-
Compteur de contenus
1 842 -
Inscription
-
Dernière visite
Type de contenu
Profils
Forums
Blogs
Calendrier
Vidéos
Quiz
Movies
Tout ce qui a été posté par Dompteur de mots
-
L'amour n'est-il qu'égoïsme ?
Dompteur de mots a répondu à un(e) sujet de Savonarol dans Philosophie
Il vaut la peine ici que je copie-colle un formidable texte que j'ai commis il y a quelque temps sur l'égoïsme et l'altruisme. Voilà donc de quoi élever vos âmes, bonnes gens: Or, dans l'amour, nous agissons certainement selon notre Désir, et nous y travaillons tout aussi certainement à faire augmenter notre puissance d'exister. Pourtant, nous n'y mettons pas forcément à mal la balance, l'hygiène, l'équilibre des rapports humains, et nous ne créons pas forcément non plus un sentiment d'injustice ou d'iniquité chez ceux qui nous y observent. Par ailleurs, la complexité dont je parle dans le délicieux 3e paragraphe (j'imagine que je ne suis pas le seul que la justification de l'insulte par la magnification de la collectivité transporte de félicité), s'applique aussi à l'amour: ainsi peut-on fort bien imaginer un amant quittant sa partenaire par altruisme - parce qu'il estime que l'acharnement au sein de cette relation risque de créer des situations qui mettent à mal la balance des rapports humains. Songeons par exemple à Kierkegaard, qui laissa Régine, l'amour de sa vie, car sachant fort bien que sa vocation philosophique l'empêcherait de l'aimer comme il l'eût fallu. Il y a une sorte d'altruisme tordu là-dedans. Est aussi tordu l'altruisme qui poussa Kierkegaard à écrire le Journal du séducteur, ouvrage secrètement destiné à convaincre Régine qu'il n'était qu'un opportuniste, afin de la détourner définitivement de quelque interminable chagrin d'amour. -
C'est tout à l'honneur de Dehaene. Il y a une belle puissance qui vous anime Aliochaverkiev. Je dois dire que vous m'en mettez plein la tronche. Et quelle éloquence ! Cela dit, pourquoi dites-vous donc que je crache sur les recherches actuelles ? Et pourquoi me parlez-vous de Freud et de Lacan ? Je n'y ai pas fait allusion et je n'ai pas défendu leur doctrine. Qui désignez-vous lorsque vous dites "nous jugeons de la vérité..." ? Le club des savants ? Dont un libidineux bouffon comme vous ferait partie ? Parlant d'inepties, croyez-vous sérieusement que la question de savoir ce qu'est la conscience se pose seulement dans une optique thérapeutique ?
-
Certaines fautes m'insupportaient totalement, alors je publie une autre version de mon texte: J'ai lu votre texte et là, je me suis aperçu que certaines choses, sans que je puisse mettre le doigt dessus exactement, suscitaient en moi des émotions, des impressions vagues. Je relis le texte. Je rêvasse en regardant dehors, en passant les yeux distraitement sur ce qui m'entoure. Je reviens à votre texte, j'en relis des parties. Je rêvasse à nouveau. Et je fais ce manège pendant un bon bout de temps. (Si l'on m'avait demandé à ce moment ce que je suis en train de faire, j'aurais répondu "je réfléchis au texte d'Aliocharverkiev". Pourtant, je n'ai aucune idée de ce en quoi consiste précisément cette "réflexion". Je sais que j'y réfléchis car je reviens sans cesse au texte et à certains mots. Et certaines impressions qui y sont liées me reviennent aussi sans cesse. Aurais-je su, une seconde avant que l'on me le demande, que je réfléchissais à votre texte ? C'est-à-dire que si on me l'avait demandé une seconde avant, j'aurais répondu la même chose. En revanche, si on ne me l'avait pas demandé une seconde avant, alors je n'y aurais pas pensé et je ne me le serais pas formulé comme je le fais lorsque l'on me le demande.) Puis à un moment donné: pouf ! Je me suis mis à écrire ces lignes, sans savoir d'où elles venaient, et même sans savoir où me conduisaient les phrases que je débutais. Par exemple, je ne sais pas vraiment jusqu'où me conduit la phrase que je suis en train de taper - mais si l'on me demandait ce que je suis en train de faire, je dirais que je réponds à Aliochaverkiev et si l'on me demandait ce que je lui écris, je saurais résumer mon propos, mais sans doute avec moult hésitations. J'aurais aussi pu répondre la même chose une seconde auparavant mais en réalité, durant cette seconde précédente, je n'y pensais pas et je ne me le formulais pas. Maintenant, si le doute me prend au sujet de ce que je suis en train d'écrire, je vais me mettre à tout analyser et à tout décortiquer comme vous le dites. Il serait alors sans doute tentant dire que par le fait même, je vais rendre