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« L’école Polytechnique est sous l’emprise des multinationales »

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Marcuse

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Membre, 26ans Posté(e)
Marcuse Membre 1 502 messages
Forumeur vétéran‚ 26ans‚
Posté(e)

Financements privés, cours orientés, discours sur l’écologie censurés... L’école d’ingénieurs Polytechnique est sous l’influence des multinationales, dénonce l’Observatoire des multinationales. Quitte à museler ses étudiants.

Sa gouvernance, ses financements, son secteur de recherche et même sa vie étudiante : l’École polytechnique est largement influencée par les grandes entreprises, révèle le rapport Polytechnique, une école d’État sous emprise, publié le 17 septembre par l’Observatoire des multinationales.

Auteur principal de ce travail, Romain Poyet connaît de l’intérieur cette école d’ingénieurs dont les élèves sont sous statut militaire : il y a étudié trois ans avant de rejoindre l’Observatoire. Pour Reporterre, il décrit une école prestigieuse de plus en plus soumise aux logiques du CAC 40, au détriment de sa mission d’intérêt général et de l’urgence écologique.

 

Reporterre — Votre enquête montre que des dirigeants de grandes entreprises occupent des postes clés dans les instances de Polytechnique. Que révèle cette présence sur la manière dont l’école est gouvernée ?

Romain Poyet — Un modèle de réussite qui domine, à Polytechnique, c’est celui du PDG du CAC 40, du grand patron d’une multinationale. Les conférences proposées aux élèves, les intervenants, les anciens élèves mis en avant : beaucoup d’éléments convergent vers cette image.

Dans les instances de gouvernance se trouve un nombre disproportionné de dirigeants de très grandes entreprises françaises et internationales. Sur 24 membres du conseil d’administration de Polytechnique, 6 représentent des grandes entreprises (dont TotalEnergies, Sanofi et Thales) et le conseil d’administration de la Fondation de l’X [qui finance et soutient le développement de l’école] est également largement composé de grands patrons (Arkema, Sopra Steria, Sanofi, Thales, etc.). Cela crée un effet d’entre-soi, où un petit cercle de décideurs pèse sur l’orientation de l’école.

Un exemple marquant est celui de Marwan Lahoud, ancien dirigeant d’Airbus et président de l’association des anciens élèves jusqu’en 2023. Lors du projet d’implantation de LVMH sur le campus, il avait directement pris position pour soutenir l’opération, orientant même un sondage auprès des élèves en présentant les partenariats avec les grandes entreprises comme une évidence positive. Cela contribue à normaliser l’emprise des multinationales.

 

Pourquoi cela nous concerne-t-il tous ?

Polytechnique forme une partie des futures élites économiques et politiques du pays. Chaque année, 500 nouveaux étudiants y sont financés par plus de 150 millions d’euros d’argent public. Les valeurs transmises — compétitivité, croissance, pouvoir individuel — influenceront ensuite leurs choix dans les ministères, les grandes entreprises et les administrations.

 

Vous indiquez que plus de 15 % du budget de Polytechnique provient de financements privés, en partie défiscalisés. Quelles conséquences concrètes cela a-t-il sur la recherche et l’enseignement ?

L’influence se joue dans la définition des priorités. Certains savoirs sont valorisés, d’autres marginalisés.

Sur l’écologie, par exemple, Polytechnique est coincée entre deux logiques contradictoires. D’un côté, elle doit afficher un discours « à la page » pour répondre aux mobilisations étudiantes. De l’autre, elle continue de former ses élèves pour les grandes entreprises qui la financent et l’influencent.

(...)

Résultat : beaucoup de communication verte, mais peu de transformations réelles. La recherche se concentre sur le climat, qu’elle réduit à une question d’énergie et de CO2. On néglige la biodiversité, la sobriété, les modes de vie. Un bon cours sur le climat existe, mais il représente à peine 3 % de la formation d’ingénieur. Le reste de la scolarité valorise des approches purement techniques — intelligence artificielle, finance, robotique —, sans réflexion sur leurs effets sociaux et écologiques.

 

« L’administration a tout simplement interdit un discours d’élèves sur l’écologie »

https://reporterre.net/Polytechnique-est-sous-l-emprise-des-multinationales

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Membre, Ursidé bien léché, 74ans Posté(e)
l'ours 5785 Membre 5 133 messages
74ans‚ Ursidé bien léché,
Posté(e)

Ce n'est pas nouveau, depuis plus d'un demi-siècle, on se colle une politique ultra-libérale, donc favorable au grand patronat, par des politiques, qu'ils soient de droite ou de gauche, et de haut-fonctionnaires, issus des grandes écoles, polytechnique ou ENA. 

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  • 4 mois après...
Membre, 26ans Posté(e)
Marcuse Membre 1 502 messages
Forumeur vétéran‚ 26ans‚
Posté(e)

Romain Poyet, ancien étudiant de Polytechnique, dénonce les dérives d’une école « sous l’emprise » des grandes entreprises

Une école « sous emprise », convoitée par les grandes entreprises et hermétique à l’urgence climatique : c’est ainsi que le jeune homme de 24 ans définit Polytechnique, où il vient d’achever ses études. Avec d’autres élèves de grandes écoles, il a fondé le collectif EIES pour dénoncer ces dérives.

Mère biologiste, père informaticien, une petite sœur en filière scientifique au lycée. Et lui, Romain Poyet, 24 ans, taraudé depuis ses 15 ans par l’envie de changer le monde, mais entraîné par les lourds courants de la « reproduction sociale » : parce que doué en maths, poussé vers une prépa – « ça t’ouvrira des portes » –, puis admis à Polytechnique, le saint des saints, creuset de « l’élite made in France », réservoir des têtes pensantes du CAC 40.

Patrick Pouyanné (TotalEnergies), Olivier Andriès (Safran), Antoine Frérot (Veolia), Guillaume Faury (Airbus), Benoît Bazin (Saint-Gobain), Jacques Aschenbroich (Valeo)… Tous ces grands patrons, issus des Mines ou des Ponts et Chaussées – les deux plus prestigieux corps de l’X – sont devenus, à leur tour, parrains de promotion.

Une direction « hostile à toute réflexion sur le système industriel »

https://www.humanite.fr/un-jour-avec/climat/romain-poyet-ancien-etudiant-de-polytechnique-denonce-les-derives-dune-ecole-sous-lemprise-des-grandes-entreprises

 

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  • 2 semaines après...
Membre, 61ans Posté(e)
MASSOT Membre 5 771 messages
Maitre des forums‚ 61ans‚
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L'étudiante qui avait donné son CV à Emmanuel Macron vient de décrocher un stage à l’Elysée
 
Après avoir passé un entretien courant novembre, elle vient d'apprendre qu’elle pourrait bien effectuer un stage de 5 à 6 mois au pôle économique de l’Elysée. “[Ça] n’était pas une destination qui allait de soi pour moi, venant d’un territoire métropolitain reculé et d’une famille très modeste”, s’est-elle félicitée. :bravo:
 
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