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Neurone du mal : impossible ou inévitable ?

Fraction

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Bonjour,

Le discours qui va suivre est anxiogène et psychiatriquement transgressif, il remonte des abysses de l’existence et de leur nuit noire.

On n’a pas le droit moral d’envisager, de formaliser, d’objectiver, le neurone du mal en tant que neurone transcendantal, à cause de l’effet suggestif qui en découle.

Mais les faits sont si éloquents que le tabou doit sauter.

 

Analytiquement, le mal n’existe pas.

Ce n’est que le frottement indésirable entre deux biens, l’un digne l’autre pas, l’un légitime l’autre contrevenant, délictueux, criminel, selon les circonstances.

Le bien commun consiste alors à rédiger un code de la route entre les biens individuels, pour faire valoir la priorité des uns par rapport aux autres.

Le neurone du mal est exclu par mille et un dispositifs, mécanistes comme finalistes, mais il s’agit là plutôt d’un neurone d'acteur, moteur, que d’un neurone observateur, de reconnaissance.

Al Capone n'aime pas la guerre, ni les larmes des enfants, ni les pédophiles, ce n'est pas un monstre, ce n'est qu'un commerçant transgressif, par circonstance.

Mais la spiritualité, comme Hollywood, l’humour, la philosophie, la religion,..., reconnait l’existence du mal.

Qu’en est-il de sa dignité ontologique, de sa justification causale ?

 

Un de mes amis fantasme sur les fachos, il voit des fachos partout, tout le monde est facho sauf lui.

Un autre fantasme sur les arabes, il en appréhende un message apocalyptique et ultra-violent.

Mon père fantasme sur l’oligarchie mafieuse, il croit que le monde est entre les mains d’une poignée de rentiers.

Mon beau-père fantasmait sur les francs-maçons et les juifs, il y interprétait une main invisible, coordonnée et insidieuse.

Moi-même, je fantasme sur le Capitaine Crochet, le destructeur de rêves, ainsi que sur tout un tas de pieds-nickelés machiavéliques et impérialistes, porteurs du gène de l’échec.

Un des hommes les plus intelligents du monde, Stephen Hawking, fantasme sur l’intelligence artificielle et sa fulgurance destructrice.

Éric Zemmour fantasme sur mai 68, il incombe implicitement à un adolescent qui avait juste envie de baiser, Daniel Cohn-Bendit, la responsabilité de la décadence occidentale.

Personne n’est épargné, et ce sont paradoxalement les esprits les plus éveillés et les plus critiques qui sont les plus manichéens et les plus complotistes.

On dirait un transfert, une transposition, mais la transposition de quoi ?

 

Voilà pour le tour d’horizon individuel, mais maintenant, passons à une échelle macrocosmique.

Depuis maintenant un siècle, les Etats-Unis protègent le monde de la folie meurtrière des impérialistes, des nazis, des communistes, des djihadistes.

Il n’y a aucun point commun réaliste entre tous ces ennemis malades.

Le mal et la maladie n'ont pas d'arbre généalogique, c'est un manque à être.

Si l’on devait induire un invariant, un point commun, quel serait-il, sinon le mal ?

Les individus induisent des neurones invariants dans leur esprit, puis ces invariants deviennent transcendantaux.

 Par un processus comparable, tout se passe comme si les peuples et les groupes induisaient également, dans un inconscient collectif dissocié et parallélisé, des neurones transcendantaux.

Ce parallélisme des biens peut converger en bien personnifié, en divinités, en causalités, en réalités, en moralités, …, macrocosmiques.

 

Envisageons, virtuellement, le pire des mondes possibles.

Si la Nature nous avait formatés, si elle avait procédé à une « inception », si elle nous avait inséminé le neurone du mal, pour accélérer économiquement notre ontogénèse, par exemple.

La conséquence serait tragique : elle serait analogue à un accélérateur de particules dont le dessein consisterait à accélérer les biens et les maux au maximum pour les collisionner et compter les morts.

Prions pour que ce manichéisme métaphysique ne soit pas vrai, mais avouez que le doute est possible.

Réjouissons-nous de l'émergence d'un monde multipolaire, plutôt représentatif de l'immanence du bien, et qui semble faire mentir le manichéisme sous-jacent du 20 ème siècle.

 

 

Maintenant, je vous propose un neurone qui a toutes les propriétés du mal, mais sans jamais le formaliser.

Ce neurone, c’est la réciprocité.

La réciprocité est une causalité transcendantale, un automatisme mental : elle est en nous sans être formelle.

C’est un peu comme la transposition, l’homothétie, de la réciprocité des forces de Newton : toutes les forces, toutes les accélérations de l’univers vont par paires, en s’opposant.

Si vous offrez un euro à quelqu’un, il vous le rendra un jour.

Mais si ce n’est pas lui, ce sera votre destin, qui ne connait pas la contrainte du temps.

Vous offrez un euro à l’Etat, et il vous le rendra par osmose, par son service indirect, sans que vous ne le conscientisiez.

Vous offrez une calorie à votre environnement, il vous rendra de l’optimisme, de la bienveillance, de l’espoir.

On pourrait également parler de la réciprocité commerciale : si tu me boycottes, alors je te boycotterai.

 

La réciprocité stabilise le système.

