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yop!

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Tout ce qui a été posté par yop!

  1. @ Fafaluna : Je ne débat plus avec toi parce qu'on n'est pas d'accord sur la portée de "l'agression", que ce soit dans la réalisation du gag comme dans l'image donnée en pâture au public. Du coup, on tourne en rond. Par contre, j'ai compris les différentes perceptions et la tienne depuis le début (c'est celle d'Audrey Pulvar)... J'espère que c'est réciproque. ===== Pour le coup, c'est la piégeuse qui se met en position de "victime". Je pense qu'elle veut dénoncer... En même temps, si elle ne veut pas avoir de regards de mecs sur ses seins, il suffit de ne pas mettre de décolleté. On n'y peut rien : le regard est instinctivement attiré. C'est involontaire, rien à voir avec le fait de faire consciemment des gestes pervers à une femme... ou de simuler une scène porno à distance comme Gaillard. Ce n'est pas du sexisme, d'ailleurs. ======= Non mais il est important qu'elle sache l'effet que ça produit. L'effet inévitable. On ne peut pas ignorer ce que ça génère. Ça n'excuse pas tous les comportements des mecs, mais c'est un peu hypocrite de se plaindre d'avoir un décolletté qui attire les regards. C'est un peu sa fonction... Ça me fait penser au petites filles qui adoptent des codes hyper-sexués. Doit-on se dire qu'elles ne cherchent pas forcément à envoyer certains messages sexués ou plutôt les mettre en garde contre ces messages sexués inévitables ? Sachant que leurs modèles, plus âgées, envoient clairement des messages séducteurs/très sexués dans leurs vidéos. Mais pour revenir au sujet, c'est une problématique assez différente. Dans la vidéo de Gaillard, les filles sont habillées plutôt normalement (à part pour un salafiste) et ce n'est pas une apologie du "elle cherche la bite alors elle va la trouver, cette prostituée !". C'est plutôt aléatoire, même s'il prend des femmes plutôt jeunes et minces (imagerie porno). Et un flic, mais parce que c'est son truc.
  2. Ne t'énerves pas, on va réussir à se comprendre, quand même ! :p On n'impose pas à ces femmes : on impose à ton regard de spectatrice cette mise en scène, parodie d'un acte porno à l'insu d'une personne. Moi je ne lis pas un avilissement direct des victimes puisque c'est une illusion et que le dessein ne me semble pas l'avilissement (sans même évoquer le consentement à diffusion, donc). Pour moi, que ce soit une illusion réalisée grâce à un angle de caméra, qu'il soit obligé de demander un droit à l'image et d'expliquer son gag, ça change des choses et justement dédramatise ce qu'on voit à l'écran (ou qu'on pourrait imaginer du procédé). Et ça dit : ce n'est pas un acte réel, l'intention n'est pas réelle. Mais indirectement, l'objetisation est contenue dans l'imagerie porno, véhicule de cette mentalité. Et dans le procédé, ça peut faire écho au harcèlement sexiste ou à l'imagerie du viol, et l'objetisation est donc contenu dans le risque de mauvaise interprétation (risque existant). On peut persister à n'y voir qu'une apologie de l'objet-sexuel-femme de la part d'un gros beauf. Mais Rémi Gaillard ne fait que NOUS imposer un gag graveleux puisqu'il a l'accord de ses femmes. C'est dans ton regard que la notion d'avilissement de la femme passe en premier et en va jusqu'à nier tout ce que cette vidéo dit d'autre. On peut dire que les spectateurs qui rigolent de la dégradation de l'image de la femme nous imposent leur sexisme, comme ceux qui balayent de la main toute les connotations (viol, harcèlement) qu'on peut trouver dans ces images. Pour moi, ça reste un gag malheureux, bêta et avec un brin de ce sexisme puéril adolescent mâtiné de sauce porno (ce qui me dérange le plus). Quant à dire que Rémi Gaillard fait n'importe quoi... ce serait un pléonasme !
  3. Tu es donc contre tout rapport sexuel non reproductif, et aussi contre la fellation ou le cunnilingus... L'homme détourne ses fonctions corporelles pour sa sexualité, et c'est peut-être une réaction naturelle à la surpopulation : si on devait faire un enfant à chaque fois qu'on fait l'amour... Mais la pulsion existe toujours, on le voit même dans des pays très pauvres, en famine, où les gens font quand même l'amour (et des enfants). En gros, tu nous sors une diatribe contre la sexualité elle-même qui est une pulsion naturelle. Bien sûr, il y a des gens qui ont des pratiques excessives (le fist-fucking, ça me dépasse) mais c'est une pratique, pas une orientation. Il n'y a aucun besoin de brimer les homos pour ce qu'ils sont. Ni même de faire la comparaison avec la laïcité qui s'impose à tous et qui est un espace censé créer un consensus neutre et protecteur. La vision de Boutin, qui serait prompte à condamner d'autres choses que l'homosexualité, est une vision tout à fait moraliste et rigide. Ce n'est pas un signe de pureté et de raison mais de crispation, d'incapacité à s'adapter à la question homosexuelle (le peu d'envie également, justifié par ces Ecrits très pratiques).
  4. Je n'avais pas rêvé : tu mélanges ce qui se passe au moment du gag et le résultat, et tu prêtes des intentions aux victimes comme à l'auteur. Au moment du gag : Il n'est pas en train d'assouvir sa perversité : il veut faire un gag. On peut donc mettre de côté ça. Qu'un de ses objectifs soit de faire un gag avilissant ? C'est à discuter. Que vivent ses femmes : elles se rendent compte qu'un mec s'agite, gigote à côté d'elles ou à plusieurs mètres. Il s'arrête immédiatement. Il a dû ensuite demander un droit à l'image + expliquer ce que c'était. Les victimes acceptent ou non la diffusion du résultat vidéo : qui est l'illusion de scène porno à l'insu de la victime. C'est ce résultat qui pourrait être le plus humiliant et que les victimes ont eu le droit de refuser (l'esprit de la loi est justement pour empêcher les abus avec l'image des gens). Les femmes qui ont refusé, elles auront eu à subir une tentative de gag graveleux. Une agression ? Cela va dépendre de la sensibilité des gens mais en tout cas, on est bien au-dessous de l'agression réelle. Ce n'est même pas dit que toutes les victimes aient su de quoi il retournait avant qu'il le leur dise. Ça n'empêche pas que sa démarche puisse être condamnable : s'il a effrayé/choqué/énervé des victimes, ça montre qu'il a transgressé la bienséance. Ce n'est même pas surprenant qu'il se fasse traiter de vulgaire beauf pervers, comme s'il faisait ça au premier degré. Le résultat : La scène sexuelle n'existe qu'avec l'illusion finale due à l'angle de caméra. On se rend vite compte que c'est du faux, qu'il joue en plus avec la distance et l'insu pour faire une chose qui justement n'est pas du tout correcte. C'est donc carrément tous ses gags qu'il faudrait condamner puisque c'est sa démarche. Or, ça fait bien rire beaucoup de gens sans trop de polémiques. La portée apologique du viol, de l'agression sexuelle ou de la dégradation de la femme est modérée par la façon de procéder et le cadre comique - même si ça a un écho vu le sujet. Mais il n'est pas une démarche de rabaisseur/crypto-violeur de femme, le but n'est pas de voir la victime subir consciemment une agression. L'humiliation, c'est la scène dans laquelle elle se retrouve et qui a été acceptée. A tort ? Aux femmes qui apparaissent de s'exprimer dessus. On peut dire qu'il parodie un pervers parce que c'est ce que ferait un pervers et qu'il ne l'est pas (du moins, rien ne l'indique). La parodie, c'est une distance et là encore, ça peut passer au-dessus de gens : ceux s'offusquent au premier degré et ceux qui rigolent au premier degré. Le truc le plus premier degré, pour moi, c'est de singer une scène pornographique. Là, il ne peut véhiculer que plus de trouble dans l'imagerie des gens, surtout des jeunes déjà perturbés dans leur vision du sexe et du rapport à l'autre. S'il avait choisi un autre sujet, on l'aurait applaudit et même pas parlé de consentement bafoué, même si ça ne ciblait que des femmes.
