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2036. Chapitre Quatre : Disparue (1).

Gouderien

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                                                        CHAPITRE IV : DISPARUE.

 

 

Samedi 26 juillet 2036.

Gérald atterrit à l’aéroport de Toulouse-Blagnac en fin de matinée. Le temps qu’il récupère sa valise, il était midi. Il repéra facilement sa voiture dans le parking, grâce à la puce GPS dont elle était équipée. Et il prit la route de Chennevières. Peu après, comme il s’y attendait, Isabelle l’appela. Ce fut pire que tout ce qu’il avait imaginé. Après lui avoir rappelé tous les griefs qu’elle nourrissait à son encontre depuis le jour déjà lointain où ils s’étaient rencontrés – la rancune et la mémoire des femmes étaient décidément incroyables -, elle menaça de les découper en morceaux, lui et son père, si on ne retrouvait pas rapidement Agnès vivante et en bonne santé. Et il la connaissait assez pour savoir que ce n’étaient pas des paroles en l’air : Isabelle Bourdet – de son nom de jeune fille Isabella Stella Lélia Mattei – était d’origine corse, et partageait le tempérament passionné des natifs de son île.

Il passa par Agen pour gagner Chennevières, qui se trouvait au sud de la Dordogne, pas très loin de Bergerac. Au bout d’un moment, il abandonna la conduite à Olga, et chercha des renseignements sur Charlagnac sur Internet. Après tout, c’est là qu’Agnès avait disparu. Et il se rendait compte maintenant qu’il ne savait presque rien sur ce site. Pendant qu’il traversait des paysages ruraux écrasés de soleil (on parlait de la sécheresse du siècle, mais l’expression avait déjà beaucoup servi au cours des dernières années), il se plongea dans l’histoire de ce petit bourg du sud-ouest, où s’étaient déroulés, au début du siècle précédent, des événements mystérieux.

 

Charlagnac, un peu comme Oradour-sur-Glane en Haute-Vienne (mais pour des raisons différentes), n’était plus un village habité. C’était à présent une bourgade abandonnée, où les maisons tombaient en ruines sans que personne fasse quoi que ce soit pour l’empêcher. Voici ce qu’en disait la "Wikipédia" (le gouvernement français avait bien tenté quelques années plus tôt de censurer cette encyclopédie en ligne, sous prétexte de manque d’objectivité, au profit d’un site français, mais vouloir bloquer quelque chose sur Internet c’est un peu comme espérer arrêter la mer avec un château de sable : une perte de temps. La manip, élémentaire, qui permettait de se connecter à la "Wikipédia" était à la portée du premier geek venu) :

« Charlagnac (en occitan Charlanhac), ancienne commune de la Dordogne, à 60 km au sud de Périgueux. Elle comptait 292 habitants au début du XXe siècle. Suite au drame de juillet 1905, le village fut évacué puis partiellement rasé. Ce qui restait de la population a été relogé dans la commune voisine de Chennevières-sur-Isle. »

Pas un mot d’explication à propos de ce fameux « drame de juillet 1905 ». Il vérifia sur Google s'il pouvait trouver autre chose, mais comme souvent sur Internet, les autres sites ne faisaient que reprendre les éléments de la "Wikipédia", sans donner plus de détails. Soudain une idée lui vint, et il retourna sur le premier site. Il avait oublié de regarder les liens. Il y en avait deux : « Charlagnac sur le site de l’IGN », et « L’énigme de Charlagnac », sur un site baptisé « Histoire & Mystères ». Vite, il cliqua sur le second lien. Et là il trouva un assez long article, déjà ancien, signé d’un certain François le Curieux :

 

« Les amateurs de la théorie du complot, ceux qui sont persuadés que nos dirigeants nous mentent et que, suivant l’expression bien connue, « la vérité est ailleurs », pourraient trouver une confirmation exemplaire de leurs idées dans la mystérieuse affaire de Charlagnac, survenue en juillet 1905. Le drame qui s’est déroulé dans cette petite commune de la Dordogne est en effet un cas d’école de désinformation. Nous verrons cependant qu’en l’occurrence, l’administration a été très loin, tellement loin en vérité qu’on ne voit pas de cas similaire en France, du moins durant les deux derniers siècles.

