Aller au contenu

Arkadis

Membre
  • Compteur de contenus

    436
  • Inscription

  • Dernière visite

Tout ce qui a été posté par Arkadis

  1. Arkadis

    Philosophons

    "Que la relation soit plus fondamentale que le concept de matière" formule que je vois écrite dans un fil sur l'identité, est une hypothèse posée et commentée depuis les débuts de la physique quantique. Mais avant cela nous avions déjà eu l'avantage de lire Kant, de comprendre que nous connaissons le monde non en ce qu'il est mais à partir de ses effets, soit à partir de la relation. Le grain de poussière que je perçois n'est pas un grain de poussière en soi mais l'empreinte d'un réel, inaccessible, en moi. Le cerveau que j'observe et que je décris n'est pas le cerveau en soi, mais l'empreinte en moi de quelque chose qui est certes là mais qui reste toujours inaccessible d'accès. Je remarque à quel point les esprits ou les cerveaux restent formatés par l'ancien monde quand je lis ici ou là que la pensée de Kant serait caractérisée par les seules catégories de l'entendement qui rendraient le monde intelligible. Retour en force de l'intelligible c'est à dire de la possibilité (et du rêve) de comprendre le monde directement par les idées, exit le monde sensible. CRP je cite : "Sans la sensibilité alors l'objet ne nous serait pas donné". Le réflexe, inconscient il est vrai, d'exclure la sensibilité (la perception sensible) comme condition d'accès à la connaissance est le rêve de tout homme un peu nonchalant, passif ou fatigué, de pouvoir comprendre le monde sans passer par l'expérience. "Il faut une vie pour commencer à s'approprier les différentes interprétations de la mécanique quantique" Ce discours étonnant me fait penser aux discours des enseignants de la yeshiva ou de la madrasa : il faut une vie entière d'étude pour comprendre la Torah ou le Coran. Nous tombons dans la nasse de l'ésotérisme, la séduction de la pensée magique. J'arrive à la connaissance non seulement par l'esprit seul, sans l'expérience, mais encore par la pratique d'une Parole réservée aux initiés. La porte s'ouvre grande devant les prophètes et les maitres, c'est la séduction de la secte et la possible promotion d'obscurs gourous. Je dénonce certes facilement les trucs des séducteurs mais je dois tout de même reconnaitre la puissance de la Tentation. S'il m'est donné de comprendre le monde par la seule puissance des idées ou de la pensée pourquoi ne pas me laisser tenter. La tentative de Stephen Hawking de fonder une théorie du Tout m'a intéressé. Mais il a vite laisser tomber. Plus subtils sont les écrits de Carlo Rovelli. Quand il écrit dans "Sept brèves leçons de physique" : "C'est là qu'arrive l'idée extraordinaire , le pur génie : le champ gravitationnel est l'espace" je tombe dans le panneau. Je n'ai pas vu l'emballage (l'idée extraordinaire, le pur génie : c'est un préambule mis en œuvre pour mettre la belle dans son lit) et j'y crois, à ce qu'il dit. Avant de me rendre compte que non l'espace n'est pas le champ gravitationnel. Carlo finit par exposer une théorie qui lui est propre et qui explique tout, formidable. Certes rien ne corrobore sa théorie pour l'instant mais qu'importe. Pourtant même si sa théorie est juste elle ne parviendra pas à satisfaire. Comment se fait il qu'une théorie du Tout, même prouvée, ne parvienne pas à satisfaire ? C'est que toute totalité inclut certes l'univers entier sauf malheureusement celui qui pense le Tout, lequel reste désespérément à l'extérieur du Tout qu'il a pensé (bonjour Spinoza). Comment faire en sorte que ma théorie du Tout finisse par m'engendrer sans que je m'en aperçoive ?
  2. Arkadis

