Classement
Contenu populaire
Affichage du contenu avec la meilleure réputation le 07/03/2014 dans Billets
-
Soyons égoïstes à deux Faire un enfant, c'est on n' peut plus égocentrique Quand tu t' dis qu'il est probable qu'il soit malheureux, D'autant plus avec mon patrimoine génétique ; Mais de toute façon, moi, je suis déjà narcissique, Et toi, tu peux t' permettre de l' dev'nir si tu veux, Allez, soyons fous, soyons égoïstes à deux ! Y'a pas plus égocentrique que d' faire un morveux Quand tu sais qu'il port'ra sûrement une sacrée croix Encore plus si l' petit m' ressemble un tant soit peu ; Mais on cédera tôt ou tard, autant pas l' faire vieux, Pis, après tout, on en a encore l' droit, je crois, Alors, soyons fous, soyons égoïstes pour trois ! Pour faire un rej'ton, faut vraiment penser qu'à soi Quand tu vois toute la misère qu'il y-a sur cette Terre, Surtout s'il a la moitié d' mes gênes, tu l' conçois ; Mais s'il s'en tire avec rien qu'un pourcent de toi, P't-êt' qu'il s' plaindra quand même pas trop d' l'héréditaire, Donc bon, soyons égoïstes, dev'nons père et mère ! "Pas si vite, t'es trop jeune et trop célibataire Et un peu trop schizo pour ça, mon p'tit comique, J' te rappelle que j' vis qu' dans ton esprit grabataire ; Rends-toi compte qu'au-d'là d' ton bagage chromosomique, Même si tu t' sens chaud comme une résistance ohmique, T'as pas encore assez vécu pour dev'nir père."1 point
-
J'm'étais levé, c'était en début d'année. Un beau jour de fin d'été, à la fois clair et frais. Pas de quoi se plaindre. Une mauvaise journée, en somme. Cela commençait plutôt mal. Heureusement, je ne me laissais pas abattre si facilement : mon salut fût trouvé par un hasardeux événement. L'écoute de la chanson ne me traversa comme habituellement. Elle me transperça, de haut en bas, de bas en haut, et de toutes les sortes que vous voulez. Une vraie assassine de certitude. Le potentiel diabolique du bonheur m'étonnera toujours. Car, oui, je fus pris d'ennui. Un ennui profond, très vrai, qui ne ressemblait en rien à l'habituel que je nourrissais avec tant de mal pour le maintenir au mieux. Il paraît que le travail révulse pas mal de monde. Il doit venir après l'inactivité, la non action pure et parfaite. Même le plus idiot des hommes court s'acheter la toute dernière télévision ou un nouveau régiment de bières. Même le sage, le quêteur d'ataraxie, ne peut s'empêcher de penser ou prier. La peur du néant, voilà le lot commun. Et là, je me suis dit : et l'art, dans tout ce bordel? Celui-là même qui a longtemps été en tête d'affiche, qui oscille aujourd'hui entre la première et la deuxième place. Est-ce que je vivrais franchement mieux si je préférais m'agenouiller devant un Picasso pendant des heures plutôt que de m'effondrer heure après heure un peu plus dans le canapé défoncé à regarder des émissions vides de sens? La seule justification que j'y vois est celle de la prétention de l'art pour ce qui n'en serait pas. Mais, au bout du compte, que tu remplisses un vase de jonquilles ou de roses, elles crèveront toutes et ne seront pas appréciées de la même façon par tous. Conclusion? Nous sommes des abrutis. Pire, nous pensons, tout innocemment, que nous menons nos vies comme nous tenons un cheval, et nous oublions que ce cheval est fou. Chaque homme n'étant pas Alexandre, rares sont ceux qui parviennent à le monter. Et voilà l'erreur : nous créons deux catégories, celle des cavaliers, et celle des hommes à terre, idolâtrant par la même ceux qui ont réussi à les chevaucher. Nous croyons au mérite autant qu'aux différences inébranlables, faisant d'un monde une pluralité d'entités. Moi-même j'ai des difficultés à penser qu'un ouvrier a droit à autant d'estime et de chance qu'un type qui sait organiser un groupe de cent personnes ou en rassembler des milliers. Toujours regarder vers l'avant, c'est-à-dire avec notre regard pour notre direction et notre chemin, sans jamais songer à celui qui avance à nos côtés, ou derrière. Que serait un monde de donneurs d'ordre? Que serait un monde d'exécuteurs? Quand pousserons-nous le regard au-delà de l'action, vers l'interaction? Quand comprendrons-nous que, pour ne plus être les esclaves de la vie, il faut déjà ne plus être l'esclave de soi? Je ne parle pas de liberté. La liberté est une condition, non une finalité. Je parle d'humanité. D'intelligence, en son sens le plus noble. Je parle de ce qui nous définirait mais ne nous meut jamais. Le social.1 point
