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Carnéade

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Tout ce qui a été posté par Carnéade

  1. Je pense que si, tu le sais! Je ne prétends à aucune originalité en ce domaine, et donc quand je parle d'une bonne personne, de quelqu'un de bien si tu préfères, c'est pour dire la même chose que tous ceux qui connaissent et emploient ces mots. Mais peut-être veux-tu dire qu'on peut se tromper, et qu'une personne qu'on croit bonne peut ne pas l'être. Ce n'est hélas que trop vrai! C'est ce que l'on appelle l'hypocrisie. L' hypocrisie n'est pas une vertu, et les hypocrites ne sont pas des gens bien que l'on gagne à fréquenter. Donc, quand on reconnaît un hypocrite, on juge qu'il est vicieux, le contraire de vertueux, et que ce n'est pas une bonne personne.
  2. Je l'ai définie ainsi plus haut, et pour l'instant je ne vois pas de raison de modifier cette définition. Quant à la vertu, elle est ce qui fait de quelqu'un une bonne personne que l'on gagne à fréquenter.
  3. En effet, on peut être une parfaite crapule et être très intelligent. C'est pourquoi j'ai mis en avant la notion de vertu, qui est le genre dont la sagesse est une espèce. Toute vertu est susceptible de dégénérer en vice. Donc, il arrive que des gens intelligents soient aux antipodes de la sagesse, parce qu'ils font de leur intelligence un usage pervers, qui empêche toute amitié. C'est cela que le sage a choisi d'éviter. C'est d'ailleurs ce qui fait, à mon sens, l'intérêt profond du sujet. Le sage est-il heureux, ou bien a-t-il sacrifié son bonheur à de prétendues raisons éthiques? Mon opinion est que le sage n'est pas forcément heureux, mais que son contraire, appelons-le l'insensé (en bon français, un sale c...) ne peut jamais l'être que très temporairement. Je n'imagine pas Goebbels (dont chacun reconnaît à la fois la perversité et l'intelligence) heureux.
  4. Tentons alors une définition. La sagesse est la vertu de celui qui se sert au mieux de son intelligence en se laissant guider par elle. Quant à la vertu, elle est ce qui fait de quelqu'un une bonne personne que l'on gagne à fréquenter. En termes courants, le contraire de la sagesse est la connerie, tout simplement. Est-ce que cela te convient?
  5. Carnéade

    Ontologie éléate

    Il m'arrive parfois, en effet de lire le poème de Parménide comme la version laïque, ou je dirai plutôt philosophique, de ceci :
  6. Carnéade

    Ontologie éléate

    C'est bien le problème. Comment peut-on parler de ce qui n'est pas? Comme tu le dis, un cercle carré n'est pas la même chose qu'un cercle rectangle, et pourtant ils ne sont ni l'un ni l'autre. Encore peut-on ajouter qu'ils ne sont pas la même chose qu'un orc, pour reprendre ton exemple, ni qu'un nombre impair divisible par deux, ni qu'un fanatique tolérant. Il y a donc un discours possible sur ce qui n'est pas, qui implique une sorte d'état insaisissable entre l'être et le non-être. Comment s'en sortir? Une piste possible : trouver les bonnes catégories. Une racine carrée d'un nombre négatif, par exemple, ne peut pas exister, sauf si l'on explore un univers mental où elle existe. Ce n'est pas la même façon de ne pas être, ou d'être, que celle du nombre impair divisible par deux. Peut-on s'entendre là dessus : il y a plusieurs manières de ne pas être? Encore un pas, et peut-être conviendrons-nous qu'il y a plusieurs manières de participer à l'être, dont celle que l'on appelle abusivement, en négligeant le précepte parménidien, le non-être.
  7. Carnéade

    Ontologie éléate

    Non pas une chose (qui consiste à ne pas être) mais un non-être. Le non-être n'est pas un être dont la propriété serait de ne pas être, mais un non-être, qui, je te rejoins, ne laisse pas d'être de quelque façon, par delà l'être. C'est la thèse du Sophiste, de Platon. Ainsi le discours faux, celui qui dit ce qui n'est pas, n'est pas un non-être, et il existe bien, en effet, des sophistes. Donc le discours faux est, et porte sur ce qui est, mais ce qu'il dit n'est pas, ou mieux, n'est qu'en tant qu'être faux. Par exemple, un cercle carré n'est qu'en tant qu'impossibilité d'être, qu'il sert à désigner.
  8. Carnéade

