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Annalevine

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Tout ce qui a été posté par Annalevine

  1. Bohler fait ce constat : des masses de plus en plus considérables de personnes disposent désormais de temps libre. Que faire de ce temps libre ? Bien sûr le temps libre est déjà exploité par les entreprises vendant services et produits consacrés au divertissement. Mais il y a érosion du plaisir quand il y a répétition d’une même action. Voyager dans un pays pauvre est très jouissif, il est possible d’y montrer son pouvoir (de consommation) à de pauvres hères, le sentiment de puissance est intense et intense le plaisir-récompense, mais ça passe, le sentiment de puissance s’érode. En plus avec la covid et le changement climatique ça devient difficile de jouir sans être culpabilisé pour prendre l’avion ou de diffuser partout son virus. Il reste les divertissements maison, Netflix bien sûr, avec ce vieux truc de l’identification possible aux héros et héroïnes puissants, mais il reste surtout les réseaux sociaux. Pour Bohler les réseaux sociaux répondent à cette détermination imposée par le striatum : la volonté de puissance, le pouvoir. Les réseaux sociaux organisent la conquête de l’estime de soi première marche vers la puissance. Sur les réseaux sociaux chacun construit une représentation de soi. Il s’agit de réussir à être considéré. Cette conquête peut occuper tout le temps libre du quidam. Cette arène où chacun lutte pour conquérir l’estime est parfois cruelle. Certains sortent victorieux et accumulent liens, émojis flatteurs, lecteurs ou suiveurs (l’estime de soi se transforme alors en sentiment de puissance pour les élus) d’autres sombrent. Et le naufrage se termine parfois en suicide. Mais cette cruauté fait aussi le succès des réseaux sociaux. C’est qu’il y aussi les spectateurs, ceux et celles qui jouissent du spectacle en s’identifiant aux tueurs. Bohler écrit que cette situation exprime la victoire du striatum, puis il ajoute : « pour les magnats de la cybernétique et de l’information digitalisée il s’agira d’attirer vers leurs services ou leurs produits quelques millions d’âmes de plus que leurs concurrents. Cela passera par la véritable guerre du troisième millénaire : la guerre de l’attention ». Il s’agira pour les maîtres de conquérir le temps de cerveau disponible des âmes désœuvrées. En plus si la robotique finit par faire tout le travail les gens auront un revenu universel et il auront tout le temps de se battre à mort dans les arènes aménagées pour eux par les maîtres du monde.
  2. C’est qu’il est jaloux notre lecteur de Closer !
  3. J’aime bien la culture catho. Elle perdure même dans l’athéisme. Bon c’est vrai l’infidélité est désormais pratiquée tranquille par les femmes qui mènent librement leur barque mais chut faut pas le dire. Le catholique reste catholique même quand il a mis Dieu dans les w.c. Zemmour, va falloir que tu partages ta liberté sexuelle avec les femmes qui n’ont pas froid aux yeux. Et oui !
  4. La reine des sciences pourrait être celle qui nous éclaire sur nos propres comportements, les nôtres dans le domaine privé, les nôtres dans le domaine social. Nous retrouvons la philosophie, une certaine philosophie. Mais est-ce que c’est la philosophie qui nous éclaire aujourd’hui sur nos comportements ? Et surtout est-ce que, être éclairé sur ses comportements privés et sociaux, est une recherche si partagée que cela ? Ce peut être la recherche de celui qui agit dans le monde ou cherche à agir dans le monde. Mais le spectateur, lui, a t il la même recherche ? Est-ce que la reine des sciences sera la même selon que nous sommes acteurs ou spectateurs ? Pour le spectateur la reines des sciences sera de type mathématique, physique, chimique… Pour l’acteur, et cet acteur peut lui-même être un physicien, un chimiste, etc , la reine des sciences pourra bien être l’art de la guerre. Peut-on croire raisonnablement que Poutine, par exemple, ou Gates, quand ils s’adressent à leurs pairs, non pas à leurs domestiques, les scientifiques à qui ils versent salaire ou honoraires, puissent avoir la même boussole que nos scientifiques du forum ?