  5. Peut-être mais à travers tes posts, j'ai bien cru lire un débordement d'analyse qui accuse directement ce qu'il a fait et pas la critique du résultat qu'on voit dans la vidéo. Non ? je ne sais plus lire ? :) La vidéo n'a pas pour but d'assouvir la sexualité de l'auteur ni même celle des spectateurs. C'est donc une parodie de prise de la femme comme objet sexuel, cette distance fait qu'on reste dans le gag. Et l'objetisation tient essentiellement au fait qu'il fasse une scène porno - et pas du fait qu'il se passe de consentement pour faire le débile, ce qui est un principe toléré de tout un pan de l'humour dans notre culture. Se retrouver dans une scène porno simulée sans le savoir, oui ça peut comporter une certaine humiliation, une atteinte à la pudeur. Les femmes qui ont accepté le principe de diffusion n'ont pas dû le vivre comme humiliant. Ça l'est donc pour le spectateur qui va extrapoler, c'est toi qui lis ça comme un abaissement direct de la femme et pas autre chose. Mon point de vue est un peu différent : je trouve qu'il ne fait pas grand tort à ses victimes mais qu'il diffuse de l'imagerie porno auprès des jeunes et il va par extension participer à sa banalisation par imprégnation des mentalités par cette imagerie - qui contient du sexisme, de l'avilissement, etc... On n'est pas dans la banalisation de l'agression (le contexte comique, l'illusion d'optique, l'absence de contact, l'accord des participants et la carrière de Rémi Gaillard connu pour faire des choses anormales désamorcent cette lecture, son comportement même qui n'est pas celui de l'agresseur) mais dans la banalisation du porno. Si tu as des arguments pour me dire que je sous-estime, on va pouvoir discuter de comment cette vidéo va être perçue par le public et par quel public (c'est ça le fond du problème) et si elle apporte tant que ça à une culture du viol se nourrissant déjà ailleurs, et pas forcément dans l'oeuvre de Rémi Gaillard. Culturellement, de Rémi Gaillard, on attend qu'il transgresse et si cette vidéo perçue comme une transgression - drôle ou pas- c'est que la société est encore un peu éduquée. Il faut aussi savoir poser la bonne question aux gens, ceux qui ont mal réagit se braquent contre ceux qui réagissent mal à la vidéo. Dans le tas, il y a surement beaucoup de gens pour trouver que ce qu'il fait "c'est trop abusé !" Tu pars du principe qu'il y a une constatation objective et que c'est celle que tu me donnes. C'est faux : nous faisons des lectures subjectives, avec différents niveaux de réflexion et de sensibilités, et c'est même pour ça que la vidéo peut être mal lue par des gens mal éduqués au respect de l'autre. Ou trop lue par des gens dont la sensibilité à l'agression ne permet pas de recul. Je trouve que cette vidéo est peu humiliante pour les participantes. Plus risquée pour l'image de la femme vu les réactions suscitées, surtout si on met le second degré de côté. Et il ne s'agit pas de minimiser la vidéo et ses messages possibles mais de minimiser les excès de réactions, je trouve. Je ne sais pas si tu as remarqué mais depuis le début, je ne suis pas en train de défendre Rémi Gaillard, je l'ai chargé dès mon premier message. Théia, Savonarol, Bruit, etc... tiennent à peu près le même discours que moi : on ne minimise que l'alarmisme, surtout quand il focalise trop sur cette seule vidéo. ======== Il y a toujours un risque. Même le film Irréversible peut devenir une apologie du viol -alors qu'il n'est pas censé l'être. Ou encore plus parlant : Orange Mécanique, C'est arrivé près de chez vous, Tueurs Nés,... (films plébiscités et modèles de brutalité sur autrui). Mais il y a pire : tout ce qui se diffuse sur le net, entre jeunes. Le hardcore, le snuff, les violences filmées par portable. Pour le cas de Rémi Gaillard, il a un passif de comique, on sait dans quel contexte il fait ça, il est sur des médias grands publics et peu confidentiels, on lui répond sur de grands médias. L'impact me semble donc bien moindre qu'une vidéo de happy slapping sur un souffre-douleur du collège diffusé en sous-main, ou les vidéo d'agressions sur des filles qui peuvent traîner sur Youtube (malgré les alertes) et qu'on commente comme un bon spectacle. La banalisation de l'agression (pas que du viol), elle a une diffusion massive mais elle n'a pas prise dans les esprits qui ont d'autres moyens d'éducation, d'autres discours et même un accompagnement. Si un gamin rigolait devant Free Sex, je saurais quoi lui dire. Il y a des jeunes qui n'ont comme précepteur qu'un monde gangrené. La culture du viol se développe là. Le net, lui, il est incontrôlable (quand j'étais ado, on allait voir Rotten.com). Tu as tronqué mon message : c'était le cas extrême mais qui reste le curseur pour beaucoup de gens. La vidéo apporte une brique dans un schéma global, on est d'accord, surtout si ce qu'il fait est pris au premier degré et demi (ceux qui rigolent en partie parce qu'ils apprécient que la femme soit mise dans une position sexuellement dominée) ou au premier. Mais c'est une brique dans un building de 3km. Ça ne justifie pas qu'il n'ait pas réfléchi avant de faire ça mais finalement, ça indique qu'à part condamner un mec sur le net, le taff reste immense. Rémi Gaillard est officiellement un mauvais exemple : c'est son fond de commerce, son slogan, le n'importe quoi. Il a même commis quelques délits notoires (comme la blague où il prend un menu de fast-food sans payer). Du coup, il ne faut pas surévaluer la nocivité de sa vidéo : il est induit que ce n'est pas bien de faire ça. Par contre, c'est vrai qu'il y a une mode de la transgression, de l'outrance, de l'irresponsabilité qui s'étend et qui brouille les frontières, des jeunes (ou moins jeunes) qui n'ont pas les bonnes grilles de lecture. Une vidéo de Rémi Gaillard sur le respect d'autrui, ce serait bien. Qu'il profite de sa notoriété et de la polémique pour contrecarrer la culture du nihilisme égoïste agressif moderne. Dans sa réponse, il donne le lien du site : http://stop-violences-femmes.gouv.fr/ Ça l'air d'une bonne intention mais il oublie une chose : c'est que le mal est déjà fait et que ce sont les mecs qu'il faut éduquer et... c'est un peu sexiste aussi d'avoir mis ce lien. Preuve qu'il est déconnecté des critiques qui lui sont faites et que c'est bien dommage. Donc, c'est bien qu'il y ait des réactions mais ça n'aide pas non plus car il y a également des violences excessives dans celles-ci, qui braquent les gens. C'est assez dur de faire admettre aux gens leurs mauvais comportements ou quand ils valident inconsciemment ou peu consciemment de mauvaises choses. Mais bon, on ne peut pas non plus empêcher les gens d'être en colère de voir cette vidéo.