    Ontologie éléate

    Excuse-moi mais je n'ai pas compris ta dernière phrase. Ne manquerait-il pas un mot? Mais sur ce qui précède je répondrai que le non-être ne peut pas s'évaporer puisqu'il n'est pas.
  9. Carnéade

    Ontologie éléate

    Chacun se fait son petit Parménide, comme chacun se fait son petit Descartes, à ceci près qu'en ce qui concerne Descartes on peut s'appuyer sur des textes non équivoques, et ainsi parvenir à s'accorder sur une interprétation. Aucun reproche de ma part bien entendu, mais je doute qu'on n'y arrive avec Parménide. J'aime bien la façon dont tu poses la question. Le non-être est-il le mythe? Voici ma réponse, qui laisse transparaître à quoi ressemble mon Parménide à moi, tel que je ne l'ai pas inventé. Le non-être n'est pas. Donc le mythe n'est pas le non-être, sinon celui-ci serait (il serait mythe). Il est insensé (selon la voie parménidienne) de donner au non-être la forme du mythe, comme s'il était.
  10. Carnéade

    Ontologie éléate

    C'est exactement ce qu'il dit : je suis une pensée, une chose qui pense, c'est pareil. A aucun moment Descartes ne pense être à l'origine de ses pensées. C'est bien parce que l'origine de nos pensées nous échappe que l'hypothèse du malin génie, ce puissant trompeur à l'origine de nos pensées, est rationnellement constructible. Mais si je pense être la victime du malin génie, alors je suis.
  11. Carnéade

    Ontologie éléate

    Il y a une énorme différence entre le cogito et toute preuve de l'existence de Dieu, quels que soient les liens qu'on peut trouver entre les deux, et sans oublier que si le cogito est la première vérité, l'existence de Dieu suivra. Cette énorme différence, la voici : la preuve de l'existence de Dieu prouve qu'existe un être éternel, donc qu'il existe éternellement. Le pauvre petit moi, en revanche, n'est pas assuré de son existence hors de l'instant où il la conçoit. Et d'ailleurs il mourra.
  12. Carnéade

    Ontologie éléate

    La différence est la suivante. 1) "il est nécessaire que quelque chose existe" est strictement équivalent à "il est impossible qu'il n'y ait rien". Il y a au moins moi qui essaie, peut-être, de m'imaginer qu'il n'y a rien, et qui suis quelque chose. 2) "quelque chose existe de façon nécessaire" est strictement équivalent à "il existe un quelque chose qui n'est pas contingent". Ce quelque chose est, d'ailleurs, ce que l'on a coutume d'appeler Dieu. De 1 on ne peut conclure directement 2 (il est possible que 1 soit vrai, mais pas 2), alors que de 2 on peut conclure 1 (si 2 est vrai, 1 est alors forcément vrai aussi).
  13. Carnéade

    Ontologie éléate

    J'avoue que je ne comprends pas tout. On peut faire une différence entre être et exister puisqu'il y a deux mots. Cette différence est intéressante si l'on se demande qu'est-ce qu'être?, ou même plus simplement qu'est-ce qu'exister? mais ce n'est pas la question qui conduit au cogito. La question à laquelle répond le cogito est, rappelons-le, y a-t-il quelque chose qui puisse échapper au doute et par là être considéré comme absolument certain? Une petite remarque supplémentaire, sur un point que je n'ai probablement pas compris non plus. Quand tu dis : j'ai envie d'insister sur le fait qu'il ne faut pas confondre deux choses : 1) il est nécessaire que quelque chose existe, 2) quelque chose existe de façon nécessaire. Et voici qui nous ramène à Dieu!
  14. Carnéade

    Ontologie éléate

    Je pense que je mange, donc je suis. Je pense que j'ai faim ça marche aussi.
  15. Carnéade