Ce n’est pas une moralité (un violeur ne mérite pas d’être violé), c’est une causalité amorale.

Si votre environnement ne vous opposait aucune contrainte pénale potentielle, ni aucune résistance séductrice, alors votre équation se déstabiliserait.

C’est un peu comme un pourrissement monopolistique : le neurone administrateur pourrit dans l’exclusivité, dans le monopole, sans même rien y pouvoir.

Et le paroxysme de cette déstabilisation, c’est le trou noir : la singularité, le dévoreur de mondes, l’ogre infanticide. C’est le vice absolu.

La réciprocité est alors une sécurité universelle, or la sécurité et l’énergie sont les deux mamelles de l’ontogénèse, de la maturation.

Si la réciprocité n’existait pas, alors notre démon ne ferait qu’abuser de notre faiblesse, extrapoler nos peurs, sachant qu’un homme se définit par sa faiblesse bien plus que par sa force.

Parce que le premier principe consiste, entre autre, à extrapoler vos croyances, et donc vos doutes et vos peurs, pour vous les soumettre, il faut un régulateur pour ne pas vous faire massacrer, bien que ces extrapolations vous soient immanentes, donc fondamentalement inoffensives.

 

Mais malheureusement, la réciprocité souffre d’une maladie inhérente : son évènementiel ne reconnait majoritairement que le mal, et il le surinterprète, un peu comme le JT de 20H.

C’est incontrôlable.

Aussi, lorsque vous reconnaîtrez votre démon, il est probable que ce soit le fruit d’un miroir déformant et strictement péjoratif.

Si Stephen Hawking a reconnu le démon de l’intelligence artificielle, c’est probablement parce que sa propre intelligence lui fait peur, comme dans une projection asymétrique.

C’est son complément d’objet qui absorbe son être pour l’amoraliser et le lui opposer.

Cordialement, Fraction



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Belle argumentation! Au début je me demandais où tu voulais en venir avec ton neurone du mal ! Et je me sentais a priori en opposition... Puis tu es passé à la réciprocité...  Le mal devenant une carence de réciprocité. C'est plus subtil. Je disais plus simplement, que tout tenait par l'équilibre... parce que, en équilibre (même momentané). Ce qui reste très mécanique. Ta réciprocité semble mieux tenir compte de la psychologie, d'un aspect plus... moral... C'est donc une bonne approche. Plus riche. Mais plus symbolique aussi... Plus "hors sol" ?...

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Bonjour,

Le mal est un moteur irrationnel, il ne peut s’envisager que sur un plan subjectif.

Lorsque vous regardez la télévision, votre spectre est demandeur tantôt d’euphorisants, tantôt d’anxiogènes.

C’est pour cela que l’échantillon médiatique n’est pas représentatif de la réalité, il est subjectif.

Or, lorsque vous croyez, que vous doutez, que vous avez peur, cela excite votre inconscient, mais également celui des autres.

Il est même possible d’induire inconsciemment des neurones transcendantaux chez l’autre.

 

La réciprocité est une causalité que j’ai expérimentée pendant 18 ans, en interagissant avec mes environnements.

Mais j’ignorais alors si elle m’était propre ou si elle était universelle, parce que moi, je l’ai conscientisée.

J’ai aujourd’hui des éléments qui vont dans le sens d’un automatisme informel.

Cordialement, Fraction.

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Le neurone du mal et le même que le neurone du bien, il s'agit d'activé une simulation passive de ce que vous voyez, se sont les neurones miroirs qui agissent pour activer le centre de récompense pour avoir au final une conclusion d'ordre moral, il y a un film qui nous met face à nos contradictions, Bad lieutenant, vous l'avez vu? vous avez demandé pourquoi vous sympathisez avec un héros qui ne fait rien d'héroïque? qui ne fait que du mal?

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Il y a 4 heures, riad** a dit :

Le neurone du mal et le même que le neurone du bien, il s'agit d'activé une simulation passive de ce que vous voyez, se sont les neurones miroirs qui agissent pour activer le centre de récompense pour avoir au final une conclusion d'ordre moral, il y a un film qui nous met face à nos contradictions, Bad lieutenant, vous l'avez vu? vous avez demandé pourquoi vous sympathisez avec un héros qui ne fait rien d'héroïque? qui ne fait que du mal?

Bonsoir,

Je vous comprends.

J'ai moi-même été fasciné par Fantômas, et par le méchant de Die Hard 3, dans "Une journée en enfer".

Mais ce n'est pas le mal qui m'a fasciné, c'est plutôt la puissance et le génie du méchant.

Comment mieux exprimer la puissance individuelle que dans un scénario rebelle, que dans l'opposition à un ordre établi tout-puissant ?

Le neurone du mal a ses heures de noblesse, ce n'est pas strictement un pornographe ni un violent.

Il participe à la spiritualité.

Mais il faut toujours qu'il perde à la fin, que la morale soit sauve, que la médiocrité reprenne ses droits, pour que l'exorcisme protocolaire se réalise.

 

Ce que je dénonce est tout autre : pourquoi est-ce que j'aime regarder des films d'horreur, ou l'émission "Faites entrer l'accusé" ?

Ai-je besoin d'être exorcisé d'un mal intime ?

Mon voyeurisme me trahit-il ?

Cordialement, Fraction

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