conscient une partie de monde d'opérations mentales inconscientes qui se déroulaient tout à l'heure, lorsque je rêvassais. D'un autre côté, je n'ai franchement aucune idée quant à savoir si les décortications que je vais formuler ou me formuler sont du même acabit que le contenu de ce que j'appelle mes "rêvasseries". Dans ces conditions, je ne suis pas certain que les expressions "rendre conscient" ou "devenir conscient" ou même "devenir inconscient" ont quelque sens que ce soit. En fait, même l'utilisation du mot "décortication" dans ce contexte est nébuleuse. Est-ce que je décortique ma rêvasserie ? Ce n'est pas clair. N'est-ce pas plutôt que je me mets à "rêvasser" à mon propre texte ? C'est cela: je rêvasse à mon propre texte, je regarde par la fenêtre, me relit et après un moment: hop ! Les mots sortent. Est-ce que mes rêvasseries ont seulement un "contenu" ? Si oui, quelle est leur forme ? Rêvasser, cela ne pourrait-il pas seulement signifier "laisser circuler", comme dans "laisser circuler l'impression ou l'émotion" ? Comme dans "les laisser me modifier" ? Car si je suis modifié, je ne produirai plus le même discours. "Rendre inconscientes certaines activités conscientes" ? Qu'est-ce que cela peut bien signifier ? Encore là, nada.
-
J'ai lu votre texte et là, je me suis aperçu que certaines choses, sans que je puisse mettre le doigt dessus exactement, suscitait en moi des émotions, des impressions vagues. Je relis le texte. Je rêvasse en regardant dehors, en passant les yeux distraitement sur ce qui m'entoure. Je reviens à votre texte, j'en relis des parties. Je rêvasse à nouveau. Et je fais ce manège pendant un bon bout de temps. (Si l'on m'avait demandé à ce moment ce que je suis en train de faire, j'aurais répondu "je réfléchis au texte d'Aliocharverkiev". Pourtant, je n'ai aucune idée de ce en quoi consiste précisément cette réflexion. Je sais que j'y réfléchis car je reviens sans cesse au texte et à certains mots. Et certaines impressions qui y sont liées me reviennent aussi sans cesse. Aurais-je su une seconde avant que l'on me le demande que je réfléchissais à votre texte ? C'est-à-dire que si on me l'avait demandé une seconde avant, j'aurais répondu la même chose. En revanche, en prenant si on ne me l'avait pas demandé une seconde avant, alors je n'y aurais pas pensé et je ne me le serais pas formulé comme je le fais lorsque l'on me le demande.) Puis à un moment donné: pouf ! Je me suis mis à écrire ces lignes, sans savoir d'où elles venaient, ni même sans savoir où me conduisaient les phrases que je débutais. Par exemple, je ne sais pas vraiment jusqu'où me conduit la phrase que je suis en train de taper - mais si l'on me demandait ce que je suis en train de faire, je dirais que je réponds à Aliochaverkiev et si l'on me demandait ce que je lui écris, je saurais résumer mon propos, mais sans doute avec moult hésitations. J'aurais aussi pu répondre la même chose une seconde auparavant mais en réalité, durant cette seconde précédente, je n'y pensais pas et je ne me le formulais pas. Maintenant, si le doute me prend au sujet de ce que je suis en train d'écrire, je vais me mettre à tout analyser et à tout décortiquer comme vous le dites. Nous pourrions sans doute dire que je vais alors rendre conscient une partie de monde d'opérations mentales inconscientes qui se déroulaient tout à l'heure, lorsque je rêvassais. D'un autre côté, je n'ai franchement aucune idée quant à savoir si les décortications que je vais formuler ou me formuler sont du même acabit que le contenu de ce que j'appelle mes "rêvasseries". Dans ces conditions, je ne suis pas certain que les expressions "rendre conscient" ou "devenir conscient" ou même "devenir inconscient" ont quelque sens que ce soit. En fait, même l'utilisation du mot "décortication" dans ce contexte est nébuleuse. Est-ce que je décortique ma rêvasserie ? Ce n'est pas clair. N'est-ce pas plutôt que je me mets à "rêvasser" à mon propre texte ? C'est cela: je rêvasse à mon propre texte, je regarde par la fenêtre, me relit et après un moment: hop ! Les mots sortent. Est-ce que mes rêvasseries ont seulement un "contenu" ? Si oui, quelle est leur forme ? Rêvasser, cela ne pourrait-il pas seulement signifier "laisser circuler", comme dans "laisser circuler l'impression ou l'émotion" ? Comme dans "les laisser me modifier" ? Car si je suis modifié, je ne produirai plus le même discours. "Rendre inconscientes certaines activités conscientes" ? Qu'est-ce que cela peut bien signifier ? Encore là, nada.
