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Essai de spiritualité moniste matérialiste

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mary.shostakov Membre 771 messages
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... ... ...

On a virgin Gaia
Opus perfectum

We are the universe
Ancestors of what will be

Man took his time in the sun
He dreamed of understanding a single grain of sand

We were there!

Alive

... ... ...

Sur une Gaïa vierge
Opus perfectum

Nous sommes l’univers
Ancêtres de ce qui sera

L’homme a pris son temps au soleil
Il rêvait de comprendre un seul grain de sable

Nous étions là !

Vivants

... ... ...

Enter life
The tapestry of chemistry
There's a writing in the garden
Leading us to the mother of mothers

… … ...

Arrive la vie
La tapisserie de la chimie
Il y a des mots dans le jardin
Qui mènent à la mère des mères
 

 

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mary.shostakov Membre 771 messages
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.

FINLANDIA NIGHTWISH + RICHARD DAWKINS

The Greatest Show on Earth : The Evidence for Evolution

En 2015, le groupe de metal symphonique finlandais Nightwish rend hommage à ce livre et à son auteur sur son huitième album, Endless Forms Most Beautiful, sur lequel le onzième et dernier titre s'intitule justement The Greatest Show On Earth. 

... ... ...

... ... ...

CHARLES DARWIN

La sélection naturelle est le processus évolutif par lequel les individus les mieux adaptés à leur environnement survivent et se reproduisent davantage, les variations héréditaires, souvent issues de mutations aléatoires, confèrent des avantages sélectifs.

Les traits avantageux deviennent majoritaires au fil des générations. 

Points clés de la sélection naturelle :

Variabilité : Les individus d'une population présentent des différences de caractères (phénotypes).

Pression de l'environnement : Climat, prédateurs ou ressources limitées favorisent certains individus.

Adaptation : Les organismes les plus adaptés survivent et transmettent leurs gènes avantageux.

Évolution : C'est un processus continu qui mène à la transformation des espèces sur le long terme. 

Ce mécanisme explique la diversité du vivant sans diriger l'évolution vers un but spécifique, favorisant simplement la survie dans des conditions données.

... ... ...

 

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mary.shostakov Membre 771 messages
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BARUCH SPINOZA

La philosophie de Spinoza est un rationalisme radical basé sur le monisme : 

Il n'existe qu'une seule substance infinie et éternelle, la Nature, dont l'homme est une modification. 

Spinoza prône la compréhension rationnelle pour libérer l'homme des passions, atteindre la joie et la liberté, définie comme la nécessité comprise.

Les points clés de la pensée de Spinoza sont les suivants :

Le Dieu-Nature (Monisme) : Dieu n'est pas un créateur extérieur (transcendant), mais la réalité immanente, la totalité de la nature. Tout ce qui existe est un "mode" (modification) de cette substance unique.

Les Attributs : Bien que la substance soit infinie, l'esprit humain ne perçoit que deux de ses attributs : la pensée et l'étendue (le monde physique).

Le Conatus (Désir) : Chaque chose cherche à persévérer dans son être. Ce désir fondamental est le moteur de l'homme.

Éthique et Passion : Le bonheur s'atteint par la connaissance, en transformant les passions tristes (subies) en joies actives (comprises). La liberté n'est pas le libre arbitre, mais la compréhension des causes qui nous déterminent.
 

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Fhink Membre 1 004 messages
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Critique du monisme et dualisme dissymétrique du Bien et de la souffrance

Dans de nombreuses philosophies, la réalité est expliquée par un seul principe fondamental. Cette position est appelée monisme. Par exemple, chez Baruch Spinoza, tout ce qui existe découle d’une seule substance qu’il identifie à Dieu ou à la nature. Dans une telle perspective, tout ce qui existe provient donc d’une même source.

Cependant, cette position pose un problème majeur lorsqu’on considère la contradiction fondamentale entre le Bien et la souffrance. Si un seul principe est à l’origine de tout, alors il devrait être à l’origine à la fois du Bien et de la souffrance. Or ces deux réalités sont opposées : le Bien vise à éviter la souffrance et à favoriser la formation harmonieuse, tandis que la souffrance correspond à ce qui produit ou entretient la souffrance.

Si ces deux réalités sont véritablement contradictoires, il devient difficile de soutenir qu’elles proviennent du même principe. C’est pourquoi il est possible de proposer une critique du monisme : un même principe ne peut pas être la cause de deux contraires absolus.

Une alternative consiste à adopter un dualisme dissymétrique. Dans ce cadre, il existe deux principes opposés, mais ils ne sont pas équivalents.

Le premier principe est le Bien. Le Bien est le principe créateur de toute existence, à l’exception de la souffrance. Il correspond aux conditions favorables qui permettent la formation harmonieuse, la vie, la santé et tout ce qui exclut la souffrance.

Le second principe est la souffrance. Contrairement au Bien, la souffrance n’est pas créatrice. Elle ne produit rien de nouveau par elle-même. Elle agit plutôt en détournant ce qui existe afin de se manifester et de produire davantage de souffrance.

Ainsi, le Bien crée tout ce qui existe sauf la souffrance, tandis que la souffrance détourne ce qui existe pour se faire ressentir. Cette structure rend le dualisme dissymétrique : le Bien possède un pouvoir créateur, alors que la souffrance agit de manière parasitaire.

Cette idée présente certaines ressemblances avec le manichéisme, religion fondée au IIIᵉ siècle par Mani. Le manichéisme affirme lui aussi l’existence de deux principes éternels : la lumière et les ténèbres, le Bien et le mal. Cependant, dans le manichéisme, ces deux principes sont généralement considérés comme deux puissances comparables.

Dans le cadre présenté ici, la situation est différente. Le Bien est le principe créateur, alors que la souffrance n’est pas une puissance créatrice indépendante. Elle ne fait que détourner ce qui existe déjà. Cette dissymétrie évite le problème philosophique de l’existence de deux principes absolus de même nature.

Cette réflexion rejoint également un problème classique de la philosophie de la religion : le problème du mal, formulé dès l’Antiquité par Epicurus et repris plus tard par David Hume.

Le problème peut être résumé ainsi : si Dieu est parfaitement bon et tout-puissant, pourquoi la souffrance existe-t-elle ?

Plusieurs réponses ont été proposées dans l’histoire de la philosophie. Certains affirment que la souffrance serait nécessaire pour permettre la liberté ou produire des biens plus grands. D’autres, comme Augustine of Hippo, ont soutenu que le mal n’existerait pas réellement et qu’il serait simplement une privation de bien.