  5. Closer c’est la Torah du Breton.
  6. Quand nous essayons de séparer les événements des uns des autres, quand nous essayons d’identifier les comportements humains notamment dans ses efforts à agir sur le monde ou sur la nature nous sommes conduits, le « nous » désignant les anthropologues, à faire une distinction entre technique et science. La technique précède la science. La toile de l’araignée sera rangée dans la technique, les outils des hommes du paléolithique par exemple relèvent aussi de la technique. Nous commençons à parler de sciences quand commence à s’élaborer des représentations du monde, celles ci s’appuyant sur cette faculté de la psyché : l’imagination. Bref tout démarre dans la représentation incarnée dans le dessin et le nombre. Le dessin donne la géométrie et l’écriture, le nombre donne l’algèbre. Tout cela nait avec les premières civilisations dans lesquelles les hommes ont commencé à instaurer une division du travail. La science comme représentation ne va pas s’insérer avec autorité dans les premières sociétés humaines. La technique se développe, c’est à dire un ensemble de savoir faire, de gestes, issus de l’observation directe de l’effet du geste sur la matière. Marx explique ce non engagement de la science dans la société humaine en raison d’une structure économique qui ne lui est pas favorable. La science, comme représentation, commence à prendre un essor remarquée au XV siècle et même un peu avant, notamment en Perse, avec les premiers théoriciens persans dont va s’inspirer Bacon pour définir la méthode scientifique. Les Persans doivent gérer de vastes empires sous la houlette des califes arabes. Ces gestions deviennent complexes et commencent à donner lieu à des représentations préalables à l’action. La science va connaître ensuite un développement soutenu par l’exploration du monde par les occidentaux par la voie océanique. Voyager sur les océans oblige à recourir à des mesures précises : ce sera le développement de l’instrumentation. Qui provoquera à son tour le développement de représentations précises. Enfin ce sera la révolution industrielle et l’émergence d’un système économique puissant : le capitalisme. Système qui mobilisera à fond tous les acteurs scientifiques dont les capitaines d’industrie auront besoin pour développer leur puissance. Puissance qui passe par les machines. Etc etc. Ainsi va la science : elle sert la puissance des maîtres des économies. Quand elle ne sert pas la puissance des maîtres politiques qui eux doivent développer l’armement et les conditions du bonheur de leurs populations. Les reines des sciences sont toujours les servantes des puissants.
  7. Le Breton et le Val d'Oisien, dans le quartier "déambulations" du forum, unis dans leur amour commun pour les trous du cul. Marions-les.
  8. La sénilité est une dégénérescence du cerveau, phénomène d’un vieillissement malheureux. Votre contradicteur ne dispose plus que du cerveau reptilien : il s’avachit dans la haine de tout et de tous. C’est ainsi. Le destin est cruel avec ce brave zaza.
  9. Annalevine

    Mes choix

    Si je devais trouver une image pour signifier la relation entre le cerveau "premier" et le cortex alors je choisirai celle-ci, celle du cheval et de la cavalière.
  10. Après les déterminations telles que la nourriture, le sexe et le pouvoir, Bohler traite de la détermination à...ne rien faire. « La loi du moindre effort est, juste après la loi de l’alimentation maximale, du sexe a gogo et de la domination, un socle fondamental du comportement animal, et même du comportement de l’animal évolué comme l’être humain » In fine cette loi conduit à perfectionner nos techniques jusqu’à concevoir des I.A. qui feront tout à notre place. Nous aurons tout sans rien faire. Je me rappelle des certitudes d’une enseignante de maths à Jussieu. Elle m’assurait que dans peu de temps les mathématiciens sauraient mettre en équation les secrets de fabrication des chefs d’œuvre artistiques (littérature, musique, peinture, etc). Et que nous pourrions bientôt contempler ces merveilles de l’art produites par des IA. Un peu choqué je partis me promener dans le labyrinthe du jardin des Plantes, où j’allais jadis me réfugier lorsque je fréquentais le lycée Henri IV. "En ce temps-là" je venais ici et je me demandais à quoi servaient les études sinon à dominer les autres et je me rebellais contre cet état d’esprit. Quelques dizaines d’années plus tard j’assistais au triomphe de la détermination du savoir : dominer, oui, mais dominer jusqu’à l’être humain lui-même pour le remplacer par des IA. Je contemplais sur mon banc la défaite de ma pensée. Les mathématiques seraient donc un langage capable d’organiser des IA nettement plus performantes que l’homme. Nous serions des machines imparfaites que les mathématiques parviendraient à visiter afin de nous conduire à construire des machines parfaites. Je me demandai si cette jeune femme saisissait la conséquence de son triomphe, elle qui vivait le triomphe des mathématiques comme son triomphe à elle. Je me sentais décontenancé car après tout il est bien possible que les mathématiques aient la possibilité d’exercer leur toute puissance sur nous jusqu’à nous remplacer par des machines parfaites. Si tout peut être mis en équation que nous sommes donc ? Comment se fait-il qu’une machine imparfaite comme nous puisse construire une machine parfaite ? Bohler écrit « vers 2130 tous les emplois seront occupés par des machines » « tout cela notre striatum l’a voulu. Il a travaillé pendant des millions d’années pour obtenir ce résultat » Bohler note que le striatum risque maintenant le bug. Car ne rien faire prive aussi du statut social qui ne peut être obtenu que par l’action dans le monde, statut qui reste l’objectif du désir de puissance impulsé lui aussi par le striatum. Cela dit il est bien possible qu’en 2130 nous soyons plus occupés à survivre qu’à construire des I.A.