  6. Tu ne lis pas les posts ? On projette sur ce qu'on ressentit "les victimes" de la vidéo. La discussion glisse donc dans une accusation directe (lis ce que dis Fafaluna). Donc je réponds. Pour ma part, le problème culturel, j'ai déjà fait assez de lignes dessus pour que ton "tu n'as toujours pas compris" me paraisse un peu hors de propos. Il n'y a pas uniquement deux perceptions possibles qui seraient la condamnation totale ou la validation sexiste. Si cette vidéo devient un vecteur culturel, c'est parce que nos sociétés ont trop délégué la communication sociale au grand foutoir incontrôlé du net( qui peut devenir outil de déculturation), parce que la concurrence du divertissement idiot et le sabotage de l'éducation (parentale, scolaire, générale,...) font office de rouleau compresseur. Sans compter la louange de l'individualisme, du nihilisme, etc... moderne. Rémi Gaillard est plutôt un symptôme qu'une cause, il ne fait que suivre une tendance de l'humour Jackass, il ne crée pas un public de sexiste. La "culture du viol", elle n'a pas prise partout, heureusement. Evidemment que ce genre de vidéo peut être une pierre de plus mais on ne se forge pas ce genre de culture avec une seule vidéo, fut-elle idiote. Il y a toujours le danger de l'imitation et de la banalisation du geste "si Rémi Gaillard le fait, pourquoi pas moi ?", surtout chez les jeunes, mais ça n'influence à mon avis que des gens déjà largués sur la question du respect d'autrui et sans moyen d'éducation. Il y en a malheureusement et je pense qu'ils font/disent déjà pire que ce qu'on voit dans ce gag. Si des gens se mettent à violer ou attoucher des femmes à cause de cette vidéo, c'est qu'ils ont un sérieux problème qui peut tout aussi bien se déclencher avec un autre support (cf sites pornos hardcore, films violents,...). Comme imagerie, il se fait relais d'une pornographisation du monde, avec la teneur sexiste et objétisante qui l'accompagne. Il aurait pu se passer de faire cette vidéo mais comme il ne fait que suivre une tendance culturelle de l'imbécilité et de l'irresponsabilité (+ la quête de la prochaine transgression lucrative), c'en n'est même pas étonnant. Maintenant, il reste à rebondir sur ce buzz. Que va en faire la société ? Des centaines de pages de topic ou chacun campe sur des positions ou des postures ? Parler d'éducation et de l'abêtissement des masses ?
  7. Beaucoup de canulars qui paraissent certainement plus anodins me semblent plus violents à voir/vivre et même carrément dangereux : http://www.youtube.com/watch?v=7N5OhNplEd4 C'est humiliant d'être dupé, d'avoir à subir l'effroi, etc... Seulement, comme ils ne sont pas "sexués", on ne porte pas ça sur le terrain de l'agression. Ce qu'a fait Gaillard n'est pas très violent pour les victimes en soi, ni très dégradant (à moins qu'il ne s'explique pas avec ses victimes). Ce sont surtout les spectateurs qui sont choqués par ce qu'ils voient, font des associations d'idées, n'arrivent pas à prendre ça à la légère ou simplement pour ce que c'est. Il y a le droit mais il ne faut pas imposer cette lecture à tout le monde. Sans pour omettre de dire qu'il touche à un sujet grave, qu'il ne gère pas et que sa vidéo peut être vue comme un étron de plus dans la culture populaire déjà gangrenée de sexisme et où on a plus besoin d'éducation que de ce genre de gags. Donner son accord signifie quelque chose : avoir surmonté l'humiliation et autoriser à montrer des images de soi subissant du porno simulé à son insu. On ne peut pas nier ça : les victimes qu'on voit ont en quelque sorte validé le gag. Peut-être abusées par le fait que Rémi Gaillard soit connu et/ou sans penser à toutes les conséquences, mais ça veut dire qu'elles ne se sont pas senties directement humiliées. Ce qu'il fait ne diffuse pas QUE le message d'avilissement de la femme comme objet. C'est peu fin mais tolérable, à moins de vouloir imposer une seule lecture. Quant à l'écho que ça peut avoir chez les demeurés, je vois très bien. Ils n'auront pas le recul nécessaire. Non, mais ce n'est pas donc aussi affolant qu'une vraie agression sexuelle ou qu'une vraie atteinte à la pudeur par un pervers. C'est parce qu'il fait une gestuelle porno qu'on a l'impression exagérée d'un avilissement mais il ne faut pas lui prêter la qualité d'un vrai agresseur - chose qui devient de plus en plus floue à mesure que je lis ses détracteurs. Ensuite, le message que ça peut véhiculer, bien sûr qu'il est à prendre avec des pincettes. Oui, il le fait consciemment pour son gag. Mais j'ai l'audace de penser qu'il n'est pas en train de vraiment prendre du plaisir sexuel, ou qu'il se masturber en regardant le résultat de son oeuvre. C'est du graveleux. Non, c'est de contourner l'attention de la personne pour faire une scène. Si ce n'était pas pour faire un truc porno (c'est là que réside l'objetisation, pour moi), tu ne trouverais pas ce non-consentement aussi insupportable. Avec complice, ce serait du mime porno dans la rue. Ce qu'on voit dans la vidéo est le résultat de son illusion d'optique mais pour rappel : il donne ses coups de reins dans le vide. Peut-être. Je ne le connais pas à part pour ses vidéos mais sa ligne de défense me paraît lâche et puérile. Tu n'arrives pas à voir la différence entre une vraie agression et un gag graveleux, c'est tout. C'est vrai qu'il va loin dans le risque d'attentat à la pudeur - mais surtout dans la vidéo, moins dans sa réalisation. Les victimes l'ont juste vu faire le con à quelques mètres, même si c'était des gestes porno (vite arrêtés) ça me semble peu traumatisant. Il ne faut pas mélanger le point de vue des victimes pendant le gag et le résultat que l'on voit - qui semble plus humiliant/avilissant mais qui a été fait avec accord. Non, la performance est de faire son truc en contournant l'attention de la personne, pas le fait que ce soit sexuel. Ça aurait pu être une autre ânerie qu'une scène porno. Pour moi, le truc du non consentement, ça ne tient pas. L'attentat à la pudeur, oui, ça peut en être quand même malgré le contexte de blague. Le reste, ce sont des interprétations du message de la vidéo.
  8. De rien ! On discute, quoi. :) Plaisir partagé ! Cette expression me semble mériter d'exister dans le cadre d'origine - une vidéo potache. Sauf qu'on sort vite du cadre strict et des intentions premières de l'auteur parce que le sujet est un problème de société très violent. Ça se joue là : il n'est pas très dur de faire basculer une blague dans le premier degré, avec les conséquences. Cela dit, il est normal aussi que les gens réagissent (mal) à la vidéo. Il y a bien des vidéos de happy slapping, qui elles sont de vraies agressions filmées et qui font rire de la vraie violence sur autrui. On peut considérer que Rémi Gaillard est trop proche de ça, que c'est le sentiment d'agression qui prédomine au détriment du comique. Et les féministes sont dans leur vision et leur rôle : on attend une dénonciation des effets néfastes, du risque de banalisation du sexisme ou de l'agression envers lse femmes. Peut-on le condamner en justice ou le censurer ? Je ne pense pas. Et ça ajouterait encore de la confusion à tout. C'est un débat de société, pas de tribunal. Je ne suis pas sûr que ce soit une vidéo hilarante. Et oui, c'est normal de penser à l'agression sexuelle voire d'avoir un haut-le-coeur devant un mec qui ose faire ça. La réaction anormale est de ne pas y penser, même de loin, même a posteriori. Ça voudrait dire une insensibilité à la question (ça existe) ou un manque d'empathie. Oui, il y a plusieurs façons de rire. J'imagine qu'une personne peut rire de ça comme elle rirait d'une vidéo de happy slapping, qui ne me font pas du tout rire. Il y a des gens qui sont insensibilisés. Le milieu et sa mentalité, certaines dérives du virtuel et du net contribuent à amplifier cette déconnexion. Comme toi, ce sont les commentaires qui me choquent, bien plus que la vidéo ! Ne pas trouver que "c'est limite", surtout après réflexion et discussion, ça relève du sexisme. On pourrait entrecouper cette vidéo de témoignages réels de violence et d'agression. Ce serait une confrontation au réel et je pense que beaucoup de jeunes manquent de ce genre de confrontation. Parce qu'ils vivent dans une sphère où personne ne les confrontent plus, personne ne les éduque plus à part eux-mêmes et les dérives de la société (outrance, violence, individualisme, mépris d'autrui, libéralisme du pire). Un jeune éduqué normalement, il n'évolue pas uniquement dans un monde où Rémi Gaillard est son seul curseur. Le problème est donc plus global que cette seule vidéo : c'est un enfermement éducatif, le moteur de ces mentalités de l'agression. C'est pas à moi que tu t'adresses, effectivement... Mais même dans ce fil, je ne lis pas vraiment de gens nier le droit de s'indigner. La plupart prônent qu'il y a des visions moins dramatiques possibles, que l'on peut faire la part des choses face à ce genre de sketch et que le monde n'est donc pas totalement pourri. Ça se transforme en guerre des tranchées alors que je suis sûr qu'on est tous d'accord pour trouver aberrant que des gens puissent rire au premier degré pour une agression sexuelle - et il y en a. Y'a juste les argumentaires de Titsta ou Sandy8 qui me désolent... Grâce à Rémi Gaillard, j'ai pu lire ça !
