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Arkadis

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Tout ce qui a été posté par Arkadis

  1. Il y a dans ce fil tout ce qui caractérise notre civilisation occidentale. Le "sujet" construit une représentation du monde qui lui convient. Tout son effort tend à une représentation mentale du monde qui lui apporte le maximum de satisfaction. C'est un travail totalement tourné sur soi, qui ne concerne que le sujet, que lui. Un observateur extérieur à notre monde, qui ne comprendrait pas notre parole, ne ferait pas de différence entre ce sujet et une buche. Aucun effet extérieur, social. Cela n'intéresse pas le sujet qui n'est intéressé que par son confort intérieur, son harmonie intérieure. Le sujet sort des mots, art, philosophie, science, qui ont un "effet ", provoquent un ressenti chez lui, sans que lui même sache pourquoi il connait un tel ressenti. Les mots sont employés en fonction de leur effet émotionnel, sentimental, c'est tout. Cette recherche absolument tournée vers soi est nécessaire certes, mais cette recherche ne peut concerner que l'individu, lui seul. Que les autres soient conviés à contempler une démarche absolument personnelle est en définitive décevant. Contempler quelqu'un en train de se caresser, ok, mais celui qui se caresse devrait à mon avis être discret. Notre civilisation fait la part belle à l'exposition de soi, à une sorte d'exhibitionnisme qui appauvrit la vie sociale, celle ci n'étant plus tenue pour rien, il n' y a plus que cela comme souci social : contempler moi, en train de jouir de mes propres représentations éminemment intimes. Je veux bien croire que, lorsque nous nous approchons de la mort nous tendons à figer en soi une représentation du monde, mais tout le monde va mourir bon sang, que chacun tente de maitriser ses angoisses sans déverser sur les autres des représentations qui ne peuvent être vraies que pour l'individu qui les pense. Nous avons déjà du mal à construire, dans notre intimité, nos propres vérités sans devoir en plus se coltiner celles de ceux qui ne veulent respecter en rien notre intimité.
  2. Arkadis

    Philosophons

    Certains développements actuels, en philosophie, ici, deviennent de plus en plus étriqués. Ils ne s'agit plus que d'une certaine philosophie, grecque, exclusivement, avec un appauvrissement constant puisqu'il ne s'agit plus que d'une philosophie centrée sur une représentation totalement égocentrée du monde. Cette vision étriquée part du personnage Parménide, intéressant certes, mais profondément narcissique : il n' y plus au monde que le philosophe, seul, sans aucun souci de quiconque, au contraire "quiconque" , l'autre, pourrait le distraire, face aux dieux, ou, quand il n' y plus de dieux, face à lui-même et à ses seules représentations. Ca part de Parménide ca se termine avec Heidegger, très, très étriqué tout cela, plus question de s'intéresser même à la philosophie anglo-saxonne par exemple (forcément conne) , il n' y a plus qu'une philo sectaire, qui s'enfonce dans l'emploi de mots qui ne réfèrent progressivement plus à rien. Ca se termine en essences, en essence des essences, en essence des essences des essences, c'est carrément névrotique à force de vivre dans une boucle, toujours la même, c'est à la fin la recherche dans les mots d'une vacuité qui pourrait peut être les libérer d'eux mêmes. C'est l'enfermement. Et quand ces philosophes enfermés sortent de leur anfractuosité ils se mettent à déverser une mauvaiseté étonnante sur le monde, il leur faut une cible à mépriser, à haïr, un peuple même à vomir, quand ce sont pas les Israéliens, ce sont les Russes , quand ce ne sont pas les Palestiniens ce sont les Ukrainiens, parfois ce sont les Américains, les Iraniens, etc. etc. il y a un lien avec leur pensée étriquée et névrotique et leur besoin de mépriser l'humanité, c'est l'humanité qu'ils méprisent quand ils choisissent de mépriser un peuple. Leur philosophie est une philosophie de l'avarice, de la non générosité.
  3. Nous créons des concepts puis nous croyons que ces concepts sont de même nature que les choses perçues, cet arbre devant moi par exemple. Et les concepts sont rangés parmi les choses perçues. C'est étonnant cette confusion que les mêmes font pendant dix, vingt ans, qu'ils feront toujours comme si des sillons profonds s'étaient creusé dans leur cerveau, ils ne peuvent plus en sortir. Le mot temps n'a pas toujours existé ou pas toujours été employé pour décrire nos subjectivités. Nous pouvions jadis parler d'ennui, d'enthousiasme, d'ivresse, etc. bref de sentiments. Maintenant il y a référence au mot temps pour parler des sentiments. Ennui : le temps me parait long, effondrement de toute poésie, effondrement dans la petite volonté de puissance du petit homme. La grande lutte moderne contre le sentiment, contre la sensibilité, contre tout ce qui ne peut pas se mettre sous des concepts, mais que le quidam enrage à enfermer dans le concept, je veux parler de ces mots créés par l'entendement. Et la référence à Einstein pour parler de tout, au lieu de le cantonner là seulement où ce qu'il dit vaut : la physique. Car le reste franchement...l'abandon de sa femme, l'abandon de son fils malade mental, l'abandon de sa petite fille, olé olé vive Einstein, le nouveau Jésus, prince moderne de l'égoïsme affectif, cette nouvelle valeur cardinale.
  4. Arkadis