Cependant, ces réponses ne résolvent pas entièrement la difficulté, car la souffrance vécue semble être une réalité et non seulement une absence.

Dans le cadre du dualisme dissymétrique, le problème est abordé différemment. Le Bien ne crée pas la souffrance. Il crée les conditions favorables à la formation harmonieuse. La souffrance apparaît lorsque ces conditions ne sont pas respectées ou lorsqu’elles sont détournées. On peut alors parler de conditions défavorables, c’est-à-dire de situations qui produisent davantage de souffrance.

Ainsi, le Bien peut composer avec la souffrance lorsqu’elle s’impose et limiter ses effets, notamment lorsque les conditions favorables sont respectées. Mais il n’en est pas l’origine.

Ce cadre permet de maintenir que le Bien est le principe créateur tout en évitant la contradiction qui consisterait à lui attribuer la création de la souffrance.

En résumé, cette position propose :

• une contradiction fondamentale entre le Bien et la souffrance

• un dualisme dissymétrique où le Bien est créateur et la souffrance parasite

• une explication de la souffrance comme détournement des conditions favorables plutôt que comme création du Bien

Ce modèle cherche ainsi à relier la logique, la métaphysique et l’observation des conditions favorables à la formation harmonieuse du monde.

 

Évolution, mutations et conditions favorables ou défavorables

La théorie de l’évolution peut être acceptée tout en reconnaissant que les mutations ne sont pas aussi purement aléatoires qu’on le dit souvent. Dans sa formulation classique, l’évolution repose sur deux mécanismes principaux : l’apparition de mutations génétiques et la sélection naturelle. Les mutations produisent de la diversité dans les organismes vivants, tandis que la sélection naturelle conserve les formes qui sont les mieux adaptées à leur environnement.

Cependant, l’idée selon laquelle les mutations seraient entièrement aléatoires est aujourd’hui nuancée par la biologie moderne. Les mutations ne sont pas dirigées vers un objectif précis, mais leur apparition et leur fréquence dépendent de nombreuses conditions biologiques et environnementales. Par exemple, certaines situations de stress chez les organismes peuvent augmenter le taux de mutation, et certaines régions du génome mutent plus souvent que d’autres. Cela montre que les mutations n’apparaissent pas de manière totalement uniforme ou indépendante des conditions.

Cette vision n’est pas complètement étrangère aux idées de Charles Darwin. Dans son ouvrage On the Origin of Species, Darwin explique que les variations apparaissent sans être orientées vers les besoins immédiats des organismes, mais il reconnaît aussi que les conditions de vie influencent ces variations. L’idée que les mutations seraient totalement aléatoires s’est surtout développée plus tard dans le cadre de la génétique moderne.

Les recherches actuelles montrent au contraire que l’évolution se déroule dans un ensemble de contraintes physiques, biologiques et environnementales. Ces contraintes influencent la manière dont les organismes peuvent évoluer. Le concept de paysage adaptatif, introduit par Sewall Wright, illustre bien cela. Dans ce modèle, l’évolution peut être comparée à un paysage composé de sommets et de vallées : les sommets correspondent à des formes de vie stables et bien adaptées, tandis que les vallées correspondent à des formes instables ou peu viables.

Dans cette perspective, les conditions du milieu jouent un rôle fondamental. Lorsque les conditions favorables sont respectées, elles permettent la formation et la stabilisation d’organismes viables et harmonieux. Dans ces conditions, certaines mutations peuvent être conservées parce qu’elles s’intègrent dans un ensemble de relations biologiques qui fonctionne de manière stable. À l’inverse, lorsque les conditions défavorables dominent, les mutations peuvent conduire à des structures instables, à des déséquilibres biologiques ou à la disparition des organismes qui les portent.

Ainsi, les mutations produisent bien des variations, mais ces variations apparaissent et se stabilisent dans un cadre déterminé par les conditions du milieu. Les mutations ne sont donc pas totalement aléatoires : elles dépendent en partie des conditions dans lesquelles les organismes vivent et se développent. L’évolution peut alors être comprise comme un processus dans lequel les formes de vie se transforment sous l’effet des mutations, mais où la direction observable de ces transformations est largement influencée par le respect des conditions favorables ou défavorables qui permettent ou non la formation stable des structures vivantes.

 

Conclusion : les conditions favorables et défavorables comme principe commun

Les deux analyses — l’une philosophique sur le Bien et la souffrance, l’autre scientifique sur l’évolution et les mutations — convergent vers une même idée fondamentale : la formation des structures, qu’elles soient morales, biologiques ou cosmologiques, dépend du respect de certaines conditions.

Dans le cadre du dualisme dissymétrique, le Bien correspond aux conditions favorables à la formation harmonieuse, c’est-à-dire celles qui permettent l’apparition, le maintien et le développement de ce qui exclut la souffrance. Le Bien est ainsi compris comme le principe créateur de tout ce qui existe sauf la souffrance. À l’inverse, la souffrance n’est pas un principe créateur : elle apparaît lorsque ces conditions favorables ne sont pas respectées. Dans ce cas, ce sont des conditions défavorables qui s’imposent, produisant des formations instables ou destructrices et générant davantage de souffrance.

La réflexion sur l’évolution biologique rejoint cette logique. Les mutations génétiques produisent bien des variations, mais leur apparition et leur stabilisation ne sont pas totalement indépendantes des conditions dans lesquelles vivent les organismes. Les structures biologiques viables apparaissent et se maintiennent lorsque certaines conditions favorables du milieu sont respectées : équilibre écologique, contraintes physiques, stabilité des systèmes biologiques. Lorsque ces conditions se dégradent ou deviennent défavorables, les organismes subissent des déséquilibres, des maladies ou disparaissent.

Ainsi, dans les deux domaines, on retrouve une même structure explicative :

• le respect des conditions favorables permet la formation stable et harmonieuse des structures ;

• le non-respect de ces conditions conduit à des conditions défavorables qui engendrent instabilité, désorganisation et souffrance.

Cette convergence suggère que les conditions favorables ne sont pas seulement une notion morale ou biologique isolée, mais un principe plus général de compréhension du réel. Elles apparaissent comme ce qui permet l’organisation harmonieuse des systèmes — qu’il s’agisse de la vie, de la santé ou de l’équilibre des structures naturelles.

