tison2feu
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Tout ce qui a été posté par tison2feu
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Par des cheminements différents, je te rejoins, DdM, dans ton degré d’exigence à atteindre en matière de scepticisme et, conséquemment, d’élévation de la pensée. Je note cette gradation intéressante dans les différentes formes de scepticisme pouvant aller du bas vers le haut (« supérieur » étant mentionné à 3 reprises), ainsi que le lien dialectique établi judicieusement entre « crédit » et « scepticisme ». Car, accorder un crédit illimité à la place de la science dans notre conscience, n’est-ce pas se priver d’autres formes de crédit pouvant être données à des vues supérieures de l’esprit, ne serait-ce qu’en matière esthétique, éthique, politique ou métaphysique ? A cet égard, la culture scientifique ne peut échapper à un certain infantilisme du goût et de la pensée. Tout y est affaire de modèles réduits, si chers à l’enfant, dans un monde de substitution, certes de plus en plus perfectionné, mais sans aucune valeur spirituelle. Quid de l’infinie singularité et étrangeté du déroulement continu de notre conscience ? Devrais-je suivre le parcours fléché du scientiste lorsque j’ai le sentiment de me trouver en présence de la beauté ? J’ai toutes les raisons de douter de cette tentative de réduire et de structurer toujours davantage les flux incommensurables de la vie affective/conscience/inconscient, cette culture scientifique étant à peine supérieure à l’inculture du philistin puisque toute considération esthétique, par exemple, y sera exclue. Pour peu que l’on se fasse un devoir de bien penser, il conviendrait donc de passer la vitesse supérieure en matière de scepticisme. La science a montré la voie, et pas question de retour à l’obscurantisme et à la superstition. Mais pas question non plus de s’arrêter en si bon chemin en donnant religieusement – autant dire en portant un coup mortel à tout esprit sceptique, tout esprit critique et tout esprit de finesse - un crédit illimité à la culture scientifique, au détriment des cultures esthétique, éthique ou politique.
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La mise en équation mathématique de la notion d’infini me semble vide de toute pensée philosophique. Tu n’as de cesse de me parler en terme de science et de raison, et je persiste à te répondre en terme de pensée. « Penser l’infini », avais-je dit. L’infini sera formalisé, mis en équations, mais nullement pensé, contemplé, épié. Tel est le « point névralgique ». Est-ce clair ? Mon amour de l’infini reste sur sa faim. Je te parle d’infini, j’exige d’aller par l’étendue de ma pensée jusqu’au bord de l’espace fini, toujours plus loin vers l’infiniment grand ou l’infiniment petit, durant un temps infini, et tu me colles sous les yeux une série limitée de chiffres suivis de petits points… L'infini est devenu un semblant de chose familière, livré tout près des yeux, comme dans une série X !, alors que ma pensée intuitive, toujours en mouvement et en expansion, était portée jusqu’aux vents, jusqu’aux nuages, jusqu’aux planètes, au bord vertigineux de l’univers, dans une quête exploratoire infinie. Sans me limiter non plus à la seule expression poétique puisqu'il faudra exposer tout un cheminement de pensée surgi de l'entrelacement de concepts. Comment ne pas être pris de vertige si l'on imagine véritablement ce que peut signifier à l'infini, si l'on fait l'effort de s'évader du fini, de voyager à l'infini, à défaut de pouvoir contempler l'infini, toujours désireux d’appréhender par la pensée l’univers dans sa totalité infinie, d’en écouter encore et toujours la symphonie inachevée, et non de s’enfermer dans les prisons étroites de quelques livrets de solfège ! Je n’ai certes pas, Déjà, de véritable pensée de l’infini à t’offrir, comme le ferait talentueusement un DdM. Mon travail est lent, brouillon, tâtonnant, et je n’avance pour l’instant qu’avec des béquilles. Puisqu’il est question néanmoins de sagesse dans ce topic, et pour répondre à la requête de Blaquière dans un autre topic à propos de la question de savoir ce qu’est la pensée, voici pour nous inspirer éventuellement un extrait de Propos sur le bonheur , par Alain : « L'État devrait tenir école de sagesse comme de médecine. Et comment? Par vraie science, qui est contemplation des choses, et poésie grande comme le monde. Car la mécanique de nos yeux, qui se reposent aux larges horizons, nous enseigne une grande vérité. Il faut que la pensée délivre le corps et le rende à l'Univers, qui est notre vraie patrie. Il y a une profonde parenté entre notre destinée