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Affichage du contenu avec la meilleure réputation le 11/03/2015 dans Billets
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S'il y a une dualité, elle n'est pas entre le bien et le mal. Comme expliqué dans un billet précédent, ces notions sont rapidement obsolètes quand on en revient à l'essentiel, nos besoins et aspirations. Supposons qu'autrui fait quelque chose et que cela nous déplaise parce qu'un de nos besoin n'est pas pris en considération. Si l'on est dans l'empathie, on va se demander quel besoin autrui cherche a satisfaire et quel besoin nous avons qui n'est pas satisfait. On peut rappeler à autrui quels sont nos besoins, dont il n'a probablement pas conscience. Et dans les cas extrêmes, on peut crier nos besoins si l'on pense que c'est la seule façon d'être entendu. Quand on n'est pas dans l'empathie mais dans la vengeance, on va mesurer quelle quantité de souffrance la situation nous procure, et l'on va chercher qui est le coupable, et l'on va le punir dans la même mesure ou l'on a souffert. Ou bien si la situation au contraire nous plait, on va mesurer notre joie et récompenser selon cette mesure. Cela ne ressemble peut-être pas à de la vengeance, mais pensez à "si tu n'es pas sage, tu seras privé de dessert". On peut même vouloir punir autrui pour le bien qu'on aurait aimé qu'il nous fasse. Or sans accorder de l'espace à l'empathie, la probabilité que nos besoins et aspirations soient réalisés décroit, alors même que c'est cela que l'on souhaitait au départ ! Comme c'est tragique ! Il se dégage deux pôles qui sont exclusifs : l'empathie et la vengeance. Il n'est pas difficile avec la vengeance de verser dans le quadruple piège relationnel suivant : - je suis du coté du bien et tu es du coté du mal et c'est toi qui doit être puni - je suis du coté du mal et tu es du coté du bien et c'est moi qui doit être puni - toi et moi sommes du coté du bien et nous sommes supérieurs a l'humanité - toi et moi sommes du coté du mal et allons nous flageller mutuellement Alors que la vengeance divise, l'empathie est inclusive. Quand l'on comprend qu'autrui est un phénomène naturel qui a besoin que ses besoins et aspirations soient réalisés tout comme la fleuve s'écoule vers la mer, on ne peut pas faire autre chose que de l'aimer. L'empathie ouvre la porte du don de bon cœur. La dualité empathie/vengeance n'est pas entre soi et autrui, elle est dans notre esprit. Quand nous avons une impulsion vers autrui, nous pouvons nous demander si nous sommes dans l'empathie ou la vengeance. Est-ce que je suis en train d'augmenter la chance qu'autrui entende mes besoins et que j'entende les siens ? Si ce n'est pas le cas, quel besoin est-ce que j'essaye de satisfaire en faisant cela ?1 point
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La CNV peut etre résumée en trois parties : déterminer nos besoins demander aux autres des actions faisables exprimer sa gratitude Déterminer nos besoins Il s'agit de sortir de la confusion entre les besoins, les jugements, les sentiments, les interprétations, les observations et les imaginations. Exemple entre besoin et jugement : J'ai voudrais de compagnie (besoin) Quel salaud, il m'a ignoré (jugement/interprétation) Sentiment et interprétation : Je suis frustré parce que j'ai besoin de plus de facilité et liberté de mouvement (sentiment) Il m'entrave dans toutes mes actions (interprétation) Observation et imagination : Cela n'a pas marché les trois dernieres fois (observation) Cela ne marchera jamais (imagination) Demander aux autres des actions faisables Quand on demande, si l'autre se sent menacé il ne le fera pas de bon gré et cela entache les relations. L'autre peut s'attendre à ce qu'on réagisse mal à un "non" si on a déja mal réagi par le passé ou bien si quelqu'un d'autre a mal réagit à un "non". L'on peut rappeler à l'autre qu'il est libre, et s'il dit non, tenter de comprendre ce qui l'empeche d'accéder à notre requete. En effet, il se peut que l'on comprenne le pourquoi du comment et alors que l'on trouve une solution. Parfois montrer de l'empathie peut suffire à rassurer la personne. L'usage de la force ne peut etre justifié que pour se protéger d'une menace réelle et directe. Autrement, c'est une prise de pouvoir sur autrui, ce qui le frustre dans son désir d'autonomie et de paix. Les demandes qui ne sont pas réalisables ou bien qui sont exprimées par une négation amene plutot de la confusion. Par exemple : j'aimerais que tu passes une soirée par semaine à la maison (concret et réalisable) ne passe pas trop de temps au travail (flou et négatif) Exprimer sa gratitude Utiliser des adjectifs positifs n'aide pas beaucoup, et cela resemble à une récompense. Au lieu de cela, on peut se connecter à l'autre en lui disant pourquoi on a de la gratitude. Par exemple : merci de m'avoir ramené en voiture, j'avais vraiment envie de voir mon oncle qui va déjà repartir deman (on dit l'action et ce que cela apporte) super, merci tu es un chef (flou et flatterie qui peut meme déplaire)1 point
