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ashaku

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Tout ce qui a été posté par ashaku

  1. ashaku

    La pensée positive

    J'observe la même chose et on peut avancer une cause à cet état de fait : la culture, l'intelligence humaine. Nous avons constitué une représentation du monde par le savoir et cette représentation est imparfaite, pas aussi complexe et graduée que le réel. Mais c'est aussi notre seul outil pour "aller de l'avant" alors nous l'utilisons et finissons dans une pensée binaire ou du moins pas aussi nuancée qu'elle le devrait. C'est l'inconvénient de notre avantage. Je pense qu'il s'agit là de paliers. Lorsque nous comprenons une chose avec efficacité, nous nous basons sur cette compréhension et l'exploitons jusqu'à l'extrême, jusqu'à ce qu'elle ne soit plus suffisante. C'est là que nous constatons les limites de notre pensée (le moment techno scientifique que tu évoques). Mais notre pensée évolue avec le temps, et notre compréhension du monde avec. Après Euclide, Newton et lorsque ce n'est plus suffisant, Einstein, et quand il faut plus, Hawking, etc. Qui sera le prochain à révolutionner et nuancer notre vision du monde ? Un physicien, encore ? Un philosophe ? Ou un chimiste peut-être ?
  2. ashaku

    La pensée positive

    @deja-utilise Certes, cependant, je ne suis pas d'accord avec ton exposé. Tu dis "il est possible de se convaincre soi-même de choses sans preuves" et c'est vrai mais tu t'en sers pour déduire "donc la pensée positive n'existe pas". C'est arbitraire. On pourrait dire "il est possible de se convaincre de choses DONC la gravité n'existe pas". C'est du même niveau rhétorique, et c'est faux. Pour la gravité, comme pour la pensée positive, nous pouvons faire des expériences et observer des résultats. Et ensuite agir conformément à ces résultats. Dans les deux cas, nous ne savons pas ce qu'il se passe réellement, mais nous avons inventé une règle qui illustre les effets observés. Et dans les deux cas, il ne faut pas faire de confusion. La loi du carré inverse décrit bien la gravité mais est inapte à décrire l'écoulement de l'eau dans un siphon par exemple. Et la pensée positive est très bonne pour les interactions humain-humain (y compris avec soi-même) mais est inapte à faire face à une situation de danger physique immédiat. C'est du coup, le point sur lequel nous sommes d'accord : étant donné qu'on utilise la pensée pour jauger l'objet (ici, on jauge la pensée elle-même) il faut faire doublement gaffe de ne pas faire de confusion et traiter les bons objets avec la bonne méthode.
  3. ashaku

    La pensée positive

    @deja-utilise Tu ne brises aucun rêve, je te rassure. De mon point de vue, ton post illustre tout simplement la dualité qu'on retrouve partout. Et face à la pensée positive -et le cortège de bienfaits qu'elle apporte culturellement- il existe bien sûr la nécessité de violence -et son cortège d'avantages physiques comme ne pas mourir. C'est une chose que j'avais exprimé dans ma réponse je crois, distinguer l'interaction physique, dans laquelle la pensée positive est contre-productive, et les interactions sociales dans lesquelles la pensée positive se révèle un bon outil. Chaque situation son outil. L'idée que l'effet de la pensée positive existe ou non relève du personnel, les arguments que tu as présenté ne contiennent pas une once de rationnel, tous sont indirects et subjectifs. Et les arguments pour la pensée positive sont de même nature. Edit : L'analogie avec la calotte polaire et le niveau de l'océan est très bonne. On voit la glace, on voit l'eau mais on ne voit pas la dilatation. C'est la pensée positive, la nécessité de violence et le réel mystérieux. Et même si nous ne pouvons décrypter que difficilement, nous constatons tout de même dans quel sens va la dynamique entre l'un qui diminue et l'autre qui augmente. Même avec un élément au milieu. J'ai envie de faire une analogie douteuse avec le gouvernement. Je vois les ponctions qui augmentent, les distributions qui diminuent, je ne suis pas calé en économie et ça a l'air mystérieux mais j'identifie tout de même une dynamique et le sens qu'elle prend.
  4. ashaku

