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La « mort numérique » du juge Guillou fait voler en éclats le mythe de la souveraineté européenne

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Tequila Moor

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Tequila Moor Membre 17 181 messages
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La « mort numérique » du juge Guillou a fait voler en éclats le mythe de la souveraineté européenne : nous sommes à la merci technologique des États-Unis. Le constat de dépendance acté – maintenant, on fait quoi ?

Imaginez : du jour au lendemain, vos e-mails sont inaccessibles, vos cartes bancaires bloquées sans explication, et vos réservations en ligne effacées. Ce cauchemar est le quotidien de Nicolas Guillou, juge français à la Cour pénale internationale (CPI). Depuis août 2025, sanctionné par Washington, il vit une « mort numérique » : ses comptes Airbnb, Amazon et PayPal ont été fermés et ses cartes Visa et Mastercard désactivées. L'absurdité va jusqu'à l'intime : chez lui, même son assistant vocal Alexa a cessé de lui parler.

Parce que la CPI a émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien et son ministre de la Défense, six juges et trois procureurs voient leurs vies empêchées par une décision unilatérale des États-Unis. Une sanction appliquée avec zèle non seulement par les géants de la Tech, mais aussi par les banques européennes qui, craignant de perdre l'accès au marché américain, préfèrent sacrifier leurs propres clients.

La résistance s'organise

Le constat est alarmant : 80 % des données du secteur public européen reposent sur des clouds américains, soumis au Cloud Act, permettant à Washington d’y accéder légalement. Si la CPI a fini par quitter Microsoft pour l'allemand OpenDesk, ce n'est qu'un premier pas.

Face à cette menace, la résistance s'organise enfin. Le 20 janvier 2026, dans le 13ᵉ arrondissement de Paris, une soirée intitulée « Résilience numérique européenne » a réuni chercheurs et activistes sous l'égide du CNRS et de la Fondation Inria. Le message est clair : l'Europe doit arrêter de subir. « L'Europe est le berceau des standards ouverts », a martelé Henri Verdier, directeur de la Fondation Inria, refusant la course perdue d'avance aux data centers face aux dollars américains – comme le rapporte le compte rendu détaillé du journal suisse Le Temps.

Les alternatives concrètes émergent. Au-delà des 300 solutions de cybersécurité identifiées fin 2025 par le CESIN et Hexatrust, de nouveaux outils « communs » voient le jour. C'est le cas de Panoramax, une alternative libre à Google Street View portée par l'IGN, ou du projet OpenPortability, un « GPS du web social » permettant de naviguer entre X, BlueSky et Mastodon.

Construire un « stack d'émancipation »

La Gendarmerie nationale a fait figure de pionnière avec sa bascule Linux GendBuntu, opérée au début des années 2010. Quant à la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure), elle vient de resigner pour trois ans avec Palantir, en attendant qu’une offre souveraine émerge pour remplacer l’Américain à la suite de l’appel d'offres lancé en 2022.

Pour Tariq Krim, figure de la Tech française, le diagnostic est sans appel : « Linux et le Web ont été inventés en Europe. Et pourtant, en 2025, nous vivons dans la terreur qu’un président américain limite l’accès à nos propres services numériques. » Cette dépendance vient d'une erreur majeure : avoir réduit le cloud à de simples serveurs alors qu'il est avant tout du logiciel.

En renonçant à produire ces briques technologiques maîtrisées, l'Europe s'est privée de ce que Krim appelle, dans une récente tribune, la « stack d'émancipation » (la stack est, en langage informatique, une pile de technologies fonctionnant ensemble). Face à la « dénumérisation » qui nous guette, selon l'entrepreneur, la souveraineté ne viendra pas de grands programmes complexes, mais de la reconstruction de cette base : « du logiciel, de l’open source, de l’interopérabilité et des gens qui les mettent en œuvre ». « La technologie ne se décrète pas, dit-il, elle se construit. »

SOURCE : https://www.ladn.eu/tech-a-suivre/ta-vie-numerique-en-404-souverainete-technologique/

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Membre, Posté(e)
Pierrot89 Membre 10 176 messages
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il y a une heure, Tequila Moor a dit :

La « mort numérique » du juge Guillou a fait voler en éclats le mythe de la souveraineté européenne : nous sommes à la merci technologique des États-Unis. Le constat de dépendance acté – maintenant, on fait quoi ?

Imaginez : du jour au lendemain, vos e-mails sont inaccessibles, vos cartes bancaires bloquées sans explication, et vos réservations en ligne effacées. Ce cauchemar est le quotidien de Nicolas Guillou, juge français à la Cour pénale internationale (CPI). Depuis août 2025, sanctionné par Washington, il vit une « mort numérique » : ses comptes Airbnb, Amazon et PayPal ont été fermés et ses cartes Visa et Mastercard désactivées. L'absurdité va jusqu'à l'intime : chez lui, même son assistant vocal Alexa a cessé de lui parler.

Parce que la CPI a émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien et son ministre de la Défense, six juges et trois procureurs voient leurs vies empêchées par une décision unilatérale des États-Unis. Une sanction appliquée avec zèle non seulement par les géants de la Tech, mais aussi par les banques européennes qui, craignant de perdre l'accès au marché américain, préfèrent sacrifier leurs propres clients.

La résistance s'organise

Le constat est alarmant : 80 % des données du secteur public européen reposent sur des clouds américains, soumis au Cloud Act, permettant à Washington d’y accéder légalement. Si la CPI a fini par quitter Microsoft pour l'allemand OpenDesk, ce n'est qu'un premier pas.

