Aller au contenu
  • billets
    53
  • commentaires
    25
  • vues
    5 447

2036. Chapitre Six : Avant la Mission (16).

Gouderien

320 vues

Il raya une ligne sur les listes des choses à faire avant son départ.

Il prit sa voiture pour aller voir Ghislaine. On était fin août, et il y avait pas mal de circulation dans les rues de Paris – malgré tous les efforts des maires successifs de la capitale pour décourager les gens d’emprunter leur véhicule, il y avait encore pas mal de réfractaires. Comme il traversait les bureaux climatisés du « Figaro », des regards convergèrent vers lui – son article avait eu du succès. Ghislaine l’accueillit avec un grand sourire :

-          Alors beau gosse ? On tente de retrouver sa jeunesse ?

-          Tu parles ! dit-il. Je m’en serais passé avec un grand plaisir.

-          Au moins ça t’a donné l’occasion de faire un bon reportage. C’est toujours ça de pris.

-          On peut voir ça comme ça.

-          Tu m’excuses, j’ai une conférence de rédaction, là. On se retrouve tout à l’heure ?

-          Pas de problème.

Il fit le tour de la rédaction pour saluer ses collègues, puis gagna son bureau, où un tas de courrier-papier l’attendait, sans compter de nombreux e-mails. Il les ouvrit, puis passa une heure et demie à faire du travail administratif – il avait beaucoup de retard dans ce domaine. Puis Ghislaine vint le chercher.

-          Ça va ?

-          On fait aller. Et toi ?

-          Ouais.

Elle avait dit ça d’une voix fatiguée, qui ne lui ressemblait guère.

-          Des problèmes ? demanda-t-il.

-          La routine. La direction n’est pas contente de nos derniers chiffres de vente. On commence à parler d’un plan social.

-          C’est vrai ?

-          Oui. Mais rassure-toi, tu ne seras pas concerné. Tu es un trop bon élément.

Ils discutèrent pendant encore un moment, puis ils allèrent dîner dans un restaurant chinois du quartier. En attendant qu’on les serve ils parlaient de l’actualité, mais elle se rendit compte qu’il n’était pas vraiment à leur conversation.

-          Tu m’écoutes ? demanda-t-elle.

-          Excuse-moi, soupira-t-il. Je crois que je suis déjà en Russie.

Ils sortirent du restaurant vers 21 heures trente. Ils marchèrent un moment dans le quartier de l’Opéra ; pour une fois, il ne faisait pas trop chaud. Il aurait souhaité rentrer chez lui, car on devait venir le chercher de bonne heure le lendemain matin pour l’ultime briefing d’avant mission, mais elle insista tellement qu’il finit par l’accompagner chez elle, mais dans sa propre voiture, et à la condition expresse qu’elle le réveille à 5 heures du matin.

            Elle sortit quelques bonnes bouteilles et ils burent sur le balcon, en contemplant les tours de la Défense illuminées. Puis ils gagnèrent la chambre de Ghislaine et ils firent l’amour. Il était déprimé et à moitié saoul, et il se demanda toujours par la suite comment il avait réussi à se comporter à peu près honorablement au lit. Ensuite il s’endormit… 

 

Mardi 26 août 1936 :

            Et il fit encore un cauchemar, même si celui-ci était très différent de celui de la nuit précédente – bien plus réaliste, et c’est cela qui le rendait glaçant. D’une manière générale, et même si en fait il ne faisait pas beaucoup de cauchemars – deux à la suite, c’était tout à fait exceptionnel -, il adhérait entièrement à ses rêves, ne se rendant compte qu’il s’agissait d’un songe qu’au moment de se réveiller. C’était souvent exaspérant. Mais cette nuit-là, c’était même pire que ça…

            Il se redressa dans le lit. Il lui fallut plusieurs secondes pour réaliser qu’il était bien vivant, et encore plusieurs autres pour se souvenir où il était. Il avait réveillé Ghislaine, qui alluma sa lampe de chevet.

-          Ça va ? demanda-t-elle.