  9. J'ai bien compris comment elle conçoit l'homosexualité. Sauf que c'est un peu naïf de croire qu'elle ne s'adresse qu'à ses ouailles : la prise de position publique s'adresse à tout le monde et de plus, elle reconnaît sa maladresse (pour la forme)donc elle assume cette réception. Avoir une vision n'excuse rien. Comme si je disais qu'il faut excuser les blagues racistes sur Taubira (ou autre) parce que ceux qui les profèrent ont la vision du noir comme être inférieur proche du singe et que ce serait faire un contre-sens que d'interpréter ça autrement. Pour moi, la vision de Boutin qui proclame l'homosexualité comme un simple choix déviant du "bien" est tout simplement homophobe. C'est un défaut de la pensée religieuse sur ce point - qui n'est pas uniforme ou qui sait s'adapter. Rappel : ça se base sur une vision très vieille de l'homosexualité, dans un monde très différent. Mais si on estime que c'est la pure parole de Dieu, il n'y a pas de débat possible. ======= Tu es donc un poulet sans plumes ? Non, je ne retire pas la question de la sexualité, bien au contraire. Elle est importante. Mais l'homosexualité engendre des rapports sociaux différents, un statut différent. Même dans une société très égalitaire et équitable, on peut arguer que deux hommes qui s'aiment est quand même différent d'un homme et d'une femme qui s'aiment, c'est vécu différemment, c'est différent de l'amour que je peux éprouver pour mon meilleur copain, etc... Tous ces autres champs ne sont pas sexuels, mais justement modulés par l'orientation sexuelle - qu'elle soit déclarée ou non d'ailleurs. Sur ce qui se passe au lit, je crois que c'est assez évident pour tous. Non, il s'agit juste de défendre des gens qui sont plus que leur sexualité, justement, mais réduis à ça, parfois haïs et empêchés parfois à cause de ça. Dans un sens, c'est défendre l'esprit citoyen. C'est toi qui bloques sur une définition purement réductrice et qui crée ton propre paradoxe. Tu résumes une différence fondamentale en en faisant le seul critère mais en oubliant toutes ses incidences, en résumant même la relation humaine à la seule sexualité (ou alors tu es un ultra-freudien). On peut empêcher deux homosexuels de copuler, s'ils s'aiment, ils seront quand même homos. De même que ces croyants abstinents qui ne sont pas moins homos. Ensuite, ces différences n'empêchent pas les homos d'être équitablement éligible au rôle parental, citoyen, et je ne sais quoi d'autre.
  10. Oui, la fonction de citation multiple permet de citer un seul message également. La Haine a bien expliqué le fonctionnement. Cette fonction marche (c'est celle que j'utilise tout le temps aussi).
  11. C'est la culture de l'irresponsabilité. La puérilisation moderne, le syndrôme vicié de Peter Pan, du nihilisme enrobé de divertissement et de coolitude. Ça, c'est problème au sein duquel Rémi Gaillard n'est qu'une goutte. Si les gens ont aussi peur, ce n'est pas à cause de la vidéo. Une personne sensée saura en réceptionner le message et faire le tri, en riant ou non. Mais on sait que certaines personnes sont inaptes à faire ce tri - et ce n'est pas à cause de Rémi Gaillard, il ne crée pas ce manque d'éducation. Est-ce qu'il participe ? Surement mais surement moins que tous les messages au second degré bien moins évident et qui pullulent dans la société. Au moins, Rémi Gaillard, il a une notoriété de bouffon qui influence même les mauvais messages qu'il peut générer. Qu'il ne prenne pas en charge la portée de sa vidéo et même un peu de la charge culturelle qui va avec la notoriété, ça me paraît tout à fait symptomatique de la société individualiste et inconséquente. Comme ce style d'humour. ========= Pour moi, le principe de caméra caché est forcément un peu sadique. On rit de la réaction des gens, oui, mais surtout de leur ignorance de la réalité, de leur crédulité, de la duperie qui marche. Voir quelqu'un avoir peur parce qu'un serpent attaque, ce n'est pas forcément drôle. Ça l'est déjà plus quand il s'agit d'un serpent en plastique et que tout le monde guette la victime. La coalition des sadiques ! MAIS l'intention est de révéler la supercherie et rétrospectivement, pour la victime, ça change les choses. Et aussi pour le spectateur, qui lui rigole bien avant la victime. C'est du sadisme désamorcé, indéniablement. Pour Rémi Gaillard : les victimes sont inconscientes de ce qu'il fabrique jusqu'à ce qu'elles se retournent. Et finalement, le gag s'arrête là puisqu'il est obligé de s'expliquer. Au pire, elles ont été victime d'une tentative de simulation visuelle de coït dans le but d'en faire une compilation intitulée Free Sex et réalisé par le bouffon notoire Rémi Gaillard. Du coup, il y a peu de chances que ce soit très mal vécu, qu'elles aient refusé ou accepté la diffusion (à moins qu'il parte sans s'expliquer et laissant les gens dans le doute). Pour moi le débat n'est pas là mais dans ce qui va être incompris dans ce gag. On sait très bien qu'il n'est pas normal de disposer des gens comme ça dans la rue, que c'est risqué, que c'est une infraction à la morale et la bienséance, que c'est même un avilissement de la femme qui dans la vie courante est très pesant voire violent. Que le public visé ne soit pas apte à faire cette différence, c'est ça qui fait grincer les dents. Que ça puisse conforter des imbéciles dans leur vision sexiste des rapports homme-femme également. Mais seule une personne déjà sexiste peut mal lire cette vidéo. ========= Si, j'ai donné ma vision du truc et j'ai lu d'autres gens s'expliquer. Je te le redis : l'incongruité de la situation dans laquelle Rémi Gaillard se place et place ses "victimes", la transgression - qui est bien loin de la véritable agression (il n'est pas juste derrière ses victimes, il ne se frotte pas et il heurte juste leur pudeur dans le pire des cas). Pas par sadisme puisque les femmes ne sont pas en train de subir un pervers. Cette vidéo n'implique pas assez les victimes pour déclencher le sadisme humoristique - qui existe et qui n'est pas un problème psychologique. Je rigole bien plus avec la blague de la petite fille fantôme dans l'ascenseur en panne, blague tout bonnement horrible pour les victimes. Par contre, la vidéo semble impliquer bien plus les spectateurs qui "vivent" une agression par procuration. Là, se moquer et rire des gens qui sont choqué me semble vraiment anormal et odieux. La blague me paraît acceptable parce que je trouve que Rémi Gaillard se ridiculise autant que la victime (qui d'ailleurs a consenti a posteriori) et j'arrive à mettre de côté l'identification à la femme pour observer ce tableau général : un mec qui se ridiculise dans la rue pour essayer d'obtenir furtivement des scènes porno par illusion d'optique. Je n'y vois pas d'agression intolérable même si ça en a les traits. Avec consentement, ça n'aurait aucun intérêt. Et je suis pourtant sensible au sexisme. Oui, le problème est qu'il touche à un sujet grave et qu'il ne l'a apparemment pas assez envisagé. Soit c'est un gros sexiste, soit il vit dans un monde préservé et n'a pas pensé que ça pouvait être si mal reçu (des deux côtes). Mimer un acte sexuel place le curseur de l'humiliation un peu plus loin que dans ses autres sketchs mais pas mal de choses sont là pour désamorcer la gravité - sauf si on se refuse à les voir, certaines personnes n'arrivent pas à se distancier de l'idée d'agression. A mes yeux, il est à des km du sadisme réel d'un bizutage en médecine, par exemple, ou d'un connard qui met la main au panier dans le métro. C'est assez bizarre de voir qu'on admet le contexte comique pour ensuite revenir dessus après quelques pages et dénoncer ce sketch comme une véritable agression de premier degré. Juste une agression filmée, quoi. ======= Je n'en suis pas sûr. Il y aurait surement eu des gens pour crier au manque de respect de la femme, à la complicité de cette femme à véhiculer le sexisme, à ce con de Rémi Gaillard qui véhicule la domination et le porno... Et puis, le fait d'avoir une complice enlève tout risque, toute transgression, donc toute "performance".