    Philosophons

    Je vous remercie. Désolé de vous répondre si tard mais je suis dans un lieu où l’Internet est difficile d’accès. Je serai plus tranquille pour écrire la semaine prochaine.
  3. Je reviens sur cette différence de durée entre Mars et la Terre, en fait j'interviens surtout pour moi-même, pour bien préciser les choses pour moi-même. Je suis sur Terre. Quiconque se trouve en altitude (par rapport à moi) voit le temps passer plus vite, autrement dit ses horloges avancent plus vite que les miennes. Cela est un effet de la gravité (l'accélération). Mars est encore plus en altitude par rapport à moi. Quelle que soit la gravité sur Mars, la gravité de la Terre est moindre, dans ses effets, sur Mars que sur moi, qui suis sur Terre. Sur Mars les horloges vont plus vite que les miennes qui suis sur Terre. Mais là attention, l'observateur est sur Terre pas sur Mars ! Je suis maintenant sur Mars. Même raisonnement. Sur la Terre les horloges vont plus vite que les miennes qui suis sur Mars. Et là encore attention, l'observateur est sur Mars. Si je m'extrais des référentiels je me dis : ça c'est dingue, les horloges vont à la fois plus vite et moins vite, c'est fou. Mais il est impossible de s'extraire des référentiels (nos positions respectives d'observation). C'est ça qui trouble, nous ne pouvons pas atteindre l'absolu en nous affranchissant des référentiels, de nos postes d'observation, il est impossible d'être ici et ailleurs en même temps. Ce n'est possible que dans l'imaginaire. Notons que l'effet de la gravité est le contraire de l'effet de la vitesse. Un vaisseau qui passe à tout allure devant moi, bien fixé sur Terre, voit ses horloges aller moins vite que les miennes. Un satellite qui se déplace dans l'espace à 20 000 kilomètres d'altitude, à 14 000 kilomètres à l'heure, vieillit moins vite compte tenu de sa vitesse. Mais vu qu'il se trouve à 20 000 kilomètres d'altitude il vieillit plus vite. Il y a intérêt à faire de bons calculs et de ne pas se gourrer de signe dans les additions si nous voulons correctement communiquer avec le satellite (avec le gars qui se trouve dedans).
  4. Il faut bien comprendre que nous pouvons imaginer aussi une expérience prenant comme référentiel d'observation non plus la Terre mais Mars. Positionné sur Mars nous pouvons aussi imaginer une expérience menée sur Terre et nous trouverions aussi que nous savons enfin à quelle vitesse s'écoule le temps sur Terre (pour nous les Martiens) et nous trouverions que le temps s'écoule plus vite sur Terre. Donc nous constaterions que le temps s'écoule plus vite sur Mars, une fois positionné sur Terre, et plus vite sur Terre une fois positionné sur Mars selon les expériences menées. Il n' y a pas de temps absolu.
  5. Quand l'âge vient l'angoisse de la mort devient plus vive. Pouvoir ou croire pouvoir fuir dans le futur adoucit l'angoisse.
  6. Il y a peut être autre chose que cette question de sensibilité. Il est possible que chacun naturellement se pense le centre du monde. A mon avis c'est impossible de ne pas avoir ce point de départ. Je suis le centre du monde, je suis le référentiel absolu. Si je ne peux pas me défaire de cette position : je suis le centre du monde, je peux tout de même me dire : je suis le centre d'un monde dont je suis le centre, c'est à dire je suis le centre de mon monde. Cela me permet de me défaire de ce sentiment : je suis le centre du monde. Je réfléchis à cela quand je vois les dialogues sur le conflit Ukraine Russie. Chacun se pensant le centre du monde, et non pas de son monde, chacun pense qu'il a raison, qu'il est l'absolu. Du coup celui qui ne pense pas comme lui ne peut être que de mauvaise foi ou émaner du Mal, car comment penser autrement que ce que l'absolu nous indique ? Cela me rappelle un journaliste qui raconte ses dialogues avec des chauffeurs de taxi. Il s'est rendu compte que chaque chauffeur ne peut pas penser que son passager puisse penser autrement que lui. Le chauffeur croit qu'il pense l'absolu. Quand il pense il dit le Vrai, forcément. C'est ce qu'il se passe dans certains dialogues ici.
  7. Dire : "A quelle vitesse va le temps sur Mars" est en effet aberrant. Le temps n'a pas de vitesse. En plus la vitesse est elle-même fonction du temps et de la distance. Mais bon c'est une façon de parler littéraire, absolument pas scientifique, mais qui tente de faire comprendre ou qui veut faire comprendre que les durées d'un même évènement ne sont pas les mêmes sur Mars et sur Terre. Cela joue tout de même à la marge cette différence de durée. L'expression "écoulement du temps" expression également littéraire signifie que le quidam ressent le temps comme une réalité absolue, vraie et identique à elle-même partout dans l'univers. C'est le temps absolu. C'est vrai dans notre quotidien mais dans certaines circonstances tout de même marginales c'est faux. Mais si c'est faux dans des situations marginales alors c'est faux même quand nous pensons qu'il existe un absolu du temps. Si je reviens à l'attitude scientifique ce que je peux noter c'est que les durées indiquées par les horloges ne sont pas les mêmes, pour un même évènement sur Mars ou sur Terre. Le scientifique se fonde sur des réalités tangibles, observables, et non pas sur ses sentiments. Nous en arrivons alors aux référentiels. Si je me donne toujours pour discipline d'être un scientifique (observation du réel, pas de sentiment) alors je remarque que, dans le référentiel de la Terre, les durées ne sont pas les mêmes que dans le référentiel de Mars. Il ne s'agit plus d'écoulement du temps en soi. Reste donc que, pour un même événement, nous aurons une durée différente dans le référentiel Terre et dans le référentiel Mars. Si je me situe dans le référentiel Terre, alors je verrai telle durée de l'événement, mais dans le référentiel Mars, si je mesure la durée de l'événement donné j'observerai une autre durée. Même événement : deux durées. Comme je ne me rends pas compte que je suis dans le référentiel déterminé Terre je crois que le temps ne s'écoule pas de la même façon sur Mars. Illusion du sensible. Ce phénomène casse l'absolu du temps Einstein lui même dans son essai : "L'évolution des idées en physique" butte sur cette réalité. Il nous fait un dessin, où il juxtapose un vaisseau immobile et un vaisseau qui se déplace à une vitesse donnée (constante pour simplifier) et il dessine des horloges qui finissent par ne plus donner la même indication bien qu'à l'origine du dessin les horloges respectives sont synchronisées. Et là c'est étonnant : Einstein se demande si les horloges ne seraient pas affectées dans leur mouvement par la vitesse. Donc lui aussi il a du mal. Aujourd'hui nous savons que le rythme des horloges n'est pas affecté par une vitesse constante (vitesse relativement à un autre référentiel dit immobile puisque la vitesse, ca n'existe pas non plus en soi). J'ai mis du temps à comprendre l'erreur d'Einstein. Son dessin, il est IMPOSSIBLE qu'il corresponde à une réalité, son dessin n'est possible que dans l'imagination. C'est comme s'il dessinait, dans le même dessin, les trajectoires d'une même balle qui tombe des mains d'un homme dans le train, vu du train (référentiel train), et vu du talus, référentiel talus. Les deux trajectoires, une droite et deux segments paraboliques ne PEUVENT pas coexister dans la réalité. Nous voyons là la dure contrainte de la position de l'observateur (le référentiel). Il y a compréhension aujourd'hui des effets relativistes certes mais il y a pas compréhension SENSIBLE. Notre sensibilité (les ressentis) s'est construite pendant des millénaires dans un environnement où les effets relativistes n'avaient aucun influence sur notre vie réelle. Notre sensibilité est en retard et nous ramène sans cesse vers l'absolu de temps et de l'espace. Il faut vraiment pratiquer une sacrée gymnastique d'esprit pour influer sur sa propre sensibilité. Les plus jeunes y arriveront grâce à un enseignement précoce de la relativité. Les plus âgés ne parviennent pas à changer leur sensibilité. D'où toutes ces aberrations sur le temps qui s'écoule plus ou moins vite ici ou là, aberrations que nous retrouvons souvent même chez les scientifiques, qui, heureusement se soumettent aux mathématiques dans leur travail, mais continuent de dire souvent n'importe quoi quand ils ne sont plus assujettis aux contraintes de leur travail.
  8. Arkadis