Il lui répondit par une question à laquelle elle ne s’attendait vraiment pas :

-          Ça existe les motos volantes ?

En la posant, il se rendit compte lui-même de son absurdité : bien sûr que ça existait ! Ce n’était pas encore très courant – tout comme les voitures volantes d’ailleurs – mais on en voyait. Roulant sur l’autoroute, il avait été souvent survolé et dépassé par les vrombissantes machines de la gendarmerie poursuivant quelque contrevenant.

-          Évidemment que ça existe, dit-elle. C’est pour ça que tu me réveilles ?

Il mit un moment à répondre :

-          J’ai fait un rêve bizarre. Je chevauchais un de ces engins volants… j’avais d’ailleurs du mal à le maîtriser. J’ignore où ça se passait. J’approchais d’un pont, et puis…

Sa voix se brisa, et il réalisa qu’il n’avait aucune envie de raconter la suite. Elle lui caressa le dos tendrement. Il la regarda :

-          Je crois que je vais boire un café, et rentrer chez moi. Je n’ai plus sommeil.

Sur le pas de la porte, il lui dit « Je t’aime » en l’embrassant. Elle dut être surprise, car il ne l’avait pas habituée à de tels épanchements… Elle se contenta de répliquer :

-          Bon reportage. Et bon voyage. 

En roulant vers son domicile parisien, il se sentait étrangement détendu. Encore une corvée expédiée ? Oui, c’était exactement ça. Il devait pouvoir se concentrer sur la mission – et uniquement sur elle. La circulation était faible, dans la nuit parisienne. Il fut arrêté une fois par une patrouille du Parti, mais les miliciens le reconnurent et le laissèrent passer sans lui demander ses papiers. A 2h40, il était chez lui. Il prit une douche, puis but encore un café. Il n’avait aucune envie de se recoucher. Alors il se remit à sa biographie de Reinhold Glière. 

On vint le chercher à 6 heures du matin. L’officier et le chauffeur qui conduisait la voiture banalisée qui l’emmena rue Saint-Dominique, dans les locaux qu’il connaissait déjà, lui étaient inconnus, et ils ne se présentèrent pas à lui. Une fois arrivé, on lui proposa un copieux petit-déjeuner, ce qui fit un peu remonter son moral. Puis on le conduisit dans une salle où se trouvaient la plupart des officiers et agents qu’il avait déjà rencontrés – dont Sophia Wenger, naturellement. La réunion dura toute la journée. On lui posa quelques questions sur son stage à la Pointe aux Lièvres, mais presque tout le reste du temps fut consacré à revoir encore et encore les points essentiels de la mission. Le briefing fut interrompu à midi pour un repas servi dans le mess. L’après-midi, on lui montra quelques fonctions inédites de son implant, certaines très intéressantes - dont un traducteur de russe instantané.

Peu avant la fin du briefing, le colonel Geffrier le prit à part :

-          Il faut que je vous dise quelque chose.

-          Je suis tout ouïe.

-          Vous ne serez pas le seul journaliste à suivre la tournée de Sophia Wenger en Russie. Vos collègues seront quatre ou cinq. Essentiellement des Russes.

-          Et alors ?

L’officier sortit d’un dossier la photo d’une jeune femme brune au minois enjoleur.

-          Charmante personne, apprécia Gérald. C’est qui ?

-          Elle s’appelle Rachel Roïtman. Elle est juive. Et c’est un agent du Mossad.

-          Intéressant.

-          Si vous vous trouvez dans une situation périlleuse, poursuivit le colonel, et seulement dans ce cas, vous pourrez éventuellement faire appel à elle. C’est une personne pleine de ressources. Seulement je vous préviens, elle n’est pas au courant de votre mission, et il n’est pas question qu’elle l’apprenne.

-          Ça me paraît normal.

-          Si vous vous trouvez en difficultés, dites-lui : « J’ai bien connu Moshe Dayan ». A quoi elle répliquera : « Vous semblez un peu jeune pour ça. » Et vous direz : « C’était dans une autre vie. » Vous avez compris ?