  12. C'est à peu près comme un membre+, non ?
  13. Je ne trouve pas qu'il cherche à justifier qu'on n'aime ou pas les homos. Il justifie plutôt pourquoi il n'est pas si facile d'être neutre. Quand tu vois quelqu'un qui pleure, ça te fais surement un peu de tristesse, de compassion. C'est irrépressible à moins d'avoir sacrément peu d'empathie ou quelque chose qui la parasite (rancoeur, soupçon d'hypocrisie,...). Pour des gens peu habitués qui assistent à une gay pride un peu corsée, je n'imagine pas le choc (un baiser homosexuel choque/gêne encore ma mère, alors que c'est la femme la plus gentille du monde !). Pourtant, en s'asseyant à table avec un/une homo pour discuter, je ne pense pas qu'il y ait cette réaction (ma mère aime beaucoup un de mes amis homo) - ça devient purement idéologisé s'il en est ; et ce serait un symptôme. Ensuite, il y a des degrés de sensibilité, de pudeur - et pas systématiquement d'homophobie. On peut être un peu gêné : le bécot en public impose une intimité à autrui. Si c'est trop sexué, des gens réagissent. Mais il y a des baisers chastes pour lesquels il est un peu déplacé de s'offusquer (au point de balancer de l'eau, par exemple). Les témoignages de tendresse et d'amour, comme tu dis, on devrait être content d'en voir entre humains. Ils ne sont pas du registre sexuel et ceux que ça dérange devraient se poser des questions. ======= Où tu lis ça ? ===== Nein. Si tu prends le terme au sens strict et décrète que l'homosexualité concerne juste un choix d'acte sexuel, tu réduis la question. Volontairement, les anti-homosexualités réduisent la question à la sodomie masculine. C'est flagrant dans les "excuses" de Christine Boutin qui accable l'homosexualité mais pas les homosexuels. Elle fait un déni de tout ce que représente le choix de s'assumer homosexuel. C'est un changement de rapport social, c'est un changement identitaire assez fort pouvant même aller jusqu'au communautarisme (pourtant, ils ne baisent pas entre eux !). "Homosexuel" est finalement lui-même un terme réducteur. C'est comme si on définissait un/une hétéro par sa seule capacité à pénétrer un vagin ou à recevoir un pénis. Nous avons bien deux cases de statuts sociaux, psychologiques, sexuels,... Preuve en est qu'un homo n'est pas simplement homo quand il fait l'amour : il est marqué dans sa totalité par son orientation sexuelle. On le juge au-delà du simple rapport sexuel parce que ce n'est pas juste "un hétéro qui choisit d'enfiler un mec". Voici l'homo de Savonarol ! :p (ça vaut aussi pour les filles mais j'ai la flemme d'écrire un/une à chaque fois.)
  14. Elle a déjà donné assez de caution à son public habituel. Le but d'un politique étant de rallier et fédérer le plus de gens possible derrière son combat, on ne peut pas mettre de côté l'hypothèse qu'elle essaye de racoler au-delà de ses frontières habituelles, sans doute portée par le courant Manif Pour Tous/Printemps Français/Civitas et peut-être même insensibilisée à la portée de son message par son propre entêtement idéologique. Politique = profiteur. Et si elle compte racoler quelques fachos au passage, en tant que politique, elle aura surement la décence de faire l'hypocrite. Le but est le racolage. Les politiques surfent sur les tendances, sont opportunistes. Valls ne s'adresse pas à sa clientèle habituelle : il flagorne. Idem pour Hollande qui tentait de rabattre large du gauchiste dans son giron. Le dessein de Boutin ? Rassurer une frange dure des religieux et capitaliser sur ce qui s'est déclenché avec le Mariage Pour Tous. Euphémiser le terme abomination en prétextant qu'elle parle de religieux à religieux, d'ailleurs, ça ne me convainc pas vraiment. Ils vivent dans le monde. Ils savent la teneur d'un terme - surtout que les politiques sont formés à la communication.
  15. C'est vraiment pinailler. Dans toutes ses variations, "abomination" reste un terme extrême. Le contexte peut être modulant mais concernant Boutin, il revêt des allures de jugement moral violent. Sans même parler de l'écho donné par la Manif pour tous et -pire- les satellites les plus haineux qui gravitent pas loin. Même du point de vue unique de la morale religieuse, "abomination" est extrême. En tout cas, ce mot a une histoire linguistique et il est employé pour décrire l'indicible, l'horreur absolue, le dégoût ultime. ====== Dans les débats à charge sur l'homosexualité, j'ai remarqué que tout ce qui relevait du sentiment entre deux personnes était souvent soit ignoré, soit tourné en dérision "bisounours-l'amour-résoud-tout". A chaque fois, ça me donne l'impression d'un déni d'humanité particulièrement déplaisant.
  16. Je n'appelle pas ça un échange en bonne intelligence mais aller au combat. :smile2: De toute façon, l'homophobie est une sorte d'enfermement dans un hermétisme anxieux/méprisant/haineux. C'est dur de dialoguer quand se sont dressé de telles barrières idéologiques. Dur d'avoir envie de dialoguer et dur de faire entendre des choses. C'est pas une anecdote : c'est bien le sujet, Boutin et son dernier " fait d'arme de liberté d'expression ".