  11. Pour comprendre la pensée de Bohler il est utile de s’appuyer sur les idées développées par R. Dawkins dans le Gène égoïste ( (The selfish Gene). Le gène tend à se répliquer et à diffuser en utilisant les organismes qui le portent. La sélection naturelle élit les organismes les plus doués pour assurer cette réplication et cette diffusion. Une telle vision rend compte de la puissante séduction exercée sur les individus par la sexualité et le pouvoir, deux activités qui permettent au gène d’arriver à ses fins, Donner une volonté propre aux gènes est critiquable mais Monod faisait déjà remarquer qu’il est impossible de ne pas imaginer que la nature a un projet au moins à court terme si l’on veut pouvoir commencer à établir une théorie. Ce sont là les conditions de fonctionnement de la pensée humaine. La nature, ni le gène n’ont de projet mais nous devons faire comme si (téléonomie), impossible de penser autrement. Dawkins pose l’idée du réplicateur, première et probablement seule molécule qui a réussi à se répliquer elle-même. Le gène est un réplicateur, attelé à se reproduire et à diffuser dans tous les organismes qu’il habite. Cette théorie, la première fois que je l’ai lue je l’ai refusée, comme j’ai pu refuser plus tard l’idée, en prenant connaissance des expériences de Benjamin Libet, que des phénomènes non conscients pouvaient décider avant que je décide. Le refus de regarder en face de telles théories provient de la rage à défendre chacun son moi, vu comme tout puissant. Qu’est-ce qui peut faire qu’un organisme finit par accepter de contempler une théorie qui ruine sa puissance, au moins temporairement ? Le gène a sans doute besoin d’un organisme qui se prenne pour Dieu, il est plus facile de manipuler un organisme-Dieu qu’un organisme qui doute de sa liberté. C’est la thèse de la ruse de Dieu ou de la raison. Quand Dieu n’est plus l’instrument de la manipulation alors la raison prend le relais.. Contempler en face une théorie qui ruine la puissance de Dieu, que ce Dieu soit idéalisé (les croyants) ou qu’il soit incarné en Moi (les athées) est-ce une ruse de la raison ? Dawkins traite de l’altruisme. L’altruisme se manifeste lorsque l’organisme hôte du gène égoïste renonce à lui-même au profit de la survie du gène. Enfin si nous abandonnons le procédé qui consiste à donner au gène une personnalité propre, quelle est la réalité qui inspire sa « volonté » ? Qu’est ce qui, dans l’incarnation du gène, agit ?