Dans cette perspective, la distinction entre le Bien et la souffrance peut être comprise comme la distinction entre deux types de dynamiques :

• une dynamique de formation harmonieuse, liée au respect des conditions favorables ;

• une dynamique de désorganisation et de souffrance, liée au respect des conditions défavorables ou au détournement des conditions favorables.

Ainsi, l’observation du monde naturel et la réflexion philosophique convergent vers une même idée : la réalité des formations stables et harmonieuses dépend du respect des conditions favorables, tandis que la souffrance apparaît lorsque ces conditions sont ignorées ou inversées. Cette convergence renforce l’idée que les conditions favorables constituent un principe central pour comprendre à la fois l’ordre du monde et la place du Bien dans la formation de ce qui existe.

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Membre, 44ans Posté(e)
ashaku Membre 1 214 messages
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@mary.shostakov Bonjour,

Que de temps écoulé depuis notre long échange sur Digression. Aujourd'hui je dois reconnaitre que je me suis rangé à la plupart de tes explications, la pensée est issue du matériel, la matérialité vient en premier. Mais je n'ai pas non plus changé d'avis sur ce que je te répondais, et aujourd'hui je saurais mieux expliquer cette notion d'aller-retour entre pensée et matériel, par une boucle rétro-active dont l'existence se vérifie partout et tout le temps.

La sélection naturelle (et autres sélections) explique l'émergence des attributs, la pensée en est un, sans intervention d'un démiurge. Le processus de sélection est justement un exemple de rétro-activité dans une boucle, tout comme par la suite la pensée sera un autre exemple. La matérialité n'est pas tout, elle est "seulement" l'espace qui précède celui de la pensée.

Concernant cette "substance" empruntée à Spinoza, j'aimerais en savoir plus. Je suis intéressé  par ce qui pourrait être "à l'origine de toute chose".

Le processus de l'existence tel que je me le représente se déroule par une transition entre potentiel et actuel. Avant qu'une chose existe, elle a le potentiel d'exister si les conditions sont réunies. Et avant ça, il n'y a en ce qui concerne cette chose que le potentiel de créer les conditions de son existence. Ce qui fait 3 étapes : l'Indifférencié où les conditions de l'existence d'une chose n'existent pas encore ; les Possibles où les conditions existent mais pas la chose elle-même ; l'Actualisé où la chose existe.

Une feuille blanche est le potentiel d'origine de n'importe quel texte, du plus vilain graffiti au plus beau sonnet poétique, mais la feuille blanche n'a ni volonté, ni bienveillance, ni apparence, pourtant tous les textes beaux ou laids seront forcément issus d'elle. Cette "substance" dont parle Spinoza serait la feuille blanche de toutes les feuilles blanches, sans concept de feuille ni de blanc. Un Indifférencié total depuis lequel toute existence serait issue.

Comment qualifier cet objet ? Il représente absolument tout sous forme potentielle et absolument rien sous forme actuelle. Un dé à zéro faces qui retourne une infinité de nombres.

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mary.shostakov Membre 771 messages
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Le 07/03/2026 à 00:59, Fhink a dit :

Critique du monisme et dualisme dissymétrique du Bien et de la souffrance

Dans de nombreuses philosophies, la réalité est expliquée par un seul principe fondamental. Cette position est appelée monisme. Par exemple, chez Baruch Spinoza, tout ce qui existe découle d’une seule substance qu’il identifie à Dieu ou à la nature. Dans une telle perspective, tout ce qui existe provient donc d’une même source.

Cependant, cette position pose un problème majeur lorsqu’on considère la contradiction fondamentale entre le Bien et la souffrance. Si un seul principe est à l’origine de tout, alors il devrait être à l’origine à la fois du Bien et de la souffrance. Or ces deux réalités sont opposées : le Bien vise à éviter la souffrance et à favoriser la formation harmonieuse, tandis que la souffrance correspond à ce qui produit ou entretient la souffrance.

Si ces deux réalités sont véritablement contradictoires, il devient difficile de soutenir qu’elles proviennent du même principe. C’est pourquoi il est possible de proposer une critique du monisme : un même principe ne peut pas être la cause de deux contraires absolus.

Une alternative consiste à adopter un dualisme dissymétrique. Dans ce cadre, il existe deux principes opposés, mais ils ne sont pas équivalents.

Le premier principe est le Bien. Le Bien est le principe créateur de toute existence, à l’exception de la souffrance. Il correspond aux conditions favorables qui permettent la formation harmonieuse, la vie, la santé et tout ce qui exclut la souffrance.

Le second principe est la souffrance. Contrairement au Bien, la souffrance n’est pas créatrice. Elle ne produit rien de nouveau par elle-même. Elle agit plutôt en détournant ce qui existe afin de se manifester et de produire davantage de souffrance.

Ainsi, le Bien crée tout ce qui existe sauf la souffrance, tandis que la souffrance détourne ce qui existe pour se faire ressentir. Cette structure rend le dualisme dissymétrique : le Bien possède un pouvoir créateur, alors que la souffrance agit de manière parasitaire.

Cette idée présente certaines ressemblances avec le manichéisme, religion fondée au IIIᵉ siècle par Mani. Le manichéisme affirme lui aussi l’existence de deux principes éternels : la lumière et les ténèbres, le Bien et le mal. Cependant, dans le manichéisme, ces deux principes sont généralement considérés comme deux puissances comparables.

Dans le cadre présenté ici, la situation est différente. Le Bien est le principe créateur, alors que la souffrance n’est pas une puissance créatrice indépendante. Elle ne fait que détourner ce qui existe déjà. Cette dissymétrie évite le problème philosophique de l’existence de deux principes absolus de même nature.

Cette réflexion rejoint également un problème classique de la philosophie de la religion : le problème du mal, formulé dès l’Antiquité par Epicurus et repris plus tard par David Hume.

Le problème peut être résumé ainsi : si Dieu est parfaitement bon et tout-puissant, pourquoi la souffrance existe-t-elle ?

Plusieurs réponses ont été proposées dans l’histoire de la philosophie. Certains affirment que la souffrance serait nécessaire pour permettre la liberté ou produire des biens plus grands. D’autres, comme Augustine of Hippo, ont soutenu que le mal n’existerait pas réellement et qu’il serait simplement une privation de bien.

Cependant, ces réponses ne résolvent pas entièrement la difficulté, car la souffrance vécue semble être une réalité et non seulement une absence.