  17. @ Savonarol : la réaction normale d'une femme qui se rend compte de ce qu'il fait, c'est la surprise, la gène, le mécontentement - et peut-être le rire, l'indifférence ou la rancune ensuite. Fafaluna n'est pas en train de projeter une névrose (sauf si elle avance que ces femmes ont vécu ça comme un véritable viol). Hé ! C'est ma métaphore ! :D Et puis j'ai parlé "d'oreilles d'ânes porno". Bien sûr que ça a un petit côté sadique de tourner en dérision quelqu'un à son insu. Et le fait de mimer une scène porno (pour moi, il ne mime pas un viol ou faire l'amour mais bien du porno) apporte une ampleur qui peut-être mal perçue. Je trouve que ça ajoute aussi encore plus d'absurdité, d'incongruité. L'incongru fait rire. C'est ça qui m'a fait sourire, en tout cas, mais parce que j'ai la capacité de mettre de côté l'imagerie du viol, le mépris de la femme et compagnie (sans faire de déni de la question). Pourquoi j'y arrive ? Parce que je prends Rémi Gaillard pour ce qu'il est : un bouffon absurde mais pas mal intentionné. Il faut trouver pourquoi les gens rient (il y a de bonnes et mauvaises raisons) et pourquoi ils se scandalisent (à tort comme à raison). On en apprend sur les auditeurs et l'état de l'imaginaire collectif. Si on estime que Rémi Gaillard est vecteur "déculturel" (je pense qu'il l'est parfois), c'est la question de sa responsabilité en général qui est soulevée. Mais peut-on exiger d'un mec qui annonce faire n'importe quoi de prendre une responsabilité d'éducateur qu'il n'a pas demandée ?
  18. Bein, je ne demande rien non plus... Comme ça on est quitte ! Caravage a l'intelligence de ne pas se braquer sur ça. Je témoignais juste de la différence entre les petites incompréhensions/circonspections/gênes/dégoûts que les gens peuvent encore ressentir... et l'homophobie, la vraie, celle qui devient haine et idéologie. L'un ne mène pas forcément à l'autre. Les homophobes comme Boutin font du tort aux homos mais aussi aux simples gens qui sont juste un peu gênés, surpris par l'homosexualité et contre lesquels je vois les défenseurs de la cause gay se braquer de plus en plus vite. Ces gens, ils faut accueillir leur incompréhension avec indulgence parce que le rejet ou la provocation peut les entraîner vers des trucs homophobes comme Boutin. Bref, que les homos et homos-friendly ne jugent pas systématiquement - et vice-versa. Pour info : je ne suis pas homophobe, je suis à l'aise avec tout ça, j'ai déjà embrassé des mecs pour voir (dégueu...), et surtout j'ai des amis homos (:D) - qui ne me dégoûtent pas en tant qu'individus, même quand ils s'embrassent. A la base, je n'aime pas trop non plus voir des hétéros se rouler des pelles en ma présence. Je trouve ça impudique. Je dois être un peu prude. Si c'est deux hommes, le fait de voir deux bouches entourées de barbe me fait un effet un peu plus accentué. Mais un baiser plus chaste, ça ne me fait rien. Mais je n'ai jamais empêché personne de s'embrasser. Ah si, une seule fois mais c'était un couple hétéro qui faisait ça juste à côté de moi, bruyamment, alors que je voulais dormir. ==> fin de ma parenthèse personnelle On peut s'identifier à un des protagonistes, comme il est facile de s'identifier au mec qui embrasse la fille. C'est plus de l'identification et de la projection que de l'empathie, oui. Quand je vois un couvreur très à l'aise prendre des risques à 6m de hauteur, je m'identifie aussi et je n'aime pas trop. Comme la sexualité est quelque chose de très intime, j'imagine qu'on ne peut pas réprimer tout ce qu'on ressent. On fait avec. Il y a un problème quand on en arrive à être dégoûté du concept même d'homosexualité, de l'idée d'y penser ou de je ne sais quelle souillure morale. Boutin, elle est certainement à ce degré pour en faire un tel combat. ======= Je viendrais jeter du riz sur votre impudeur linguale ! :D ====== Tu insinues qu'éprouver de la gêne ou un léger dégoût à voir deux hommes s'embrasser est une preuve de puérilité adolescente ? C'est un jugement rapide et prétentieux. Le chemin est différent pour un homo et un hétéro. Les premiers naissent dans un monde aux normes encore largement hétérosexuelles desquelles ils s'émancipent, mais ils y ont été habitués. Beaucoup d'hétéros évoluent dans un monde hétéronormé sans autant d'accoutumance à l'homosexualité - qui reste une minorité. On doit faire un "coming in" à notre tour, entrer un peu dans ce monde. Comme un blanc qui n'aurait jamais vu de noir (qui lui serait habitué aux blancs) : il faut une période d'adaptation. Et tout le monde n'a pas l'opportunité de fréquenter des homos. J'imagine que pour des cathos comme Boutin, ça doit être un autre monde. D'où tous ces fantasmes alarmants.
  19. Petit rappel utile : merci de discuter courtoisement et sereinement, en évitant les attaques personnelles.
  20. "moi qui suis parfois sollicitée pour chanter le Curé de Camaret en imitant Edith Piaf"

    Je veux voir ça au moins une fois dans ma vie avant de mourir ! :D

  21. Oui, je comprends tout à fait qu'on puisse être choqué. Je ne remets même pas ça en cause. Chacun réagit avec ses grilles de lecture, ses priorités, sa sensibilité. Là où je vois des "passantes anonymes", d'autres vont lire "objetisation de la femme à l'état de viande sexuelle". La lecture absolue n'existe pas. Pour ma part, je n'impose pas ma vision. J'essaye de moduler celle des autres en relevant qu'en occultant certains points on fait un déni de second degré, une exagération de la gravité du message envoyé par la vidéo. Oui, c'est idiot de dire ça et ça dédouane l'idiot de toute discussion plus sérieuse. Il y a un temps pour la dérision et un temps pour le sérieux et sur le net, les gens aiment bien parler de façon inconséquente, irresponsable et violente. Souvent, sur Youtube, les commentaires sont plus fascinants que les vidéos pour sonder la mentalité de nos congénères. D'ailleurs, Rémi Gaillard a dû se prendre des coups de pied aux fesses à faire ses âneries. C'est la réaction normale. Et c'est un fondement de ce genre d'humour "je fais chier autrui". Du coup, c'est trop facile de traiter les gens de coincés ou de connards : il est évident que c'est un comportement que même les partisans de Gaillard n'accepteraient pas facilement. Egalement hypocrite ou ignare, donc. J'ai dû lire trop vite mais je ne fais pas de déni de la surprise. C'est un mode opératoire de certains violeurs. MAIS, le viol par surprise (et sans soumission par la force) implique un état de la victime dont on peut profiter... qui n'est pas l'état dans lequel sont les victimes de Rémi Gaillard. Les femmes sont conscientes et éveillées, juste inattentives. C'est très en public, en plein jour. Ce qui me fait dire que même dans la pire des lectures, le message n'est pas aussi dangereux et odieux qu'on peut le penser, il n'a pas à proprement parler le comportement du violeur. On reste dans l'absurde, le comique. Les oreilles d'âne façon porno. Oui, c'est le premier truc qui m'a dérangé : Rémi gaillard est populaire chez les jeunes et cette vidéo diffuse clairement une imagerie porno qui, pour moi, ne relève pas de la culture du viol (quoique...) mais qui véhicule une idée ouvertement machiste, sexiste et dégradante. C'est donner une mauvaise image du sexe et c'est banalisé par la société porno actuelle. Ensuite, sur le fait de perpétrer des actes sexuels ou des simulacres sexuels à l'insu des gens, c'est évident qu'il y a toujours une part du public qui n'est pas apte à mesurer consciemment tout ce que ça implique. Qu'on le prenne trop au