  12. Après avoir traité de la nourriture et du sexe, Bohler en vient au pouvoir. Le pouvoir est aphrodisiaque, d’où excitation sexuelle, d’où possibilité de diffuser ses gènes. « Rien ne procure autant de plaisir que de sortir soi-même vainqueur d’une confrontation » « L’activité du striatum ne se manifeste que si l’on gagne contre un autre humain » « Nous passons notre temps à nous situer par rapport aux autres » « La comparaison sociale est un ressort puissant de nos comportements et est ancrée dans nos gènes » Consommer pour exister. « Les striatums frustrés des subalternes » poussent ceux-ci à se hisser dans la hiérarchie sociale par la consommation, signe de statut social. Statut social avantageux = excitation sexuelle = diffusion des gènes = bouffées de plaisir envoyées par le striatum) Nous sommes donc dirigés par une chimie implacable. Mais une chimie mise en place quand l’homme était réellement confronté à sa survie, maintenant qu’il n’ a plus d’ennemi cette chimie s’affole. La diffusion des gènes n’étant plus notre but, nous restons avec des désirs sexuels qui n’ont plus de sens, une propension à dominer et à se construire un statut social par la consommation pour les subalternes, par la direction de la production pour les plus puissants, qui n’a pas plus de sens (puisque la dominance avait jadis pour but la diffusion des gènes, but abandonné). Du coup le désir sexuel, détourné de ses buts ancestraux, semble lui aussi s'affoler. Il envahit le quotidien de nos sociétés abondance. Tout tourne autour du sexe, du genre, les enfants eux-mêmes sont aiguillés vers le sexe. Suis- je un homme, suis-je une femme, est-ce que je jouis quand je touche un homme, une femme, un chat, un chien, ma mère, mon père, mon frère, une pierre.. Est-il possible de toucher une âme ? Suis-je il, elle, iel... le striatum commence à paniquer. Nous n’avons plus d’autre boussole que le plaisir. Qui nous est envoyé par le striatum. Lequel est sans cesse abusé puisque nous ne transmettons pas nos gènes. [C’est un cauchemar ce bouquin].
  13. Même des signaux comme la faim ne suffisent pas à déclencher l’action. Sans le désir d’action engendré par le striatum nous nous laissons mourir de faim. Les personnes dont le striatum a été endommagé perdent l’envie de vivre. Les neurologues appellent ce phénomène : « perte d’autoaction psychique » Notre moi-conscient, privé de connexion avec le striatum perd l’envie de vivre, perd toute orientation. La raison est bien une faculté mise au service d’une pulsion de vie sans laquelle la raison reste inerte, inopérante. JJ Rousseau dit vrai lorsqu’il écrit que la raison est une faculté mise au service de passions, ou au moins d’intentions, ou au moins de désirs enfantés par notre cerveau primaire. Le striatum c’est la vie écrit Bohler mais l’incitation à agir fonctionne même lorsque le besoin ne se fait pas sentir. Cela signifie que le striatum nous pousse à manger même lorsque nous n’avons pas faim, à avoir une activité sexuelle même lorsque rien ne nous stimule, à conquérir de l’influence même lorsque nous sommes dans une position dominante, etc. Autrement dit : même en état de satisfaction le striatum nous pousse sans cesse à l’action. « Notre cerveau est configuré pour en demander toujours plus, même quand ses besoins sont satisfaits ». Le cerveau primaire embarque le cortex dans sa volonté (le désir) grâce au circuit de la récompense. Quand nous répondons avec succès à ses désirs un ensemble de neurones qui prennent leur source dans une dépendance du striatum, l’aire tegmentale ventrale, remontent vers le cortex et l’inonde d’une molécule, la dopamine, qui produit le plaisir. Le plaisir est le moyen par lequel le cerveau primaire nous pilote et nous dirige, dixit Bohler. Le cerveau primaire est la source du désir (y compris le désir de vivre) et du plaisir. Ma première inspiration, devant ce développement, est celle-ci : notre désir de vivre vient du passé, d’une énergie venue du fond des âges. Cette énergie venue du passé, si nous en remontons toujours plus loin le cours, trouve son origine dans la création du monde. Nous sommes animés par l’énergie de la création, surgie il y a des milliards d’années. Ma seconde réaction c’est de constater que nous ne sommes pas libres, si nous identifions ce « nous » à notre moi-conscient. Le moi est piloté par le cerveau primaire. Il me semble néanmoins que la prise de conscience de nos déterminations primaires peut permettre de modifier nos comportements. Dans cette hypothèse ( prise de conscience) alors nous pourrions nouer avec une certaine liberté, en exerçant la faculté imaginative, en explorant de nouvelles voies d’action pour que la vie, par nous, puisse continuer son chemin et éviter les possibles catastrophes que nos déterminations actuelles pourraient bien provoquer.
  14. Annalevine

    Le pass sanitaire.

    Je recherchais avec curiosité une intervention de vous qui confirme une idée générale. Cette idée, que j’ai développée par ailleurs, c’est que le monde vu par un spectateur ( un observateur, un scientifique) n’est pas le même que le monde vécu par les acteurs. Vous citez ici une déclaration d’une femme dont vous soulignez les titres universitaires. Cette femme est donc insérée dans la société en tant que « penseuse » professionnelle. Elle pense le monde en adoptant un point de vue extérieur, celui de l’observateur. Je pense que vous êtes aveuglée par le discours purement intellectuel. Le discours d’un tel intellectuel ne dit rien sur le vécu des gens. Le spectateur assis sur le gradin peut analyser avec génie le jeu de l’acteur, il n’est pas l’acteur, il ne sait rien du monde vu par l’acteur. Un tel intellectuel peut tout juste être utilisé, instrumentalisé par l’acteur pour parfaire son action. L’intellectuel est un instrument pour l’acteur. C’est tout. Il ne peut pas être un maître à penser.
