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Jedino

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Tout ce qui a été posté par Jedino

  1. Parce qu'en France on se veut "moderne" (genre ce sont des sauvages là-bas), donc on ne fait pas exactement ce que eux font, c'est-à-dire interdire à tour de bras dès que ça plaît pas à certains, qu'ils soient religieux ou non ?
  2. Jedino

    Cinq sens (partie III : Jouissance)

    Tu vas tellement loin ! J'adore. Tant dans la structure intra et inter poèmes que dans le poème en lui-même.
  3. Jedino

    Te souviens tu ?

    Un bon gros poème classique histoire de se remettre dans le bain ! :)
  4. Jedino

    La Vieille et la Mandragore

    Je crois que tu as réuni en un texte tous les principaux thèmes que j'ai eu l'habitude de lire chez toi, globalement. Avec je trouve une touche de Villon. Je ne sais pas trop pourquoi je pense à lui. Ce doit être un peu en raison du vocabulaire de certains mots que je n'ai pas l'habitude de voir.
  5. Une note de 6 dans une limite de 5 ? Ton algorithme te dirait que t'as encore trop dormi sur le bureau !
  6. En tout cas, vous majorez haut la main sur le critère : "Capacité à flooder"
  7. Quand je vois quelqu'un dans la rue qui demande l'aide des autres, et que j'ai de la monnaie sur moi, je le partage sans aucun souci. En général, ça tourne autour de quatre ou cinq euros, ne pouvant pas allonger non plus de trop vu que j'en ai besoin également. Je n'ai aucun souci pour discuter avec eux (quand je suis d'humeur à parler, mais ça n'a rien à voir avec eux). Et il m'est arrivé de donner davantage à une personne que je croisais plus fréquemment, simplement parce que je n'avais pas de monnaie. Concluez-en ce qui vous plaît. Mais mépriser, toiser, ou je ne sais quelle autre attitude, ce n'est pas mon truc. Je pourrais évidemment craindre de me faire avoir, et cela m'est sans aucun doute arrivé. Mais j'ai sans doute aidé des gens aussi, et que trop manqué de le faire davantage pour d'autres encore. Et sincèrement, revoir le jeune homme que j'ai vu cette semaine avec toutes ces pièces jaunes et sans aucune valeur, j'ai trouvé ça assez ridicule. En tout cas, j'ignore ce qu'on peut acheter avec dix centimes. Alors ouai, je me flatte sans doute l'ego en filant autant d'argent à un strict inconnu. Enfin, "autant". Ce n'est pas non plus une montagne. Mais je sais aussi que si je voulais vraiment l'ignorer, je pourrais le faire sans mal. Nous passons nos journées à ne faire que ça, finalement. On appelle ça en général des trajets. Enfin voilà ! J'ai la faiblesse de penser, tel un enfant (ah ! éternel, je l'admets), qu'une petite somme qui permet d'acheter un truc vaut la peine de donner. Si j'en donnais un euro, je me sentirais très con, personnellement. Pour l'anecdote, celui que j'ai vu cette semaine n'en revenait pas que je revienne une deuxième fois pour lui donner encore deux euros. C'est que je me sentais con à lui filer un euro et quelques. Il en revenait pas. Qu'un truc pareil l'étonne, moi, à vrai dire, ça me choque. On parle de deux euros, hein. Deux putain d'euros.