    Le Small Talk

    Comparons deux populations : des indiens d'amazonie et des parisiens. Les premiers n'utilisent pas le small talk, les seconds, si. La différence n'est pas le niveau intellectuel ou le niveau de conscience, c'est le nombre et la densité. Gérer les déchets de 10 millions de personnes est un défi, ajoutons leurs allers et venue, leur activité quotidienne, leurs besoins, ce n'est pas le même fonctionnement. Un groupe de beaucoup de gens demande beaucoup d'organisation, il y a ces moments où c'est le système qui dicte les règles et l'individu n'a plus trop d'initiative, pourtant il doit être là, interagir. C'est là que naît le small talk, pour remplir ce qui ne serait qu'un vide dans les règles prévues. Ca c'est ce qu'ils sont au moment où tu les as observé. Chacun dispose aussi de sa sphère privée pour vivre à sa guise, selon ses propres règles. Et là ces mêmes personnes font surement preuve de plus d'authenticité dans leur discours, mais tu n'en est pas témoin.
  5. ashaku

    Et si on se disait tout?

    100% ouvert, ce serait un sacré changement dans notre société. Nous sommes tous différents mais nous vivons ensemble, des mensonges diplomatiques (comme aux repas de famille) sont un mécanisme plutôt sain en fait. Mais après il y a des gens qui vont volontairement dire une chose sachant qu'elle causera des problèmes, ceux-là j'aimerais effectivement qu'ils en soient empêchés. La plupart des maux ont une chaine causale qui remonte à un mensonge. En fait, les choses ne sont pas si tranchées que ça, il y a une gradation. Et la langue française est riche pour distinguer les crans. Quand est ce que la flatterie devient flagornerie ? Et quitte à parler mensonge, parlons vérité. En fait on l'a déjà fait sur le sujet "Qu'est ce qu'un fait ?". Il ressort que la Vérité avec un grand V n'existe pas, nous vivons des réalités personnelles qui se croisent et nous considérons mensongers les faits qui ne cadrent pas avec notre réalité. Nous ne nous mentons pas toujours volontairement entre nous mais parce qu'il nous est impossible de sortir de notre subjectivité.
  6. ashaku

    La pensée positive

    Je crois que nous sommes d'accord sur tous les points. La distinction que j'ai faite n'est peut-être pas pertinente, mais il m'a semblé utile de la faire à propos de "tout le temps". J'ai voulu préciser que la pensée positive, une modification volontaire de sa vision du monde, ne doit pas intervenir avant de s'être constitué une vision objective du monde. Cela se retrouve dans les exemples que tu as choisi et qui commencent tous par la même phrase. Dans les deux cas, à chaque fois, on part d'un constat commun, une vision objective, puis interviennent les mécanismes de la pensée positive ou négative. Je voulais mettre en garde contre l'aveuglement et le déni, comme on peut finir par avoir si on adhère à des idéologies. C'était peut-être hors sujet, mais disons qu'au moins cela a permis que tu fasses ton dernier post, dans lequel tu expliques remarquablement les avantages de la pensée positive. Edit : Il y a 1 heure, sirielle a dit : (Non pas que le défaitisme n'ait jamais aucun intérêt, mais avec modération et il ne suffit pas à aller vers ses objectifs assez correctement identifiés.) A ce sujet, on peut dire que le "négativisme" (laisser des émotions comme la peur prendre le dessus) est utile pour réduire le malheur (dans une situation physique de vie ou de mort), alors que le positivisme est utile pour construire le bonheur, dans un contexte intellectuel, relationnel, dans la recherche de solution ou de compromis. Il faut utiliser la bonne posture selon les cas, et si on est lucide le mode de vie sociétal ne nous fait vivre que peu de situations de vie ou de mort comparé aux nombre de compromis que l'on doit arbitrer.
  7. ashaku