d'homme et les fonctions de notre corps. L'animal, dès que les choses voisines le laissent en paix, se couche et dort; l'homme pense; si c'est une pensée d'animal, malheur à lui. Le voilà qui double ses maux et ses besoins; le voilà qui se travaille de crainte et d'espérance; ce qui fait que son corps ne cesse point de se tendre, de s'agiter, de se lancer, de se retenir, selon les jeux de l'imagination; toujours soupçonnant, toujours épiant choses et gens autour de lui. Et s'il veut se délivrer, le voilà dans les livres, univers fermé encore, trop près de ses yeux, trop près de ses passions. La pensée se fait une prison et le corps souffre; car dire que la pensée se rétrécit et dire que le corps travaille contre lui-même, ce qui est dire la même chose. L'ambitieux refait mille fois ses discours, et l'amoureux mille fois ses prières. Il faut que la pensée voyage et contemple, si l'on veut que le corps soit bien. À quoi la science nous conduira, pourvu qu'elle ne soit ni ambitieuse, ni bavarde, ni impatiente; pourvu qu'elle nous détourne des livres et emporte notre regard à distance d'horizon. Il faut donc que ce soit perception et voyage. Un objet, par les rapports vrais que tu y découvres, te conduit à un autre et à mille autres, et ce tourbillon du fleuve porte ta pensée jusqu'aux vents, jusqu'aux nuages, et jusqu'aux planètes. Le vrai savoir ne revient jamais à quelque petite chose tout près des yeux; car savoir c'est comprendre comment la moindre chose est liée au tout; aucune chose n'a sa raison en elle, et ainsi le mouvement juste nous éloigne de nous-mêmes; cela n'est pas moins sain pour l'esprit que pour les yeux. Par où ta pensée se reposer dans cet univers qui est son domaine, et s'accordera avec la vie de ton corps qui est liée aussi à toutes choses. Quand le chrétien disait: "Le ciel est ma patrie", il ne croyait pas si bien dire. Regarde au loin. » @ Pascalin : merci pour la référence à Cantor. Si tu as déjà exposé un point de vue personnel sur la question de l'éternité, dans quel topic l'as-tu fait, stp ?
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Pour toi, l’infini n’a rien de déraisonnable (ou mieux, d'irrationnel), mais pas pour moi parce que ne je ne puis établir de relations rationnelles entre fini et infini. Auncune comparaison n'est possible entre fini et infini, ni entre mes connaissances finies et mon ignorance infinie. Je suis condamné à être englué dans des paradoxes à l’infini. Ma vie est fondamentalement para-doxale, irrémédiablement absurde, et je ne veux en aucun cas – dussé-je la tatouer sur ma peau – éluder la réalité existentielle de cette projection de ma vie éphémère dans l'immensité des espaces infinis, si inconfortable soit-elle. Or, rien de plus fragile que la faculté humaine d’admettre la réalité. Cette réalité paradoxale des espaces infinis, si elle insiste, pourra aller se faire voir ailleurs. A condition de voir double. Ou de voir seulement le double du réel lorsqu’il devient indésirable (à l'idée de la mort). Double psychologique, double moral, double religieux, narcissiques et anthropocentriques à l’envi. Ou à condition de voir petit, en prenant le train-train doxique de la vie, en seconde classe non-paradoxale : je parviens à m’habituer à la vie, au point de vivre par habitude. Mais au prix d'un endormissement intellectif auquel je refuse, comme toi, de me soustraire. Nous ne sommes donc sans doute pas si éloignés, sauf sur la question de l'élan vital et des espaces infinis, de ce grand Tout infini qui dépasse mon entendement, qu'il serait dérisoire de prétendre rationaliser ou modéliser. Lorsque tu me parles d’infini potentiel parfaitement maîtrisable, voire « gentillet », l’aspect théorique (theorein = ce qui se voit) s’est émancipé artificiellement de l’aspect existentiel et pratique (ce qui se fait). La réalité théorique est sous tes yeux - oui, sur une feuille de papier ou sur ton écran d’ordi ! -, sous forme d’équations mathématiques ou logiques, mais cet autre réel dont je me fais l’écho, infiniment plus inconfortable et paradoxal, ne reviendra jamais car son double lénifiant est arbitrairement posé sous tes yeux. Comme par magie, l’infini s’est rétréci au point de s’être métamorphosé en réalité rationnelle et « gentillette ». Mission accomplie. La "Raison" a frappé. Mais une fois encore, le réel aura été prié d'aller se faire voir ailleurs. De mon point de vue, bien sûr. A des spécialistes actuels de la physique quantique & relativité. En tant que physicien, tu dois bien pouvoir en contacter certains, et tu seras certainement plus crédible que beaucoup d’amateurs de soupe quantique travestie en pseudo-sciences.