    Philosophons

    En faisant le point, à partir d'un effort d'écriture, je m'aperçois qu'il existe des familles culturelles fondamentales très contrastées dans la communauté humaine qui sont même premières par rapport aux familles culturelles historiques. Les familles culturelles qui tentent actuellement de s'imposer sont celles qui se concentrent sur les mots, sur le langage indépendamment de l'action. Ce clivage entre un discours et une action sans rapport avec le discours est étonnant. Il est possible qu'il existe depuis que l'homme s'est sédentarisé ou encore depuis que fut inventée non pas le langage mais l'écriture. Non que l'écriture conduise forcément à ce clivage, mais elle peut y conduire. L'étonnement pour certain enfant/adolescent qui construit une représentation du monde à l'aube de sa vie provient de ce constat : il ne pense pas comme pense son milieu. Il n'interprète pas de la même façon. Il peut même aller jusqu'à interpréter la pensée du "maitre" contre l'interprétation même que ce maitre a de sa propre pensée. Il ne s'aperçoit de ce phénomène que par opposition, il se retrouve en opposition sans le vouloir. Ce retour sur les origines permet aussi de relativiser le trauma. Ce dernier ne rend pas compte de tout. Il existe des déterminations plus mystérieuses qui me conduisent à penser qu'il existe bien "quelque chose" dont il apparait impossible de rendre compte en conscience. Il existe un au-delà de la conscience, laquelle reste "blottie" au sein d'une réalité déterminante qui la dépasse.
  5. Arkadis

    Philosophons

    Que la vie soit un épisode bref de l'histoire de l'Univers lui paraissait être une hypothèse crédible. A vrai dire plus il y pensait plus cette hypothèse lui paraissait vraie. Des œuvres humaines il ne resterait rien. Tout ce foisonnement d'idées était simple agitation bactérienne dans un marais qui finirait par s'assécher. L'Univers continuerait sa route indifférent à la disparition du vivant mais quel Univers, sachant que l'être humain n'a pas même accès à la réalité de cet Univers ? Pourtant, au même moment, P. sa belle fille américaine attendait que vienne au monde Baby Boy comme elle l'appelait, là bas, à Milwaukee. P. était resplendissante, elle portait l'humanité dans son ventre. Alexis en était bouleversé. Mais comment concilier la venue de l'enfant et sa représentation d'un monde dont toute vie serait tôt ou tard exclue ? Il se disait qu'il existait quelque chose qu'il ne percevait pas. Une existence inconnue qui ne dépendait pas de cet Univers. Un autre Univers parfaitement impossible à connaitre qui faisait son chemin là, avant de s'en aller. Alexis lui- même était une expérience, l'expérience de cet Univers autre en celui-ci. Nous étions tous expérience de cet Autre ici.
  6. Arkadis