Dans le cadre du dualisme dissymétrique, le problème est abordé différemment. Le Bien ne crée pas la souffrance. Il crée les conditions favorables à la formation harmonieuse. La souffrance apparaît lorsque ces conditions ne sont pas respectées ou lorsqu’elles sont détournées. On peut alors parler de conditions défavorables, c’est-à-dire de situations qui produisent davantage de souffrance.

Ainsi, le Bien peut composer avec la souffrance lorsqu’elle s’impose et limiter ses effets, notamment lorsque les conditions favorables sont respectées. Mais il n’en est pas l’origine.

Ce cadre permet de maintenir que le Bien est le principe créateur tout en évitant la contradiction qui consisterait à lui attribuer la création de la souffrance.

En résumé, cette position propose :

• une contradiction fondamentale entre le Bien et la souffrance

• un dualisme dissymétrique où le Bien est créateur et la souffrance parasite

• une explication de la souffrance comme détournement des conditions favorables plutôt que comme création du Bien

Ce modèle cherche ainsi à relier la logique, la métaphysique et l’observation des conditions favorables à la formation harmonieuse du monde.

 

Évolution, mutations et conditions favorables ou défavorables

La théorie de l’évolution peut être acceptée tout en reconnaissant que les mutations ne sont pas aussi purement aléatoires qu’on le dit souvent. Dans sa formulation classique, l’évolution repose sur deux mécanismes principaux : l’apparition de mutations génétiques et la sélection naturelle. Les mutations produisent de la diversité dans les organismes vivants, tandis que la sélection naturelle conserve les formes qui sont les mieux adaptées à leur environnement.

Cependant, l’idée selon laquelle les mutations seraient entièrement aléatoires est aujourd’hui nuancée par la biologie moderne. Les mutations ne sont pas dirigées vers un objectif précis, mais leur apparition et leur fréquence dépendent de nombreuses conditions biologiques et environnementales. Par exemple, certaines situations de stress chez les organismes peuvent augmenter le taux de mutation, et certaines régions du génome mutent plus souvent que d’autres. Cela montre que les mutations n’apparaissent pas de manière totalement uniforme ou indépendante des conditions.

Cette vision n’est pas complètement étrangère aux idées de Charles Darwin. Dans son ouvrage On the Origin of Species, Darwin explique que les variations apparaissent sans être orientées vers les besoins immédiats des organismes, mais il reconnaît aussi que les conditions de vie influencent ces variations. L’idée que les mutations seraient totalement aléatoires s’est surtout développée plus tard dans le cadre de la génétique moderne.

Les recherches actuelles montrent au contraire que l’évolution se déroule dans un ensemble de contraintes physiques, biologiques et environnementales. Ces contraintes influencent la manière dont les organismes peuvent évoluer. Le concept de paysage adaptatif, introduit par Sewall Wright, illustre bien cela. Dans ce modèle, l’évolution peut être comparée à un paysage composé de sommets et de vallées : les sommets correspondent à des formes de vie stables et bien adaptées, tandis que les vallées correspondent à des formes instables ou peu viables.

Dans cette perspective, les conditions du milieu jouent un rôle fondamental. Lorsque les conditions favorables sont respectées, elles permettent la formation et la stabilisation d’organismes viables et harmonieux. Dans ces conditions, certaines mutations peuvent être conservées parce qu’elles s’intègrent dans un ensemble de relations biologiques qui fonctionne de manière stable. À l’inverse, lorsque les conditions défavorables dominent, les mutations peuvent conduire à des structures instables, à des déséquilibres biologiques ou à la disparition des organismes qui les portent.

Ainsi, les mutations produisent bien des variations, mais ces variations apparaissent et se stabilisent dans un cadre déterminé par les conditions du milieu. Les mutations ne sont donc pas totalement aléatoires : elles dépendent en partie des conditions dans lesquelles les organismes vivent et se développent. L’évolution peut alors être comprise comme un processus dans lequel les formes de vie se transforment sous l’effet des mutations, mais où la direction observable de ces transformations est largement influencée par le respect des conditions favorables ou défavorables qui permettent ou non la formation stable des structures vivantes.

 

Conclusion : les conditions favorables et défavorables comme principe commun

Les deux analyses — l’une philosophique sur le Bien et la souffrance, l’autre scientifique sur l’évolution et les mutations — convergent vers une même idée fondamentale : la formation des structures, qu’elles soient morales, biologiques ou cosmologiques, dépend du respect de certaines conditions.

Dans le cadre du dualisme dissymétrique, le Bien correspond aux conditions favorables à la formation harmonieuse, c’est-à-dire celles qui permettent l’apparition, le maintien et le développement de ce qui exclut la souffrance. Le Bien est ainsi compris comme le principe créateur de tout ce qui existe sauf la souffrance. À l’inverse, la souffrance n’est pas un principe créateur : elle apparaît lorsque ces conditions favorables ne sont pas respectées. Dans ce cas, ce sont des conditions défavorables qui s’imposent, produisant des formations instables ou destructrices et générant davantage de souffrance.

La réflexion sur l’évolution biologique rejoint cette logique. Les mutations génétiques produisent bien des variations, mais leur apparition et leur stabilisation ne sont pas totalement indépendantes des conditions dans lesquelles vivent les organismes. Les structures biologiques viables apparaissent et se maintiennent lorsque certaines conditions favorables du milieu sont respectées : équilibre écologique, contraintes physiques, stabilité des systèmes biologiques. Lorsque ces conditions se dégradent ou deviennent défavorables, les organismes subissent des déséquilibres, des maladies ou disparaissent.

Ainsi, dans les deux domaines, on retrouve une même structure explicative :

• le respect des conditions favorables permet la formation stable et harmonieuse des structures ;

• le non-respect de ces conditions conduit à des conditions défavorables qui engendrent instabilité, désorganisation et souffrance.

Cette convergence suggère que les conditions favorables ne sont pas seulement une notion morale ou biologique isolée, mais un principe plus général de compréhension du réel. Elles apparaissent comme ce qui permet l’organisation harmonieuse des systèmes — qu’il s’agisse de la vie, de la santé ou de l’équilibre des structures naturelles.

Dans cette perspective, la distinction entre le Bien et la souffrance peut être comprise comme la distinction entre deux types de dynamiques :

• une dynamique de formation harmonieuse, liée au respect des conditions favorables ;

• une dynamique de désorganisation et de souffrance, liée au respect des conditions défavorables ou au détournement des conditions favorables.