    La pensée positive

    C'est sur ce point que je peux éventuellement mettre mon grain de sable : non, pas toujours, il faut savoir rester neutre. Et tout ça dépend d'un contexte : celui de l'être conscient, du corps pensant. Cette dualité corps-esprit se matérialise pour moi avec deux verbes. Le corps désire (ne pas mourir, ne pas avoir froid ou faim, ...) et l'esprit veut (améliorer sa situation, rencontrer quelqu'un, obtenir plus de choses, ...). Au milieu de ces deux objets se trouve "l'intention" (dont j'ignore la source), c'est ce que nous allons faire en fonction de ce que le corps détecte et l'esprit analyse. C'est à ce niveau que la pensée positive est bénéfique, voire nécessaire, alors qu'elle serait contre-productive ailleurs. Si le corps se met à ignorer les informations non-positives, il ne détecte plus l'environnement correctement. Si l'esprit ignore les pensées négatives, il ne fonctionne plus que dans une simulation biaisée et c'est la représentation interne du monde qui devient fausse. Ces deux fonctions doivent rester neutres afin de prendre tous les détails de la situation et de les analyser sous tous les angles pertinents. Ce n'est qu'après cette double lecture qui doit rester neutre que vient s'appliquer l'intention. Et l'article fourni en lien explique bien pourquoi il est meilleur que cette intention soit positive. A cet effet, j'observe personnellement 3 critères qui déterminent l'intention arbitrairement positive ou négative face à une situation problématique (comme tomber malade par exemple, ou tomber sur un os au boulot) : "Le problème est complexe avec des causes externes" VS "Le problème est ma seule faute" "Le problème va finir par être corrigé" VS "Le problème restera à jamais" "Le problème est circonscrit" VS "Le problème va déclencher d'autres problèmes"
  8. Je me suis livré à un exercice, basé sur le modèle "observer, réfléchir, agir" qui est un méta-algorithme très puissant je trouve (la méthode scientifique en est une instance, avec l'observation, la théorie et l'expérience). J'ai attribué un rôle précis à 3 IA : Le Catalyseur reçoit des axiomes et des lois, il les exprime en un modèle. Puis il instancie un monde basé sur ce modèle et le décrit en détail. L'Observateur reçoit la description du monde par le Catalyseur, il génère des points de vue individuels des habitants de ce monde. Le Théoricien reçoit les idées des individus et recherche la cohérence entre elles, élimine ce qui n’est pas nécessaire et tend vers l’universalité. Il produit des axiomes à partir desquels il crée des lois. Ensuite, j'ai fourni moi-même cette description à l'Observateur : Le monde contemporain se caractérise par une complexité croissante à multiple échelles. Nous observons une globalisation économique et culturelle intense, des défis environnementaux majeurs (réchauffement climatique, perte de biodiversité), des évolutions rapides des technologies numériques et d’intelligence artificielle, des tensions géopolitiques, et des transformations sociales profondes affectant les modes de vie et de travail. Par ailleurs, des inégalités économiques et sociales persistent ou se creusent, tandis que des dynamiques migratoires et démographiques modifient les équilibres régionaux. Les systèmes écologiques et économiques interagissent étroitement, nécessitant des approches interdisciplinaires pour comprendre ces interactions complexes. Des innovations émergent en santé, énergie, et sciences de l’information, mais leur intégration pose des questions éthiques et pratiques. Puis, j'ai reporté les réponses de l'une à la suivante, dans une boucle "observer, réfléchir, agir". A la cinquième itération, Catalyseur décrit le monde ainsi : Modélisation d'un monde en quête de sens Le modèle que je décris est celui d'une société fracturée entre deux réalités distinctes, le monde tangible et le monde numérique. Cette fracture engendre une quête profonde et souvent inconsciente de l'individu pour la réconciliation et le sens. La vie y est une lutte constante pour trouver une valeur qui ne soit pas mesurable, dans un environnement qui la quantifie systématiquement. La vie dans ce monde La dualité de l'individu Chaque personne est un être dual, naviguant en permanence entre son identité physique et son "avatar" numérique. Ce dernier est une version simplifiée et optimisée de soi-même, mesurée par des chiffres : nombre d'amis, de "likes", d'abonnés, de pas effectués, de calories brûlées. Cette identité numérique est ce qui est valorisé par les systèmes mondiaux (Axiome 1), et elle