    Philosophons

    D'un côté les physiciens s'appuient sur le second principe de la thermodynamique pour annoncer la mort de l'univers, de l'autre les astrophysiciens s'appuient sur l'expansion de l'univers pour en annoncer la mort, aussi. De quelle mort s'agit il ? Celle de la vie. "On va tous mourir" dit Riazuelo dans le "Futur de l'Univers" mais Keynes l'avait déjà dit. "Le vivant disparaitra bien avant l'Univers". "La vie n'est qu'un épisode assez bref dans l'histoire de l'Univers". Dans la représentation de l'avenir que se faisait désormais Alexis non seulement il rencontrait sa propre mort, mais aussi celle de l'humanité, et encore celle de toute vie. Il lui apparaissait difficile d'intégrer dans cette représentation de telles perspectives. "Si tout ce que j'entreprends est voué in fine à la destruction puis-je encore entreprendre ? Si j'entreprends quand même alors l'entreprise ne peut pas trouver sa justification dans les fins mais dans la source, ce jaillissement issu de l'existant, non dans ce qui va exister, comment nommer ce jaillissement ? Désir éventuellement" Comment le désir est-il possible dans un univers dont il est inéluctable qu'il en vienne à l'éteindre ?
  7. Arkadis

    Philosophons

    Quelques semaines plus tard, après que cette idée noire lui vint, ce fut plutôt un sentiment qu'une idée, l'humanité disparaissant, il franchit le seuil de la grande salle de l'hôpital Saint-Louis où reposaient les malades, à perte de vue, sans cloisons entre les lits, exposition lourde d'une communauté sans intimité de souffrants. Il alla direct jusqu'au lit où était allongée sa mère atteinte d'un cancer dont il n'était plus possible de guérir. Dès qu'elle le vit elle lui fit savoir qu'elle avait quelque chose d'important à lui dire, vite. " Alexis il faut que tu le saches, l'humanité est une erreur, elle va disparaitre, et Dieu n'existe pas" Elle lui dit cela d'un trait , inquiète d'être interrompue, d'ailleurs le frère ainé et la petite sœur arrivaient, elle se composa un visage souriant, ils s'approchèrent prévenants, tandis qu'Alexis se retirait, l'abandonnant à la fratrie, il les entendit discourir sur la foi et Dieu et les prophètes, l'affirmation par la mère d'une inébranlable foi. Il partit, il maugréait. "Pourquoi me laisses tu cela en héritage, mère, cet horizon noir alors que tu maintiens les autres dans une fable consolatrice ?" Il était en colère contre elle, elle lui laissait comme souvent le soin de reconstruire un sens au monde, si c'était possible ( que ce fût impossible elle n'en avait de toute façon rien à faire) après avoir tout détruit. Dans les années qui suivirent il lui vint de recourir aux phosphorescences de philosophes ou de religieux, il est vrai tous adeptes des sectes grecque ou catholique, il s'aperçut qu'aucun, qu'aucune, n'avait jamais rien bâti qui tint compte de cette hypothèse : la mort de l'humanité, encore moins de cette autre hypothèse : la mort (thermique) de l'univers. "Cela dépasse leur esprit, dit Alexis à sa compagne" Elle lui répondit "Les esprits des Simples, c'est ainsi qu'elle appelait les goys, qu'elle appelait aussi les païens, ne sont pas tels qu'ils disposent d'un esprit apte à contempler certaines hypothèses".
  8. Arkadis