  8. Quand on voit ce que la "modernité", autant technologique qu'idéologique, a apporté au siècle dernier, on peut se demander assez légitimement ce qui est le pire. Il faut un certain talent pour rattraper en un siècle les prouesses de plusieurs millénaires. Nous européens, nous grands penseurs en avance, avons su montrer la voie ! Et surtout, on peut se demander si on est franchement bien placé pour juger qui que ce soit sur cette petite planète. Parce que l'innocence n'est surement pas du côté de chez eux, mais il ne l'est pas certainement du côté de chez nous (et toute ressemblance avec une quelconque publicité est fortuite). Entre nous, nous ne cessons pas de construire de "belles" choses. Elles ont perdu le côté sacré, parce que le sacré est mal (quoi que, hein, que penser des lieux de mémoire ?), mais tu trouves là tout ce qui est fait "moderne" et gigantesque. La démesure plaît à l'homme, apparemment. Combattre celui qui empiète sur l'autre et sa liberté est sage, mais il ne faut jamais cesser d'oublier qu'une croisade contre le "mal" peut devenir le mal lui-même. Les exemples historiques de ce type ne manquent pas, y compris récemment. Nazisme et stalinisme, pour ne citer que ces deux idéologies "athées", n'ont pas été avares en victimes. Ce qui est aberrant, c'est de penser que la religion et l'Etat est intrinsèquement liée : l'exemple de l'Europe actuelle devrait pourtant suffire à démontrer le contraire. J'ai pas le sentiment en tout cas d'avoir affaire à une République catholique. Ce qui est plus aberrant encore, c'est de penser que la croyance s'oppose au fait d'être sensé : combien de grands personnages ont été croyants, certains même fanatiques à nos yeux ? C'est une erreur assez terrible de confondre "raison" et "foi" en philosophie, et c'est plus terrible encore de chercher à les confondre. La foi peut être aussi bonne et mauvaise que son homologue. D'ailleurs, sans vouloir vous vexer intellectuellement, savoir n'est jamais davantage qu'un croire plus ancré. Nous croyons en nos savoirs, et c'est précisément parce que nos savoirs sont des croyances, certes confortées par une cohérence systémique et mathématiques, que nous pouvons justement y croire. Le fait même de le remettre sans cesse en question et de le voir sans cesse en évolution est la preuve qu'il n'est jamais assuré, toujours cru. Il existe une "foi" du savant, tout comme il existe une "foi" du croyant. Votre distinction entre "j'aime à supposer" et "je crois" est une aberration : la foi suppose justement que les preuves ne soient pas celles de la raison, mais du coeur. Le problème, c'est que vous voulez tenter d'annihiler de la métaphysique à coupe de règles physiques. Vous n'y arriverez pas, sauf à dépasser la métaphysique pour la rendre physique. Votre dernière phrase est un procès contre l'humanité, en ce cas : l'humanité est psychotique, et en particulier les scientifiques. Car avant d'expliquer le réel, surtout de nos jours, il faut l'imaginer : que font les astrophysiciens lorsqu'ils supposent un "Big Bang", imaginent des objets non observés encore à leur époque comme un trou noir, ou actuellement un trou blanc ? Ou une nouvelle particule ? La théorie des cordes, est-ce l'oeuvre de psychotiques ? Est-ce que s'imaginer le vivant selon des catégories (sociales, phénotypiques, etc) ne revient pas à prendre pour réel des constructions purement imaginaires ? Admettez tout cela, et vous aurez raison : nous sommes tous des psychotiques. Vous devriez aller au bout de votre idée, d'ailleurs : ce que nous voyons, ou plutôt croyons voir, est une construction anticipée de ce que le cerveau pense que nous allons voir dans un temps proche. Autrement dit, nos cerveaux ne cessent d'anticiper ce que nous ne voyons pas encore en réalité. Autrement dit, vous voyez quelque chose que vous ne voyez pas encore vraiment, malgré l'impression que vous avez. Cela ferait de nous des êtres psychotiques par essence, non ? Vu que nous tenons pour réels quelque chose de purement imaginés par notre cerveau, bien incapable de voir en temps réel ce fameux réel.
  9. Je suis plein d'amour et d'allégresse, je sais ! Et de même.

  10. Va te faire voir, sale troll !

  11. L'idée n'est pas mauvaise et pourrait être amusante, mais je craindrais trop que cela ne finisse par dériver sur des règlements de compte. Maintenant, ça peut s'essayer. J'ai de fait déposé ma petite participation, afin de motiver les éventuels courageux. Le choix de la personne était somme toute logique, et je le prie de bien vouloir m'accorder le droit à cette petite contribution. Je pense d'ailleurs qu'il serait bon, peut-être, d'aller demander avant à la personne si elle le souhaite, par exemple.