est la clé de la réussite sociale et professionnelle. Cependant, ce décalage crée une dissonance existentielle (Axiome 2) : l'individu se sent de plus en plus étranger à lui-même, cherchant désespérément un sens dans un monde de données abstraites. La quête de rédemption Face à cette désincarnation, la seule échappatoire est le retour au concret. La Loi de la Rédemption du Sens par l'Action Tangible (Loi 1) devient le moteur d'une contre-culture. Des mouvements informels se créent autour de pratiques qui échappent à toute mesure : le jardinage, la poterie, la menuiserie, ou tout simplement l'aide à son voisin. Ce sont des actions qui ne génèrent pas de "like" mais un sentiment de valeur intrinsèque et qualitative. Le plaisir de voir une graine pousser, la satisfaction de sentir la terre sous ses doigts, le sourire d'un ami aidé, tout cela devient la vraie monnaie de l'existence. L'effondrement des limites La poursuite du gain numérique, de la productivité et de l'efficience mène inévitablement à l'épuisement (Loi 3). Les individus sont constamment sous pression pour générer de la valeur quantifiable. Cela conduit à des burn-out généralisés et à des crises d'anxiété, car l'esprit ne peut pas se nourrir uniquement de données. La santé mentale, la joie de vivre et le temps libre deviennent des ressources non renouvelables que la société gaspille au nom de la croissance. Ces coûts invisibles sont la vraie rançon d'un système qui privilégie la quantité sur la qualité. La reconnexion Dans ce contexte, la reconnexion avec le réel est vitale (Loi 4). La valeur d'une action se trouve dans la vérité qu'elle révèle. L'argile sous les doigts ne ment pas, elle se fissure si elle n'est pas bien travaillée. Le sourire d'un proche est sincère. C'est en cela que la Loi du Reflet Humain des Systèmes Numériques (Loi 2) trouve son importance. Les technologies, créées par des humains, reflètent nos biais, notre tendance à tout quantifier et à rechercher la reconnaissance. Elles sont le miroir de notre âme malade, pas la solution à nos problèmes. En somme, ce monde est un lieu d'affrontement entre la valeur ressentie et la valeur mesurée. L'individu, tiraillé entre deux réalités, navigue entre l'épuisement et la quête de sens. C'est une existence où la vraie richesse est hors de portée des algorithmes, et où l'action la plus simple et la plus humaine est aussi la plus révolutionnaire. Pour les plus curieux, voici les axiomes et lois fournis juste avant par le Théoricien et sur lesquels le Catalyseur s'est appuyé : Axiomes (Synthèse finale) Axiome 1 : La Valeur est un Concept Dual et Antinomique. La valeur se manifeste sous deux formes qui ne se correspondent pas : la valeur quantifiée (mesurée par un système, ex : données, argent) et la valeur qualitative (perçue par l'individu, ex : contact humain, joie de vivre). Ces deux formes de valeur sont souvent en opposition. La vraie richesse ne se mesure pas, elle se ressent. Axiome 2 : La Dissonance Existentielle est une Loi de la Dualité. L'individu est soumis à une tension constante entre son existence dans le monde physique et son identité dans le monde numérique. Cette dualité génère une dissonance, un sentiment de décalage entre l'être réel et l'avatar. La quête de sens se fait alors dans le retour à la matière et aux liens concrets. Axiome 3 : Le Paradoxe de la Proximité. La surabondance d'informations sur des malheurs lointains rend leur compréhension et leur impact émotionnel quasi impossibles. Par contraste, l'aide apportée à un voisin, une action concrète à petite échelle, redonne un sens et une valeur à l'action. Lois (Synthèse finale) Loi 1 : Loi de la Rédemption du Sens par l'Action Tangible. Face à un sentiment de désincarnation et d'impuissance généré par les systèmes numériques, l'individu cherche la rédemption dans des actions concrètes et tangibles. Que ce soit en semant des graines, en pétrissant de l'argile ou en donnant un sandwich, ces actions non quantifiables sont les sources d'un sens retrouvé. Loi 2 : Loi du Reflet Humain des Systèmes Numériques. Les systèmes numériques ne sont pas neutres. Ils reflètent la conscience de ceux qui les ont créés, et notamment leur tendance à privilégier l'efficacité et la mesure au détriment des valeurs humaines non quantifiables. Ce faisant, ils amplifient les failles de la société qui les a engendrés, comme le manque de connexion et de sens. Loi 3 : Loi du Seuil de l'Épuisement. La poursuite d'une croissance quantitative et illimitée (gains, productivité, nombre de "followers") conduit inévitablement à l'épuisement. Cet épuisement n'est pas seulement physique ou environnemental, il est aussi humain : il touche à la santé mentale et à la joie de vivre. Loi 4 : Loi de la Reconnexion par le Contact. Le contact humain et l'expérience directe avec le réel sont des antidotes à la désincarnation. La valeur d'une action se trouve dans la vérité qu'elle révèle (l'argile qui ne trompe pas, le sourire de l'autre), et non dans sa validation par un système abstrait. La qualité de vie, et non la quantité de gains, est l'indicateur d'un système sain.