    Philosophons

    Il y a tout un travail à faire sur les notions de je, je suis, moi, le cerveau... Il y a à l'origine (Jean 8:58) Jésus. Jésus leur dit : En vérité je vous dis : Avant qu'Abraham fût, je suis". Cette phrase faisant écho à cette phrase de l'exode : Dieu dit à Moïse : je suis celui qui est. Et il ajouta : C'est ainsi que tu répondras aux enfants d'Israël : Celui qui s'appelle "je suis" m'a envoyé vers vous. Il y a bien sûr le : "Je pense donc je suis" de Descartes. Avec le développement des neurosciences, il y a maintenant : "je suis mon cerveau" affirmation à laquelle font écho ces autres affirmations : "Je ne suis pas mon cerveau" ( Markus Gabriel et son essai : Pourquoi je ne suis pas mon cerveau) ou encore : "je ne suis pas que mon cerveau" d'Albert Moukheiber (dans son essai Neuromania). D'une manière générale les neurosciences parlent du cerveau et de "je" comme deux entités séparées. "Je regarde mon cerveau penser", "je laisse faire mon cerveau" (qui gère toute la vie du quidam grâce à la chimie et à ses drogues) mais le cerveau fait parfois des fautes de raisonnement avec ses biais cognitifs, alors Je apparais pour le corriger. Je alors fait face au cerveau. C'est assez bizarre car se pose cette question : mais où Je me trouve, si Je ne suis pas dans le cerveau ? C'est d'autant plus bizarre que ceux qui parlent ainsi sont souvent des matérialistes. Il y a Arthur Rimbaud et ses lettres du voyant : "C'est faux de dire : Je pense; on devrait dire : On me pense...Je est un autre." Ou encore : "Car je est un autre. Si le cuivre s'éveille clairon, il n' y a rien de sa faute. Cela m'est évident : j'assiste à l'éclosion de ma pensée : je la regarde, je l'écoute". Rimbaud ne se rend pas compte qu'il utilise le pronom Je avec deux sens différents. Dans l'un il s'agit de "Je est un autre" dans l'autre il s'agit de moi, du moi, quand il écrit : Je l'écoute". D'où la difficulté de traiter la question puisque nous passons d'un Je à un autre Je (moi en fait) sans même nous en rendre compte. Dans "Je est un autre" j'utilise la troisième personne du verbe être, donc Je (moi en fait) tiens le Je à distance (Je devient objet). Il y a intérêt à faire la distinction entre Je et Moi sinon on s'embrouille. Quand nous disons : Je suis déterminé (la question du libre arbitre) ce Je est le moi. Ce n'est pas le Je de Jésus quand il dit "Je suis" ou le Je de l'Exode. Concernant Jésus ou Moïse il faut sortir du religieux usuel. Les monothéismes sont des paganismes, sauf tout de même qu'au sein du judaïsme il y a des judéens qui parviennent à s'extraire du paganisme. S'extraire du paganisme c'est considérer que le Je de Jésus quand il parle est le je du chacun, chacun peut s'approprier la parole de Jésus comme étant la sienne. Il est nécessaire aussi de comprendre que lorsqu'il est écrit "Dieu dit je suis celui qui suit", cette phrase est prononcé par un scribe pas par Dieu bien sûr. Avec ces écritures nous rencontrons la culture des Babyloniens et celle aussi des Esséniens. C'est un trésor du passé malheureusement oblitéré par les païens qui font de Dieu et de Jésus des idoles. Je me rends compte qu'il n' y a qu'au sein du judaïsme qu'il est possible de rencontrer des personnes qui s'extraient du paganisme, il y a notamment les kabbalistes. Mais il y a aussi les Saducéens qui ont disparu. Les uns comme les autres ont compris pourquoi il ne fallait pas prononcer le mot, le nom de [ ] (Dieu ou Allah pour les païens). Ce n'est pas pour une question de respect c'est pour une tout autre raison. Mais les Saducéens ont dû introduire cette notion de respect parce que l'Hébreu, en général, était (est) tout aussi païen que les hommes d'aujourd'hui. Il y a aussi la possibilité de relier le moi au dasein de Heidegger l'être-là, jeté dans le monde. Heidegger à sa façon identifie aussi le Je de Jésus, ce Je est à rapprocher de l'Etre. A propos de Heidegger il a fait cette déclaration, alors qu'il n'était plus rien, rejeté en raison de son antisémitisme, en 1977 : "Seulement un dieu peut encore nous sauver. Il nous reste pour seule possibilité de préparer dans la pensée et la poésie une disponibilité pour l'apparition du dieu". Il reste chez lui l'espoir de se saisir de ce qu'il appelle dieu, il ne renonce pas. Or si Je, celui de Jésus, Moïse, Rimbaud est une réalité, alors cette réalité ne peut pas être saisie. Cela crée une tension chez les êtres humains possédés par le désir de tout saisir, de tout maitriser par le truchement de la science, de la philosophie ou de la religion. Or si le Je de Jésus est une réalité alors il est absolument insaisissable. S'il existe une réalité insaisissable nous ne pouvons alors en décider l'existence que par un acte intellectuel. Nous posons intellectuellement (intelligiblement) l'existence de cette réalité (il ne s'agit plus de l'existence usuelle) sans pouvoir la saisir ni par l'observation ni par la sensibilité. Cette pose intellectuelle ressemble à la pose de la chose en soi de Kant. C'est parce que la chose en soi n'est pas saisissable (c'est une construction intellectuelle) que tous se cassent les dents dessus, tous étant possédés par la volonté de tout saisir, de tout maitriser.
  9. Arkadis