-          Oui mon colonel.

-          Parfait. Pendant que j’y suis, vous connaissez Cindy MacLaird ?

-          L’agent et le chauffeur de Sophia ?

-          Exact. Elle vous accompagnera durant le voyage. Mais elle non plus n’est pas au courant de la mission, et elle ne doit pas l’apprendre… du moins jusqu’à ce que les choses soient faites.

-          Je vois. 

On lui demanda s’il avait des questions. Il en avait quelques-unes, en effet, mais toutes ne trouvèrent pas de réponse… Puis, un à un, tous les officiers lui serrèrent la main en lui souhaitant bonne chance.  Sophia lui fit une bise, en lui disant : « A vendredi ».  Et on le reconduisit dehors.

Une voiture banalisée l’attendait, et il pensait qu’elle allait le ramener chez lui, mais en fait on le largua au métro « Concorde ». Déprimé, il se dit qu’il allait passer les deux jours qui restaient à se saouler. Mais quand on n’est pas alcoolique, il faut plus qu’une déprime passagère pour le devenir. Il retrouva son domicile vers 17 heures. Il s’offrit deux verres de porto avec des cacahuètes salées, mais ses libations s’arrêtèrent là. Puis, il prit une douche.

Après s’être séché et rhabillé, il commença à faire du rangement chez lui. Surtout depuis le rêve de la nuit dernière, il était convaincu qu’il ne reviendrait pas de Russie – pas vivant, en tout cas. En fait, il en était déjà persuadé auparavant, mais son cauchemar l’avait confirmé dans cette idée. Cela faisait une dizaine d’années qu’il habitait dans cet appartement, et il avait entassé tout un tas de livres et de magazines – aussi bien pour son métier que par plaisir personnel - sans compter les meubles divers, les bibelots, les souvenirs de voyage et le matériel informatique. Il passa les deux heures suivantes à faire du tri dans ses papiers et dans ses affaires en général, et il jeta un nombre considérable de choses. Puis il se fit à dîner.

Il mangea en regardant la télévision. Il n’y avait rien de notable dans les actualités. Des feux de forêt dévastaient la Provence – rien de bien étonnant, après la canicule de cet été. La guerre civile se poursuivait aux États-Unis et en Chine. Un accident de ferry avait fait 560 morts aux Philippines – en bref, la routine. Vers la fin, un reportage retint néanmoins son attention. On évoquait la prochaine tournée de Sophia Wenger en Russie. La belle, toute de rose vêtue, arborait son plus charmant sourire – un sourire dont, en fait, elle était plutôt avare dans la vie quotidienne – en répondant aux questions de deux journalistes ; elle terminait en disant quelques mots gentils pour ses fans russes, dans la langue de Pouchkine.

Comme il avait fini de manger, il fit rapidement la vaisselle. Puis, comme les programmes de la télévision ne l’intéressaient pas, il fouilla dans sa collection de séries, et prit la première saison de « Lost ». Il avait déjà vu plusieurs fois l’intégralité des six saisons de cette série dont certains disaient qu’elle était la meilleure dans l’histoire du genre, mais il ne s’en lassait pas. Dès le premier épisode, elle portait la marque de J.J Abrams – la marque du génie. Et malgré les années et tout ce qui s’était passé depuis l’époque de sa réalisation, cette saga avait plutôt bien vieilli. Il regarda les quatre premiers épisodes, avant d’aller se coucher.