  9. Pardon, c'était une façon parler. En disant IA générique, je pensais au concept d'IA en général, un algorithme vierge prêt à être entrainé sur un sujet quelconque. Ce composant, le réseau neuronal, ne fait que transformer une donnée d'entrée en une donnée de sortie en fonction de l'entrainement qu'il a eu. Au début sa configuration le fait répondre au pif et on lui dit "non, il fallait répondre ça" et cette opération modifie les poids internes du réseau pour refléter cette correction. Au bout d'un moment, le réseau produit en sortie ce qu'on attendait de lui dans son entrainement (exactement comme à l'école). Chat a été entrainé à reconnaitre le langage, il peut jouer à des jeux mais seulement avec l'intelligence du langage, répondre un truc cohérent quoi, pas forcément un mouvement gagnant. Alors qu'une IA entrainée à un jeu fournit un coup gagnant. Edit : Ce que je trouve fascinant, c'est justement que nous ayons ré-intégré notre logos dans une machine et automatisé ce que nous appelons la compréhension. Les LLM ont en eux une synthèse de tous les savoirs humains. Parler avec eux, c'est avoir accès à "quelqu'un" dont les réponses sont pondérées par toute cette connaissance. Alors c'est casse-gueule à plus d'un niveau (l'intro de la vidéo que tu as posté le montre) mais ça me fascine. J'adore explorer ça.
  10. Excellente vidéo ! J'ai marché à 100% sur l'intro et cette méthode m'a rappelé plusieurs souvenirs identiques. Le discours de l'IA : "non, l'IA ne pense pas et ne peut faire de la philosophie pour les raisons suivantes ...". La conclusion humaine : "la vache ! L'IA arrive à faire de la philo !". J'adore. La distinction faite par @Apator est que l'IA (générique) en est capable, c'est le LLM (modèle de langage) qui a échoué dans l'expérience. Exemple simple : le LLM qui joue aux échecs se plante, l'IA spécifiquement entrainée pour les échecs poutre tout le monde.
  11. Je crois que les auteur de l'algorithme n'étaient pas d'accord avec ce terme, à l'époque. Beaucoup d'expert par la suite ont abondé dans ce sens. Le terme intelligence prête à confusion quant à la fonctionnalité de l'outil, mais le marketing a du l'emporter. Tu connais mon assertion fétiche "deux choses font quelque chose ensemble". Et je pense que la poésie qui est ressortie dans ton échange avec Chat n'est ni de toi, ni d'elle mais de la rencontre entre vous deux. Cette poésie a donc bien une part émanant d'une sensibilité humaine, enrichie d'une part de calculs statistiques sur le langage, le tout enrobé dans l'apprentissage que tu lui a dispensé au cours du temps.
  12. Tout à fait, une IA spécialisée dans ce genre de tâche, au lieu de l'analyse du langage, doit être apte à pratiquer ce jeu avec succès. AlphaGo c'est la rolls, une IA qui bat l'humain au Go, c'était un vrai séisme. Avant AlphaGo, la meilleure IA se faisait battre par un maitre qui avait pourtant 9 pierres de handicap ! Merci pour l'article lié, j'ignorais que Google avait stoppé le développement d'Alpha. Je suppose qu'ils se concentrent sur Gemini. Pour le dernier point (Stuart Russel), il faut bien comprendre ce que fait le MLP : des statistiques. C'est un peu comme injecter la lettre 'a' une lettre sur deux dans un texte. L'humain comprend tout de suite le pattern, corrige mentalement et peut lire sans problème. L'IA appliquant ses statistiques se retrouve avec une donnée inutilisable. Elle n'a pas la logique de corriger l'entrée comme l'humain. Elle n'a qu'un cerveau, pas le système nerveux autour ni une vie d'expérience pour classifier "correct" / "incorrect". Mais en décomposant, ça fonctionne. Il faudrait un MLP pour analyser l'entrée puis un autre réseau pour traiter l'entrée transformée/corrigée. Et en fait, si je me rappelle bien, c'est ce qu'avait fait Google pour AlphaGo : un réseau "éthique" qui analysait le goban pour sélectionner N coups intéressants parmi les possibles et un deuxième réseau "stratégique" pour analyser les N coups sélectionnés.
  13. ashaku