Ainsi, l’observation du monde naturel et la réflexion philosophique convergent vers une même idée : la réalité des formations stables et harmonieuses dépend du respect des conditions favorables, tandis que la souffrance apparaît lorsque ces conditions sont ignorées ou inversées. Cette convergence renforce l’idée que les conditions favorables constituent un principe central pour comprendre à la fois l’ordre du monde et la place du Bien dans la formation de ce qui existe.

… … …

Le bien et la souffrance sont des produits du domaine de réalité de la psychologie. Ils établissent le dualisme de la désignation injustifiée d'une prémisse subjective qui fonde le raisonnement subjectif qui en découle.

Cela dit, et s'il fallait obligatoirement établir un dualisme BIEN / MAL, le bien absolu serait la construction et le mal absolu serait la destruction, mais ces deux principes sont complémentaires et pas opposés et donc pas dualistes. 

Cela nous ramène au matérialisme antique, qui postule que le monde est constitué d'atomes qui se rejettent ou s'assemblent pour lui donner sa forme.

… … ...

Les facteurs environnementaux et le métabolisme de la cellule elle-même produisent de 1 000 à 1 000 000 de lésions ou erreur de recopiage de l'ADN par cellule et par jour. Le probabilisme est établi sur le nombre incalculable de lésions et d'erreurs de réplication constituant la loterie d'où sortent les mutations permises par ce nombre de tirages.

Le principe fondamental de la sélection naturelle exige une héritabilité possible à un âge de reproduction de l'organisme entier.

… … …

Le 08/03/2026 à 08:56, ashaku a dit :

@mary.shostakov Bonjour,

Que de temps écoulé depuis notre long échange sur Digression. Aujourd'hui je dois reconnaitre que je me suis rangé à la plupart de tes explications, la pensée est issue du matériel, la matérialité vient en premier. Mais je n'ai pas non plus changé d'avis sur ce que je te répondais, et aujourd'hui je saurais mieux expliquer cette notion d'aller-retour entre pensée et matériel, par une boucle rétro-active dont l'existence se vérifie partout et tout le temps.

La sélection naturelle (et autres sélections) explique l'émergence des attributs, la pensée en est un, sans intervention d'un démiurge. Le processus de sélection est justement un exemple de rétro-activité dans une boucle, tout comme par la suite la pensée sera un autre exemple. La matérialité n'est pas tout, elle est "seulement" l'espace qui précède celui de la pensée.

Concernant cette "substance" empruntée à Spinoza, j'aimerais en savoir plus. Je suis intéressé  par ce qui pourrait être "à l'origine de toute chose".

Le processus de l'existence tel que je me le représente se déroule par une transition entre potentiel et actuel. Avant qu'une chose existe, elle a le potentiel d'exister si les conditions sont réunies. Et avant ça, il n'y a en ce qui concerne cette chose que le potentiel de créer les conditions de son existence. Ce qui fait 3 étapes : l'Indifférencié où les conditions de l'existence d'une chose n'existent pas encore ; les Possibles où les conditions existent mais pas la chose elle-même ; l'Actualisé où la chose existe.

Une feuille blanche est le potentiel d'origine de n'importe quel texte, du plus vilain graffiti au plus beau sonnet poétique, mais la feuille blanche n'a ni volonté, ni bienveillance, ni apparence, pourtant tous les textes beaux ou laids seront forcément issus d'elle. Cette "substance" dont parle Spinoza serait la feuille blanche de toutes les feuilles blanches, sans concept de feuille ni de blanc. Un Indifférencié total depuis lequel toute existence serait issue.

Comment qualifier cet objet ? Il représente absolument tout sous forme potentielle et absolument rien sous forme actuelle. Un dé à zéro faces qui retourne une infinité de nombres.

… … … 

Si nous sommes d'accord sur une chronologie voulant que l'existence matérielle précède l'essence de la pensée, alors je présume que nous serons d'accord aussi sur une certaine rétroaction de la pensée sur le matériel en ce sens que si la génétique établit l'inconscient exprimé par le gène, alors la neurologie permet de modifier consciemment l'expression de ce gène grâce à un engramme imprimé dans la tête et le corps sous la forme de l'habitude.

L'exemple du diabète permettra peut-être d'expliquer. 

Le diabète est une maladie génétiquement héritée. Mais il existe un autre héritage génétique remontant à des millions d'années, et c'est l'avidité de l'organisme à tout ce qui est sucre. Or, un excès de sucre peut envoyer le diabétique à la mort. Le moyen de contrer cet inconvénient, c'est l'impression sur les circuits neuronaux de l'engramme d'une habitude consistant à se méfier du sucre comme de la peste, tout en dosant une quantité minimale de sucre propice à éviter l'hypoglycémie et à la conservation d'un minimum d'énergie. L'habitude de mesurer matin et soir sa glycémie doublée de l'habitude de mesurer son alimentation en fonction des sucres avalés, cela avec l'habitude de prendre des pilules anti-glycémiantes et de parfois s'injecter de l'insuline, tout cela permet au diabétique de mener une vie des plus normales.

… … …

Ce qu'il y a de remarquable chez Spinoza, c'est que son immanence opposée à la transcendance permet de reporter la divinité des arrière-mondes monothéistes sur la matérialité de ce monde en lui conférant une éternité à laquelle manque l'habitude de considérer cette matérialité du monde comme une chose éternelle.

Avec l'éternité matérielle du monde, nous avons physiquement et éternellement cette page blanche dont tu parles et qui s'accompgnent de toutes les potentialités possibles, imaginables et inimaginables.

Nous rejoignons ainsi la matérialité du monde postulée par la philosophie de l'antiquité grecque et romaine – le monde est constitué d'atomes qui se rejettent ou s'assemblent pour lui donner sa forme et les dieux ne s'occupent pas de nous ..

… … … 

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Il y a 1 heure, mary.shostakov a dit :

… … …

Le bien et la souffrance sont des produits du domaine de réalité de la psychologie. Ils établissent le dualisme de la désignation injustifiée d'une prémisse subjective qui fonde le raisonnement subjectif qui en découle.

Cela dit, et s'il fallait obligatoirement établir un dualisme BIEN / MAL, le bien absolu serait la construction et le mal absolu serait la destruction, mais ces deux principes sont complémentaires et pas opposés et donc pas dualistes. 