  15. C’est en écoutant une conférence de Jancovivi que je me suis décidé à lire Bohler. Selon lui (le bug humain) le cerveau humain est programmé pour assurer la survie de l’espèce. Survie : nourriture, reproduction, pouvoir, économie de l’effort, quête d’information (cinq thèmes). Le cerveau « primaire » piloté par le striatum organise la mise en œuvre de la réalisation de ces cinq objectifs. A chaque fois que l’objectif est atteint le striatum (l’une de ses dépendances en fait) libère une molécule, la dopamine, qui a deux effets : procurer un sentiment de plaisir et renforcer les circuits de commande neuronaux qui ont permis l’atteinte de l’objectif (principe de l’apprentissage). Au-dessus de ce cerveau primaire il y a le cortex : pêle-mêle traitement des informations des sens, commande des mouvements, organisation sociale, capacité à fabriquer des outils, imagination, langage, partage des intentions avec autrui, organisation d’actions collectives, etc.etc. Bref le cortex assume toutes les fonctions dites supérieures. Toutes ces qualités supérieures, sont mise au service du maître, qui dirige et récompense : le striatum, le cerveau primaire. « Le cortex est une arme aux mains de son propriétaire : le cerveau primaire. » écrit Bohler [Le striatum est formé par le noyau accumbens, le noyau caudé, et le putamen, il pilote en outre le centre des émotions (amygdale) , l’hypothalamus (qui régule la faim, la température, le désir sexuel), l’aire tegmentale ventrale qui produit la dopamine]. Les neurones à dopamine irriguent les différentes parties de notre cortex et dictent leur loi grâce au circuit de la récompense : le plaisir. Le cortex est l’arme fatale du cerveau primaire, l’arme qui permet à ce cerveau de mener son offensive. « Le cortex de l’être humain est si puissant qu’il est capable de fournir au striatum presque tout ce qu’il désire, parfois sans effort. » écrit Bohler. Donc le désir et le plaisir sont pilotés par le cerveau primaire, l’alligator pour résumer. Comme l’alligator est con, ce qui est un handicap pour la survie, l’évolution l’a doté d’une arme : le cortex. C’est ainsi que l’évolution a fabriqué l'homme. Du coup l’animal se bat maintenant en brandissant le sabre de l'intelligence. Bohler écrit : Le problème c’est que le striatum ne demande que la satisfaction, et surtout l’évolution ne l’a pas équipé d’un bouton : fin, stop, on arrête. Il ne peut pas se limiter. Il ne peut pas s’arrêter. « C’est un des gros défauts de fabrication de notre cerveau » Ce que Bohler dit là est vaguement incompréhensible. Si l’objectif est atteint pourquoi l’alligator en demande toujours plus ? C’est incohérent. Ou alors l’alligator n’est pas satisfait, le cortex ne parvient pas à satisfaire l’alligator et n’a pas d’autres solutions que de faire ce qu’il peut pour satisfaire l’animal : bouffer, baiser, conquérir le pouvoir, ou se noyer dans l’oubli : drogue, culture, divertissement, religion et tout le bataclan. Ou encore cette autre solution : rechercher sans cesse de l'information. Ce que je fais en ce moment finalement. Bon, je continue l’étude de ce bouquin.