sérieux ou qu'on fasse un déni de l'écho que ça peut avoir, qu'on rende tout dérisoire, c'est aussi un mal du siècle. Faire un gag sur ce sujet, comme on le voit, c'est loin d'être facile et ce n'est pas "parce que les gens sont des frustrés". Si le gars ne sait pas se défendre plus que ça, il mérite amplement d'être critiqué au-delà de sa vidéo. Arrête de dire pareil que moi. :D Evidemment. Quand ce sont des sujets qui nous touche directement, c'est dur d'avoir de la distance. Pour ma part, je ne pense pas que ça ait une grande influence sur les gens border-line. Je pense plutôt que ça peut nourrir le sexisme ordinaire, la main aux fesses et les petites obscénités envers les femmes - ainsi que la liberté de le faire. Ce fond culturel paillard sexiste. Couplé au culte de la surenchère, à la désempathie d'autrui, et à la sur-communication, on peut en arriver à un mélange bien imbécile. Y'a beaucoup de gens sexistes qui en s'en rendent même pas compte. Cette vidéo ne les aide évidemment pas. Ensuite, comme on est dans la supputation de comment des gens vont percevoir le truc, on peut aller du plus alarmiste au plus indifférent/inconscient et faire 100 pages de sujet de forum dessus ! Je pense que même la mauvaise lecture n'est pas aussi dangereuse que certain(e)s l'avancent parce que justement ils enlèvent certaines données et n'y voient qu'un viol simulé. Je pense que la plupart des abrutis rient parce qu'ils savent même confusément qu'il y a transgression et que le contexte n'est pas normal. C'est qu'il y a donc encore quelque chose à sauver. (Mais je suis optimiste, même envers les idiots.) Et comme effet collatéral, ça aura permis de lancer débat et confrontation, d'opposer les adeptes du tout dérisoire à des réactions réelles. Reste maintenant à éduquer les masses... ========== Banaliser = inciter indirectement, non ? En posant une pierre à l'édifice de la culture du viol. C'est ce qu'on reproche à la vidéo car on sait que ça peut trouver écho dans des esprits limités ou peu empathiques. ======= : Qui peut me dire ce qu'est un viol ? - C'est forcer une fille à avoir du plaisir. C'était une réponse d'un ado lors d'une journée de sensibilisation à la maltraitance. Et ça montrait à quel point certains peuvent avoir une vision presque idéaliste du viol. C'est en fait une vision totalement horrible, égoïste, sexiste et tellement naïve qu'elle en est inhumaine. Tu sais quand même faire la différence, entre violer et faire l'amour, non ? Ce n'est pas simplement la forme qui change : - le viol n'est pas une relation, déjà : c'est une agression d'une personne sur une autre, dans un seul sens. - il ne procure pas de plaisir sexuel (pour la victime) ou pas de plaisir normal (pour l'agresseur qui jouit de faire souffrir, de dominer et d'humilier - et sans consentement de l'autre).
  22. Suite de l'actualité des sondages : http://www.forumfr.com/sujet596598-popularite-hollande-au-plus-bas-valls-demarre-en-fanfare.html#entry8920730 Au passage : un ton plus courtois et serein est demandé. Merci.
  23. Je refuse ce chantage qui dit que puisqu'on ne vit pas l'expérience en tant que femmes, ça nous soit inconnu, ou même partiellement inconnu. Que certaines choses puissent nous échapper ne nous empêche pas de saisir l'essence même de ce qu'est une humiliation quotidienne sexiste à divers degrés et ambiançant quasiment tous les pans de la société. On vit dans le même monde. Ça dépend donc aussi des sensibilités individuelles. C'est ce que j'ai dit déjà deux fois : cette vidéo cristallise des trucs et devient une sorte de défouloir à la violence ordinaire subie par les femmes. Et la critique est d'autant plus forte parce qu'on sait dans quel société sexiste on vit. ========= Il parodie un comportement de pervers, oui. Comme il en fait un objet de rigolade, il le banalise en quelque sorte. L'erreur est de penser que les spectateurs vont forcément rire de façon sexiste, au dépend des femmes "humiliées". A vrai dire, pour moi, c'étaient des passantes anonymes et j'y ai vu un mec faire l'imbécile dans des illusions de coït assez absurdes. Ce n'est pas hilarant mais j'ai eu un petit sourire et "qu'il est bête !" a dû me venir à l'esprit. Parce que si tu peux surprendre quelqu'un, c'est dur de commettre un viol sans contrainte violente (physique, ou morale) ou alors avec des drogues. Le viol, ce n'est pas qu'un effet de surprise. On peut commettre des attouchements, des intrusions inacceptables qui relèvent de l'agression sexuelle, par surprise. Ici, c'est un simulacre de coït ET un jeu d'optique. Dans ma conception, j'ai du mal à mettre ça sur le même plan de sérieux et de gravité qu'une vraie agression ou même une volonté de banaliser l'attouchement, le viol et le mépris de la femme. Tu peux voir ça comme un violeur furtif, mais ça dénote d'une lecture trop dramatique, une interprétation biaisée. Il n'exprime pas vraiment de comportement de violeur. C'est une caméra cachée où il propose des simulacres de scènes pornos et le principe de la caméra cachée est justement le non-consentement préalable. Mais ce principe n'est pas guidé par les mêmes intentions que celles du violeur, les messages qu'envoient sa gestuelle non plus, ni sa réaction immédiate quand il se fait grillée (il arrête). C'est ça qui m'a fait dire "bon enfant". C'est du niveau de faire les oreilles d'âne à quelqu'un, dans l'intention. Ce problème n'est pas imputable à Rémi Gaillard personnellement. Ça ne m'étonne même pas qu'il s'empêtre dans une défense niaise : il est l'enfant d'une société de la transgression d'autrui. Si on n'arrive pas à faire de lecture sereine de cette vidéo, ou de lecture non sexiste ou clairement second degré, c'est que le problème est déjà là. Or, ce gag existe. Ce n'est pas plus agressif que d'arroser quelqu'un par surprise à mes yeux - c'est la connotation sexuelle et les associations d'idées que ça provoque qui rendent la chose trouble. C'est de l'humour bête. :D ===== Il y a la ruse, la menace, le chantage... mais pour moi ce sont des contraintes violentes. Comme il le fait, je n'envisage pas qu'on puisse réussir à se faire sucer par une femme ou à la pénétrer avec son sexe juste par la surprise. C'est ce qui rend d'ailleurs la vidéo légère : il ne simule pas la violence ET son acte ne ressemble pas à ce que ferait un pervers normal par surprise (attouchements voire attouchement intrusifs, frottements, gestes obscènes souhaitant être vus,...) En fait, toutes les caméra cachées sont des viols de consentement. Ici, c'est une caméra caché à connotation sexuelle, d'où les réactions amplifiées. ====== Je ne dis pas le contraire. Un simulacre d'acte sexuel sur des personnes à leur insu. Pas un simulacre de viol ou un viol virtuel, même si c'est clairement un attentat à la pudeur -même sous couvert d'humour. Pédé, ça dépend qui le dit. Pour bonasse également. Mais j'estime que ce genre de sorties balancées dans la rue par des inconnus, qui plus est en groupe, c'est du mépris dans les deux cas (homophobe ou sexiste). Et généralement, les gens qui te sortent ça ne te disent pas ensuite que c'est pour faire une vidéo mais ils sont premier degré. Et évidemment, un vrai pervers qui ferait ça, c'est un degré plus haut que la simple invective. Il implique des gens dans une scène porno de rue en utilisant un angle de caméra et l'inattention. C'est absurde et si ça ne te fais pas rire, ça ne veut pas dire que ce n'est pas drôle pour d'autres. Et ça ne veut pas dire que c'est drôle uniquement pour des attardés sexistes ou crypto-sexistes.