-
La non-violence peut-elle être criminelle ?
Dompteur de mots a répondu à un(e) sujet de sovenka dans Philosophie
-
Pourrions-nous comparer la différence qu'il y a entre la cérébralité et l'esprit à celle qu'il y a entre la main qui écrit et le monde symbolique que l'écriture déploie ?
-
La psychanalyse semble indiquer que les homosexuels ne se sont pas identifiés à leur père. Or, comme c'est le cas ultime de la non-procréation, cela tend à aller dans le sens de ce que tu dis. Serait-ce la raison de la suspicion que beaucoup de gens portent à l'endroit de ceux qui justifient leur choix de ne pas avoir d'enfants ? Parce qu'ils tentent de faire passer ce choix comme étant vertueux alors qu'il ne découlerait finalement qu'une d'une nécessité psychique ? C'est très difficile de sauter aux conclusions, parce qu'on peut imaginer beaucoup de cas différents. Combien d'enfants sont par exemple engendrés par pur esprit de convention, parce qu'"il est dans l'ordre des choses de faire des bébés" ? Et puis même si les raisons invoquées par les gens qui choisissent de ne pas faire d'enfants masquent une certaine réalité psychique, ne pouvons-nous pas voir dans la recherche de ces raisons un mouvement d'affirmation de la tendance naturelle dont ces gens sont porteurs, à l'encontre de la convention qui voudrait les faire procréer ? Les parents incompétents que tout un chacun dénoncent ne sont-ils pas précisément des gens qui procréent par convention ?
-
Pourrions-nous comparer la différence qu'il y a entre la cérébralité et l'esprit à celle qu'il y a entre la main qui écrit et le monde symbolique que l'écriture déploie ? Lorsque nous lisons un texte, nous avons l'habitude de nous placer dans ce monde symbolique et de lui donner, au moins provisoirement, sa petite ontologie. Il est rare que nous saisissons un texte comme un geste langagier, comme la continuation du mouvement de la main qui écrit. Les gestes langagiers apparaissent dans les petits échanges du quotidiens, qui visent à coordonner nos actions, ou dans des textes qui ont une fonction purement utilitaire. Mais dans le rayon de la littérature, les choses se passent autrement. Est-ce que la littérature a précisément pour fonction de créer de l'espace ontologico-symbolique ?
-
Tu me fais penser à Schopenhauer. Ce que tu racontes est très solide, pratiquement indéniable. Mais en même temps, tu as tort sur toute la ligne ! Pratiquement chaque phrase est erronée, d'un certain point de vue. Question: l'approche pédagogique que tu prônes sur ce forum ne te met-elle pas dans une position semblable à celui qui arrose des cailloux ? Autre question: serais-tu un grand cynique caché sous des airs débonnaires ?
-
Un même problème ? C'est intriguant. Quel est le fond de ta pensée Blaq ? Le problème de la survie de soi-même au-delà de l'existence corporelle ? Mais il couchait avec ses disciples !