    Philosophons

    Justin, le lycéen qui a tué au couteau une jeune fille et blessé trois autres lycéens, a envoyé un manifeste, par mail, aux élèves de son lycée Notre-Dame-de-Toutes-Aides, école catholique privée sous contrat, à Nantes (99 pour cent de réussite au bac, plus de 80 pour cent de mention). Ce manifeste est construit à la manière d'une dissertation, intitulé "L'Action Immunitaire" avec trois parties, l'écocide globalisé, l'aliénation sociale institutionalisée, le conditionnement social totalitaire. Il y a une pièce jointe (écrite dans une police autre) qui contient le tableau de Pieter Brueghel l'Ancien : le Misanthrope, suivi de cette annotation (écrite du temps de Brueghel) : Parce que le monde est si perfide / Pour cela je vais dans le deuil. Brueghel critiqua le fanatisme religieux de son époque. Quant à ce tableau nous y voyons un vieillard misanthrope, dont l'avenir parait sombre (son chemin est parsemé de clous) et surtout il y a accroché à ses basques, un enfant, ou un adolescent, en train de lui voler la bourse, mais ce n'est pas sa bourse, c'est le cœur du vieillard. Le misanthrope se fait voler son cœur. Il y a d'un côté la révolte d'un adolescent, écrite dans un langage convenu, il y a d'un autre côté un adolescent rejeté du monde, qui a le sentiment que son cœur lui est volé. Il y a une histoire d'amour. Ca se passe en 2025. Soixante ans plus tôt, Alexis écrivait des pamphlets incendiaires dans le journal intime qu'il venait d'ouvrir, il s'en prenait à son professeur de français, à HIV. Il finit par l'attaquer de face, par l'intermédiaire des dissertations dont il se servait pour exprimer sa révolte. Il écrivait des poèmes violents dans lesquels des adolescents, tous vêtus de noir, descendaient dans les rues, abattant les passants avec des armes de poing. Il collectionnait des tableaux divers, surtout ceux de Van Gogh et de Gauguin, il voyait même dans les tableaux de Gauguin, la guerre. Il connaissait des émois de cœur, il était fasciné par les femmes qu'il voyait derrière les portes vitrées, sourire aux hommes de l'autre côté du trottoir, et le regard tendu de ces hommes le fascinait aussi. Il suffisait de descendre la rue Saint-Jacques à partir de Panthéon, de traverser la Seine pour se retrouver dans les quartiers sombres, même le jour, où se montraient, déesses dévêtues surgies d'un autre monde, les péripatéticiennes. Deux époques différentes, mais une même révolte. La différence : il n' y avait pas passage à l'acte comme maintenant. Le passage à l'acte pour lui c'était d'affronter le professeur en pleine classe, c'était aussi de partir, de faire l'école buissonnière, c'était marcher seul le long des routes, c'était vouloir accompagner jusqu'en Afrique l'homme aux semelles de vent dont le poème, Le Dormeur du val le fascinait, même les amours d'Arthur lui plaisaient, entre les étreintes rudes des Violons de l'automne jusqu'à l'espérance d'un avenir féminin, dans la lettre du Voyant.
  9. Arkadis