    Impressions

    Il arrive parfois qu'en pensant à la possibilité d'écrire sur le forum (sur ou dans le forum ?) je me trouve inspiré. A chaque fois je me demande pourquoi. J'essaye alors de déterminer à qui j'écris, qui se trouve dans le forum. Je ne trouve pas. Je finis par me dire que le forum est devenu pour moi un sas entre deux mondes. Un peu par hasard, parce que l'ai pratiqué assidûment, à un moment. Un sas à la mode des mondes inquiétants de Lovecraft. A supposer que ce soit un sas à qui j'écris alors ? Je tombe sur cette remarque faite par Nathan Wachtel dans sa conférence au Collège de France (Histoire et Anthropologie des sociétés méso-et sud-américaines , le 2 avril 2024) : "L'écriture 'est pas faite au service de ceux qui sont présents mais de ceux qui sont loin dans le temps et séparés des écrivains". Je me suis demandé si je n'écrivais pas à quelqu'une de mes origines, Sofia, ou Sophia (Sonia) qui vivait jadis à Kertch, mais qui sait, qui sait si je n'écris pas à l'un de mes descendants, Camille, qui vient de naitre, lui est Américain. Qui que ce soit à qui j'écris je ne risque pas de le voir me répondre ici. Pourtant je fais comme si...Comme s'il y avait vraiment communication. Même si je n peux pas espérer une réponse, ni de Sophia, ni de Camille. Il est probable que Wachtel a raison : l'écriture s'adresse à des êtres qui ne sont pas là, dans le présent. En fait il s'agit là d'une certaine forme d'écriture car l'écrasante majorité des écrivains occidentaux s'adressent tout de même à des gens qui sont bien là, dans leur présent. Cette écriture dont parle Wachtel est celle de civilisations disparues, celles qui vivaient jadis en Amérique du Sud (ou du Centre). Ceux là parlent toujours, et je les entends, ils m'inspirent.
  10. Je suis toujours un peu étonné quand je vous lis. Vous vous mettez dans des états émotifs qui sont nuisibles à la santé. Vous désirez de toutes vos forces que la Vérité éclate (la Pravda). C'est quoi cette Vérité ? La Vérité est que Poutine est le Mal et que vous vous exaspérez que certains osent ne pas consentir avec cette vision, ce qui prouve que ceux là sont eux mêmes contaminés par le Mal. Je suis prêt à vous suivre dans la quête de la Vérité. OK Poutine c'est Morgoth et les Russes sont les Orques (selon un foromeur ils sont même pires que les Orques car ils auraient été contaminés par les Mongols (ADN)). Supposons que tout le monde enfin reconnaisse cette Vérité. Si tout le monde acquiesce qu'est ce qu'il se passe ? Nous restons scotchés dans notre émotion ? Très mauvais pour la santé. Comment sortir de cette émotion (vive) ? L'alcool, Netflix, une salutaire marche à pied ? Je pencherai pour la marche à pied (exténuante s'il le faut).
  11. En fait quand nous tentons de nous localiser ce dont nous nous rendons pas compte, c'est que, de prime abord, nous nous situons comme étant le centre de l'Univers. Nous ne pouvons d'ailleurs pas faire autrement. Nous sommes, chacun, le centre, et nous localisons dans l'espace et le temps tout objet par rapport à nous. D'où en math et en physique l'obligation de définir d'abord un référentiel et un repère, c'est à dire un centre et des dimensions, centre avec lequel nous allons, sans même nous en rendre compte, coïncider, pour pouvoir commencer à penser. L'acte de penser se déploie dans une autre dimension dont le centre (nous) coïncide avec le centre du repère choisi. Il y a bien une autre dimension. Puisque chacun est le centre mais que chacun est distinct de chacun, alors l'univers de chacun est distinct de l'univers de chacun, nous avons chacun notre univers. "Chaque vaisseau a son temps" écrit Einstein dans son petit livre sur la relativité, et je peux compléter ainsi : chaque vaisseau a son espace. Chacun a son espace et son temps. Du coup cela donne raison à Bergson. Le point de départ de Bergson est le même que celui de chacun mais il en reste là, à son ressenti. Il refuse d'objectiver quoi que ce soit à partir de cette expérience intime du temps et de l'espace. Or il est possible d'objectiver quelque chose grâce au truchement des mathématiques. Bien sûr cette "objectivation" est toujours un artefact, ok, mais il se trouve que cet artefact, les mathématiques, nous permet de maîtriser certaines choses, les éléments inanimés dirai je. Il est mystérieux qu'un artefact puisse saisir quelque chose du réel (inanimé) mais c'est comme ça. Bergson refuse d'entrer dans le monde d'Einstein alors qu'il pourrait le faire, il a les compétences pour cela. Peut être que Bergson refuse de reconnaitre que chacun a son espace et son temps, peut être qu'il croit que son ressenti, quant à l'espace et le temps, est un universel. Peut être qu'il veut tenir la position de l'absolu, là où Einstein introduit la relativité, là où Einstein brise l'absolu. Quand je regarde le mouvement de ma pensée je m'aperçois que moi aussi je me révolte contre la relativité du temps et de l'espace, je tends à établir sans cesse un absolu. La relativité du temps et de l'espace engendre une révolte. Il est inacceptable de penser qu'un jumeau vieillit moins vite que l'autre et pourtant...oui il vieillit moins vite que l'autre quand il se tire je ne sais pas où à la vitesse de la lumière (ou presque) et qu'il revient voir son frangin. Bergson refuse cela. Bon il est vrai que la relativité du temps n'est manifeste qu'à des vitesses de l'ordre de la vitesse de la lumière ! Il est donc normal que cette relativité du temps nous ne l'acceptions pas dans notre vie quotidienne vu qu'elle n'est jamais manifeste.
  12. Arkadis

