Hahaha ! Et savez-vous d'où viennent les moyens technologiques qui permettent à la médecine de progresser autant ? Vous pensez que ces machines si complexes sont tombées du ciel ? Qu'un type s'est dit un jour, de bon matin : "et si j'allais inventer aujourd'hui la scintigraphie par émission de positrons?". Bien sûr que non. Il faut une recherche scientifique fondamentale et théorique, et "pratique", si j'ose dire.
Ce que vous ne parvenez pas à comprendre, c'est que la science, même si elle semble divisée en plusieurs domaines, est un ensemble qui avance globalement ensemble. Il est tout aussi impossible aujourd'hui de faire de la physique sans les mathématiques que de faire de la médecine ou de la recherche médicale sans la physique, la chimie ou la biologie.
Vous pouvez financer des milliards dans la pharmacologie, vous constaterez avec le temps qu'il sera impossible d'avancer si vous supprimez le reste. Sauf si ces derniers font le travail d'autres, et font donc des recherches à côté, notamment du côté des instruments et des nouvelles techniques pouvant être utilisées, mais aussi dans la meilleure compréhension des mécanismes impliqués.
Quand tous ces problèmes sociaux apparaissent, ce n'est pas le fait d'un trop gros budget pour la recherche. Budget qui n'est pas non plus aberrant en France. En revanche, c'est un problème économique, pour ne pas dire de conception de l'économie. L'objectif n'est pas de rogner sur chaque budget histoire de ranger ça ailleurs, pensant qu'un jour ça va regonfler comme par magie. Quand vous mangez du chocolat, même si vous le cassez en barres et que vous les déplacez, le fait de les manger fait qu'il est mangé. Ici, c'est pareil. Si vous réduisez, vous avez beau chercher, il ne faudra que diminuer par la suite. Imaginez une entreprise qui se dit : "allez, on va cesser nos investissements." Cette attitude peut passer un temps bref. Ca fait parfois du bien au porte-monnaie. Mais sur le temps long, tout se dégrade : vos structures, votre retard par rapport aux autres. Du coup, vous avez besoin d'argent. Mais vous n'en avez pas. Alors vous le ponctionnez là où il en reste : les salaires, ou les investissements que vous faites encore. On appelle ça un cercle vicieux.
Pour inverser cette tendance, il existe la solution "géniale" de l'endettement. Mais l'endettement suppose un investissement qui puisse permettre l'augmentation de la production, donc à terme du bénéfice. Autrement dit, c'est une somme en plus donné à une somme initiale, et non pas une somme prise à partir d'une somme initiale. A terme, vous pourrez du coup et rembourser votre dette, et gagner votre vie. Cependant, cela suppose deux choses :
1) Dans un monde pareil, être innovant pour une entreprise. Là encore, on est dans l'original, le nouveau, et finalement, la recherche. La recherche de ce qui ne se fait pas encore pour répondre à un besoin. Les entreprises les plus grosses investissent des sommes énormes là-dedans, et ce n'est pas sans raison. Innover, c'est survivre. La même logique est vraie pour la France. Cela peut être aussi répondre à un besoin, notamment si nous avons des matières premières ou des produits que d'autres ne font pas.
2) Etre efficace. Il faut savoir gérer un minimum son petit monde. Pour l'entreprise, ça suppose faire des bénéfices qui permettent d'investir et de payer ce qu'elle doit payer : ses fournisseurs, ses employés, etc. Idéalement, elle doit le faire de façon sérieuse, c'est-à-dire sans chercher à grignoter sur les salaires et la qualité des produits pour gonfler le bénéfice (et souvent, celui des actionnaires, très heureux de toucher un peu plus que prévu). Pour un Etat, ça suppose de pouvoir déjà gérer son argent. Et personnellement, un Etat qui peut certes jouer sur son budget, c'est-à-dire faire du découpage histoire de plaire à des gens qu'on suppose compétents, ça me dérange. Ca me dérange d'autant plus que ce même Etat est obligé de faire que sa banque nationale ne doit pas pouvoir lui accorder des prêts directement, lui permettant ainsi d'investir quand il le faut. Ca me dérange encore plus quand la banque supranationale qu'est la BCE n'a pas non plus le droit de prêter à un Etat directement quand il le faut. Et ça me dérange d'autant plus que rien n'interdit ces intermédiaires, que nous appelons finalement "les banques", de réinjecter l'argent que donne la BCE pour aider à sortir d'une crise dans un autre tiroir de la BCE, histoire de pas perdre son argent. Et là, on parle de 1000 milliards en bien moins de temps que l'opération scientifique dont on parle. De même, cette fameuse somme de 1000 milliards serait la somme par an que l'Europe voit disparaître chaque année par "évasion fiscale".
Vous êtes franchement sûr que votre combat est le bon ?