 

Mercredi 27 août 2036 :

Le lendemain, il se leva un peu après 8 heures. Après avoir pris son petit-déjeuner, il fit sa toilette et s’habilla. Il consacra la matinée à travailler sur la biographie de Reinhold Glière. Après avoir hésité, il sortit vers 11h30 et alla déjeuner dans le quartier Saint-Michel. Il fit aussi quelques courses en prévision du voyage. Il acheta notamment une veste saharienne, pourvue d’un grand nombre de poches. En revenant, il flâna par les rues, puis rejoignit les quais de Seine. La cathédrale Notre-Dame était toujours aussi imposante, avec sa toiture refaite et sa nouvelle flèche qui, plus de six ans après son achèvement, prêtait toujours à polémiques. En 2019, après l’incendie, le président Macron avait annoncé que la restauration ne prendrait que 5 ans, mais en fait il avait fallu le double de temps pour terminer les travaux. Gérald contempla longuement ce somptueux paysage urbain, persuadé qu’il ne le reverrait jamais. Après avoir un peu hésité, il rejoignit le parvis, et se mêla à la foule des touristes qui pénétraient dans l’édifice. Il trempa sa main dans le bénitier, et fit un signe de croix. Il admira longuement l’autel, avec l’intention de prier devant lui pour le succès de la mission. Et puis il se rappela que le but de celle-ci était de tuer un être humain ; et de toute façon, il n’était guère croyant. Il sortit, et rentra chez lui.

L’après-midi, il fit ses bagages. Cela ne prit que peu de temps, car c’était une activité dont il avait une longue habitude. Il hésita un peu, puis rajouta son meilleur costume. Comme toujours, il allait emporter une grande valise à roulettes et un bagage de cabine, auxquels il ajouterait cette fois une sacoche de matériel photo. Il fit encore un peu de rangement, et se remit à sa biographie de Glière. Ça commençait à ressembler à quelque chose…

Le soir, il dîna légèrement, puis regarda la télévision tout en continuant à travailler sur Glière. Pour une fois, il se coucha tôt.

 

Jeudi 28 août 2036 :

La journée du jeudi ressembla quelque peu à celle de la veille, sauf qu’il ne mit pas le nez dehors – se contentant de descendre pour vérifier s’il avait du courrier – et qu’il ne consacra pas de temps à ses bagages, puisqu’ils étaient déjà faits. Il continua à faire du rangement, jetant des quantités de vieilles paperasses – c’est fou, même à l’ère du numérique, ce qu’on peut conserver comme anciens papiers inutiles – et travailla bien entendu à sa biographie de Reinhold Glière. Il imprima tout ce qu’il avait déjà écrit – une cinquantaine de pages – puis copia le fichier sur une clef USB. Il fit aussi un grand tri dans son ordinateur, effaçant des quantités de fichiers – si, comme c’était prévisible, il ne revenait pas de Russie, il ne tenait pas à ce que sa fille ou son père tombent sur certaines choses. A titre de précaution supplémentaire, il détruisit ces fichiers avec un logiciel spécial qui, théoriquement, pouvait même supprimer des fichiers sur le Kloud – enfin ça, il n’y croyait qu’à moitié.

 

Vendredi 29 août 2036 :

Enfin arriva le jour fatal. Il avait mis son réveil à sonner à 7 heures 30 – l’heure limite d’embarquement étant 10h30, pour un départ à 11h15 – mais en fait il se réveilla une heure plus tôt, et se leva tout de suite. Il déjeuna, puis prit une douche et se rasa. Il vérifia la météo, aussi bien à Paris qu’en Russie. Il faisait chaud, mais le temps sur Moscou serait orageux. Il passa en revue ses bagages, ajoutant un ou deux vêtements, retirant un ou deux objets qui ne lui serviraient certainement à rien. Il reprit son testament, raya une phrase, en ajouta une autre. A 8h30 heures il était prêt. Il descendit avec ses bagages, et monta dans sa voiture. « Olga, on va à Roissy ».

-          Quel terminal ? demanda la voix informatique.

Il scanna les références du billet, qu’il avait enregistré sur son portable.

-          OK chef, fit-elle. C’est parti !

 Contrairement à ce qu’on lui avait annoncé au départ, le vol se ferait sur Air France, et non sur Aeroflot. Ça n’avait pas beaucoup d’importance : la compagnie russe avait fait des progrès, et elle ne souffrait plus de la sulfureuse réputation qui était la sienne autrefois. A la suite de l’accident survenu le 18 juillet, quelques-unes des pistes de l’aéroport étaient encore en travaux, mais ce n’était qu’une minorité, et globalement Roissy avait retrouvé son trafic normal. Il n’y avait pas trop d’embouteillages ce jour-là, et il arriva devant le terminal bien avant l’heure de clôture des embarquements.