-
Lorsque je dis que ton "état d'esprit" est figé, je ne l'entends de la façon que tu décris ici, c'est-à-dire qu'il s'agit de quelque chose de sclérosé. Je veux dire que ton "état d'esprit" n'offre pas d'issue au néophyte. Il l'a ou il ne l'a pas. Alors que ma discipline consiste en un travail, un effort. Or, n'importe qui peut n'importe quand s'y mettre. Avec plus ou moins de prédisposition, de talent, sans doute, mais ça n'y change rien. L'état d'esprit philosophique est quelque chose qui se travaille, qui s'apprend, qui se développe. Thomas Edison et Nietzsche s'entendait bien sur une chose, à savoir que le génie créateur est fait de 1% de talent et de 99% de travail. Pour accomplir sa besogne, le créateur a certainement besoin d'une grande discipline. L'image de l'artiste constamment déchiré qui crée par éclairs d'inspiration est un pur mythe. Des expressions comme "tu as le choix de..." ou "tu es libre de..." ont une fonction rhétorique. Par exemple, je vais dire à ma fille: "tu as le choix d'outrepasser la règle que j'ai établi et de subir la conséquence qui a été déterminée, ou alors de respecter la règle". J'aurais aussi pu lui dire simplement "je veux que tu agisses comme ceci car sinon, voici quelle sera la conséquence". De cette dernière façon, j'aurais parlé un langage qui exprime ma propre force d'affirmation. Avec la première formulation, je tends plutôt à traduire cette volonté dans un langage qui exprime la force d'affirmation de ma fille: "tu as le choix de...". Nous n'utiliserons pas cette fonction rhétorique pour certains sujets, comme le sommeil ou la nutrition par exemple, car nous devons impérativement dormir ou manger. L'usage de cette fonction rhétorique n'aurait donc pas de sens. En revanche, pour le sujet qui nous occupe, cet usage est tout à fait indiqué, dans la mesure où la suggestion "chacun a le choix de s'adonner à la discipline philosophique" n'est pas dirigée vers un individu déterminé. C'est une ligne lancée à l'eau, un appel: "que celui qui m'entend bien aille se mettre à l'ouvrage !" "N'importe qui, sournoisement, voulant éviter de souffrir se confond avec le tout de l'univers, juge de chaque chose comme s'il l'était, de la même façon qu'il s'imagine, au fond, ne jamais mourir. Ces illusions nuageuses, nous les recevons avec la vie comme un narcotique nécessaire à la supporter." - G. Bataille
-
Je tiens à dire que je ne partage pas du tout cette vision. Oui: la culture fait la richesse de l'esprit. La culture, c'est le travail de sarclage des esprits, de défrichage, d'ouverture des esprits qui se fait dans la société. Nous sommes des êtres d'habitudes, des êtres figés dans leur petit univers égoïstes. La culture, c'est ce qui fait exploser le cadre de ce petit univers et plonge les individus dans l'élément de leur ignorance, vers les frontières du vide qui cerne leurs certitudes. Les arts possèdent certainement ce pouvoir explosif, subversif. La science aussi, la philosophie et même la religion lorsqu'elle le veut bien. Évidemment, le pouvoir subversif des œuvres de la culture est toujours récupéré dans une plus ou moins grande mesure par le cortège des idées établies. On tombe alors dans une autre culture, fétichiste celle-là, celle du divertissement, de l'érudition bourgeoise. Les œuvres deviennent complaisantes, et les individus qui s'y exposent oublient la quête sacrée qui les habitaient. L'individu qui se sent encore engagé dans cette quête sacrée doit alors lutter pour ne pas céder à la facilité. À la longue, une certaine lassitude risque de l'atteindre. De même que l'homme inculte qui contemple ce spectacle risque de finir par se détourner de la culture. Mais il ne faut pas céder: ni à la culture fétichiste, ni à la facilité suprême qui consiste à cracher sur la culture. Voir cet article pour plus de développements sur ce thème. Je ne fais pas ton procès. Je dis juste que ton intervention sur la culture était vomitive. Est-ce que toute référence à un philosophe reconnu ou toute citation est un argument d'autorité pour toi ? Parce que des vrais arguments d'autorité, on n'en voit pas énormément ici... Une bonne citation, ou une bonne référence à un philosophe reconnu peut être une excellente façon d'ouvrir un trou noir dans une conversation, de déchirer le voile des certitudes qui s'affrontent afin d'unir les participants au sein d'une même plongée dans l'ignorance.
-
Ah... non, je ne sous-entendais pas que Gaïa était incompétente.
-
Cela me fait penser qu'on regarde souvent les couples qui choisissent de ne pas avoir d'enfant d'un œil sévère, comme s'ils n'étaient que des êtres superficiels, attachés seulement à leur confort matériel, alors même que les parents qui ont des enfants sont les premiers à se plaindre du fait qu'il y ait autant de parents incompétents. On devrait applaudir les gens qui choisissent de ne pas avoir d'enfants.
-
Et vous Gaïa ? Qu'avez-vous à dire sur les grandes questions de l'existence ?
-
À vrai dire, vos réticences ne m'intéressent pas vraiment. Je ne vous demande pas de disserter sur Platon ou d'entrer dans un club élitiste. Je vous demande seulement de participer à la section tel que vous êtes, car je crois que vous avez un certain potentiel.
-
Ériger son ignorance en loi. Descendre la culture en vice. Ma foi, si j'avais besoin d'un vomitif, cette intervention ferait parfaitement l'affaire.