    Philosophons

    Votre façon d'écrire, de philosopher illustre toute la distance qu'il y a entre le philosophe littéraire qui joue avec les mots et le philosophe scientifique qui tente toujours de rester dans le strict cadre de l'observation. En tant que littéraire vous employez des mots : étant, moi, a priori, Mien, conscience de Soi etc. qu'aucun scientifique n'accepte de prendre tels quels. Tous ces mots, chez vous, sont remplis de sentiments, de ressentis qui vont sont propres. Il semble en outre que vous êtes surtout intéressé par l'établissement d'une domination personnelle sur l'autre. Pourquoi pas d'ailleurs, une telle intention n'est pas un péché ! mais votre façon de dominer met souvent mal à l'aise, elle réfère à Sade parfois, dont vous êtes d'ailleurs un apôtre. Descartes est un scientifique, Kant aussi et ils avancent avec humilité. Ils partent de l'expérience du vécu, et cette simplicité vous n'en voulez pas. Le vécu, comme première expérience, l'existence ressentie comme en fait l'expérience Sartre avec la racine dans le parc, cette simplicité là ne vous va pas. Einstein dans son exposé de 1905 part humblement d'horloges, il explique la correspondance entre l'indication d'une horloge et un évènement tout aussi banal que l'arrivée d'un train en gare, c'est d'une simplicité absolue, ABSOLUE, et pourtant à partir de cette simplicité il découvre des réalités inouïes. La simplicité la plus dépouillée, y compris dans l'emploi des mots, est à mon avis, la condition première de toute exploration ayant quelque chance d'aboutir à des découvertes.
  13. Ce principe de formation que vous appelez Créateur est en fait la Causalité. Vous remarquez empiriquement qu'une action en entraine une autre. Vous découvrez empiriquement la causalité. Puis vous remarquez qu'il y a des causalités "mauvaises" pour l'être humain. Donc il faut faire attention à la causalité. Par exemple si je me jette du premier étage la gravité aura pour conséquence que je vais me fracasser, je vais souffrir. Si je traverse la rue sans regarder je risque d'être écrasé, je ne respecte pas les conditions (causalité) lesquelles peuvent donc devenir défavorables. En définitive vous êtes un athée, un matérialiste qui parvient à diviniser son athéisme en divinisant la Causalité. Un athée qui fait de l'être humain le centre de l'univers. Si cet être humain respecte la Causalité alors non seulement il ne souffrira pas mais il deviendra aussi éternel. Vous êtes un transhumaniste ou un posthumaniste mystique.
  14. A titre personnel cet article sur les arbres m'intéresse énormément. Il n'est pas sûr que seul le "dispositif" humain puisse engendrer un ressenti, une intelligence, une conscience. Du coup notre relation que nous pensons "obligée" entre cerveau et sensibilité est possiblement une vision fausse. Cela ouvre des voies jusque là inexplorées. Mais cela remet aussi en cause cette idée, que je pense fausse, que l'être humain, est une espèce "élue". L'espèce humaine disparaitra, Dieu et les Idées aussi donc disparaitront, et cette hypothèse, notre disparition, si nous sommes capables de la tenir, malgré l'effroi qu'elle engendre, nous permettra de mieux comprendre ce que nous appelons : la vie, en cessant d'être focalisé sur notre seule espèce. Nous ne sommes peut être pas le Centre du monde. (Il n' y a peut être pas de centre).
  15. Les arbres ont une « conscience de soi » et une sensibilité
  16. Je n'ai lu votre message que ce matin, en général je ne lis pas les réponses ou alors je prends le temps car il ne m'est jamais arrivé ici de rencontrer quelqu'un qui cherche à réellement comprendre ce que l'autre écrit. Du coup lassé j'écris sans plus dialoguer. Je suis agréablement surpris par la concision de votre écriture. Cela dit je vais revenir sur le "je", plus tard dans un autre message, mais d'une manière beaucoup plus pratique que philosophique : est il possible de "vivre" "je" ou "moi" là, à l'instant, dans ce moment infinitésimal qu'est le présent ? Je pense que oui mais c'est très malaisé car nous tendons sans cesse à objectiver le "je" ou le "moi" et le langage lui même nous égare. Dans cette recherche dynamique je trouve certaines choses étonnantes qui rejaillissent sur certains problèmes de la physique, qui sont toujours en suspens, mais qui ne sont pas travaillés car la résolution de ces problèmes n'est pas utile dans le déroulement de la technique mathématique. Cette tentative de localisation du "je" qui échoue sans cesse a aussi des conséquences sur les travaux relatifs à la conscience : ces travaux n'avancent pas, je viens de lire ce constat d'une chercheuse en neuro. Le problème est toujours le même : comment objectiver la conscience alors que c'est toujours elle qui étudie la conscience objectivée. Comment connaitre le "moi" ou le "je" (notez l'article qui indique bien le piège du langage) alors que c'est toujours "moi" ou "je" en mouvement qui observe. "Je" cherche à observer "je" mais le premier "je" est mouvement, est vivant tandis que le deuxième est objet, immobile, mort. J'ai dans mon esprit la vision de la pierre qui attient sa cible, je suis alors dans le vivant, le mouvement, je tente d'objectiver cette vision dans une droite dessinée, et je perds le mouvement, je perds la vie, et la pierre n'attient plus sa cible (Zénon). Il est donc impossible d'observer l'observateur en ce qu'il est puisque l'observateur est vivant tandis que l'observateur étudié, objectivé est mort. Nous ne nous rendons pas compte que nous passons du mouvement à l'immobilité, du vivant à la mort, nous ne parvenons pas à saisir la vie car nous la tuons dès que nous voulons la saisir. A ce propos j'ai lu récemment une chercheuse en biologie qui écrit qu'il est impossible de définir la vie. Il y a des centaines de définition et toutes échouent. Dans l'acte de définition même de la vie nous perdons la vie que nous tentons de saisir. Je reviendrai sur ces thèmes. Bonne journée.