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Nous avons un besoin de justice, et cela est en partie la source des conflits entre les spiritualités. Enfin, pas exactement le besoin de justice, mais comment nous l'entendons et comment nous la mettons en pratique. La première erreur est d'oublier le contexte. La deuxième erreur est la loi du Talion, c'est-a-dire de faire à autrui le meme mal que l'on pense qu'il a fait. Pour parler de la première erreur, je vais suppose que l'on est dans la perspective de la loi du Talion, parce que cela est plus parlant. Ensuite, j'expliquerai en quoi cette loi est une erreur de justice. Voyons la première erreur. Si dans un souci d'équité, on veut appliquer la loi du Talion, mais qu'on oublie le contexte, on est dans l'injustice. Prenons un sujet léger pour détendre l'atmosphère : l'euthanasie consiste à tuer quelqu'un qui est en souffrance et n'a pas de perspective de vie. Le contexte est qu'une personne soit en souffrance et n'ait pas de perspective de vie. La loi du Talion appliquée sans contexte serait que l'on tue la personne qui a pratiqué l'euthanasie. Un meurtre pour un meurtre. Mais l'euthanasieur n'est pas dans le meme contexte. Il n'est pas en souffrance et il a une perspective de vie. Si l'on applique la loi du Talion avec le contexte, cela veut dire que si l'euthanasieur un jour se trouve dans la souffrance et sans perspective de vie, il soit également tué. Et il se peut que ce soit le souhait de l'euthanasieur lui-meme dans une telle situation, par exemple sur un lit d'hopital. Le contexte change tout, et si on l'oublie, on fait l'opposé de la justice tout en croyant faire la justice ! Ce qui peut causer cette erreur est une pensée morale simpliste comme "tuer c'est mal", "voler c'est mal", etc. De facon semblable, ce serait comme vouloir faire justice contre un pauvre qui a volé dans un magasin pour manger, et que l'on depossèderait au profit du magasin afin de faire justice. La loi du Talion ne peut pas etre appliquée du fait de l'asymétrie. Voila pour la première erreur, qui est une application erronée du principe d'équité. La deuxième erreur est la loi du Talion elle-meme. En fait, cela ressemble à de la vengeance, n'est-ce pas ? Et d'ailleurs cela est dit clairement quand on dit que quelqu'un doit etre puni. J'ai expliqué dans un billet précédent que en quoi l'empathie est préférable a la vengeance. En soi, cela est deja un bon argument pour remettre en question cette loi morale, ou tout au moins de faire une pause et de la questionner. Les gens qui recherchent la vengeance semblent motivés par le desir de maintien du pouvoir et le principe d'impressionner pour obtenir un certain comportement. La vengeance repond donc à un désir de pouvoir, la peur de perdre la face, et à d'autres besoins, comme par exemple le besoin de sécurité ou un quelconque besoin auquel on considère qu'autrui s'oppose. C'est par exemple un thème qui revient souvent avec la tromperie amoureuse. Il apparait que l'équité est assez secondaire dans tout cela, et on se trompe soi-meme à penser que l'on est motivé par elle. La loi du Talion est donc motivée par un désir violent d'etre satisfait et la peur de la dévalorisation, c'est-à-dire au besoin d'etre valorisé. Et elle a generalement un effet paradoxal. On entre dans un conflit sans fin, ce qui est résumé par "la haine engendre la haine", plutot que d'arriver à la réponse des besoins, qui est pourtant spontanée quand on arrive à les entendre et à les faire entendre avec empathie. Il peut aussi y avoir un désir de solidarité avec les victimes dans la loi du Talion. Mais cela ne fait que déplacer la question, et cela est équivalent à se demander ce que ferait la victime si elle en avait les moyens. Et d'ailleurs, on peut se tromper sur ce que voudrait la victime, et projeter un désir de pouvoir sur elle. Peut-etre la victime voudrait seulement du réconfort et l'assurance qu'elle ne sera plus une victime. C'est sans doute tous ces écueils qui font dire parfois que la solution est dans l'abandon de la notion de moralité et de justice. Comment pourra-t-on trouver la paix entre les spiritualités (y compris l'athéisme) dans ces conditions ? Il me semble que la réponse réside dans la prise en compte du contexte des actions, du désir de valorisation et de la possibilité d'obtenir que nos besoins soit répondus avec une communcation non violente. Cela demande non pas de sortir de toute notion de justice et de moralité, mais de sortir de la réaction primitive "Soit je le mange, soit il me mange".1 point
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