Charlagnac, petit village paisible du Périgord qui vivait essentiellement de l’agriculture et de l’élevage, présentait la particularité d’abriter sur son sol une mine d’or assez ancienne, dont le filon était en voie d’épuisement, mais qui était encore exploitée à cette époque. 42 ouvriers y travaillaient, dans des conditions relativement pénibles. Le 7 juillet 1905, deux d’entre eux trouvèrent la mort, dans des circonstances mystérieuses. Si l’on consulte les journaux des années précédentes, on s’aperçoit qu’en dix ans 5 autres mineurs avaient déjà péri, ce qui fait beaucoup pour un effectif aussi réduit. Cette fois ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase ; les ouvriers se mirent en grève, réclamant de meilleures conditions de travail. J’ai retrouvé dans « l’Aurore » du 11 juillet 1905 l’interview d’un des meneurs, qui insiste sur l’insécurité de leur travail et raconte qu’au fond de la mine rôde « une bête qui tue les gens ». On envoya la troupe, ce qui à l’époque était classique : même Clémenceau dut s’y résoudre après la catastrophe de Courrières (1906). La 23e compagnie du 72e Régiment d’infanterie s’installa dans le village. Ce qui se passa ensuite n’a jamais vraiment été expliqué. Le 13 juillet 1905, les habitants des villages voisins entendirent des bruits de fusillades qui provenaient de Charlagnac ; on parla même de coups de canon. Progressivement, l’intégralité de la population du hameau, grévistes et militaires compris, fut évacuée. On donna 24 heures aux gens pour partir. Ils eurent le droit d’emporter leurs biens et leurs animaux de compagnie, mais pas leur bétail, qui fut abattu sur place. Mais quand on fit les comptes, on s’aperçut qu’il manquait 67 personnes, dont 12 militaires (la version officielle ne fait état que de 25 morts). Pour expliquer les décès, on évoqua le choléra, ce qui suffit à faire taire les curieux : c’était à l’époque – ça l’est encore dans une grande partie du monde - une maladie redoutable, qui avait causé de nombreuses victimes en France durant le siècle précédent, et dont le traitement était encore au stade expérimental. Les coups de feu furent mis sur le compte d’échauffourées entre ouvriers et soldats, mais on passa rapidement sur cet aspect des choses. Deux des responsables de la grève furent toutefois jetés en prison. La compagnie du 72e régiment d’infanterie fut envoyée en Indochine, mais elle fut remplacée par des sapeurs du génie qui, durant la deuxième partie du mois de juillet, brûlèrent les cadavres des victimes, puis s’employèrent méthodiquement à faire sauter à coup d’explosifs l’intégralité des maisons de Charlagnac. Ils n’oublièrent pas la mine d’or, qui fut condamnée. Cependant toutes les habitations ne furent pas détruites, pour d’obscures raison d’économies et de manque d’explosifs, ce qui fait qu’une partie du village est toujours debout. Les survivants de Charlagnac furent relogés dans des conditions très confortables pour l’époque dans le bourg voisin de Chennevières-sur-Isle. Pour justifier une mesure aussi exceptionnelle, les autorités racontèrent que le germe du choléra avait tellement contaminé habitations et terrains, que l’endroit était devenu inhabitable. En 1905, les connaissances scientifiques n’étaient pas encore répandues dans le grand public comme elles le sont aujourd’hui, et donc cette explication fantaisiste passa comme une lettre à la poste. D’ailleurs, qui se souciait d’un village perdu au fin fond de la campagne française ? Cependant il existait des journalistes un peu plus curieux que les autres, et plusieurs d’entre eux tentèrent de savoir ce qui s’était vraiment passé à Charlagnac le 13 juillet 1905. Mais ils firent chou blanc. Progressivement, le bruit se répandit qu’en échange d’une forte somme, on avait fait signer à tous les témoins du drame un document écrit comme quoi ils s’engageaient à ne jamais révéler ce qu’ils avaient vu, sous peine d’une forte amende et de 20 ans de prison. Une ou deux voix s’élevèrent pour faire remarquer que c’était parfaitement illégal, mais l’administration opposa un ferme démenti à ces rumeurs. Un reporter spécialisé dans les questions militaires dénicha quand même un document curieux, qui prouvait que la décision d’envoyer la 23e compagnie à Charlagnac avait été prise avant le déclenchement de la grève, suite à une demande du maire. Comme celui-ci avait péri dans l’affaire, on ne put l’interroger. Et bien sûr l’armée refusa de répondre à toute question. Au bout de quelques semaines, d’autres événements retinrent l’attention de la presse, et l’on parla d’autre chose.