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Je ne peux parler qu’en mon nom et te laisser libre d’interpréter à ta guise mon cheminement de pensée, pour singulier qu’il puisse te sembler, voire suspect de déni. Pas question, dans mon optique, de lier le phénomène de « croyance » pouvant être mien avec celui d’un quelconque intéressement personnel, présent ou à venir. Cette « croyance », parfois teintée d’agnosticisme (comme le suggère également Frédifrédo) n’a rien à voir, de près ou de loin, avec l’espérance de quoi que ce soit. Je n’emploie personnellement d’ailleurs jamais ce terme de « croyance » et je rechigne même à utiliser le terme réducteur de « Dieu ». Une totalité créatrice s’impose à moi, telle quelle, et je ne saurais imaginer régler ma volonté sur celle de ce Tout infini, avec des petits caprices à revendiquer, mes intérêts personnels, mes espérances et autres prétentions mondaines. Cela n’a donc rien à voir avec l’idée d’espoir, de salut, de rachat, de repos, bref, l’idée d’être rassuré. Voilà pourquoi le mot « croyance » que tu utilises ne me convient pas si tu y injectes une dose d’espérance. mmm... Tonnerre de Zeus ! Terme à proscrire ! Il s’agit seulement de penser l’infini pour ce qu’il est. L’approche par les statistiques/probabilistes, cela me semble tellement réducteur, tellement éloigné du vécu. Je n'y perçois aucune pensée de l'infini. J’ai beaucoup d’admiration pour les hommes de science, pour les nouvelles découvertes, etc., mais c’est un peu à chacun sa termitière dans une grotte, devenue moins étrange, certes, mais où les parois peintes du ciel demeureront éternellement recouvertes de « fonctifs » et de «prospects » (dixit Deleuze) bien gris pour le non initié ! (Ne peux-tu pas chercher à contacter quelque maître sur les questions pointues concernant tes réticences. Certains sont d'une humilité déconcertante !). C’est très juste. Et puis, pourquoi ne pas envisager quotidiennement l’inconnu sous l’angle de l’émerveillement ? C'est mon choix de vie. Il n’y a plus lieu d’être « rassuré » non plus.. Et passer son temps à sentir le derrière d'autrui, c'est pas une vie non plus !