  12. Nous avons tous le besoin de boire, en effet. Mais il existe mille façons différentes de répondre à cette soif. Y compris celle de ne boire que le strict nécessaire. Mais tu poses pas mal de questions, je vais faire au mieux pour y répondre "rapidement". Pour la première, j'aurais tendance à te répondre spontanément que non, pour la simple raison que tu auras bien du mal à faire boire quelqu'un qui ne veut pas boire, sauf à l'y forcer et à prendre le risque de l'en écoeurer. Seulement, cette idée a le défaut de considérer que la curiosité existe chez certains et non chez d'autres. Elle a aussi l'autre défaut d'oublier que dans notre parcours scolaire, il n'est pas rare de se sentir "forcé" à devoir assister à un cours qui ne semble pas nous intéresser. Ta deuxième question vient naturellement s'ajouter ici, du coup : est-il possible d'attiser un désir, pour ne pas dire un "besoin", qui n'existerait pas réellement chez une personne ? Là, nous entrons davantage dans la conviction de chacun. Il doit cependant exister des indices permettant d'esquisser un semblant de réponse. En supposant qu'un professeur excellent puisse créer des vocations chez ses élèves, au contraire d'un autre qui apprendrait strictement les mêmes choses, il y a une dimension sociale qui apparaît. Reste que notre problème n'est pas résolu, mais il trouve au moins une espèce de validation : parce qu'effectivement, est-ce véritablement une création ou le rappel d'un désir qui préexistait ? J'y vois au moins deux réponses qui valent ce qu'elles valent : d'un côté, tu peux supposer une curiosité universelle et innée que notre expérience ravive ou éteint. De l'autre, plus que la personne qui apprend, c'est la personne qui fait apprendre qui est importante. Maintenant, je crois que ta question entendait aussi chercher à savoir si cette personne qui fait apprendre est en mesure de déclencher (ou de créer) volontairement cette soif chez les autres. Je dirais que le professeur ayant pour rôle de convaincre et de démontrer, il ne peut qu'espérer avoir un tel effet sur ceux qui apprennent, mais il ne peut le forcer, même avec toute la volonté du monde. En revanche, s'il en est assez convaincu lui-même, si son enthousiasme est largement visible et son don oratoire suffisamment grand, il sera toujours capable d'y parvenir. Mais jamais plus, je le crains, que sur une partie des élèves. Autrement dit, il n'est pas possible de susciter nécessairement cette soif chez quelqu'un, mais une personne en saura d'autant plus capable selon qu'elle réunit ou non certaines qualités permettant de grandement le faciliter. Je ne sais pas si je comprends parfaitement tes deux dernières questions, mais là, comme ça, j'y répondrais ainsi : la philosophie peut se donner pour mission d'édifier, mais elle ne doit pas tomber dans la fausse facilité qui voudrait chercher à forcer l'entrée de tout ce qu'elle voudrait apporter. C'est donc une mission qui suppose à la fois patience et constance dans le temps. Comme toute science ou tout art de vivre, elle ne doit donc pas contraindre une volonté. Ni avant, ni pendant, d'ailleurs : lorsque nous apprenons à d'autres, nous avons parfois tendance à nous irriter des erreurs qu'ils font et qui nous paraissent pourtant évitables et simples. C'est oublier qu'aussi talentueux que nous puissions être, nous avons nous aussi commis des erreurs sur notre petit chemin. Donc je serais davantage pour la deuxième solution qui serait de "canaliser", quoi que ce terme me dérange assez puisqu'il suppose qu'une fois entré, te voilà contraint de continuer sur une même ligne et dans des limites précises. Pourquoi ne pas parler d'éducation/formation/construction des volontés ? Possible. C'est probablement la différence entre l'intéressé et le passionné. Et, tu as raison : lorsque c'est "personnel", c'est davantage instinctif. Personne ne formule une problématique lorsqu'il pense le monde. En revanche, il devient nécessaire de le formuler pour pouvoir se faire comprendre parfaitement par autrui et, effectivement, être suivi par autrui. Ta métaphore est très parlante. Répondre aux questions qui ne trouvent pas de réponses et qui me semblent moins convaincantes ailleurs. Assembler, aussi, différents morceaux qui semblent difficilement conciliables autrement que par cette voie. Bref, comprendre et faire comprendre le monde qui nous entoure. Et idéalement, il y a aussi une dimension plus "active" qui cherche à modifier ce monde, à le rendre "meilleur", comme nous disons couramment. Mais, en tout cas, à le remodeler. Disons que j'ai une conception de la philosophie qui se veut autant pensante qu'agissante. C'est pour cela que je parle d'un moyen : l'action se fait en général en vue d'une fin, et nous pouvons au moins l'espérer lorsqu'il s'agit d'une action qui a été pensée. PS : j'ai encore manqué une occasion de faire bref.
  13. Je ne parle absolument pas de l'exemple donné en cours de route qu'est l'incident à l'opéra, je parle bien et toujours de l'étudiante voilée à la Sorbonne qui est le sujet de départ. Et le sujet est plus complexe dans le cas du voile intégral car il ne permet effectivement pas de reconnaître la personne, ce qui peut impliquer des questions qui sont tout à fait autres que les bonnes moeurs du pays en question. Et c'est d'autant plus renforcé par le fait que chez nous, voir le visage de l'autre a un côté "rassurant" (même si au fond ça ne veut absolument rien dire).