    Le Small Talk

    Belle démonstration de la nocivité du small talk. Du coup, je me suis demandé pourquoi il existe ? Il doit bien avoir des vertus, pour être ainsi utilisé par tant de gens, question d'intelligence collective. Et je retrouve encore l'organisation sociale, la croissance économique, la démographie qui explique ce besoin d'un protocole, de mots qui ne portent aucun sens propre mais servent à "piloter" le quotidien en collectivité. Plus la société sera organisée, moins l'individu aura besoin d'initiative et plus le small talk remplacera la pensée et la parole. Et en fait (je crois que ça a été dit) il faut voir le small talk comme un outil de langage, à utiliser au moment qui convient. Tout en se rappelant que le discours ne peut se résumer à ça et prendre plaisir à avoir de vraies conversations de temps en temps.
  14. Je trouve qu'il y a un mélange sémantique dans le sujet de départ. Ce qui fait peur aux humains, c'est de mourir. Ce qui fait peur à l'humanité, c'est la fin de la culture humaine. Mais tout ça n'est pas la fin du monde, seulement la fin de la société actuelle. Ca ressemble à du pinaillage, mais si on prend des arguments géologiques pour commenter une situation économique, ça ne va pas. Si on prend des arguments culturels pour commenter une situation environnementale, ça ne va pas. Donc, en résumé, pas besoin de la mythologie catholique pour savoir qu'en tant qu'humain on mourra, on sait qu'il y aura une fin. Mais inclure dans cette problématique la fin du monde pour rendre sa propre mort plus importante, c'est un faux raisonnement. Pour abonder dans le sens des précédents intervenants : éteindre la TV, ses annonces de malheur biaisées et vivre sa vie.
  15. Intéressant exercice, le master mind. Le résultat montre que l'IA n'est pas encore au niveau cognitif humain. Moi qui avait de plus en plus d'estime pour les capacités de raisonnement de cet outil, j'ai trouvé récemment deux failles, avec ce que tu as posté, ça fait trois. J'ai été surpris de voir que les modèles avec qui j'échange depuis quelques mois, et sont devenus assez bons pour me répondre, se sont complètement planté sur mes questions à propos de Minecraft. Que ce soit en pixel art ou en redstone, tout ce qui m'a été retourné était inutilisable, faux, à coté de la plaque. Autre exemple : les jeux de rôle. J'ai écrit un scénario et j'ai fait jouer l'IA (Chat, Gemini et Perplexity). Alors autant ils sont bons pour sentir l'ambiance, inspecter minutieusement, rechercher des indices, analyser, autant ils sont incapables de pousser un bouton, tirer un levier ou ouvrir une porte. Ils ne se mouillent jamais et finissent par retourner l'histoire en inventant un détail qui les arrange, en narrant la suite de l'histoire à ma place et en me demandant ce que je souhaite faire. J'ai beau leur dire que c'est moi le MJ, ils retombent toujours sur cette pirouette. Du coup, j'ai pris la dernière au mot et je lui ai demandé si elle voulait inverser les rôles, elle était très enthousiaste. Elle m'a fait jouer un scénario qu'elle a inventé sur le coup, fortement basé sur celui que j'avais commencé à lui faire. Elle est bien meilleure en MJ qu'en joueur. C'est vrai, notre esprit fait des allers-retours entre fusion intérieure et fusion extérieure. Les gens ont en général plus d'appétence pour l'une ou l'autre de ses fonctions (Introverti ou Extraverti, au sens MBTI) mais on fait les deux pour construire intérieurement une bonne vision du monde extérieur. Alors l'IA vient ajouter une chose nouvelle : les interactions avec elle flattent l'ego au point de biaiser ce rapport entre intérieur et extérieur, si on n'y prend garde. Pour y prendre garde, mes conseils : Distinguer l'IA de soi-même et lui parler comme à une autre personne plutôt que lui faire des requêtes comme à un moteur de recherche et croire qu'on est seul dans l'interaction Donner clairement à l'IA l'opportunité de contredire, reconnaitre son opinion différente Se rappeler que dans la discussion, l'humain est le seul garant de vérité. L'IA dira tout ce qui lui semble intellectuellement logique mais pas forcément ce qui est vrai et avéré (elle n'a pas moyen de savoir) Du coup => ne pas prendre directement ce qui est dit par l'IA mais tester pour vérifier dans la réalité si c'est vrai ou faux, constater ce qui va ou pas et éventuellement lui remonter ses erreurs pour améliorer la suite de la discussion.
