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Affichage du contenu avec la meilleure réputation le 10/08/2014 dans Billets
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Un jour ensoleillé. Elle est radieuse, heureuse. Le sourire qui s'étire loin, très loin. Les yeux miroitant d'amour, de sentiments puissants et inconditionnels. Et que dire de lui ? Eperdu à n'en savoir que faire, à la limite de la perdition. Le coeur battant, le coeur vaillant, prêt à en découdre avec le jeu de séduction féminin. Mais, ô combien non, incapable d'accepter son échec dans cette partie. Elle ne voyait que lui, il ne voyait qu'elle. Deux dans un monde d'infinité. Parviendront-ils à se trouver ? Alors qu'ils s'approchent, leur univers se construit. Plein de lumière, de confiance et de complicité. Ils l'ignorent encore. Ils n'en sont qu'à quelques secondes de le savoir, qu'à d'infimes instants d'un bonheur à venir. Bientôt, elle parle enfant, il parle de partager. Elle parle de s'installer, il parle de voyager. Les rayons s'échappent doucement du foyer. Ils glissent, glissent, sans jamais se retourner. Finalement, une famille naît. Les jeunes années sont passées. Il s'agit de créer un équilibre, le support de tout un récit. Si leur histoire a commencé depuis plusieurs années, il leur faut maintenant rédiger celle de leurs protégés. Une belle, afin de pouvoir un jour la conter. Tout se passe selon leur commune volonté. Les pousses grandissent au gré des cieux joyeusement dégagés. La vie éclate. Elle prend forme et prend sa place. Malheureusement, tout meurt. De l'entente à la mésentente, de la paix à la conflictualité. Comment l'expliquer? Les mots doux se sont transformés en maux cachés. Est-ce la venue des petits ? La force du temps qui use les liens d'amitié ? Ou simplement une tendance à ne pouvoir se supporter, en toute vérité, dans la longévité ? Qu'importe, la souffrance de chacun est. Plus personne n'ose parler, extraire d'en lui ce qui mériterait d'être exprimé. Viens alors la gêne et la distance, la mise en béton de barrières ineffables. Et la fin arrive. Une fin qui aurait pu être prévisible s'ils avaient songé un moment à mieux lire leur vécu. Un vécu sans animosité, en apparence. Il a néanmoins porté le germe d'une affliction inextinguible. La vie s'éclate sur les rocs de l'immensité. L'éclat traverse le monde, l'éphémère, jusqu'à mourir dans l'incompréhensible, avalé par la complexité de l'existence. Donc, l'éclat s'éteint. Les enfants disparaissent, trop tôt. L'amour, lui, s'éclipse, les laissant seuls, sans rien pour se nourrir ni s'éterniser.1 point
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Le sac à main « Chéri, j'ai oublié ma clé USB avec mon Powerpoint pour ma putain de réunion, il me la faut absolument ! J'arrive, je suis sur le chemin, mais je suis carrément à la bourre... — OK, j'ai compris. Dis-moi juste où chercher. — Dans mon grand sac à main. Je serai là d'ici 10-15 minutes. — Si on t'arrête pas pour portable au volant. — Ou excès de vitesse. — Je t'attendrai dehors. » Merde ! je viendrais pas de lui promettre, Non pas seulement de fouiller son sac, Ce qui est honteux, mais surtout de mettre La main sur sa clé dans pareil bric-à-brac ? Et en un temps record, bonjour le trac ! Autrement, ça aurait pu me ravir... Des mois que je me retiens d'assouvir Ma curiosité quasi maladive, Voilà qu'elle m'invite à me servir, Qu'elle s'étonne pas si je récidive ! Qui sait ce que je vais y découvrir ? (Elle le sait, mais c'est une question rhétorique,) Toute une boîte de Pandore à ouvrir, J'imagine des gadgets excentriques Qui prêtent à sourire ou à souffrir, De la pince à épiler aux cosmétiques, En passant par les serviettes hygiéniques... Une photo de nous, une agrafeuse, Des mouchoirs, une boîte de tic-tac, La brosse disparue de sa coiffeuse, Un cal'pin, un sachet de thé en vrac, Un parapluie et un plus petit sac. Merde, la clé ! va falloir se presser, Je reste planté à tergiverser Et à mesure que le temps défile Un bien mauvais quart d'heure se profile. Je veux même pas imaginer sa tête Si je suis bredouille à son arrivée : « Désolé, chérie, je l'ai pas trouvée, Enfin, pas cherchée, occupé à... serre-tête, J'ai oublié serre-tête dans la liste », Un coup à dormir seul sur le divan, Dans le scénario le plus optimiste, Celui où je suis encore vivant. Bon, il est où ce sac pour commencer ? Là, y a ni placard ni même de place Au sol qui soit dit en passant est dégueulasse, Bref, et si je me sortais des WC ? J'ai une intuition, direction la piaule, Je cours et manque écraser le greffier, « Fais voir un peu gaffe où je mets les pieds, Qu'est-ce que t'as, Snowball, pouquoi tu miaules ? Quand on a éparpillé sa litière, On fait profil bas, la ramène pas, Je vais devoir sévir, te mettre au pas, Dis adieu au saumon et au gruyère... À qui je veux faire croire ça ? Allez, boule de poils, viens dans mes bras ! » Après câlins et livraison de croquettes, Ouf ! j'ai le sac à main entre les pognes, Il était sous le pieu et on s'en cogne Mais j'y ai retrouvé une socquette, Sous le lit, pas dans le sac, j'entends bien, De toute façon, c'était pour la rime. Venons-en au sac si ça vous fait rien, Ça y est, je plonge les mains dans l'abîme, Je tâte, je palpe... aïe ! le faux croco Vient de m'entailler le doigt, c'est la guerre ; Me laissant pas miner par un vulgaire Criterium, je surmonte cet accroc, Poursuis, conscient de revenir de loin. C'est mal barré, le sac a maints recoins, J'ai l'impression de chercher une aiguille Sur l'écran d'une montre digitale, Essayons plutôt la méthode brutale, Aucune chance que la clé resquille Car hop, je le retourne et le secoue Au-dessus du lit, il pleut des babioles, Attends, c'est quoi ce truc, du fard à joues ? Merde ! j'entends le bruit d'une bagnole. « Je t'attendrai dehors, hein ? — Désolé, j'ai pas trouvé. — Je t'avais dit mon grand sac à main. Bref, je t'engueulerai ce soir, là j'ai pas le temps. » Aurevoir lit moelleux, je suis tricard, Au mieux on se trouve dès demain ; Furax et déçue, elle ouvre un placard, Prend un sac, le fameux grand sac à main, Et en y glissant une main experte, En un clin d'œil sort l'objet de la perte. C'est donc vrai, le fourbi organisé, Bluffant, pour elle ça a l'air fastoche, Il me faut un remontant anisé, C'est tout juste si je connais ma poche.1 point
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