  14. Tu sais aussi bien que moi que nos croyances sont largement projetées dans des objets ou comportements. Et tu sais tout aussi bien que moi que ce ne sont pas les plus croyants de tous qui s'insurgent de telles choses. Le terme "exhibition" marque assez la chose : d'un détail, tu en fais une montagne. Et qui est ce "on" qui demande ? Personnellement, je ne lui demande rien, dans la mesure où elle ne fait rien de plus que porter quelque chose sur la tête. Si elle y donne une symbolique, libre à elle. Si ce "on" pouvait interdire les gens qui viennent en cours pour causer plutôt que de se préoccuper d'une personne isolée au milieu de x autres personnes, je lui en serais gré. Je serais tout autant dans mon droit, non ? Vu qu'ils me dérangent, auditivement parlant, alors que ce n'est pas le lieu pour ça. Alors la question est : allons-nous interdire tout ce qui dérange monsieur X ou monsieur Y (c'est-à-dire globalement tout), ou allons-nous commencer à devenir un minimum tolérant pour des choses franchement insignifiantes ?
  15. Et du coup, ceux qui ne font que singer l'idée sont des lâches ? Mais où est seulement la limite du tolérable, de "l'extremisme" ? Peut-être que certaines idées le sont bien avant d'être allées au bout de celles-ci ? Peut-être que non ? C'est quoi, aller trop loin, déjà ? Abuser de son droit, ou de ses non droits ? Cette "frontière" que serait le respect de l'autre ? Mais faut-il respecter quelqu'un qui ne nous respecterait pas, ou pas intégralement ? Est-ce que la provocation est un manque de respect ? Et déjà, c'est quoi, respecter quelqu'un, respecter les "moeurs" ou une "culture" ? Tu auras ta réponse, j'aurai ma réponse. Qui a raison ? Peut-être que je trouve plus inquiétant celui qui pense ne pas faire dans l'extremisme, même modérément, que celui qui l'est fortement et ne s'en cache pas. Il n'y a pas pire "ennemi" qu'un ennemi qui s'ignore. Vous avez raison de craindre un extremisme radical et dangereux pour l'intégrité même de notre corps. Il existe certainement des groupuscules, et ce n'est pas propre à la religion en question ici. Vous avez aussi raison, je pense, de défendre des valeurs qui vous semblent importantes : il faut rester dans ses bottes et garder une certaine cohérence. Mais cette cohérence ne doit pas pour autant devenir un danger pour elle-même. Et à mes yeux de "non croyants", celui qui ne respecte pas les croyances de quelqu'un, aussi éloignées qu'elles soient de nous, ne vaut pas bien mieux que celui qui pense qu'il est en droit, sous-prétexte qu'il serait plus quelque chose qu'un autre, d'interdire cette chose dans quoi il ne veut pas croire, ce qui est son droit. On peut faire preuve d'une grande intolérance en pensant marcher pour la tolérance, et c'est là tout le paradoxe, et à mon sens un grand danger pour la stabilité même de notre petit pays. Ah, et je dis toi/vous, mais ce n'est pas à prendre personnellement. Je ne sais pas si tu es dans un camp ou dans l'autre, je n'ai pas même cherché à le savoir. Je répondais juste, ou reprenais, c'est comme tu le sens, ta réponse à ma réponse. Enfin bon ! Au moins nous avons notre nouveau Juif, quoi. Il en faut bien un. Et en plus, il a l'avantage d'être franchement facile à reconnaître, celui-là. Je trouve ça assez triste.
  16. Et cet héritage a voulu être changé plusieurs fois, et a toujours mal fini pour celui qui s'y ait risqué. Quand on commence à chercher à gommer les différences pour faire plus joli sur le tableau, il y a un problème, et un gros. Au fond, la seule chose que nous souhaitons dans cette région-là (et comme pas mal de gens vus comme "étrangers"), c'est tout simplement qu'on nous foute la paix et qu'on cesse de vouloir décider pour nous concernant des sujets insignifiants, et quand bien même ce principe est vu comme essentiel dans la République. Puis il n'y a pas que la laïcité : tu as le droit local de manière général, la sécurité sociale héritée de la période allemande, et les deux jours fériés en plus. Faudrait enlever tout ça aussi, ce ne serait pas comme ailleurs sinon, non ? Quitte à être laïc, allons au bout de l'idée, sinon : interdisons tout signe quelconque faisant référence à une quelconque croyance, au sens large du terme. Interdisons toutes ces références identitaires (tatouages, vêtements "inadéquats" et exprimant l'appartenance à un groupe, coupes de cheveux, etc).