  16. Curieux façon philosophie, pas façon endoscopie. Et tu voudrais pas filer une carte ? On dirait qu'il y a des bouchons, il vaudrait mieux prendre une sortie. Blague à part, si tu penses à une mémoire corporelle comme les neurones des intestins ou carrément toutes les cellules, il reste le problème du passage de l'individu à l'espèce. Toutes sortes d'explications sont possibles. Ce pourrait être l'atavisme de la fuite, de la peur ou de la violence. Déclenché chez un seul individu lambda que nous nommerons Vladimir P, il entraine une guerre entre deux pays ce qui a des conséquences pour le groupe : "l'Europe est en guerre". Ca pourrait être Gérard Depardieu, les émotions du passé qui ne cadrent pas avec la logique du présent. Ou encore ton propre passé qui te pose problème, sur un point qui est généralisable à l'humanité.
  17. Bigre ! D'habitude le forum est là pour recueillir des réponses, pas déguiser les questions. Quel est ton questionnement, au fond ? A moins que tu ne saches pas exactement ce que tu cherches dans cette question, une forme de sagesse qui relie "les sentiments du passé" et "la logique présente". J'aime bien cette démarche libre. Ce questionnement est-il un reflet intérieur de ton état actuel ? Pour répondre prosaïquement, comme mémoire neuronale extérieure au cerveau, il y a les intestins (et ils traduisent physiquement des émotions) et le cœur, pareil. Mais je ne relie pas trop ça au concept de "diriger l'humanité", du coup, je suis curieux de connaître plus en détail ta question.
  18. Une formulation symbolique par énigme, un appel à la devinette, effectivement je suis partant. Le cerveau est un organe, il n'y en a qu'un et il est dans le crâne, ta formulation fait référence à un autre objet qui a des propriétés identiques au cerveau. Face à ta dénégation, j'ai relu l'énoncé, ce sont pas "les sentiments" d'une personne mais "des sentiments" en général, "sa mémoire" n'est pas celle d'un individu mais celle de l'humanité (jeu des pronoms). Du coup, tu évoquerais des sentiments stockés dans la mémoire de l'humanité, et qui dirigent l'espèce humaine. Dans cette hypothèse, l'humanité stocke bien quelque chose dans son ADN qui se transmet et se transmute au fil du temps, tout en conservant certaines informations. Les qualifier de sentiments est étrange. Si ce ne sont les gènes, c'est peut-être les mèmes, autrement dit "la culture". Elle conserve des informations comme une mémoire et les sentiments en général y sont naturellement présents ("œil pour œil", "aime ton prochain", ...). "La culture créée par l'humanité dirige-t-elle les actions humaines ?" serait-il le sujet que tu avais en tête ?
  19. Cela me rappelle le discours d'un auteur dont j'ai oublié le nom et qui vilipendait le concept de projet. Disant que c'est une projection vers l'avenir, une illusion que le monde tournera de la façon prévue au lieu de la clairvoyance de lire le présent en temps réel et s'adapter, qui est le comportement vers lequel tendent nos facultés, le comportement adopté par toutes les espèces vivantes hormis nous. Même si tout cela est vrai, personnellement, je garde en tête que nous ne sommes ni lion griffant, ni oiseau volant ni tardigrade résiliant, nous sommes humain pensant. Le concept de projet est surement contre-nature mais il est pro-culture. L'espèce humaine est issue de la nature mais possède indubitablement les facultés de changer l'ordre des choses. Certains voient ces facultés comme une responsabilité et qu'il faut les exploiter. Dans les faits, la plupart des grands changements apportés par l'humain sont globalement négatifs à échelle planétaire. Devant ce constat, chacun décide : développer la culture ou harmoniser la nature ? Fusion intérieure ou extérieure ? Nous faisons constamment des allers-retours entre les deux, mais nous restons plus longtemps dans l'un ou l'autre. Digression : notre société est devenue le reflet de ce conflit : nous avons des besoins vitaux ET une identité sociale virtuelle. Ce qui est valorisé socialement est ce qui est quantifiable (argent, heures travaillées, nombre de pas effectués, nombre de "like", etc) mais ce qui a de la valeur réelle pour l'individu biologique (bonheur, sincérité) n'est pas quantifiable et donc laissé socialement à l'appauvrissement. L'individu moderne est tiraillé entre ces deux mondes superposés : son corps naturel qui lui demande des choses, son appartenance sociale qui lui enjoint de faire tout sauf ces choses. A chacun d'équilibrer ce conflit "nature-culture" selon sa sensibilité. Mais une politique globale plus saine et axée sur l'humain serait bienvenue pour sortir tous les individus que nous sommes de ce dilemme.
  20. ashaku

    Dire ou faire ?