Face à cette menace, la résistance s'organise enfin. Le 20 janvier 2026, dans le 13ᵉ arrondissement de Paris, une soirée intitulée « Résilience numérique européenne » a réuni chercheurs et activistes sous l'égide du CNRS et de la Fondation Inria. Le message est clair : l'Europe doit arrêter de subir. « L'Europe est le berceau des standards ouverts », a martelé Henri Verdier, directeur de la Fondation Inria, refusant la course perdue d'avance aux data centers face aux dollars américains – comme le rapporte le compte rendu détaillé du journal suisse Le Temps.

Les alternatives concrètes émergent. Au-delà des 300 solutions de cybersécurité identifiées fin 2025 par le CESIN et Hexatrust, de nouveaux outils « communs » voient le jour. C'est le cas de Panoramax, une alternative libre à Google Street View portée par l'IGN, ou du projet OpenPortability, un « GPS du web social » permettant de naviguer entre X, BlueSky et Mastodon.

Construire un « stack d'émancipation »

La Gendarmerie nationale a fait figure de pionnière avec sa bascule Linux GendBuntu, opérée au début des années 2010. Quant à la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure), elle vient de resigner pour trois ans avec Palantir, en attendant qu’une offre souveraine émerge pour remplacer l’Américain à la suite de l’appel d'offres lancé en 2022.

Pour Tariq Krim, figure de la Tech française, le diagnostic est sans appel : « Linux et le Web ont été inventés en Europe. Et pourtant, en 2025, nous vivons dans la terreur qu’un président américain limite l’accès à nos propres services numériques. » Cette dépendance vient d'une erreur majeure : avoir réduit le cloud à de simples serveurs alors qu'il est avant tout du logiciel.

En renonçant à produire ces briques technologiques maîtrisées, l'Europe s'est privée de ce que Krim appelle, dans une récente tribune, la « stack d'émancipation » (la stack est, en langage informatique, une pile de technologies fonctionnant ensemble). Face à la « dénumérisation » qui nous guette, selon l'entrepreneur, la souveraineté ne viendra pas de grands programmes complexes, mais de la reconstruction de cette base : « du logiciel, de l’open source, de l’interopérabilité et des gens qui les mettent en œuvre ». « La technologie ne se décrète pas, dit-il, elle se construit. »

SOURCE : https://www.ladn.eu/tech-a-suivre/ta-vie-numerique-en-404-souverainete-technologique/

Le constat de la suprématie actuelle des sociétés américaines dans le domaine du numérique est une réalité.

Cela devrait inciter des entreprises et autorités européennes de se lancer pleinement et urgemment dans ce domaine pour acquérir son autonomie et garantir son indépendance.

Pas facile, couteux et long mais à faire.

 

 

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  • 2 semaines après...
Membre, `, Posté(e)
Tequila Moor Membre 17 181 messages
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il y a 9 minutes, chanou 34 a dit :

Compris...on peut faire quoi? 

S'informer du mieux possible sur les entreprises ET actionnaires proposant des services numériques avec lesquelles on partage / pourrait partager ses données ou son argent. Déterminer la couleur politique des entreprises et des actionnaires en question, et décider de faire confiance, ou non, au niveau individuel. A un niveau plus élevé, écrire à ses représentants politiques pour demander que certains contrats soient abandonnés ou reconduits (au bout d'un certain nombre d'interpellations de politiques, peut-être que ces enjeux deviendront importants pour les prochaines élections... oui je sais, je rêve éveillé :dev:).

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Membre, Posté(e)
picenboule Membre 4 717 messages
Maitre des forums‚
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Il y a 10 heures, Tequila Moor a dit :

 

Nullement surprenant!

Révélation

Les russes et les chinois sont donc plus clairvoyants que les européens?!

Nous n'en avons pas terminé, nous avons tous des CB visa...

 

 

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Membre, Un con qui marche ira plus loin qu'un intellectuel assis, 54ans Posté(e)
DroitDeRéponse Membre 93 040 messages
54ans‚ Un con qui marche ira plus loin qu'un intellectuel assis,
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Le 24/01/2026 à 11:02, Pierrot89 a dit :

Le constat de la suprématie actuelle des sociétés américaines dans le domaine du numérique est une réalité.

Cela devrait inciter des entreprises et autorités européennes de se lancer pleinement et urgemment dans ce domaine pour acquérir son autonomie et garantir son indépendance.

Pas facile, couteux et long mais à faire.

 

 

Faut-il développer une souveraineté européenne ou française à l’heure de la montée des souverainistes ?

Ne risque-t-on pas demain de voir la mort numérique d’une Marine Le Pen ou d’un Jean-Luc Mélenchon s’opposant à une Europe néolibérale ?

@Tequila Moor peut on parler de souveraineté si la couche la plus basse de la stack (le hardware) est non national/européen ?

Modifié par DroitDeRéponse
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Membre, Posté(e)
picenboule Membre 4 717 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)

Depuis 2018, de l'eau a coulé sous les ponts et ce qui était supposé est devenu réalité!

Jérémie Zimmermann : un défenseur des libertés numériques et cofondateur de la Quadrature du Net (Il est le cofondateur et l'ex-porte-parole de La Quadrature du Net de 2008 à 2014.)

18 octobre 2018:

 

Modifié par picenboule
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