Posté(e)

Mon père a passé une bonne partie de sa vie à mettre Tri Yann à fond sur l’autoroute du soleil. Des Nantais qui chantent en breton et en français des histoires de soldats morts dans la boue, des lettres d’amour échangées avec leurs épouses restées à Nantes. Personne ne lui a jamais demandé pourquoi. Ça semblait évident et il nous l’a simplement transmis à mon frère et moi. Pourtant, mon père n’est pas particulièrement breton. Il est d’origine amazigh et issu de la première génération de descendants d’immigrés algériens. Des années plus tard, dans la France à Macron, je tombe sur un reel Instagram qui cartonne : une salle des fêtes parisienne, des Kabyles et des Bretons en costumes traditionnels qui dansent ensemble, 4 000 partages. Et la question que j’aurais dû poser depuis longtemps s’est enfin formulée : c’est quoi, ce truc ? Eh bien c’est le résultat d’une histoire longue et politique, celle de deux peuples à qui la France et l’Algérie ont dit la même chose : vous n’existez pas, rangez votre langue, oubliez votre nom. (...)

Le reel de zayen_chanteur_ qui tourne en ce moment sur Instagram montre une salle des fêtes parisienne, des gens en costumes traditionnels bretons et kabyles qui dansent ensemble, une annonce pour un événement dans le 14e arrondissement. Et il cartonne.Il cumule près de 4 000 likes, 200 commentaires, 4 000 partages. Ce n’est pas anodin. Ce succès-là dit quelque chose de précis sur ce que les gens reconnaissent dans cette image, sur ce qu’elle active. Paris est depuis un siècle le lieu où se croisent plusieurs diasporas construites par la même logique d’arrachement parmis elles : les Bretons déracinés par la désindustrialisation et l’exode rural, anciennement entassés à Montparnasse et dans les banlieues ouvrières du Nord et de l’Ouest parisien, et les algériens immigrés par la misère coloniale puis postcoloniale, dans les mêmes banlieues, souvent les mêmes immeubles, souvent les mêmes usines. Dans Paris, loin de leurs terres et dans la même position de minoritaires culturels face à un État qui ne les a jamais vraiment vus, ces deux communautés ne se sont pas ignorées. Elles se sont reconnues. Et ce que le reel documente en 2026, c’est que cette reconnaissance n’est pas restée informelle, elle se célèbre désormais dans des espaces dédiés, en costumes, en musique, en danses.

https://frustrationmagazine.fr/bretons-kabyles

 

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Membre, 69ans Posté(e)
pic et repic Membre 19 229 messages
Maitre des forums‚ 69ans‚
Posté(e)
Il y a 1 heure, Marcuse a dit :

vous n’existez pas, rangez votre langue, oubliez votre nom. (...)

bonjour, 

dans une de leurs chansons, les Tri Yann ne disent-ils pas : surpris à parler breton, un sabot sous le menton ( une punition pour utiliser à l'école une langue que l'on voulait ( à l'époque ) annihiler ) ?

toutes les régions, toutes les cultures éloignées des centres de décisions ( les capitales ) subissent généralement le même ostracisme !

voici un extrait d'un très beau texte ( que vous devez certainement connaitre ) dû à un auteur breton ( Morvan Lebesque )  et mis en musique par les tri Yann :

"Qu’appelons-nous être Bretons. Et d’abord, pourquoi l’être ?

Français d’état civil, je suis nommé Français. J’assume à chaque instant ma situation de Français. Mon appartenance à la Bretagne N’est en revanche qu’une qualité facultative. Que je puis parfaitement renier ou méconnaître. Je l’ai d’ailleurs fait. J’ai longtemps ignoré que j’étais Breton. Français sans problème Il me faut donc vivre la Bretagne en surplus. Ou pour mieux dire en conscience Si je perds cette conscience La Bretagne cesse d’être en moi Si tous les Bretons la perdent Elle cesse absolument d’être.

La Bretagne n’a pas de papiers. Elle n’existe que si à chaque génération, Des hommes se reconnaissent Bretons. À cette heure, des enfants naissent en Bretagne. Seront-ils Bretons?

Nul ne le sait À chacun, l’âge venu, la découverte ou l’ignorance"

bonne journée.

P.-S : pour les tri Yann, il est vrai qu'ils sont nantais d'origine, mais la "capitale" de la Bretagne ne fut-elle pas ... Nantes ( là où se trouve le château des Ducs de Bretagne ) ?

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