  17. Je ne voudrais pas briser ton idéal, mais voilà un moment qu'elle ne l'est pas : l'Alsace-Moselle n'est pas laïque. Pire, tu peux même aller étudier la théologie à l'université. Et les seules que ça dérange, ce sont ceux qui n'y vivent pas. Le problème majeur que soulève ce genre de sujet, c'est de montrer la crevasse qui existe entre ceux qui veulent d'un truc bien lisse et homogène, et ceux qui ne voient pas de soucis à ce qu'il y ait un peu d'hétérogène.
  18. Unique, je ne dis pas le contraire. Mais il est "connu" que plus une aptitude est développée (surtout si elle est "surdéveloppée"), plus en général cela a un coût ailleurs. Par exemple, l'autiste pourra avoir une mémoire extraordinaire, avoir un don pour la musique, etc. On pourrait penser que tout fonctionne par simple accumulation, alors qu'en fait il y a un stade où il y a aussi une certaine perte parce que le cerveau, bien qu'illimité dans son potentiel, est limité dans les faits et par les faits. Maintenant, nous parlons plus précisément d'une tentative de quelque chose : la motivation joue un rôle, mais elle n'est pas forcément la seule explication, à terme, d'un échec, et ceci malgré des efforts soutenus pour tenter de réaliser cette chose. Il peut très bien y avoir une mauvaise "méthode" dans l'apprentissage et/ou la réalisation, tout comme il peut y avoir également une mauvaise approche qui ne permet pas d'y arriver (je songe par exemple au fait de ne pas voir l'ensemble des besoins ou du problème).
  19. C'est vrai, c'est vrai ! Mais si nous parvenons chacun à un résultat, est-ce que tout le monde a tort, raison, ou quelqu'un se trompe ? Parce qu'on pourrait tous se tromper, et penser que nous savons, tout comme nous pourrions avoir raison, et ainsi chipoter pour des choses qui sont interdépendantes, ou alors quelqu'un se tromper, mais là, je crois que le problème va devenir assez insoluble. Ah bah j'ai essayé pour le coup d'être assez "pratique", si je puis dire.
  20. Pour la définition, et du coup la remarque, je te l'accorde. Pour ton cas, en aucun cas : tu ne trouveras aucune situation où deux personnes sont physiquement, intellectuellement, semblables. De même, la motivation ne se quantifie pas, et ne peut être tout à fait égale. Autrement dit, il est impossible de simplifier le tout à un simple degré de motivation différent. Ce serait trop simple. Cela peut suffire, selon un jeu entre toutes les conditions, mais cela ne suffit pas en tous les cas. Ce serait trop simple.
  21. Ce que je nomme la velléité, contrairement à la volonté. Autrement dit, de la fausse motivation, oui.
  22. La motivation ne suffit toujours pas, non, même en supposant la limite matérielle comme réglée. Il ne suffit pas d'une volonté de fer pour réussir. Certes, plus l'apprentissage/l'épreuve à réaliser est difficile, plus elle gagne en importance dans la mesure où elle permet de continuer. Mais la motivation seule, ou même la persévérance, est vide. Déjà, parce que nous pouvons vouloir une fin sans y mettre les moyens : la volonté peut être une velléité si elle est trop faible. Passons. Restons sur le cas où la motivation est forte : la différence entre celui qui est champion du monde de jeux olympiques et celui qui ne l'est pas ne se joue que rarement sur une motivation. Dans le cas absurde où le mec s'y croit déjà, il se ferait exploser sans souci. Mais même avec de l'expérience, un apprentissage réel et solide, il n'est pas évident qu'il finisse par gagner : la motivation connaît ses limites, et c'est là où la personne qui a le "truc" qui fait la différence gagne. C'est la différence entre le travailleur "normal" et, si je puis dire, le type "génial" : nous ne sommes pas à une même échelle. Tout ça non pas pour dire qu'il faut rester sans motivation, mais qu'elle n'est pas tout, et n'est pas centrale : elle n'est qu'un maillon, sans doute utile au départ, mais qui devient vite secondaire par la suite. Avec toute la motivation du monde, quelqu'un qui ne réussit pas à atteindre ses objectifs abandonnera, en partie ou entièrement. Mais je commence à me demander si nous sommes vraiment sur la même longueur d'onde à propos du concept même : entends-tu la motivation comme ce qui pousse à l'agissement, ou l'entends-tu comme l'intérêt à ?