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Quelle chance de lire un texte aussi élégant et profond, DdM ! Je fais la révérence à la fortune, moi qui n’ai su bafouiller que quelques mots. Tant la matière est ardue. Et tant la pudeur est de mise. Il convenait de le dire et le répéter : il faut se faire violence pour oser évoquer pareil concept des concepts. M’en étant toujours abstenu depuis bientôt 4 ans de vie forumesque (dont 3 sur Dorg), j’ai tenu ici même à me jeter à l’eau, sans parvenir à trouver le bon ton, mais apte néanmoins à le déceler et à l’apprécier chez « d’autres esprits qui, comme les yeux du lynx, jettent d’eux-mêmes la lumière, et qui sont plus intelligents quand l’obscurité est plus grande. » (Baltasar Gracian)
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(Merci, Scénon, pour cette précision)
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Je ne sais ce que veut nous dire Jean. Je n'en saisis pas le sens. Pour moi, c'est de l'hébreu. Peut-être pourras-tu traduire ? Pour le poète chinois, l'"homme passé" symbolise la grande lignée humaine (il se trouve que l'homme chinois voit le passé devant lui, à la différence de l'homme occidental qui voit le passé derrière lui, d'où l'inversion par le traducteur de l'ordre de "devant" et de "derrière" afin que le poème soit rendu lisible pour un lecteur occidental). Or, le poète dit ne même pas "voir" cette lignée humaine passée et à venir, tant celle-ci peut sembler insignifiante, comme perdue dans le silence des espaces infinis.
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La question serait plutôt de savoir quand l'homme arrêtera de se figurer un Dieu qui règlerait sa volonté sur l'expérience humaine.
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Ta remarque ne peut s'appliquer au mode de vie torturant de beaucoup de mystiques. Encore conviendrait-il, avant de conclure trop hâtivement, de savoir ce que chacun entend par "Dieu" et de ne pas parler hâtivement à la place des autres. Je ne vois pas ce qu'il y a de rassurant à établir un rapport avec un "Dieu" silencieux et terriblement irrationnel, - qui serait aux antipodes de la sagesse chrétienne présentée dans ce topic (puisqu'il y est question de "Père", donc religion personnelle, donc salut rassurant, etc., et c'est en ce sens que ta critique peut porter à juste titre). Pour ma part, Je n'ai aucunement le sentiment d'une "Raison" supérieure, mais bien plutôt l'intuition profonde et non rassurante d'une déraison divine, qui dépasse mon entendement. C'est le silence déraisonnable des espaces infinis qui m'interpelle, qui me pose problème quant à son inaccessibilité intellective. Penser l'impensable, penser le chaos, penser le concept même d'infini, l'appréhender de façon charnelle, m'y attarder et refuser de le mettre à l'écart, au risque de passer quelques nuits blanches (sans pour autant avoir de goût pour le masochisme) : n'être qu'un point insignifiant au milieu du mouvement infini, éternel, de forces contraires et opposées qui me dépassent et dont je suis le produit... http://fr.wikipedia.org/wiki/Infini Pour résumer la difficulté troublante, et nullement reposante, de ces interrogations métaphysiques, j'évoquerai ce poème chinois de Chen Zi-ang (VIIIe siècle) : "Derrière, je ne vois pas l'homme passé, Devant, je ne vois pas l'homme à venir, Songeant au ciel-terre vaste et sans fin Solitaire, amer, je fonds en larmes"
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Je dois t'avouer, Chris, que c'est bien la première fois que j'entends parler de "philosophie scientifique". J'entends bien la différence entre philo continentale et philo analytique, mais quid de la philo scientifique ? Fais-tu allusion à certains hommes de science ouverts à la philo ? Peux-tu citer quelques noms, stp ?
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Si rien n'était vrai, la science ne progresserait pas et tu n'utiliserais pas un ordi à l'instant présent. Par surcroît, si rien n'est vrai, tout est faux et par conséquent ton affirmation est fausse, donc tu mens.
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Menteur ! Scientiste !
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Dans l'introduction de ton topic, Liloupia, tu as précisé : "Cette sagesse nous fait, au terme, voir Dieu comme celui qui nous crée à son image , comme un Père et nous fait oser l'aimer par dessus tout dans l'adoration et l'offrande de nous-même. " En quoi ces mythes bibliques ne seraient-ils pas une vision du monde, c'est-à-dire un double du réel ?