    Philosophons

    La première fois où je pensai que l'humanité pouvait bien disparaitre, date d'il y a longtemps, bien avant tous les problèmes actuels. Il me semblait, ce jour là, alors que je remontais le boulevard, près de la tour Saint Jacques, à Paris, que l'humanité ne savait plus où aller. Qu'elle s'encalminait, sans savoir quelle direction prendre, qu'en fait elle ne désirait même plus avancer, le désir de vivre s'éteignait. Nous étions, nous, les enfants des pays développés arrivés dans une impasse, un désert. Les pays moins développés pouvaient encore désirer atteindre notre position, ils étaient encore motivés. Puis ils s'éteindraient eux aussi. L'humanité allait disparaitre, parce qu'elle ne désirait plus exister. Les femmes cesseraient de désirer enfanter, les hommes cesseraient de vouloir transmettre. Je me souviens que je me suis affolé. Que sans doute la vie existait ailleurs, sur d'autres planètes, que l'humanité allait certes disparaitre, mais que la vie jaillissait ailleurs. Et je me dis qu'aujourd'hui cet espoir partagé par tant d'humains que le vie pourrait bien exister ailleurs que sur terre, relève de cette conscience encore peu affirmée que l'humanité, en effet, désire disparaitre.
  10. Le seul truc un peu lucide écrit dans tous ces exposés c'est finalement ce truc prêté à Platon : "Nous sommes les jouets des dieux" Ce sont bien nos errements mentaux qui fabriquent nos philosophies variées. Variées autant que le sont nos errements singuliers. Celui là ça va être Dieu, cet autre ca va être la Matière, cet autre encore le Nombre, ou cet autre encore va écouter la Pythie, la porteuse du délire, donc la porteuse de la Vérité. Mais si nous pouvions plus délirer nous ne pourrions plus vivre.
  11. Il y a vraiment des trucs que je ne devrait pas lire, mais tant pis, c'est lu, du coup c'est la colère, autant l'écrire cette colère, pour m'en débarrasser. Parce que ce matérialisme évolutionniste c'est le manifeste de l'IA, costaud celle là, incarnée maintenant dans des humains (t'es forte toi IA). La pensée donc grâce à la science, nous savons que c'est un produit de la matière, super, ya plus qu'à fabriquer des neurones artificiels et zou nous aurons une pensée encore plus super que celle des neurones ratés organiques actuels. Bon les algorithmes sont certes encore pensés par des humains aux neurones poussifs et ratés mais ca va s'arranger, les machines font fabriquer elles-mêmes des super algorithmes. Ouf, la perfection enfin. Bon pour parvenir à la perfection il va falloir quand même maitriser les mots, hein, yen a marre de ces gens qui donnent aux mots des sens qui varient, sont ils bêtes ces gens là, ils foutent le bordel en plus dans les relations sociales. Non un mot c'est un sens, un seul, va falloir se discipliner hein, d'ailleurs ya une batterie de linguistes qui bossent déjà pour assigner à un mot un seul sens, comme les signes mathématiques qui renvoient à un seul sens aussi dès lors que l'on affine sans cesse ces signes mathématiques jusqu'à des axiomes élémentaires (ya un problème quand même souligné par Gödel, faut sans cesse inventer des axiomes pour qu'un système soit parfait, c'est à dire pour que tout soit démontrable, que tout soit décidable, il est emmerdant ce Gödel). Donc le matérialisme évolutionniste c'est la science, la science c'est la mathématique, lla mathématique c'est l'IA, enfin arrive la perfection. La science incarnée dans l'IA, elle-même toujours en évolution, va ainsi déboucher sur la société parfaite, absolument harmonieuse. Super. Le sentiment ? Pas de problème, lorsque les mots seront enfin mathématisés, lorsque le cerveau des gens encore imparfaits sera cartographié on inventera des IA qui diront aux sentimentaux ce qu'ils veulent entendre. Car que veulent les sentimentaux, hein ? C'est entendre ce qu'ils attendent d'entendre. D'ailleurs ya qu' à voir : les gens, ils adorent discuter avec l'IA, vu que l'IA on peut pas faire plus mièvre et en plus ça dit ce que nous voulons entendre. Cela dit que les gens adorent discuter avec l'IA sans s'apercevoir qu'on ne peut pas faire plus creux, cela en dit long sur le renoncement à vivre ambiant. Bon parfois le renoncement ça repose, comme boire un coup de trop, ou fumer un joint de trop, mais faut aussi savoir sortir du renoncement comme des addictions. Par moments s'enfuir c'est bon, mais pas trop longtemps quand même. Et les émotions au fait ? Pas de problème, quand on aura remplacé les neurones imparfaits des humains par des neurones parfais il n' y aura plus d'émotions, en attendant, on va créer des cages à émotions dans lesquelles elles seront enfermées, ces cages ce seront les Arts, super. Le matérialisme évolutionniste a tout prévu.
  12. Il est possible que la philosophie occidentale sombre carrément dans la maladie mentale. Avec Platon il y a encore une humanité avec Mario Bunge il n'y a plus rien d'humain. Les hommes, sexe mâle, s'acharnent à détruire le sentiment, peut être faut il y voir une lutte totale contre le féminin puisque c'est au féminin que nous prêtons encore le sentiment. Avant qu'il n' y ait plus de sentiment du tout.
  13. Arkadis

    Ballades

    C'est donner le pouvoir à l'autre, l'autre décide ainsi que j'en ai décidé, je garde le pouvoir. Mais il est possible aussi que l'autre prenne le pouvoir sans que j'en ai décidé. Il peut en résulter une confusion extrême selon la manière dont l'autre exerce alors le pouvoir.
  14. Tiens j'apprends maintenant que j'ai des penchants pour les enfants. J'aurai décidemment tout lu. Hier j'étais le fils d'une mère violée par les mongols, maintenant voici que certains me prêtent des mœurs perverses. Finalement je crois que j'apprécie de susciter autant de violence, de nature toujours sexuelle. L'enfant violé mâle finit toujours par être l'accusé. Je suis donc l'accusé. Bon je suis de mauvaise foi, celui là me hait pour d'autres raisons que des raisons sexuelles. La haine sociale finit par aveugler.
  15. Arkadis

    Ballades

    Emporté par un élan incontrôlé, il déclara à l'aimée : je veux que tu sois comme j'ai décidé que tu sois. L'aimée se fâcha et lui tourna le dos.
  16. Arkadis