  23. Tu me parles d'une inexistence de limite, et tu me dis ensuite que le cerveau en possède. Mais non, il ne suffit pas de désirer (vouloir?) pour avoir (pouvoir?). Il est assez "évident" que la profession modifie le cerveau dans la mesure où chaque profession nécessite des aptitudes particulières. Or, le cerveau se modifie en fonction de nos besoins, et surtout de la répétition de cette action. Exemple classique : l'hippocampe du chauffeur de taxi à Londres. Et encore, une partie précise de celui-ci. Tu as raison dans le fait que certains domaines se croisent et qu'il nécessite, dans l'idéal, une bonne connaissance dans tous pour mieux appréhender l'ensemble, ou même un point particulier de cet ensemble. Mais, la façon dont tu parles d'un modelage du cerveau est assez curieuse, comme si "tu" étais à l'origine de cette modification. En réalité, le cerveau s'adapte, mais il peut très bien ne pas le faire également. L'étude sur les mêmes chauffeurs de taxi londoniens l'a d'ailleurs montré : dans une population d'étudiants qui parviennent tous au même concours (celui de chauffeur de taxi), tous n'ont pas connu ces "modifications" de l'hippocampe, alors qu'on peut supposer que tous étaient motivés pour réussir. En revanche, ceux qui ont réussi cette épreuve sont majoritairement ceux qui ont connu ce changement. Il faut se méfier beaucoup du déterminisme avec le cerveau. Il n'est pas notre jouet et n'obéit à tous nos petits désirs, malgré notre croyance qui veut que notre volonté suffit à le dresser.
  24. En effet, toute personne peut le devenir. Mais le devenir n'est pas nécessairement le bien devenir. Pour de nombreuses choses, la volonté suffit, jusqu'à un certain degré, à permettre l'apprentissage et finalement l'exécution de cet apprentissage sous diverses formes. Mais dans d'autres, il faut autre chose que ça. Tu parles d'ingéniosité, et il y a de ça, mais elle n'est pas liée à la motivation. La motivation peut au mieux permettre d'exploiter cette capacité à imaginer des choses, mais elle ne peut pas la supplanter, par exemple. De même, un effort peut être fourni, oui, mais nous ne sommes pas égaux face aux efforts à fournir, et tu le sais aussi bien que moi. Est-ce à dire que certains sont doués plus que d'autres dans un domaine plutôt qu'un autre ? C'est ma conviction, je sais qu'elle n'est pas partagée, et ce n'est pas là le sujet. Parce que ce que cherche finalement cette personne qui veut apprendre la philosophie, ce n'est pas la motivation, mais une raison de l'être. La motivation n'est qu'un mécanisme intermédiaire entre le départ et l'arrivée. Un parmi d'autres. Et, un objectif peut ne pas être atteint, même avec toute la motivation du monde : tu peux prendre pour exemple un objectif qui est hors d'atteinte, que ce soit pour la personne ou pour l'actuel niveau technique que nous avons. Tu peux prendre également pour exemple le fait que parfois, même avec l'envie, le résultat n'est pas là, tout simplement. Parce qu'on l'imaginait autrement, parce qu'on s'attendait à mieux. Parce que la motivation mène souvent quelque part, mais pas toujours où nous aimerions arriver.
  25. Frelser : Je n'ai jamais été convaincu par le "qui veut peut". L'intérêt, la motivation, jouent sans doute là-dedans, et peuvent être des moteurs. Mais je n'ai pas le sentiment qu'ils sont les moyens de l'apprentissage. Tu as raison lorsque tu dis que l'organisation est essentielle pour la mémoire, vu qu'elle fonctionne essentiellement ainsi. Prenons néanmoins deux cas : on suppose que les deux personnes ici imaginées ont une motivation et un intérêt égal pour ce qu'ils tentent d'entreprendre. Comment expliqueras-tu le fait que l'un peine à y parvenir quand l'autre semblera ne pas même esquisser un effort ? Est-ce seulement une question d'organisation en mémoire ? Mais on dérive un tantinet du sujet, là.
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