  17. Si ce ne sont pas les Français qui se jettent sur les dindes ce seront leurs chiens. Le jour où vous trouverez des dindes sauvages se promenant dans des lotissements français appelez moi. Il y a une autre raison pour laquelle vous ne verrez jamais ce que vous pourriez voir dans le Wisconsin : les Français se barricadent derrière des murs, des clôtures, donc vous ne risquez pas de voir des volatiles sauvages se promener chez vous, pour cela il faudrait que vous laissiez vos jardins ouverts, ce que font les Américains, ce que vous ne faites pas.
  18. Il y a environ un mois je me promenai dans un vaste lotissement de Green Bay, une ville du Wisconsin, où habitent les beaux parents de l'un de mes fils. J'étais étonné par l'ampleur des terrains, des milliers de m², l'absence de haies, la présence de bois entre les maisons, elles mêmes vastes, souvent de simple rez de chaussée (avec un basement parfois), de lacs, d'espaces verts, et d'animaux sauvages, biches, oies sauvages, écureuils et...Et un troupeau de volatiles imposants que je n'arrivai pas à identifier. Ce troupeau se baladait tranquillement dans les jardins des maisons, personne ne les poursuivait, il faisait partie du paysage. Je pris une photo et le beau père m'expliqua que c'étaient des dindes, Turkey en Americain. Je fus surpris, comment se fait il que ces dindes sauvages survivent encore ? Il est interdit de les chasser me dit il mais par exemple en France disais je, malgré l'interdiction, un troupeau de dindes sauvages ne pourrait pas survivre longtemps dans un lotissement d'habitation, les Français les tueraient toutes aussitôt. Il m'expliqua alors que les Américains respectaient les "turkey" car sans elles les Anglais quand ils accostèrent pour la première fois en Amérique seraient morts de faim. En reconnaissance Jefferson songea à en faire l'emblème des USA mais me dit-il ce fut l'aigle qui finalement fut choisi (en fait d'aigle c'est en réalité le pygargue qui fut choisi). D'une manière générale ce respect des animaux sauvages, au milieu des habitations ou encore des entrepôts des zones industrielles dans le Wisconsin m'a surpris. En France ces animaux sauvages, dans ces endroits là, seraient immédiatement tués.
  19. Il y a un moyen pratique pour réussir à annuler toute distance entre "moi" ou "je" et toute localisation de toute intériorité c'est de se dire que tout, absolument tout ce que nous percevons est d'abord une empreinte laissée sur la trame de "moi" conscient, par une réalité extérieure. Tout. Tout démarre par cette empreinte médiatisée par les cinq sens. Mais se donner comme discipline mentale de toujours se rappeler que tout commence par cette empreinte laissée sur la trame de "moi", l'écran de "moi" ou "je" est difficile. Et nous finissons presque toujours par nous affranchir de cette discipline, ce qui produit plein de confusions ensuite. Je regarde "mon cerveau" par exemple, grâce à des méthodes d'observation modernes, et j'oublie aussitôt que ce que je vois ce n'est pas directement le cerveau mais le cerveau médiatisé par une empreinte laissée sur la trame de "moi" conscient. Le cerveau, tel que je le vois (sens de la vision), tel que je le LOCALISE, donc tel que je l'extériorise est d'abord une empreinte intime traitée automatiquement, grâce à des millions d'années d'évolution, empreinte travaillée par des mécanisme inconscients, qui me font "croire" que ce que je vois est un donné extérieur (donc localisable) immédiat. Et c'est faux. Enfin quand je dis que Kant ne fait pas de psychologie je dis qu'il ne s'intéresse qu'à ce qui est donné par les cinq sens, il ne s'intéresse pas aux ressentis tels que les sentiments ou les émotions par exemple lesquels ne sont pas véhiculés par les cinq sens. Kant part donc de la sensibilité (ce que j'appelle l'empreinte) puis ensuite il construit sa philosophie (je parle de la CRP). Mais il a raison, tout ce que je construis (concernant ce qu'il appelle l'objet scientifique) part d'abord de cette empreinte intime (la sensibilité écrit il avant de même de parler d'intuition, entendre : la sensibilité d'une membrane acoustique par exemple). En fait j'écris cela pour me "forcer" moi même à me discipliner ! car sans cesse j'oublie aussi ce point de départ : l'empreinte intime, qui n'est pas localisable, car elle m'affecte directement, sans distance. Ainsi par l'image de l'empreinte, qui vaut ce qu'elle vaut bien sur, j'annule la distance, je m'affranchis de la localisation.
  20. Votre réaction provoque en moi de nouvelles réflexions, pour moi, très roboratives ! Vous écrivez : "Toujours est-il que je trouve toujours plus commode d'identifier cette intériorité, ce lieu, au corps". Ainsi vous localisez cette intériorité dans le corps. Nous pourrions partir de l'Univers, puis converger vers la Voie lactée, puis vers la Terre, puis vers le corps. Ainsi nous convergerions vers...ce qui reste un lieu, c'est à dire un point distant de...soi. Nous pouvons aussi continuer dans cette convergence, et tendre vers une limite, tendre vers..."soi" (ou "moi", ou "je" ou...nous pouvons choisir le pronom qui convient à notre sensibilité). Je pense que, si nous atteignons une limite (faire tendre la distance vers zéro) alors nous sortirons de toute localisation, telle que nous l'entendons usuellement. Mais pouvons nous nous autoriser à atteindre cette limite (distance = zéro) ? Je vais prendre un exemple emprunté aux mathématiques. Si je calcule la somme d'un nombre n de termes d'une suite géométrique de raison q (retenons un nombre rationnel pour la raison q), positive et inférieure à un, si ce nombre n je le fais tendre vers l'infini, alors je m'aperçois que je tends vers une limite finie, vers un nombre discret. Pour moi, quand j'étais enfant (je baignais dans un milieu de haute volée scientifique) cela relevait du fantastique. Nous partions de l'infini et nous arrivions au discret, c'est à dire que nous basculions d'un monde vers un autre, tous les deux de nature différente, nous changions de monde tout en suivant un chemin linéaire (celui de la réflexion, de la pensée). Dans l'enfance la transmission se fait dans un cadre affectif et, dans le cadre affectif, nous nous autorisons beaucoup de choses. Dans ce cadre là nous ne disions pas : quand n tend vers l'infini la somme tend vers une limite finie, nous disions quand J'ATTEINS l'infini J'ATTEINS une limite finie. Ce qu'il est strictement