-
Vite. Il faut faire vite. Tracer ton chemin, ne jamais faire un écart. Tout droit, toujours dans la même direction. Elle ne peut qu'être la meilleure. C'est ça, que je ne saisis pas : pourquoi voulons-nous toujours aller de l'avant alors que l'expérience nous apprend tout le contraire? Lorsque je suis sur la route, je fais de nombreux virages. Parfois aussi, je ralentis. Ailleurs, j'accélère ou continue. Pire, il m'arrive de faire un détour, de me tromper. Qu'importe? Cela se corrige, inutile de paniquer. Mais la vie, ce n'est pas ça. C'est différent. C'est complexe. C'est le truc que, tu vois, tu expérimentes tous les jours mais ne connais pas. Parce que la vie, ouai, ça n'est rien de tout ces trucs-là. Une espèce d'au-delà, d'idéal à idolâtrer. Les philosophes me font un peu penser à ces célébrités qui peuvent se taper les nanas les mieux roulées sur le marché : chacun aimerait la meilleure place, rares sont ceux qui peuvent y siéger. Sauf que personne n'envie les faiseurs de pensée. Là est tout le problème, selon eux : en considérant notre existence comme autre chose que ce qu'elle est au premier abord, nous devrions nous y précipiter. Pourtant, rien. Eux réfléchissent dans un coin bien discret, et les autres poursuivent comme si de rien n'était. Qui a raison? La minorité clame fort que la majorité a trop souvent tort. La majorité ignore cette minorité qui aimerait se donner raison. Conclusion? La solution n'est nulle part car le problème n'est pas. Penser un idéal, c'est déjà créer un carcan. Imposer une vérité, c'est ensuite réduire la réalité. Je crois que cette erreur provient de ce désir d'universalité : nous aimerions tant trouver, comme en la mathématique, le "x" qui manquerait à l'équation. Nous aimerions, oui, que d'une brique dépende tout le reste. Mais le fait est qu'une bâtisse, qu'elle soit modeste ou sublime, se fait de plusieurs briques, toutes aussi nécessaires, et que chacune trouve et use de nouvelles briques. Qui irait penser que pour construire sa maison, il déconstruirait celle du voisin? De même qu'il est absurde de partager en moitié : que faire d'un bâtiment à moitié fini? Donc j'avance, sans vraiment savoir vers où. J'avance, parce que je ne sais faire que ça. Aujourd'hui seulement j'ai compris à quel point mon raisonnement, mes actions, ma réflexion, et toutes ces belles choses que je cherche depuis longtemps à exercer et aiguiser, souffrent d'un virus à ce point caché et évident qu'il m'a toujours échappé. Il aura fallu que je songe à mes journées, un soir de fatigue, pour m'en rendre compte : dès le matin, je calcule, j'organise les heures qui me sont imparties pour gérer les exigences et les devoirs, les plaisirs et les besoins. Ce poison qui défait toute surprise et détruite toute magie s'impose à moi comme une immense horloge qui, face à moi, tournerait lentement pour me rappeler en chaque instant que je dois optimiser ces secondes, les rendre efficaces et rentables. Il me faut faire vite, il me faut faire tout, il me faut faire bien. Le monde est si pressé qu'il s'empresse et se met en pression. Et de la pression naît nécessairement la réaction. Alors oui, nous allons. Nous le faisons tantôt bien, tantôt mal. L'essentiel n'est pas là. Viser une fin est honorable, et l'atteindre est admirable. Tout comme la cause doit mener à son effet. Mais aussi noble soit cette mesure, tout est dans son dépassement, dans la démesure. Asseyez-vous un instant, un unique, inutilement, et demandez-vous : est-ce vivre que de vivre pour le temps?1 point
Ce classement est défini par rapport à Paris/GMT+01:00