Cela nous ramène au matérialisme antique, qui postule que le monde est constitué d'atomes qui se rejettent ou s'assemblent pour lui donner sa forme.

… … ...

Les facteurs environnementaux et le métabolisme de la cellule elle-même produisent de 1 000 à 1 000 000 de lésions ou erreur de recopiage de l'ADN par cellule et par jour. Le probabilisme est établi sur le nombre incalculable de lésions et d'erreurs de réplication constituant la loterie d'où sortent les mutations permises par ce nombre de tirages.

Le principe fondamental de la sélection naturelle exige une héritabilité possible à un âge de reproduction de l'organisme entier.

Je comprends ton point de vue matérialiste, et ce que tu dis sur les mutations et la sélection naturelle est globalement correct dans le cadre de la biologie moderne issue des travaux de Charles Darwin.

Cependant, il me semble qu’il y a un léger malentendu sur le sens de mon texte. Quand je parle du Bien et de la souffrance, je ne les utilise pas comme des catégories psychologiques ou morales subjectives. Je les utilise plutôt comme des concepts structurels pour désigner deux types de dynamiques observables : celles qui favorisent la formation stable et harmonieuse des structures, et celles qui conduisent à leur désorganisation et à la production de souffrance.

Autrement dit, le Bien dans mon texte correspond aux conditions favorables qui permettent la formation et le maintien des structures (biologiques, physiques ou sociales), tandis que la souffrance correspond aux situations où ces conditions ne sont pas respectées et où apparaissent instabilité, désorganisation ou douleur vécue.

Dans ce cadre, il ne s’agit pas simplement d’un dualisme psychologique. C’est plutôt une tentative de relier plusieurs domaines — philosophie, biologie et cosmologie — autour d’une même idée : la formation stable des structures dépend du respect de certaines conditions.

Sur la question de la construction et de la destruction, je pense qu’il y a aussi une précision importante à apporter. Construire et détruire ne sont pas seulement deux processus complémentaires neutres : leur sens dépend de ce qui est construit ou détruit.

Lorsque le Bien agit, il construit des conditions favorables — santé, stabilité, formation harmonieuse des structures. Mais en construisant ces conditions favorables, il détruit en même temps ce qui produit la souffrance. La construction du Bien est donc aussi la destruction de la souffrance.

Inversement, lorsque la souffrance s’impose, elle se « construit » en se faisant ressentir et en se reproduisant. Mais cette construction correspond en réalité à la destruction de ce à quoi elle s’applique : santé, équilibre, structures vivantes ou relations harmonieuses.

Ainsi, construction et destruction ne sont pas deux principes indépendants. Elles deviennent l’une l’autre selon ce qui est en jeu : construire le Bien revient à détruire la souffrance, tandis que construire la souffrance revient à détruire le Bien.

C’est pour cette raison que je parle d’une dissymétrie : la formation harmonieuse demande des conditions favorables précises, alors que la souffrance peut apparaître dès que ces conditions sont détournées ou ignorées.

Enfin, concernant les mutations, je ne conteste pas le rôle du probabilisme. Je dis simplement que ce probabilisme s’exprime toujours dans un cadre de contraintes physiques, biologiques et environnementales. Les mutations produisent des variations, mais leur apparition et surtout leur stabilisation dépendent toujours des conditions dans lesquelles vivent les organismes.

En résumé, mon propos n’est pas de nier le matérialisme ou la biologie moderne, mais de proposer un cadre conceptuel qui met l’accent sur le rôle central des conditions favorables dans la formation et la stabilité des structures avec le moins de souffrance.

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mary.shostakov Membre 771 messages
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Il y a 3 heures, Fhink a dit :

Je comprends ton point de vue matérialiste, et ce que tu dis sur les mutations et la sélection naturelle est globalement correct dans le cadre de la biologie moderne issue des travaux de Charles Darwin.

Cependant, il me semble qu’il y a un léger malentendu sur le sens de mon texte. Quand je parle du Bien et de la souffrance, je ne les utilise pas comme des catégories psychologiques ou morales subjectives. Je les utilise plutôt comme des concepts structurels pour désigner deux types de dynamiques observables : celles qui favorisent la formation stable et harmonieuse des structures, et celles qui conduisent à leur désorganisation et à la production de souffrance.

Autrement dit, le Bien dans mon texte correspond aux conditions favorables qui permettent la formation et le maintien des structures (biologiques, physiques ou sociales), tandis que la souffrance correspond aux situations où ces conditions ne sont pas respectées et où apparaissent instabilité, désorganisation ou douleur vécue.

Dans ce cadre, il ne s’agit pas simplement d’un dualisme psychologique. C’est plutôt une tentative de relier plusieurs domaines — philosophie, biologie et cosmologie — autour d’une même idée : la formation stable des structures dépend du respect de certaines conditions.

Sur la question de la construction et de la destruction, je pense qu’il y a aussi une précision importante à apporter. Construire et détruire ne sont pas seulement deux processus complémentaires neutres : leur sens dépend de ce qui est construit ou détruit.

Lorsque le Bien agit, il construit des conditions favorables — santé, stabilité, formation harmonieuse des structures. Mais en construisant ces conditions favorables, il détruit en même temps ce qui produit la souffrance. La construction du Bien est donc aussi la destruction de la souffrance.

Inversement, lorsque la souffrance s’impose, elle se « construit » en se faisant ressentir et en se reproduisant. Mais cette construction correspond en réalité à la destruction de ce à quoi elle s’applique : santé, équilibre, structures vivantes ou relations harmonieuses.

Ainsi, construction et destruction ne sont pas deux principes indépendants. Elles deviennent l’une l’autre selon ce qui est en jeu : construire le Bien revient à détruire la souffrance, tandis que construire la souffrance revient à détruire le Bien.

C’est pour cette raison que je parle d’une dissymétrie : la formation harmonieuse demande des conditions favorables précises, alors que la souffrance peut apparaître dès que ces conditions sont détournées ou ignorées.

Enfin, concernant les mutations, je ne conteste pas le rôle du probabilisme. Je dis simplement que ce probabilisme s’exprime toujours dans un cadre de contraintes physiques, biologiques et environnementales. Les mutations produisent des variations, mais leur apparition et surtout leur stabilisation dépendent toujours des conditions dans lesquelles vivent les organismes.