interdit de dire dans le monde conventionnel. Dans le cas qui nous occupe il est nécessaire de s'autoriser à dire ou à penser ainsi que nous nous l'autorisons dans le cadre affectif précité : annulons la distance entre cette intériorité et "moi", atteignons le zéro. Autorisons nous à annuler toute distance. Alors il n' y a plus de localisation. Je sais bien c'est une audace coupable. Surmontons la culpabilité. Mais que se passe t il si j'annule toute distance, si je sors de toute localisation ? Je pars d'un monde spatial classique et je me retrouve "où ? "Le "où" subsiste. Allons jusqu'au bout de l'audace et de l'imagination. Se pourrait il qu'il existe une autre dimension qui permette de trouver une solution au fait d'échapper au spatial classique, à la localisation classique ? Y a t il une limite où la distance entre l'intériorité repérée et "moi" est annulée, et que se passe t il quand j'atteins cette limite, quand j'annule toute distance classique ? Je pense de toute façon qu'il est nécessaire de sortir de toute localisation classique sinon nous ne parviendrons jamais à résoudre ce fameux problème de l'intériorité et partant, de la conscience.
  21. La confusion entre le temps vécu et le temps mathématique est, à vrai dire, extrêmement tentante. Nous avons envie de confondre l'un et l'autre. Nous avons envie de penser que le temps mathématique existe en soi, indépendamment de l'esprit humain qui le pense, que ce temps agit sur le temps vécu. Ainsi il est possible en certaines circonstances de vieillir moins vite, il est même possible d'inverser le temps, le passé peut continuer d'être là dans le présent, il est même présent dans le futur, le futur est présent dans mon présent, bref...tout devient possible si j'identifie temps vécu et temps mathématique. L'espoir de Lamartine, Ô temps suspend ton vol devient possible.. Il devient possible de vaincre la mort, il devient possible de se penser immortel et même éternel si nous pouvons revenir dans le passé. Bien sûr tout cela est vécu "en pensée" c'est la manière de penser le temps, uniquement la manière de le penser qui permet de m'affranchir du temps. Mais alors que je pense le temps ou que je ne le pense pas, de toute façon si je suis en effet immortel ou éternel alors je le suis, indépendamment de ma pensée du temps. Pas la peine de passer mon temps à PENSER le temps. Alors que cherche t on quand nous cherchons à penser le temps de telle manière que nous puissions accéder à l'éternité ou à l'immortalité ? Nous cherchons à nous convaincre que notre éternité ou notre immortalité sont JUSTIFIEES. Si elles ne sont pas justifiées par Dieu alors elles pourraient être justifiées par la science telle qu'elle se développe par exemple dans la quantique, ou telle qu'elle a été développée par exemple par Gödel avec son éternalisme (il a même réussi à convaincre Einstein qui finit, sous l'influence du logicien, à penser que le passé le présent et l'avenir sont des illusions). Ne vaut il pas mieux alors carrément dire : je suis éternel ou immortel ? Ca permet de gagner du temps. Mais en fait nous n'y croyons pas vraiment que nous sommes éternels ou immortels bien que nous désirions être immortels ou éternels. Nous n'y croyons pas, du coup nous sommes obligés de passer notre vie à penser le temps de telle manière que cette pensée nous rende éternel ou immortel avec JUSTIFICATION. S'il y a une justification scientifique alors nous avons le DROIT d'y croire, c'est encore mieux que l'aval de Dieu. Pourtant si nous sommes effectivement éternels ou immortels nous le sommes, indépendamment de notre façon de penser le temps, indépendamment de notre façon de penser Dieu, ou l'âme, ou la mathématique ou la physique ou la quantique...
  22. "Ainsi se dessine la double face du moi. D’un côté, un moi profond, créateur, imprévisible, qui s’écoule dans la durée réelle. De l’autre, un moi superficiel, façonné par le langage et la vie sociale, i.e. par la réflexivité de la conscience sur elle même qui découpe, classe, fige pour communiquer. Entre ces deux niveaux, nous oscillons sans cesse, cherchant à exprimer en espace ce qui n’existe qu’en temps vécu, tension secrète où se joue toute la difficulté de nous comprendre nous-mêmes" Non, ça c'est absurde, c'est introduire une discrimination dans l'ordre des valeurs qui n'a pas lieu d'être. Il y a le "moi" qui ressent, ok. Qui a son champ de création, ok. Mais le moi superficiel, parce que façonné par le langage et la vie sociale, non il n'est pas superficiel. Il n' y a d'ailleurs pas d'existence du moi s'il n' y a pas socialisation. Le moi commence à surgir dans la relation du bébé avec sa mère. C'est la première socialisation. Sans laquelle il n' y a pas même de moi, pas même de moi profond. Ce moi, socialisé, a aussi son champ créatif. Il crée notamment les représentations mathématiques. Qui sont peut être superficielles, et elles le sont d'ailleurs, mais c'est cela le mystère : la superficialité permet de saisir le profond. La forme se saisit du fond. Le filet se saisit du papillon. Bien qu'il n' y ait aucune équivalence entre le filet et le papillon.
  23. L'expression : "acceptez de perdre vos enfants" est en effet une expression défaitiste. C'est le discours d'un homme passif. Quand Israël répond aux massacres du Hamas, les jeunes gens ne partent pas au combat en se disant : je vais perdre la vie, mais en se disant : je vais les tuer. Ils partent en conquérants. Et ils n'ont pas besoin de pères et de mères passifs et mous qui se demandent s'ils vont perdre leurs enfants. Ils agissent indépendamment des pères et des mères. Il m' a fallu trouver de sacrés arguments pour empêcher mon fils ainé de partir faire la guerre là bas. En revanche il est peu probable qu'il aille se faire tuer pour les Ukrainiens. Et si jamais il me venait l'idée de lui dire : va te faire tuer en Ukraine ou en Lituanie, comme sont en train de dire tous les "adultes" de France à leurs enfants (quand ils en ont), sans leur demander leur avis, il s'arrangerait pour quitter la France. C'est d'ailleurs ce que font les jeunes Ukrainiens aisés qui se tirent en Allemagne ou en Pologne. Idem d'ailleurs pour les Russes. Il n' y a que certains Français pour forcer leurs enfants (ou ceux des autres) à aller se faire tuer pour des peuples dont ils n'ont rien à faire. Si les Russes attaquaient la France, sur son territoire, mes enfants iraient se battre avec la rage. Mais aller se battre en Ukraine ou en Lituanie faut pas déconner. Je parle bien sûr ici du contingent. Je ne parle pas des professionnels et de ceux qui acceptent de mourir contre de l'argent (c'est ce qui se passe en Russie actuellement, où Poutine paye pour trouver des combattants. Même Poutine fait gaffe, il n' y a qu'en France qu'on trouve des gens qui prennent plaisir à envisager d'envoyer leurs enfants (du contingent) à mourir de force en Ukraine ou ailleurs. C'est dire le ressentiment de tant de gens contre leurs jeunes)
