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Ecris, divers.

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Lehv

Emilie [Conte].

Émilie est une humaine d'environ la vingtaine, distinguée, agréable locution verbale ; elle se démarque des autres de sa gente par son envie de réussir grâce à ce qu'elle pense non d'une façon superficielle, mais dans sa profondeur qui semble arrosée d'acide.

Des cheveux long brun à éclats mauves sous certains angles, elle travaillait dans un bar dans la cité des ombres, ses yeux noir permettaient à ses clients de prendre confiance en la serveuse et la satisfaction future se lisait sur leurs lèvres humides.

Sans compter qu'elle disposait d'un corps captivant les regards de toutes classes confondues. Ses lèvres dessinaient un sourire unique d'une malice tout en montrant sa niaiserie aux prédateurs assis près d'elle, buvant leur bocks d'alcool. La peau de cette humaine était d'une telle blancheur, qu'elle aurait pu servir de statue représentative de la femme fatale sous les regards impitoyables des mâles en chaleur.

Notre amie était aux deux tiers de sa journée derrière un comptoir ou elle jouait avec la chimie alcoolique. Ce n'était qu'un passe temps, pour Emilie tout ceci n'était qu'une mascarade pour gagner une intégration très certainement inutile mais utile pour sa place et la portée de sa voix. Pourtant elle était muette, était-ce par choix? Nul ne le sait.

Tout son charme était dans son regard et la danse qu'elle animait aux clients.

Était-ce la le ballet le plus beau qu'un jeune imberbe venait de voir, l'anatomie et la séduction tout ça pour admirer l'étirement de ses commissures afin d'effectuer un sourire si unique, que les c(h)œurs s'ébranlèrent en harmonie.

Elle communiquait son affection et sa sympathie par un simple sourire qui donnait un spasme de vie à ces jeunes soldats qui passaient leurs derniers instants en tant qu'êtres humains cherchant à filmer de leurs rétines la beauté de cette femme.

Le combat n'était pas d'appuyer le premier dans la gâchette, mais il était dans celui d'imaginer de ne plus jamais revoir le sourire d'une femme.

Ceci n'est qu'un simple détail de ce que vivent les êtres qui l'a croisent.

Mais personne ne pouvait la toucher, ni lui caresser cette peau qui semblait étinceler de pureté. Pas que cela coûtait cher, non les femmes n'ont pas de prix.

Émilie n'était pas une prostituée , elle ne bougeait pas mais elle souriait souvent, donnant une seconde vie, puis une troisième vie à son visage qui s'éteignait.

Cela faisait déjà vingt années qu'elle travaillait dans ce bar à la réputation cocasse d’accueillir à la fois les forces de l'ordre et celles du désordre. Unis tous ensemble pour partager leurs regards sur elle. Un léger hochement de tête vers elle et un sourire pour la saluer.

Elle offrait à tout homme une assurance en eux, car le sourire d'une femme peut parfois servir de pacificateur, ce qui était le cas de notre belle Emy.

Tous les troquets entendaient parler d'elle à la beauté féérique dans une ville où la mort était le culte de l'abomination.

Le concurrent d’Émilie n'était que la personnification de la mort.

Elle ne pouvait pas agir contre cette infâme manière d'éteindre et allumer les gens dans une boucle perverse infinie.

Elle se contentait d'ignorer comme depuis vingt années et elle continuera.

Les temps changèrent, la tristesse était devenue un alcool très répandu, les gens étaient de plus en plus trompés. Elle s'en moquait bien de ces mœurs qui semblaient déjà bien loin derrière elle. Les hommes et femmes se tournèrent contre elle, les regards déchirés de maux d'amour. Elle était sans doute la plus juste de toutes femmes, répondant à son seul devoir : satisfaire ses clients.

Les femmes l'insultaient des façons les plus injustes qui puissent exister.

Mais tout bascula dans la vie de notre partisane. Un soir le bar était bondé de monde et un silence annonçant la mort d’Émilie se murmurait dans l'air, son concurrent était parvenu à trouver le moyen de se débarrasser de l'extase en personne.

Une femme se leva de sa chaise, le regard baissé vers son amant. Elle serra le point comme si celui-ci allait cracher sa haine dès le relâchement excentrique de ses muscles.

Elle s'avança vers notre amie qui venait encore une fois de sourire puis cligna des yeux d'une façon si jubilatoire qu'on en aurait déploré cet instant si unique, son dernier sourire.

Cette femme offrit en guise d'adieu une gifle si puissante qu'elle venait d’abîmer la joue de notre tendre Emy.

Notre amie s'effondra déstabilisée par l'action, ne comprenant pas tout ce qui venait de se dérouler.

Dès ce jour là, on remarqua que notre amie ne souriait plus, elle venait de se condamner au reclus perpétuel, la déception en vingt ans de carrière, il ne lui restait plus que la retraite que son patron lui avait parlé il y a de ça des décennies.

Son patron était un très vieux, une longue barbe s'échappait de son habit entièrement blanc, toujours munit de sa capuche blanche foudroyante, il s'approcha d'elle.

-Il y a vingt années je t'ai déposé ici sur ce comptoir, maintenant tu as fait ton temps.

Il est temps pour toi de disparaître comme ta mère.

L'homme enfourcha ses doigts dans la chevelure devenue mauve, la souleva du comptoir et la jeta aux ordures.

Ainsi notre poupée avait finit son travail, quittant notre monde le sourire aux lèvres.