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Puisque j'ai été séduit entre-temps par ton autre topic consacré au questionnement du questionnement , j'apporte ces dernières précisions nuancées. Que voulais-je signifier exactement ? Que chaque fois que le vulgaire recherche l'effet immédiat, il ne philosophe pas. En clair, cela ne signifie nullement que celui qui écrit ces lignes à un instant donné ne sera pas capable de philosopher à un autre moment pour peu qu'il veuille bien ne pas multiplier ce genre de manquement. Eh bien, nous sommes d'accord. Mais je regrette une chose : ne pourrions-nous pas à cet effet prendre en compte la réponse qu'a faite N-J à l'encontre de l'auteur du topic ? Etrangement, l'allusion de N-J à la "machine à penser" m'a fait songer à ton topic. L'homme de science est sans conteste une "machine à penser" puisque son attention va davantage à la réponse et non à la question (Dans l'optique meyerienne, la science ne pense pas, et l'homme de science est un "homme-machine"). Mais le philosophe ?? Si le philosophe porte également davantage d'attention à la réponse plutôt qu'à la question - par exemple, "qu'est-ce que le vulgaire ?", avec réponses à l'appui -, ne va-t-il pas à son tour tomber dans le travers de l'homme-machine à penser, en refoulant la question de la question ? Il me semble qu'il y aurait alors quelque chose de meyerien dans l'objection de N-J. Le philosophe serait emporté, à l'image du scientifique, par ce tourbillonnement incessant question-réponse en perdant de vue l'essence même du questionnement philosophique originaire, primordial, fondamental (expression d'un désir inconscient). Il me semble que ce topic a répondu abondamment à tes deux questions. C'est l'objet même du topic.
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Même sur le terrain sarcastique, le vulgaire serait pulvérisé par un pro du sarcasme, friand de "dératisation" de la pensée vulgaire (cf. blog de Frédéric Schiffter : http://lephilosophes...ts.blogspot.fr/ )
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Il n'est question ici que d'"appropriation" sur un forum en session philo, c'est à dire en un lieu virtuel où nous intervenons dans l'anonymat, c'est à dire sans réelle prise de risque. Or, dans la vie réelle, cette prise de risque serait déterminante, cruelle et impitoyable : le vulgaire qui aurait la moindre velléité philosophique en se posant par surcroît en donneur de leçon (du style "Vous, les philosophes...", "Vous, les lettrés", etc.) perdrait la face illico presto puisque, comme tu le rappelles, il ne saurait duper le philosophe qui connaît son sujet, d'autant mieux qu'il consacre sa vie entière à la philo. Je pense également que ces techniques de communication n'empiètent que très peu sur la philosophie.
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Malheureusement pour toi, ce "je me trompe peut-être" figure une heure après ma réponse à ton premier post. Tu n'as donc pas apporté cette précision lors de ta première intervention #165 qui faisait l'objet même de ma réponse. Ce que tu es en train de faire relève de la pure malhonnêté intellectuelle. Tu as raison de rappeler l'explication exacte de DdM, ce qui justifie le fait que je retire mon CQFD trop hâtif, j'en conviens. Il n'en demeure pas moins vrai que je trouve lamentable de focaliser à ce point sur le cas N-J, en évacuant par là-même le contenu philosophique de ce topic. Et lorsque j'essaye de remonter du bas vers le haut, c'est à dire de passer du débat vulgaire au plan philosophique, en te demandant de me démontrer en quoi la citation de N-J est philosophique, je reçois une lamentable fin de non-recevoir. Après ça, tu voudrais que je réponde à ta nouvelle question ? Pour moi, la discussion avec toi sur ce topic est close. Tu trouveras la réponse à ta question simplement en relisant les pages de ce topic. Je ne vois pas l'intérêt de me répéter indéfiniment. Ton intervention du moment n'apporte strictement rien au fond du débat.