  16. Dans son livre Helgoland, Carlo Rovelli fait allusion à David Chalmers. Chalmers divise le problème de la conscience en deux parties : easy problem and hard problem of consciousness. Le problème facile (mais tout de même hyper difficile) c’est de savoir comment fonctionne notre cerveau. Le problème difficile : comprendre la sensation subjective. Le problème difficile n’est pas de comprendre comment fonctionne les activités cérébrales mais de comprendre pourquoi ces activités s’accompagnent d’une sensation subjective. Comment se fait-il qu’il y ait une réalité physique et une réalité mentale ? La réalité physique dérive d’une positionnement extérieur aux choses : c’est la position du spectateur, du scientifique. La réalité mentale dérive de l’expérience directe, vécue : c’est la position de l’acteur. L’émotion décrite par le scientifique n’est pas l’émotion vécue. A tel point que le scientifique peut maîtriser totalement les mécanismes observés de l’émotion et se trouver complètement emporté par elle quand il la vit. Rovelli affirme qu’il ne peut pas y avoir de positionnement extérieur au monde. Nous parlons du monde en y étant toujours inclus même lorsque nous nous pensons extérieurs au monde. Il explique les paradoxes de la mécanique quantique (il est spécialiste de la gravité quantique) en affirmant que tout observateur est acteur. L’observateur est toujours en relation avec l’observé. Dans le sein d’un tiers, un tiers qui les inclut. L’intrication est possible parce qu’il existe cette inclusion dans un tiers. Il est impossible de se tenir hors du monde. Nous sommes toujours dans le monde. In fine, ce que nous appelons le monde nous contient toujours, nous ne pouvons pas lui être extérieur. Il en tire que la subjectivité ne peut pas être radicalement étrangère à l’objectivité et vice versa. Il n’ y a pas d’objectivité pure mais il n’ y a pas non plus de subjectivité pure. Croire qu’il existe un objet pur, en soi, est une illusion. Croire qu’il y a une subjectivité pure, en soi, croire qu’il y a un sujet pur, moi, est une illusion. Il n’ y a pas d’objet il n’ y a pas de sujet. Cette vision renvoie, selon Rovelli, à la sagesse indienne : Nagarjuna, Voilà un sage dont je vais m'efforcer de découvrir la pensée. Les livres viennent d’être commandés.
  17. En nouvelle Calédonie le gouvernement kanak a renoncé à chercher le malade originel quand il s’est rendu compte qu’il s’agissait d’un chef kanak de retour de l’étranger. L’épidémie a pris dans différents points de l’archipel, notamment des îles et des endroits non fréquentés par les touristes. L’individu a ainsi marqué son périple et sa visite des chefs locaux. Le virus circulait déjà depuis un bon moment. C’est pour cela que ce fut apparemment soudain. Source : une partie de ma famille qui réside et vit là-bas et travaille en liaison étroite avec le gouvernement kanak. Cette famille est calédonienne, non pas métropolitaine.
  18. Annalevine

    Mes choix

    Votre puissance est une présence en laquelle je chemine en chantant
  19. La philosophie actuelle s’enlise dans la métaphysique,accessoirement dans la critique des mœurs. Un foromeur va même jusqu’à intimer l’ordre de ne s’occuper que de métaphysique , seul sujet d’étude de la philosophie selon lui. La métaphysique, l’ontologie, l’Être. Au demeurant les seuls philosophes qui semblent compter pour ceux-là sont des auteurs tels Schopenhauer, Nietzsche, Spinoza. Aucun Français, soit dit en passant, à part, de temps en temps Descartes. Non pas Descartes en tant que mathématicien et inventeur de la géométrie analytique, mais Descartes en tant que métaphysicien. Tous ces métaphysiciens ne savent plus que la philosophie de leur culture, la philosophie grecque est née dans la cité, dans la réflexion sur la meilleure façon de conduire la cité. La politique, le droit, la Loi. Tout cela nos métaphysiciens nietzschéens, ils ne connaissent pas. Cela ne les empêche pas de citer Socrate, presque contraints, dont il ne retiennent que le souci métaphysicien de « la petite voie qui parle en soi » ou le « connais toi toi-même » exigence absurde qui laisse entendre que l’homme doit viser un équilibre stable. Ils ne savent donc pas que la philosophie dans ses origines du moins en Occident, se soucia aussi et d’abord de la conduite de la cité. Comment vivre ensemble ? Quelle société bâtir ? Comment conduire la cité ? Ils n’ont retenu, de leur passé, que la philosophie de Parménide et n’ont rien compris à l’effort de Socrate. Pire Socrate est devenu le symbole du prolétaire imbécile quand on lit Nietzsche. Nietzsche ce nouvel Esdras de nos philosophes actuels, Nietzsche qui écrit, dans la « Généalogie de la morale », la bible de nos disciples de la sur-humanité : « la Judée remporta une nouvelle victoire sur l’idéal classique avec la Révolution française : la dernière noblesse politique qui subsistât en Europe, celle du XVII et du XVIII siècles s’effondra sous le coup des instincts populaires du retentissement », qui stigmatise ensuite la volonté d’abaissement, d’humiliation, de nivellement, de régression et de déclin de l’homme de la Révolution. Voilà où en sont nos nietzschéens étendus dans la langueur de leur thébaïde, livrés à leur rêverie onaniste de l’érection éternelle : le surhomme.
