L'Enfer, c'est peut-être ça. Se prendre la tête sans raison, sans véritable et bonne raison. Par besoin. Par désespoir. Par bêtise. Qu'importe! Le poids du monde n'a que peu de poids à côté de celui qui pèse sur nos épaules, mes épaules. Ni matériel, ni physique. Juste une idée, une douce pensée, celle d'être inutile et futile. Ce jeu ne m'amuse plus. Il ne m'a jamais amusé. A peine l'ai-je souhaité. Il paraît que nous sommes ce que nous croyons être. Il paraît aussi que nous sommes souvent la source de nos problèmes, ceux-là même qu'on finit par imputer aux autres. Moi, je veux bien le croire. Je n'en doute pas un instant. Mais, un abruti, ça ne se change pas comme par magie, vous voyez ce que je veux dire?
J'ai dû le décider, un jour ou l'autre, devenir l'ombre de ce que je suis, de ce que j'aurais pu être, me perdre dans les méandres de mes fausses convictions. Le monde ne va pas mal. Il n'est pas mauvais. Nous le pensons seulement. Je le sais. Je l'ai toujours su. Je sais. Mais, cela ne m'aide pas. Je dois probablement ne pas le vouloir vraiment. Depuis toujours, en quelque sorte. Peut-être suis-je ainsi, tout simplement? Une sorte de mélange entre le raté et le con de bas étage.
J'ai pourtant essayé. Vainement. Des éclairs d'envie de me sortir de cette torpeur, de cette mélancolie imaginaire. De venir voir les autres. De les connaitre. Je ne me sens pas l'âme d'un jeune adulte, d'un travailleur acharné, d'un homme. Je ne suis qu'un enfant, un pauvre enfant, qui grandit en dehors, et reste le même en dedans. J'aime les histoires, les belles anecdotes des grands, et ai peur des monstres et des méchants. Celui qui m'habite ne fait pas exception. N'avons-nous pas tous notre petit démon?
Si vous souhaitez tout savoir, c'est-à-dire ce qui est essentiel et sans importance, je me perds bêtement devant la sortie, par peur de l'inconnu, possiblement, et par crainte de finir comme cela, comme ces personnes que je vois, que je connais, que je comprends, que je fuis.
Tout comme un enfant, je vois ces papas, ces mamans, ces géants, et je me demande, très naïvement : pourquoi?