Il descendit du véhicule, récupéra ses bagages et ordonna à Olga de rentrer dans l’île Saint-Louis et d’y rester jusqu’à nouvel ordre.

-          Bon voyage patron, lui lança-t-elle en guise d’adieu.

Traînant sa valise, il se dirigea vers le terminal. Bien avant d’y arriver, il aperçut un attroupement. C’était Sophia, entourée de toute une cour d’admirateurs et de journalistes. Cindy MacLaird était là aussi, un peu à l’écart, montant la garde auprès d'une bonne douzaine de malles, de valises – certaines de bonne taille – et de sacs de voyage, entassés sur plusieurs chariots. Elle lui serra la main.

-          Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-il.

-          Le cirque habituel, fit-elle sur un ton grinçant.

Un peu plus loin, deux types les surveillaient, à peine discrètement ; ils avaient tout l’air de barbouzes. La DGSE voulait s’assurer que l’embarquement se passait comme prévu.

Cindy regarda sa montre d’un air énervé.

-          Mesdames et Messieurs, dit-elle en fendant la foule, nous sommes désolés mais il faut y aller.

Elle attrapa Sophia par la main et l’entraîna, tandis que fans et paparazzis commençaient à se disperser. La diva découvrit Gérald, et lui fit la bise. Elle était vêtue d’une tenue de voyage en velours vert, par-dessus un chemisier rose fuchsia. Plusieurs rangs de perles (vraies, naturellement) s’enroulaient autour de son cou, tandis que des bracelets clinquants ornaient ses poignets. Sans doute en guise d’hommage au pays où elle se rendait, elle portait sur la tête une sorte de chapka, de même couleur que sa tenue. Pas vraiment de quoi passer inaperçue – mais ce n’était pas le but recherché.

-          Alors ? En forme pour ce grand voyage ? demanda-t-elle d’un air enjoué.

-          A votre avis ? répliqua-t-il.

Elle lui donna un grand coup de poing dans les côtes, lui coupant le souffle :

-          Un peu de dynamisme, que diable ! Here we go !

Et le trio se mit en route, suivi par les employés qui poussaient les chariots. Ils enregistrèrent leurs bagages à un guichet qui leur était réservé – cela prit tout de même un certain temps – puis, nettement allégés, franchirent les contrôles et gagnèrent un salon VIP, où on leur servit un rafraîchissement. Gérald choisit une vodka orange – autant se mettre dans l’ambiance tout de suite. Enfin, à l’invitation du personnel d’Air France, ils gagnèrent l’appareil, un Europ E-370. Ils pénétrèrent dans l’avion en dernier, et on ferma la porte derrière eux. Leurs places se trouvaient dans un salon particulier très confortable, à l’étage. Ça avait quand même du bon, de voyager avec une star mondialement connue – enfin, pour le moment…

On leur fit attacher leur ceinture, puis l’appareil décolla en direction de la capitale de la Russie.

           



Annonces
Maintenant

0 Commentaire


Commentaires recommandés

Il n’y a aucun commentaire à afficher.

Join the conversation

You can post now and register later. If you have an account, sign in now to post with your account.

Invité
Ajouter un commentaire…

×   Collé en tant que texte enrichi.   Coller en tant que texte brut à la place

  Seulement 75 émoticônes maximum sont autorisées.

×   Votre lien a été automatiquement intégré.   Afficher plutôt comme un lien

×   Votre contenu précédent a été rétabli.   Vider l’éditeur

×   Vous ne pouvez pas directement coller des images. Envoyez-les depuis votre ordinateur ou insérez-les depuis une URL.

Chargement
×

Information importante

Ce site internet utilise des cookies pour améliorer l'expérience utilisateur. En naviguant sur ce site vous acceptez que des cookies soient placés sur votre navigateur. Conditions d’utilisation Politique de confidentialité