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Si, si, ce CQFD tient parfaitement. Ton raisonnement consiste à dire : je sais mieux que DdM quelles sont ses motivations profondes. Te rends-tu compte de ce que tu es en train d'affirmer ? Extraordinaire, non ? Et c'est toi qui parles de "malhonnêté intellectuelle" ! Pourquoi ne devrais-je pas utiliser ta deuxième remarque pour justifier la première, puisque c'est l'occasion opportune de montrer en quoi cette citation de N-J est soi-disant philosophique ? Je note tout simplement que tu es bien incapable de répondre à ma question. Ce que tu te refuses à admettre, c'est que ce genre de citation n'est rien d'autre qu'une soupe infâme qui nous est servie à longueur de topic. Ce n'est pas un débordement purement accidentel mais une façon parfaitement assumée et revendiquée de s'exprimer. Par quoi cela en devient emblématique et digne d'être analysé. Tu cites les cas de deux autres forumeurs, mais jusqu'à nouvel informé, leurs écarts ne sont pas chroniques. Arrives-tu à faire la différence entre le sporadique et le chronique ? Etant précisé que je ne cherche nullement à excuser ce genre d'écart, si minime soit-il. Et bien sûr que tous ces écarts, sporadiques ou chroniques, petits ou grands, mériteraient de figurer dans un annuaire de la vulgarité philosophique.
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Tu n'as tout simplement pas tenu compte du fait que DdM a précisé qu'il avait rédigé son texte bien avant d'inclure la citation de N-J. CQFD Vas-y, Théia, surtout n'hésite pas à nous préciser en quoi la phrase de N-J atteste d'une interrogation philosophique (laquelle ?) sur les fondements (lesquels ?) d'un concept (lequel ?) qui a été décortiqué (de quelle façon ?) dans un processus (lequel ?) de questionnements (lesquels ?) organisés pour le mettre à nu (de quelle façon ?).
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Très bon exemple que ce topic cité par toi. Morceau d'anthologie s'il en est puisqu'au départ, il n'y a que de l'émotion et de l'opinion non argumentée, vide de tout contenu philosophique. L'analyse de DdM se vérifie dans une foultitude de topics en session philo. Cette suprématie de la forme sur le fond fait le miel de la politique, de la publicité, etc. En politique, il s'agit de persuader l'électeur avant toute chose, en cherchant l'effet immédiat. L'émotion est reine dans le monde d'aujourd'hui. Pratiquement chaque nouveau président est élu sur une petite phrase à forte charge émotive. Le dernier en date n'a-t-il pas été élu grâce à l'emploi d'une superbe anaphore "Moi président de la République...", visant à obtenir un effet psycho-affectif de renforcement par répétition des mêmes mots ? Le contenu et l'argumentation politiques sont totalement évacués quelques heures avant l'élection. Voilà où se situe l'impudeur du politique, en un mot, sa vulgarité et celle des moutons qui plussoient.
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Il n'a jamais, ô grand jamais, été question de prétendre philosopher avec "juste" la pudeur en poche. Cette pudeur que j'ai évoquée, je la conçois comme une sorte de feeling philosophique, ou d'état d'esprit raffiné, que tu acquiers par toi-même au fil du temps et qui te permet aisément de te retenir de tomber dans le panneau de la vulgarité pseudo-philosophique avec tout son lot de garniture psycho-affective.
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Nous y voilà ! L'objet même de ce topic était de montrer que non seulement le vulgaire s'imagine faire de la philosophie en recherchant l'effet immédiat (qui, à mes yeux, n'est bien souvent qu'un recours à de grossières ficelles sophistiques/sarcastiques), mais que par surcroît, et fait aggravant, cette façon non-philosophique de procéder aura toujours tendance à se banaliser sur un forum généraliste au point de donner parfois l'illusion que c'est le vulgaire qui philosophe vraiment, et non le philosophe (ou l'apprenti-philosophe). Or l'objet du topic était d'attirer l'attention sur cette appropriation insidieuse de la philosophie par le vulgaire et d'en analyser finement les caractères les plus symptomatiques (frénétisme de la pensée, dégénérescence de l'écriture).