-
Soy un perdedor I'm a loser Caez, so why don't you ban me ? C'est gentil ça ! J'aime beaucoup Beck même si ses 2 derniers albums sont assez mauvais.
-
Je viens de lire vos interventions sur le topic de Quasi-Modo à propos du rasoir d'Occam. Ma foi, elles appartiennent tout à fait à cette section. De quoi vous plaignez-vous donc Petit Pois ? Vous comprenez de toute évidence la différence entre la philosophie et une joute d'opinions.
-
Landbourg, vous m'intriguez. Je vous ordonne de participer à la section philosophie. D'ailleurs, ne perdez plus votre temps et participez seulement à la section philosophie, si cela est possible.
-
J'ai toujours aimé Jolitorax. J'ai envie de vous décalotter la boîte crânienne et de vous embrasser les lobes corticaux.
-
Lorsque je parle de discipline, je l'entends au sens le plus terre-à-terre. Cela n'a rien à voir avec quelque académisme que ce soit. Pas besoin d'avoir étudié académiquement la philosophie pour développer la faculté de douter, de se remettre en question, de pousser plus loin ses questionnements, etc. Je soupçonne donc que ce que tu appelles "état d'esprit" rejoint ce que j'appelle "discipline". C'est un critère très recevable. Si tous les philosophes disent que Platon, Kant ou Nietzsche ont dit des choses importantes, alors il y a de bonnes chances que ce soit vrai. Évidemment, ce n'est pas un critère objectif, et encore moins un critère absolu. C'est un indicateur. Je n'aime pas l'idée d' "état d'esprit" car elle renvoie à quelque chose de figé. Or, philosopher est un travail. Travail signifiant dans l'ancien français "tourment", ou "torture". Évidemment, ces mots sont quelque peu inadaptés à décrire ce qu'est la philosophie alors c'est pourquoi on leur préférera celui de "discipline". Mais il y a aussi là l'idée de quelque chose de pénible, qui demande effort. Le philosophe doit savoir se faire violence disait Bergson. Pourquoi la philosophie exige-t-elle de se faire violence ? Parce que nous sommes des êtres d'habitudes, de conventions, de répétition, et que philosopher consiste à sortir de ce monde de convention. Même un philosophe qui voudrait affirmer la valeur de certaines pensées qui lui tiennent à cœur ne peut le faire qu'en s'extirpant de ces pensées, en les considérant d'un œil supérieur. Car l'affirmation de cette valeur suppose que soit connue la valeur des autres façons de penser. Or, le néophyte reste souvent aveugle à ce point critique, en se contentant d'affirmer les pensées qui lui tiennent à cœur sans s'élever au-dessus d'elles. Tu as tout à fait raison Petit pois: il n'y a rien à répondre à une pareille idiotie !
-
Et si le club servait d'association de défense des droits des intervenants non-crédibles ?
-
Certains néophytes appliqués me font réfléchir. Évidemment, ils ne m’apprennent pas très souvent de données nouvelles à propos d'un problème mais la simplicité avec laquelle ils les posent peut être éclairante. De la même façon par exemple que ma fille (il ne s'agit pas d'infantiliser les néophytes - je pense que l'on comprendra l'esprit de ma comparaison) me fait souvent réfléchir en me ramenant à la source de certains problèmes, de certains états d'esprit, de certains questionnements. Échanger avec un néophyte peut être aussi un excellent exercice de synthèse du cheminement philosophique qui a été fait à propos d'un problème donné. L'érudition, les références, la culture littéraire, le monde de nuances que parcourt le philosophe peut finir parfois par lui faire perdre de vue la simplicité d'une chose. Le retour à la simplicité constitue une sorte de seconde maturité pour le penseur, ou même pour une réflexion particulière. Le raisonnement tortueux est peu à peu émondé de ses termes inutiles, l'expression de la pensée s'épure et trouve parfois son bonheur dans une sentence qui peut certes manquer d'exposer tous les tournants dialectiques d'une réflexion, mais qui en revanche a le pouvoir de saisir l'esprit et de le transporter jusqu'au cœur d'un problème tout en lui montrant les voies d'avancée possibles.
-
La philosophie est une discipline. Une discipline: c'est-à-dire une aptitude, une habileté qui se développe dans l'exercice. Nous naissons tous avec la disposition nécessaire à cette discipline, sans doute (c'est d'ailleurs ce que tend à développer le bouquin de Gopnik, que j'ai lu). Mais la disposition n'est pas la discipline. Sinon, c'est ouvrir la porte à tous ces gens qui sont convaincus de philosopher parce qu'ils livrent leur opinion.