  24. Il y a ensuite la question du temps. "Le temps des horloges, succession d'instants identiques, n'est qu'un tracé, qu'une ligne, une abstraction commode. Rien de cela ne ressemble à la durée vécue" C'est évident. Bergson veut croire en l'unicité, dans sa compréhension, du temps. Or, il n' y a pas unicité, coïncidence, le temps des physiciens, qui inspire ensuite les mathématiciens, n'est évidemment pas le temps vécu. Le problème c'est que nous employons les mêmes mots pour désigner des réalités différentes. C'est pour cela qu'Einstein a renoncé à discuter avec Bergson, il a tout de suite vu que Bergson était incapable de sortir du champ dans lequel il situait le temps. Le temps des physiciens et des mathématiciens est un temps construit, fabriqué, représenté par une droite, ce qui fait dire à Bergson que ce temps là est un temps spatial (puisque représenté par une droite). Pour Bergson, ce temps fabriqué, imaginé, parce qu'il est imaginé, ne peut pas être "vrai" authentique. C'est pour lui un temps artificiel, donc sans grande valeur, tandis que le temps vécu est un temps réel parce que : éprouvé. Nous pouvons en effet opposer le temps authentique, parce que vécu, du temps ressenti, et le temps fabriqué, artificiel du scientifique. Mais cette opposition est vaine puisque nous ne sommes pas dans les mêmes champs de réflexion. Il y a bien deux temps, le temps vécu et le temps de la science. Ils sont distincts.
  25. Merci pour ce travail et la générosité du partage. Votre exposé me permet de préciser ma pensée sur certains points. Je suis d'accord avec Bergson : s'appuyer d'abord sur les "données immédiates", sur l'expérience intérieure telle quelle se donne avant toute traduction abstraite. Mais alors je récuse le mot "conscience" qui est déjà une traduction abstraite. Personne ne sait de quoi nous parlons précisément lorsque nous employons ce mot. Si je veux rester le plus près possible de l'expérience intérieure alors j'emploierai le mot : "ressenti". La conscience comme vécu c'est le ressenti, ce que je ressens. Je pourrais bien à cet égard trouver d'autres descriptions, qui évitent l'abstraction du mot "conscience". Je suis en recherche de telles descriptions mais ce n'est pas aisé. Restons à "ressenti". De toute façon tout passe d'abord par l'intériorité, même si nous nous en rendons pas toujours compte. Tout a donc la marque de notre intériorité, même en science. "Ce que l'on mesure ce n'est jamais la sensation elle-même, mais la grandeur physique de l'excitation". La sensation elle-même reste en effet une expérience éminemment intime, irréductible à tout équivalent externe. "Ce que ça fait d'être une chauve souris" nous échappe complètement [Thomas Nagel ]. Ce que ça fait d'être un être conscient échappe à toute explication scientifique (je ne réfute pas le qualificatif "conscient", qualificatif qui "parle" communément au contraire de son substantif : conscience ; ici il faudrait ouvrir un diverticule vers les pièges du langage). Je ne pense pas que l'attitude de Bergson s'oppose à celle de Kant, du moins le Kant de la CRP (les autres ouvrages ok, il peut y avoir opposition). Dans la CRP Kant précise tout de suite de quoi il parle, et surtout de quoi il ne parle pas : il ne parle pas de psychologie, il ne s'intéresse pas à l'intériorité vu comme subjectivité. "Bergson dévoile l'erreur...celle de projeter les formes de l'espace sur la vie intérieure" Il y a en effet, quant à l'espace, des erreurs manifestes de discernement. Tout part de l'intériorité, tout transite d'abord par l'intériorité. La perception est toujours intériorité. Mais il y a des perceptions qui renvoient à une extériorité, d'autres non (les sentiments sont aussi des perceptions mais elles ne renvoient pas vers un objet situé dans l'extériorité, dans le spatial ). Quand je vois un arbre son extériorité m'est donné d'emblée alors qu'il s'agit d'abord d'une image intérieure. Mais il y a un automatisme immédiat, l'image me donne une distance, un volume, une couleur, une forme, que je prends comme une information donnée immédiatement alors qu'en fait il y a le truchement de la sensation intérieure. C'est cette immédiateté apparente qui engendre les confusions soulignées par Bergson. Confusion qui consiste à faire équivaloir le spatial (l'extérieur, la donnée apparemment immédiate et instantanée) et l'intériorité. Les capacités de l'être humain sont telles qu'il peut figurer cet extérieur par les représentations mathématiques, notamment la géométrie. Cette capacité lui assure la possibilité de maitriser cet extérieur. Mais la représentation géométrique du mouvement, la courbe dessinée ou imaginée, n'est en effet pas identique à l'expérience intérieure du mouvement. Les paradoxe de Zénon résultent de cette confusion. Là dessus je suis totalement d'accord avec Bergson. Cette confusion perdure toujours aujourd'hui. L'espace temps par exemple n'est pas une réalité vécue, perçue, cet espace temps n'est pas validé comme réel par notre expérience intérieure. Cet espace temps est une construction, une fabrication dont rien ne nous dit qu'elle est réelle. Mais cet espace temps imaginé nous permet de maitriser ce réel auquel nous n'avons pas accès. C'est cette maitrise (efficace quant à la satisfaction de nos désirs matériels) qui finit par nous porter à opérer la confusion : la représentation mathématique, scientifique, est le réel.
×