    Ontologie éléate

    Bien sûr que non, puisque j'ai conscience de respirer! Je pense que je respire, donc je suis. Je respire mais je suis inconscient, je ne peux rien en conclure, jusqu'au moment où je reprendrai conscience. Faut-il rappeler que le "je pense" de Descartes ne signifie pas "je raisonne"? Qu'est-ce qu'une chose qui pense, demande Descartes juste après le cogito, pour éviter les contresens. Sa réponse est bien connue : Le bout de gras sur le "qui sent" pour prouver ce que j'affirme, à savoir qu'une chose qui pense c'est tout aussi bien une chose qui éprouve des sensations, ou qui se sent respirer pourquoi pas? qu'une chose qui raisonne.
  16. Carnéade

    Ontologie éléate

    Ceci, je ne le comprend pas, et à vrai dire je suspecte qu'il n'y ait rien à comprendre. J'ai conscience de respirer, donc je suis. Je ne vois là aucune récusation.
  17. Carnéade

    De l'existence de Dieu

    Il y a des névroses d'origine religieuse, nul ne pourrait le contester. Mais il ne s'ensuit pas qu'il existât des religions d'origine névrotique.
  18. Carnéade

    Ontologie éléate

    C'est un contresens. Il n'y a aucun décalage temporel dans le cogito, la pensée ne saurait précéder l'être. C'est d'ailleurs pour éviter ce genre d'erreurs que Descartes, dans les Méditations métaphysiques, en 1641, a corrigé sa formule en : Autrement dit, le cogito n'est vérité qui s'impose d'elle-même que dans l'instant, et seulement dans le temps où je le pense. Cela dit, si tu préfères abandonner Descartes et discuter d'ontologie, moi je veux bien mais discuter de quoi exactement? Quelle est la question? Pardon d'insister mais j'aime passionnément avoir compris de quoi il est question avant de me prononcer.
  19. Carnéade

    Ontologie éléate

    Mais je ne vois pas en quoi ce que tu dis s'oppose à Descartes. Tu n'es pas clair là-dessus. Qu'est-ce qui m'est donné a priori, sinon une idée, donc quelque chose que je pense? Bien sûr que l'être est avant que je sois, il fut d'ailleurs un temps où je n'étais pas. Mais mon existence ne m'est donnée à moi comme réelle que si je pense. Le cogito n'est pas un processus. Je ne commence pas par penser, pour ensuite être. Je sais que je suis au moment où je le pense, et ce n'est pas du tout pareil.
  20. Carnéade

    De l'existence de Dieu

    Attends, tu ne connais quand même pas toute la philosophie occidentale d'aujourd'hui! Ah oui, c'est pour ça que tu ajoutes "académique". Trop facile... Causons sérieusement. Il est évident que philosophie et métaphysique ne sont pas synonymes, tu as raison. Il est regrettable, mais sans doute inévitable, que ni l'un ni l'autre de ces deux mots ne puisse recevoir une définition neutre, qui puisse satisfaire tous ceux qui se livrent à l'une ou l'autre de ces activités. Conclure de cela à "personne n'y connaît rien, sauf moi" me semble un raisonnement aventureux. En revanche, cela pourrait fournir des sujets intéressants. A part ça je suis plutôt d'accord avec toi. Mais je ne suis pas sûr que tu aies bien compris ce que chekhina a voulu dire. Moi non plus d'ailleurs.
  21. Carnéade

    Ontologie éléate

    La question ontologique à l'état pur, c'est, a priori, celle-ci : Qu'est-ce qu'être? Mais comment répondre à une pareille question? Ou bien je sais ce que c'est qu'être, et donc cela n'a pas de sens de poser une question dont je connais la réponse. Ou bien je ne le sais pas, et en ce cas comment me demander ce que c'est que d'être?
  22. Ce rhinocéros ressemble plus à une licorne que l'image de Dieu ne ressemble à Dieu.
  23. Je peux dire ce qu'est une licorne, bien que les licornes n'existent pas, je te l'accorde totalement et sans réserve. Voici un point acquis. Mais Dieu, qu'est-ce que c'est?
  24. Je propose de continuer dans cette voie. La question devient : "si Dieu n'existe pas, qu'est-ce que c'est?"
  25. La représentation de Dieu a été souvent interdite, au nom du fait que les spectateurs pourraient ne pas être suffisamment conscients que c'est une représentation de l'inreprésentable! C'est une question récurrente : qu'est-ce qui trahit le plus Dieu? Montrer une image ou inviter au silence? Pour rappel : les deux premiers commandements interdisent l'idolâtrie, c'est-à-dire l'adoration d'images de Dieu.
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