  24. Voir deux mecs se rouler une pelle virile, je trouve ça dégueu sans être homophobe puisque j'apprécie de voir deux femmes faire ça, pour des raisons purement hétérosexuelles. Après, ça ne concerne que mes goûts. Être homophobe, c'est commencer à idéologiser ce dégoût et proclamer l'abomination. C'est vouloir empêcher les autres de faire des choses, ou simplement d'être ce qu'ils sont. Les arguments sont moraux, en général, ou exagérément alarmistes et partiaux. Et le ressenti est érigé comme raison.
  25. Je ne dis pas non plus "connaître mieux les femmes qu'elles-mêmes". Je ne généralise même pas : j'essaye d'apporter plus de nuance. J'ai juste un avis qui n'est pas exactement dans le sens du courant (cibler, condamner, accabler) sur cette vidéo et je trouve que ton insinuation relève du même chantage. Je suis en train de te mansplainer, là ? :D La vidéo de Rémi Gaillard, ça ne relève pas du harcèlement de rue - même si ça peut faire écho. Si on me faisait ça, je saurais faire la différence avec une véritable agression, même juste symbolique. J'ai surtout l'impression que sa vidéo cristallise toutes les brimades sexistes que l'on vit au quotidien et que ça se déverse, surtout à cause des réactions pour le coup vraiment sexistes de spectateurs excluant totalement la question. On est obligé de faire le parallèle avec le sexisme ambiant puisqu'il est très fort. " On ne sait pas ce que c'est ", c'est faux. En tant que mecs, on a une perspective différente sur le sexisme et donc des perceptions différentes. On ne saura pas tout ce que ça représente pour une femme. Est-ce disqualifiant ? Et est-ce d'ailleurs certains ? Certaines femmes ont intériorisé le sexisme et des mecs sont parfois plus acérés. Et être au contact de femmes usées/blessées par le sexisme, être témoin de blaireaux qu'on doit remettre à leur place et qui ne pigent rien, voir la société y verser encore, faire le parallèle entre d'autres humiliations et celles vécues par une femme, tout ça est possible. Les femmes n'ont plus ne peuvent pas décréter savoir les limites de perception des hommes sur le sujet. Beaucoup d'hommes modernes font un gros travail de mentalité, justement, qui rend très sensibles à la question. Après, les procès, il faut les faire de façon proportionnée (c'est la disproportion qui me dérange plus que la critique de la vidéo, qui mérite de l'être). ========== Forcément, si on se borne à lire cette vidéo comme une apologie du viol, une mise en scène valorisant le viol et un vecteur de mépris total de la femme, on trouve ça grave. Parce que ces sujets sont graves. Mais c'est une lecture incomplète et trop ciblée. Je ne lis pas un viol dans les actes qu'il mime. Il ne mime pas la soumission, ni la contrainte violente. Il se place juste en position de coït. C'est grossier, irrespectueux et roublard puisque ça se fait à l'insu de la personne, mais on n'est pas dans le viol ou l'apologie du viol. Apologie d'un certain machisme de l'imagerie porno, oui. Et le contexte, l'obligation d'avoir des autorisations et le passif de Rémi Gaillard désamorcent la gravité. Ce n'est pas "totalement irréprochable" mais pas "totalement condamnable" non plus. On ne peut pas mettre une croix à tous les chefs d'accusation que j'ai vu défiler dans ce débat. Ce n'est pas banaliser. C'est sûr que c'est loin d'être une vidéo éducative. C'est dans l'air du temps -individualisme et réification d'autrui - qui gangrène la société et aussi l'humour. On rit beaucoup aux dépend des gens, au dépend des femmes surtout. La société individualiste et consumériste nourrit le sexisme. Il ne faut pas attendre après un Rémi Gaillard pour faire quelque chose contre. ========== Mais est-ce qu'elle valide vraiment la banalisation du sexisme ? Bientôt, tout comportement grossier d'une personne envers une autre sera taxé de sexisme par le simple fait d'opposer un homme et une femme. S'il avait fait ça sur des chiens, ça aurait été tout aussi bête, graveleux et irrespectueux mais on n'aurait pas parlé d'apologie du viol et de vecteur sexiste. S'il y a des réactions aussi implacables sur cette vidéo, c'est parce que le problème réel est très fort et pesant, voire dramatique. Est-ce qu'il rajoute une dose de gravité ? Je ne trouve pas. Il ne fait pas avancer la cause féministe, c'est sûr. A moins que le fait de se faire dénoncer soit un moyen de populariser ce débat sur le respect de la femme, l'objet sexuel, le viol, etc... Ceux qui pensent que ça n'a aucune importance ni conséquence, ni écho gênant, ce sont des ânes sans empathie mais effectivement, il faudrait leur parler. Dommage que Rémi Gaillard ne prenne pas ce débat en main pour parler à son public, souvent jeune, et faire le point sur le sexisme aujourd'hui. C'est bien ça le plus affligeant. Ça pose la question de cet humour moderne très cynique et méchant, où la limite entre vraie agression et second degré absurde est chamboulée (par exemple, les trucs du genre "mort aux roux ! ") et donne lieu à de gros écarts de perceptions. Trangresser juste pour transgresser. Rémi Gaillard n'est qu'un symptôme finalement assez peu offensif de toute cette culture de masse, qui englobe le sexisme. Dans notre société humainement malade. Mais là, ce n'est plus du tout du Rémi Gaillard... Au pire, on peut imaginer que des jeunes un peu bêtes vont imiter le gag. Là, leur éducation reste à faire s'ils ne savent pas trouver la limite du respect de l'autre. Et être éduqué, c'est surmonter les mauvais comportements, savoir s'arrêter à un moment. Si une personne n'est pas capable de percevoir la limite à cause d'une vidéo idiote, le problème existe déjà. Si les gens n'ont que Rémi Gaillard comme vecteur d'éducation, c'est aussi un problème. D'autant que le mec annonce dans son slogan "faire n'importe quoi ". Pour le ressenti, non, je ne me fais pas mettre la main au paquet. Je ne peux pas imaginer totalement ce qu'est un corps de femme, comment ça se vit au quotidien, etc... Mais l'humiliation, je conçois. ========= Ah oui... Et pourquoi il n'a pas plutôt mis un seau d'eau au-dessus d'une porte pour qu'il tombe sur les gens qui l'ouvrent ? :D Si l'argument est "il aurait dû faire un autre gag", "il aurait dû faire autrement", c'est autre chose. Mais le principe d'un truc qui se fait à l'insu, c'est justement de se passer de l'autorisation préalable. Et c'est différent d'un viol parce que les objectifs ne sont pas les mêmes, ni les limites franchies. C'est pour ça que le parallèle entre le gag-surprise fait à l'insu et le viol qui se fait contre le gré de la personne ; ce parallèle est mauvais et abusif. Savoir faire la différence entre le gag et l'agression, quand bien même le gag n'est pas très respectueux et même salace, ça me paraît sain. Et puis, Rémi gaillard fait de la transgression. Comme les jackass et toute cette mode de débilos. Si on sait où est la transgression, c'est qu'on a une vague idée de la limite. Quelles limites Gaillard franchit-il vis-à-vis de ses femmes ? Limite physique ? Non. Limite intime ? Non plus, en fait. Limite du respect général, de la pudeur et de la bienséance ? Oui. Dans quelle mesure est-ce acceptable/inacceptable pour un gag ? Je note aussi qu'il se met également en position ridicule... parce qu'on ne parle que des victimes mais c'est quand même la honte de faire des trucs comme ça en public. Je suis certain que ça participe au truc également, l'attente de le voir se faire griller et là gène qui en découle. Si c'était un vrai porc, il continuerait même en étant vu et là, ça irait plus loin.
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