  20. Je viens de recevoir le livre de David Graeber et de David Wengrow, Au commencement était... Une nouvelle histoire de l’humanité. J'éprouve toujours une émotion forte en recevant un livre dont j'attends une pensée inconnue, qui va s'enlacer autour de la mienne. Je serai peut être déçu, peut être pas... Je me rends compte que, jusqu'à mon dernier souffle, toujours je resterai ouvert à toute pensée nouvelle. La création du monde est inachevée, elle est toujours en cours. "Ce" qui aux origines fut là, accompagne le monde.
  21. J’aime beaucoup vos textes, j’aime les lire, vous écrivez à partir d’expériences vécues et non à partir d’autres textes, à partir de pensées d’autrui. Vous êtes dans le mouvement d’un quotidien vécu avec d’autres, ce qui rend vos textes vivants. Cela dit je peux aussi constater chez vous une maîtrise de plus en plus affirmée de la parole, ici écrite, ce qui me permet de vous suivre et de vous comprendre, à ma manière bien sûr ! ( mais je tire une compréhension de vos textes). Vous avez des différends avec des personnes de votre entourage et vous pensez que ces différends sont peut-être insurmontables. Ils le sont peut-être, en effet, alors il est nécessaire d’en prendre acte. Mais ils ne le sont peut être pas ( insurmontables). Il y a une phrase de votre texte précédent que j’ai notée : « Il y a ce désir de destruction par les mots et en même temps ce désir de maintenir par le silence un système en place ». Ce que vous vivez là est sans doute imputable à votre quotidien et pourtant cette phrase se fait aussi l’écho de ce qui se passe en ce moment au niveau national. Quelque chose est tue dans notre société et ce silence a pour fonction de maintenir en effet le système en place. Ou plus exactement ce silence permet à ceux qui se sont faits une place dans notre société de ne pas être inquiétés. De ne pas se sentir menacés par un soudain déséquilibre. Ce puissant désir de maintenir à tout prix un équilibre en place, quand bien même cet équilibre pourrait bien être dommageable pour certains ( mieux vaut le dommage certain que l’incertitude) s’accompagne de la formation d’une parole qui tend à exprimer sa puissance, son impératif, si puissant qu’il peut en devenir destructeur. S’il y a quelque chose que je peux tirer de mon expérience vécue c’est que l’ambiance propre à une société donnée, à un pays donné, réagit sur les équilibres privés sans même que nous nous en rendions compte. Vous êtes moins enfermée dans une singularité que sensible, en fait, à l’ambiance contrastée, c’est le moins que nous puissions dire, de notre pays. La parole qui veut s’exprimer doit pourtant être entendue, quelle que soit sa violence, ce qui est tu finit toujours par exploser dans le ciel conscient de nos esprits.
  22. Votre texte m’inspire les réflexions suivantes. Les personnes dites rationnelles s’appuient sur des idéologies. Elles créent des systèmes copiés sur les mathématiques. Elles posent des axiomes, indémontrables, elles élaborent des lois dont elles disent qu’elles s’imposent ( sous entendu : ces lois ne doivent rien à leur subjectivité) puis elles s’efforcent d’asservir le réel et les autres aux données de leur système. Cela est vrai pour les idéologies dites athées comme pour les religions. Ces systèmes engendrent un certain type d’action sur l’environnement physique, social et moral, action dont les penseurs du système, de l’idéologie, attendent des réactions conformes à leurs désirs, le plus souvent tus. Vous arrivez dans ce système abstrait, et, vu votre caractère, vous réagissez non pas en vous fondant sur les axiomes et lois du système rationnel , mais en vous fondant sur ce que nous appelons le sens interne, le sentiment, ce que vous désignez vous par : la sensibilité. Vous partez du principe que la sensibilité, le sentiment, est un mode de perception qui révèle aussi un réel. Le sentiment, en général, est un trouble fête qui vient foutre le bordel dans toutes les idéologies telles que je viens d’en décrire le fondement. Vous êtes en définitive une perturbatrice parce que vous opposez à la machinerie puissante de la raison la singularité de votre sensibilité.
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