En résumé, mon propos n’est pas de nier le matérialisme ou la biologie moderne, mais de proposer un cadre conceptuel qui met l’accent sur le rôle central des conditions favorables dans la formation et la stabilité des structures avec le moins de souffrance.

… … …

Je te suivrais d'autant mieux sur cette volonté de rapprocher ou unifier la philosophie et la science que je poursuis le même objectif sur le plan des trois disciplines que sont l'art, la science et la philosophie.

Cela dit, il me semble que la double notion de bien et de souffrance ne s'articule peut-être pas avec ton but, car si cette double notion fait certainement partie du domaine de réalité de la physique classique et de la biologie, son association est subjective et se construit dans le domaine de la psychologie que constitue le vivant, car il faut être vivant pour décréter une souffrance. 

Il me semble que le bien et le mal s'articulent peut-être mieux avec ton but par son caractère constructif et destructif, que la physique permet de résoudre sur le plan des sciences et de la cosmologie en s'associant à la néguentropie et l'entropie (et aussi à l'émergence et la réduction).

En résumé, et pour aller dans ton sens :

(  [ bien – construction – néguentropie – émergence ]    [ mal – destruction – entropie – réduction ]  )

… … … 

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mary.shostakov Membre 771 messages
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... ... ...

Essai de spiritualité moniste matérialiste (suite)

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DÉMOCRITE

Démocrite est un philosophe matérialiste de la Grèce antique, fondateur de l'atomisme. 

Sa pensée postule que l'univers est constitué uniquement d'atomes (particules indivisibles, éternelles et invisibles) et de vide. Par le mouvement, les atomes s'assemblent et se séparent pour former les êtres, excluant toute intervention divine. 

Physique Atomiste : La réalité physique est discontinue. Tout, y compris l'âme, est un agrégat d'atomes qui tourbillonnent et s'entrechoquent dans le vide, régi par une nécessité aveugle plutôt que par un dessein intelligent.

Théorie de la Connaissance : Il distingue la connaissance obscure (sensible) de la connaissance authentique (rationnelle), les atomes étant les vraies causes.

Éthique et Bonheur : La morale de Démocrite, précurseur d'Épicure, vise la tranquillité de l'âme (euthymia), obtenue par la modération des désirs, l'équilibre, la mesure et l'usage de la raison.

Matérialisme : Il nie la survie de l'âme après la mort, car elle se dissout comme le corps. Il adopte une vision déterministe où le bonheur dépend de l'action humaine. 

Sa pensée a profondément influencé l'épicurisme antique et l'atomisme moderne.

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mary.shostakov Membre 771 messages
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il y a 6 minutes, mary.shostakov a dit :

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Essai de spiritualité moniste matérialiste (suite)

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DIOGÈNE

Diogène de Sinope, figure emblématique du cynisme, prône une vie de liberté radicale en accord avec la nature, rejetant conventions sociales, richesses et luxe. 

Sa pensée vise le bonheur par l'indépendance, la frugalité et la parrêsia (parler franc), illustrée par son existence dépouillée et son mépris pour les normes. 

Points clés de la pensée de Diogène :

Le retour à la nature : Le bonheur s'atteint en simplifiant sa vie et en supprimant le superflu (biens matériels, statut, pouvoir). Il prend l'animal, notamment le chien, comme modèle de vie authentique, exempt d'hypocrisie.

Indépendance et autarcie : Le but est d'atteindre une liberté intérieure totale, libérée de la dépendance aux besoins artificiels, ce que l'on appelle l'autarcie (se suffire à soi-même).

Critique sociale et cynisme : Il méprisait les institutions, les conventions et la vanité des hommes. Il se définissait comme un "chien" (cynique) pour son comportement provocateur (vivre dans un tonneau, mendier, faire ses besoins en public).

La vertu et la liberté de parole : Diogène cherchait la vertu, qu'il concevait comme un effort de la volonté, et valorisait par-dessus tout la liberté de parole, n'hésitant pas à défier des puissants comme Alexandre le Grand.

Cosmopolitisme : Il se disait "citoyen du monde", ne se reconnaissant dans aucune cité ou convention nationale particulière.

Il rejetait la philosophie théorique de Platon, préférant une philosophie vécue et pratique au quotidien.

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mary.shostakov Membre 771 messages
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à l’instant, mary.shostakov a dit :

Essai de spiritualité moniste matérialiste (suite)

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FRIEDRICH NIETZSCHE

La philosophie de Nietzsche est une critique radicale de la morale traditionnelle, de la religion (du christianisme) et du nihilisme occidental, prônant une affirmation inconditionnelle de la vie. À travers des concepts clés comme la volonté de puissance, le Surhomme, l'éternel retour et le perspectivisme, il invite à réévaluer les valeurs et à créer son propre sens.
 
Voici les axes fondamentaux de sa pensée :

Critique de la morale et du christianisme : Nietzsche considère la morale traditionnelle, notamment chrétienne, comme une « morale de faibles », «une morale d'esclave» qui valorise la pitié, l'humilité et la souffrance, niant ainsi la vie et la puissance. 

Il plaide pour une réévaluation de toutes les valeurs.

La Volonté de puissance : C'est le moteur fondamental de tout ce qui vit, conçu comme une force créatrice, un désir de croître, de s'affirmer et de dépasser ses propres limites, plutôt qu'une simple domination d'autrui.

Le Surhomme représente l'idéal nietzschéen : un individu fort qui crée ses propres valeurs, vit selon sa propre volonté, accepte la vie avec joie (amor fati) et se libère des chaînes de la moralité imposée.

L'Éternel retour : Expérience de pensée où il faut imaginer que chaque instant de sa vie se répétera une infinité de fois. Cela sert de test pour savoir si l'on aime suffisamment la vie pour vouloir la revivre à l'identique, sans rien changer.

Le Perspectivisme : Nietzsche rejette l'idée d'une vérité objective unique. Il affirme que toute connaissance est une interprétation, une perspective dépendant des besoins et des pulsions du sujet.

« Dieu est mort » : Célèbre phrase signifiant que la foi en un Dieu créateur et en un monde objectif a perdu sa crédibilité dans la civilisation occidentale, menant au risque du nihilisme (sentiment que rien n'a de sens), auquel Nietzsche répond par la création d'un sens personnel.

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Fhink Membre 1 004 messages
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Il y a 1 heure, mary.shostakov a dit :

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Je te suivrais d'autant mieux sur cette volonté de rapprocher ou unifier la philosophie et la science que je poursuis le même objectif sur le plan des trois disciplines que sont l'art, la science et la philosophie.