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Cela peut être très bénéfique d’étendre les domaines de validité d’un sujet, à condition de l’avoir d’abord pleinement intégré. A partir du moment où le schéma à 4 termes connotés (plan moral) est accompagné de 2 termes neutres opposés et complémentaires (plan scientifique), il y a matière à élever le débat, puisque ce topic porte aussi sur la bipolarité. (Tu voulais dire « je ne vois que deux vices… ») Dans le fait d’être radin, il y a l’idée de TROP économiser. Or, le fait d’économiser peut être une excellente chose (économiser de l’argent, de l’énergie, s’économiser, etc.). Voilà donc trouvée notre qualité opposable et complémentaire à « libéral » : dépensier/LIBERAL//ECONOME/radin Dans les deux excès mentionnés, le résultat est identique : le flambeur comme l’avare ne tirent aucun profit de l’argent en question. Ce sont généralement des personnes qui mènent une vie de misère, et qui font subir à leurs proches des conditions d’existence indignes. Harpagon est un mauvais père, mauvais amant, mauvais maître. Tout devient mesquinerie, étroitesse d’esprit, diminution de puissance d’agir, etc. La mesquinerie ne « s’arrête » donc pas à une simple « conservation de ressources ». Pour ma part, j’ai déjà eu l’occasion de parler d’asymétrie de ce schéma à 4 termes, malgré son apparente symétrie, mais je ne la vois pas là où tu l’entends. Il y a forcément brisure de symétrie puisque les deux pôles mis en évidence dans le schéma à 4 termes sont par définition opposés. L’opposition réside dans la description des traits distinctifs neutres caractérisant l’essence de chaque pôle. Par exemple, le pôle « dépensier/libéral » est une force active poussant à la dépense, l’expansion, etc., alors que le pôle « économe/radin » est une force passive incitant à l’économie, à la rétraction. Comme je l’ai précisé, ce schéma à 4 termes est l’assemblage de 2 schémas à 3 termes. Je m’explique : Nous sommes partis de : (1) dépensier/LIBERAL/radin Nous avons trouvé : (2) dépensier/ECONOME/radin Nous pouvons regrouper ces deux schémas en un seul schéma à 4 termes, puisque les termes « dépensier » et « radin » apparaissent deux fois dans (1) et dans (2) (= termes redondants). L’intérêt de ce schéma est, entre autres choses, de mettre en évidence l’existence de deux pôles contraires et complémentaires, ces fameux pôles chinois Yang et Yin (si chers à Niels Bohr…). Tu as un schéma à 3 termes si tu te limites à une seule vertu A (= courage). Tu as un schéma à 6 termes si tu introduis une seconde vertu B (= prudence). Je te sais gré de cet effort pour me comprendre , et tu as l’assurance de mon patient et égal souci de me faire comprendre. Mais à défaut d’une meilleure compréhension, avoue que, déontologiquement, il n’est pas acceptable de critiquer un système tant que celui-ci n’est pas totalement compris. Après quelques années de réflexion au cas par cas, le besoin s'est fait sentir pour moi d’avoir une vision plus systémique - mais ni figée, ni définitive - du monde.
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Tout à fait. En dépit de cette chose un peu impersonnelle que constitue la langue philosophique, le philosophe n'en éprouve pas moins des émotions, voire de la passion, bien évidemment. Mais à la différence du vulgaire qui se vautrera intempestivement dans le psycho-affectif à défaut d'argumentation, le philosophe a bien souvent la pudeur de garder pour soi, sans le refouler, son ressenti immédiat afin de donner, avec le recul suffisant, la priorité à la réflexion et à l'argumentation.
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Pascal n'assimile en aucun cas l'activité philosophique aux divers modes de divertissement. Au contraire, il parle en termes élogieux de "grâces" et de "forces" pour qualifier le stoïcisme (Epictète) et le scepticisme (Pyrrhon, Montaigne). Pour la simple raison que, d'après Pascal, ces deux philosophies contradictoires servent la religion chrétienne. Bien penser conduit à voir l'immensité des contradictions humaines, à songer à la mort inéluctable et à toute la misère de la condition humaine, à douter (scepticisme), ou alors à espérer trouver le salut en disciplinant son corps et son esprit, etc. (stoïcisme), même si cet espoir, sans la foi, n'est que vanité.