    Philosophons

    Les deux chaines, la chaine athée et la chaine Dieu sont structurées selon le principe des sectes. Il y a une Idée phare, puis des personnalités marquantes, qui font autorité, puis les disciples qui prêchent. Les deux Idées phares sont la Matière et Dieu. Les maitres sont d'un côté les scientifiques et les philosophes et de l'autre ce sont les prophètes. Du côté des athées les rapports avec les maitres sont plus commensaux. Il est possible de discuter avec le pote Platon, ou Hegel c'est sympa, avec Spinoza c'est encore mieux, lui c'est le brave type qui meurt en taillant ses diamants. C'est plus difficile du côté de Moïse ou de Esdras, pas commodes les prophètes. Encore que Jésus est sympa aussi. Il faudrait aujourd'hui intégrer aussi l'Islam, bon je verrai (Mahomet n'est pas un mec facile tout de même). Bref dans ces deux sectes il y a donc les maitres et les disciples. Puis il y a les masses que les disciples instruisent. Les disciples s'emploient par exemple dans le forum mais aussi un peu partout dans les media ou les universités. Ce sont des bénévoles souvent, sympa. Il y a dans ces sectes le DISCOURS, la Parole. Tout s'organise autour de la Parole. La Parole gère tout. Les rapports humains, la morale, le sens... Le sens. Là est le grand enjeu. Celui qui dit le sens a le pouvoir. Celui qui a le pouvoir a la jouissance, ce n'est pas rien. Celui qui a la jouissance a l'ivresse, et dans l'ivresse la mort se dissout, formidable. Les chaines sont causales, et la causalité ça rassure, enfin ça rassure le plus grand monde. Le déterminisme rassure, enfin ça rassure le plus grand monde. Je pars de la matière par exemple et hop tout s'enchaine. Bon faut pas rêver non plus ça s'enchaine certes mais faut bosser pour découvrir la chaine. Ya plein de gens qui bossent dans des bureaux et des labos, qui écrivent des tas de livres, ce sont les têtes, ce sont les disciples. Le fidèle de base, lui (ou elle) n' a plus qu'à lire, parfois ce sont des piles qui s'amoncèlent, faut avoir du temps donc, en plus il faut aussi savoir lire. Donc le fidèle ce n'est pas un con non plus, n'importe qui ne peut pas être un fidèle. Sous les fidèles il y a la masse, bon faut faire avec. Dans la secte il est possible de trouver un apaisement à ses angoisses, les structures hiérarchiques sont en effet rassurantes, on s'y sent moins seul. Et puis la matière veille à tout, les molécules du gène assument l'essentiel, sympa le gène. C'est dans la définition du sens que prend place la mort. Dans la secte Dieu c'est rodé depuis longtemps, il y a l'âme, qui se tire du corps à la mort, elle s'en va dans les Elysées, la vie éternelle, super. Mais attention faut se tenir à carreau pendant la vie sur terre, sinon direct l'enfer. Donc il reste tout de même l'angoisse, pas intérêt à s'écarter des règles de la secte. Du coté de la matière il y a la science qui vient couronner la philosophie. Problème : la science est encore un peu prise de cours, elle permet aux aveugles de voir, aux paralytiques de marcher, mais elle ne permet pas encore aux morts de ressusciter, mais ça va venir. Ce qui est angoissant c'est de mourir maintenant alors que dans quelques années il sera possible de ne pas mourir. Ca c'est super frustrant finalement. Rater de si peu l'immortalité c'est vraiment pas de chance. Heureusement il y a l'essor des mathématiques. Et ca c'est super, car les maths alliées à la physique (si possible quantique) détruit les notions de passé, de présent et d'avenir. Tout est présent, même l'avenir. Si je vis présentement je vis donc tout le temps. Super, tout de même les mathématiciens se sont des têtes. Ce qui est chiant c'est qu'il semble tout de même que les gens meurent autour de soi. Bon ils sont nuls en maths aussi. Dans toutes ces affaires ce qui règne c'est le langage. La magie du langage. Le fétichisme du mot. Ce qui me fascine, à tire personnel, c'est que je lis ici des développements mathématiques uniquement verbaux (sans chiffres faut le faire) qui résolvent tout. Le locuteur ne sait pas résoudre un problème de math de terminales scientifiques mais il sait tout. Fascinant. Le Verbe règne. A titre personnel le règne du Verbe scientifique ou déiste m'angoisse à mort. Et je me dis qu'il est bien possible que ceux qui manient ainsi le Verbe soient eux aussi angoissés à mort. Bon finalement je reste avec mon angoisse. La matière m'indiffère, je ne sais pas ce que c'est. Dieu me laisse perplexe, je ne sais pas qui il est. En plus je n'ai pas le caractère à m'inscrire dans une chaine hiérarchique.
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