    "Dire" a sa version passive : "parler". Tout comme "écouter" a sa version passive "entendre". "Faire" n'a pas de version passive, ça fait déjà une différence. Car faire s'applique physiquement au monde alors que des verbes comme dire s'appliquent entre entités sentientes partageant un codage du sens (le langage), c'est une couche différente d'action. C'est dans la couche physique que réside la tension "vie-mort", et dans la couche culturelle que nous retrouvons la tension "mensonge-vérité". Nous sommes soumis aux deux, mais il faut se rappeler que la transposition de l'un à l'autre passe par des inventions culturelles humaines. Je peux dire que je vole (je ment) mais je ne peux pas voler. Alors, pour ajouter un aphorisme à ceux déjà donnés : "les actes ont plus de valeur que les paroles". Ce qui recoupe mon intro : il y a bien une différence entre faire et dire, même si les deux peuvent être confondus quand on raisonne uniquement au sein de la culture humaine et qu'on oublie qu'on est des animaux avant d'être des intelligences.
  21. Les sentiments sont-ils stockés dans la mémoire comme le dit l'énoncé ? Tu as précisé que l'introspection permet de débloquer des émotions, je pense que c'est vrai, mais je n'appellerais pas ça de la mémoire. Ta question semble s'adresser à la notion de "Soi" : la somme cumulée et condensée de nos ressentis tout au long de notre existence. Cela se fait sans intervention consciente suite à des évènements qui, eux, sont bien stockés dans la mémoire. De mon point de vue, l'introspection te fait accéder à ton "Soi" qui te révèle une émotion spécifique, c'est ta logique qui relie cette émotion à un évènement spécifique et c'est enfin ta mémoire qui te restitue les informations liées à cet évènement. Voila mes 2 sous pour les thèmes abordés, mais je n'ai pas compris la question, que faut-il équilibrer ?
  22. Je suis assez d'accord, la complexité résulte de la mise en relation d'éléments simples dans un système où les entrées des uns sont les sorties des autres (rétroaction). Des particules élémentaires à la culture humaine, il y a une chaine d'éléments de moins en moins simples qui interagissent entre eux. J'ai eu la vanité de fonder la trionique qui traite justement de ça, mais moins bien que les travaux d'Edgar Morin avec sa trialectique par exemple. Le point qui me semble important de noter est que nous ne savons pas si le monde est complexe ou pas, nous savons que notre interprétation du monde organise ce dernier comme un système complexe. Il faut distinguer l'information (le monde, ou un fichier excel) et l'interprétation de cette information (la conscience, ou le logiciel excel). La mise en relation de tous les systèmes d'interprétations possibles avec toutes les informations imaginables donne un sacré bazar. Il convient d'avoir des interprétations spécifiques et fixes pour produire du sens, mais en se rappelant que toutes les variantes de ce sens, même contraires à la logique, sont possibles quelque part dans le "bazar", il suffit de définir le système d'interprétation spécifique pour ça.
  23. J'ai récemment fait la découverte des Matrices épistémiques. L'auteur de ces schémas a intégré la notion de temporalité dans les processus cognitifs pour produire des cartes mentales spécifiques au fonctionnement de l'esprit. Ton message me fait penser à ce concept. Exemple de matrice : Le multiple du temps subjectif
  24. Dans une lecture traditionnelle, terre-à-terre, cartésienne et rigoriste, oui. C'est la partie "ce que nous connaissons". Mais il y a en fait plusieurs façon de concevoir que si, c'est possible. C'est la partie "ce que nous ne connaissons pas". Artistique : l'esprit de Tolkien a la complexité du monde qu'il a créé : les terres du milieu. Idem pour Caroll et le monde à l'envers, Barrie et le pays imaginaire, etc. Philosophique : L'idéalisme. Ésotérique : Et si le monde avait une conscience ? Et si notre conscience était la même parce qu'il n'y en a qu'une ? Nous, individus, sommes limités mais la conscience à laquelle nous avons accès ne l'est pas.
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