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Vérité et Parole

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Loufiat

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Membre, 35ans Posté(e)
Loufiat Membre 2 727 messages
Mentor‚ 35ans‚
Posté(e)
Le 07/04/2026 à 01:24, Neopilina a dit :

Attention aux Verbes. Alors ci-dessus, j'aurais dit " connaissance " à la place de " parole ". Mais que la connaissance puisse être formalisée, verbalisée, est effectivement capital : on génère une " boucle " sur laquelle on peut travailler.

Qu'entends-tu par connaissance ici ? 

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Membre, Posté(e)
Neopilina Membre 7 666 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
Il y a 2 heures, Loufiat a dit :

Qu'entends-tu par connaissance ici ? 

Bah, justement, même " ici ", je l'entends au sens le plus général qui soit. Les animaux, qui ne sont pas des cons, ne dispose pas de cette " boucle " que constitue les formalisations, les verbalisations, et ça brime le travail sur le savoir, la connaissance. Il est incontestable que si notre espèce en est là où on en est c'est grâce à un langage, puis des capacités de transmission, l'écriture, jusqu'à mon P.C., très élaborés. On peut travailler sur la chose formalisée, verbalisée.

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  • 3 semaines après...
Membre, 35ans Posté(e)
Loufiat Membre 2 727 messages
Mentor‚ 35ans‚
Posté(e)

Pourquoi s'attacher à "la parole" plutôt qu'au langage, la langue, ou même le Verbe comme on me l'a parfois suggéré ? Parce qu'elle suppose d'emblée une relation "vivante", physique et intellectuelle entre des êtres situés dans un contexte particulier. Parce qu'elle engage et exprime le corps tout entier, enveloppant les émotions aussi bien que l'intellect et l'imaginaire (elle peut servir à recouvrir, à cacher aussi - mais du moins elle les engage).

Il est difficile et vain peut-être de définir ce terme tant il s'agit d'une réalité pénétrant toutes les autres réalités humaines. Comment prendre la distance pour cerner de quoi il s'agit ? Il n'est pas plus satisfaisant de limiter arbitrairement la parole à certains de ses aspects pour en clarifier le concept (quand le langage des signes en relève, et l'écrit aussi quoi qu'à un degré moindre, et encore la peinture ou le dessin en poussant jusqu'au bout), que de la borner par ce qu'elle n'est pas. Alors j'essaie de retenir ce qui me semble essentiel et decisif. 

La parole tient d'abord de la respiration et du chant. Son élément est le temps et son champ propre et singulier est l'oralité. La parole est du temps : elle ne se réalise pas en extension mais comme enchaînement. C'est une durée. Je dois attendre la fin de la phrase, la fin du discours pour en saisir le sens. Un discours, un récit est marqué par des moments qui posent des jalons autour desquels s'articule un sens (un sens qui n'est d'ailleurs pas fermé ni bien déterminable). Ce sens provient des différences et de l'enchaînement spécifique des sonorités que nous produisons. Exactement comme la musique. La musique, le chant, la parole nous "traversent" dans cet "espace" bien singulier de l'oralité, et nous émeuvent, c'est à dire nous bougent, bougent quelque chose en nous. La parole vient comme frapper un monde invisible qui vibre en retour et projette des images, des sensations, des actions réelles ou imaginées. C'est un phénomène physique mais qui ouvre et pénètre un espace à la fois mental et sentimental propre à l'individu, un espace de représentations qui, comme la parole, se caractérisent par le surgissement, la succession, l'enchaînement. Par ailleurs cet espace est à la fois individuel et commun. "Faire des courses" évoque des choses communément connues. La parole associe ainsi sans cesse. Elle n'intègre pas, ne fond pas les êtres dans une même unité mais les distingue en les associant.

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  • 3 semaines après...
Membre, 35ans Posté(e)
Loufiat Membre 2 727 messages
Mentor‚ 35ans‚
Posté(e)

La parole frappe le monde et le renouvelle. Ainsi l'interdit tombe sur l'enfant en créant une situation de liberté parce que de choix. Puisque interdire c'est dire "voilà une chose qu'il est possible de faire, mais qu'il ne faut pas faire". Ainsi l'enfant est-il précipité dans un univers moral où se présentent des choix et où existe la possibilité de la faute. Ainsi la morale est-elle précipitée dans le monde, et teinte ce monde qui n'est désormais plus tout-à-fait le même. C'est ce type de passages que j'entends par la parole "renouvelle" le monde.

Si nous avions une assez bonne mémoire, nous serions stupéfaits des effets transformateurs qu'ont eu dans notre enfance certaines paroles, certaines situations précises où la parole est intervenue pour nous passer à travers son entonnoir, dès lors que nous avons entrevu les implications de ce qui était dit et que nous nous sommes vus projetés dans un nouvel horizon. Un enfant qui commence à explorer la parole passe une foule d'étapes décisives pour lui, qui marquent un avant et un après, souvent de façon totalement inaperçue par ceux qui parlent. Bien sûr ceci est mêlé à la totalité de son expérience progressant jour après jour, où les paroles font référence à des actes, à des choses, des êtres et des situations qui ne se réduisent pas à elle, mais qu'elle accompagne et signifie. 

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