Cela dit, il me semble que la double notion de bien et de souffrance ne s'articule peut-être pas avec ton but, car si cette double notion fait certainement partie du domaine de réalité de la physique classique et de la biologie, son association est subjective et se construit dans le domaine de la psychologie que constitue le vivant, car il faut être vivant pour décréter une souffrance. 

Il me semble que le bien et le mal s'articulent peut-être mieux avec ton but par son caractère constructif et destructif, que la physique permet de résoudre sur le plan des sciences et de la cosmologie en s'associant à la néguentropie et l'entropie (et aussi à l'émergence et la réduction).

En résumé, et pour aller dans ton sens :

(  [ bien – construction – néguentropie – émergence ]    [ mal – destruction – entropie – réduction ]  )

… … … 

Je suis d’accord que la souffrance appartient au domaine du vivant. Mais cela ne signifie pas qu’elle soit simplement décrétée par lui de manière subjective. La souffrance ne se décide pas arbitrairement : elle s’impose généralement à l’organisme sous la forme de douleur physique ou d’une menace de dommage pour l’intégrité du corps pouvant entrainer douleur physique.
Autrement dit, il y a composition avec la souffrance qui s'impose comme un signal biologique indiquant que certaines conditions deviennent défavorables à la stabilité ou à la santé de l’organisme. C’est justement pour cette raison que je parle de conditions favorables et défavorables : lorsque les conditions qui permettent la stabilité des structures vivantes sont ignorées ou détournées, la souffrance apparaît souvent comme indicateur de ce déséquilibre.
Mais ton approche par l'entropie et la néguentropie est pertinente.

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mary.shostakov Membre 771 messages
Forumeur expérimenté‚ 85ans‚
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il y a 56 minutes, Fhink a dit :

Je suis d’accord que la souffrance appartient au domaine du vivant. Mais cela ne signifie pas qu’elle soit simplement décrétée par lui de manière subjective. La souffrance ne se décide pas arbitrairement : elle s’impose généralement à l’organisme sous la forme de douleur physique ou d’une menace de dommage pour l’intégrité du corps pouvant entrainer douleur physique.
Autrement dit, il y a composition avec la souffrance qui s'impose comme un signal biologique indiquant que certaines conditions deviennent défavorables à la stabilité ou à la santé de l’organisme. C’est justement pour cette raison que je parle de conditions favorables et défavorables : lorsque les conditions qui permettent la stabilité des structures vivantes sont ignorées ou détournées, la souffrance apparaît souvent comme indicateur de ce déséquilibre.
Mais ton approche par l'entropie et la néguentropie est pertinente.

... ... ... 

Je ne vois pas le décret en question comme une verbalisation, mais comme une simple réaction du vivant à la souffrance. Et le vivant est un cas particulier de l'organisation matérielle du monde. La subjectivité est rattachée à ce cas particulier, à ce sujet particulier (Sujet. Subjectivité. Même racine).

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Membre, 41ans Posté(e)
Fhink Membre 1 004 messages
Mentor‚ 41ans‚
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il y a 3 minutes, mary.shostakov a dit :

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Je ne vois pas le décret en question comme une verbalisation, mais comme une simple réaction du vivant à la souffrance. Et le vivant est un cas particulier de l'organisation matérielle du monde. La subjectivité est rattachée à ce cas particulier, à ce sujet particulier (Sujet. Subjectivité. Même racine).

... ... ...

Ah d’accord, je pensais que tu parlais de la subjectivité au sens opposé à l’objectivité. Autant pour moi, j’avais mal compris.

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mary.shostakov Membre 771 messages
Forumeur expérimenté‚ 85ans‚
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Il y a 2 heures, mary.shostakov a dit :

Essai de spiritualité moniste matérialiste (suite)

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RALPH WALDO EMERSON

La pensée d'Emerson, figure de proue du transcendantalisme américain, prône l'individualisme radical, l'intuition personnelle et une connexion directe avec la nature et sa divinité, rejetant le conformisme social et les dogmes religieux.

Il valorise la « confiance en soi » (Self-Reliance) comme la clé d'une vie authentique et créatrice. 

Les axes principaux de sa philosophie sont les suivants :

La Confiance en soi (Self-Reliance) : Emerson exhorte à faire confiance à sa propre intuition et à ses idées, plutôt qu'aux opinions d'autrui ou aux traditions. Il considère que la conformité est l'ennemi de la grandeur de l'âme.

Le Transcendantalisme et la Nature : Pour Emerson, la nature est une manifestation de l'Esprit divin, et non une entité séparée. Le contact direct avec la nature permet d'éveiller la conscience supérieure et de ressentir la divinité en soi-même.

La Divinité intérieure : Il soutient que « Dieu est en chaque homme ». Chaque individu possède une étincelle divine qui lui permet d'accéder à la vérité sans intermédiaire.

L'Idéalisme et l'Unité : Emerson perçoit le monde comme une unité où l'individu, la nature et l'âme sont liés. Il encourage à percevoir le miraculeux dans le banal.

L'Intellectuel américain : Dans son célèbre discours, The American Scholar, il appelle à la création d'une culture américaine originale, fondée sur l'expérience vécue, l'action, et l'étude, plutôt que sur l'imitation de l'Europe. 

En somme, Emerson invite à une vie autonome, confiante et spirituellement éveillée au sein du monde naturel.

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à l’instant, mary.shostakov a dit :

Essai de spiritualité moniste matérialiste (suite)

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BLAISE PASCAL

La pensée de Blaise Pascal, centrée sur la condition humaine, décrit l'homme comme un «roseau pensant» : paradoxalement misérable (mortel, fragile) et grand (conscient de sa finitude) . 

Points clés de la philosophie pascalienne :

Misère et grandeur : L'homme est insignifiant dans l'univers, mais noble car il est le seul être pensant.

Le divertissement : Les hommes fuient leur condition misérable et la pensée de la mort par des occupations futiles.

La foi et le cœur : « Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point » ; Dieu se sent par le cœur, et non par la simple raison géométrique.

Le pari : Face à l'incertitude, il est plus avantageux de parier sur l'existence de Dieu, offrant le salut, que de tout perdre.

La justice et la coutume : La justice est souvent relative et s'appuie sur la coutume plutôt que sur des principes naturels immuables. 

… … ..

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