Cette étonnante histoire connut un épilogue curieux en 1935. Presque trente ans jour pour jour après le drame de Charlagnac, un incident éclata pendant le traditionnel bal du 14 juillet, à Chennevières-sur-Isle, là où s’étaient repliés les réfugiés du village perdu. Tout démarra, semble-t-il, à la suite d’une rivalité amoureuse. Une violente bagarre, qui dégénéra rapidement en une véritable bataille de rue, impliqua plus d’une centaine de personnes ; on releva 12 morts et de nombreux blessés. Depuis lors, cette tranquille région de la Dordogne est retombée dans sa torpeur, mais on ignore toujours ce qui s’est réellement produit le 13 juillet 1905. Une seule chose est certaine, c’est que le choléra n’avait certainement rien à voir là-dedans. Le contexte social tendu pourrait faire penser à un affrontement meurtrier entre grévistes et militaires – et l’on sait qu’il y eut effectivement des heurts, mais pas au point de provoquer un tel nombre de victimes -, mais dans ce cas pourquoi ne pas l’avoir dit ? En effet, en cette époque troublée, le cas aurait été loin d’être unique. Plus de cent ans après, le mystère demeure toujours aussi complet, et toute demande de renseignements auprès de l’administration se heurte à une fin de non-recevoir, comme si Charlagnac n’avait jamais existé. J’ai visité les lieux, qui offrent une étrange ressemblance avec les environs de Tchernobyl. Les humains partis, la nature a repris ses droits, et une épaisse végétation recouvre peu à peu les ruines. Le gibier est abondant, car les chasseurs fréquentent peu la région. Une atmosphère bucolique imprègne l’endroit, et pourtant on n’a guère envie d’y rester. On dit qu’un couple de Suédois qui faisaient du camping dans le coin a été retrouvé égorgé, en août 1976. On n’a jamais arrêté le coupable. C’est le dernier en date des mystères de Charlagnac… »

 

Tout cela n’était pas très rassurant ; c’était même franchement flippant. Pourtant Gérald ne pouvait guère reprocher à son père d’avoir emmené Agnès à Charlagnac, car il savait que c’était un lieu de promenade assez courant dans la région. Certes, l’endroit avait toujours eu mauvaise réputation, mais en fait bien des gens ne savaient pas exactement pourquoi, et fort peu auraient été capable de parler des événements de 1905. Lui-même avait visité le site lors d’un circuit gastronomique en Périgord effectué avec ses parents, alors qu’il était tout jeune, et il n’en conservait guère de souvenirs, sauf que l’endroit paraissait alors très tranquille. C’est d’ailleurs peut-être ce voyage qui avait donné l’idée à son père de venir vivre dans la région, après la mort de sa femme. Désormais des clandestins s’étaient installés dans le coin, et si on pouvait encore visiter Charlagnac pendant la journée, par contre il était fortement déconseillé de s’y aventurer la nuit…

A 14 heures, et alors qu’il avait déjà parcouru plus de la moitié du trajet, il mit la radio pour écouter les informations. Après de longs développements à propos de la guerre civile qui faisait rage maintenant dans une bonne partie de États-Unis – son honneur de journaliste saignait en entendant cela, mais bon, on ne peut pas être partout à la fois - on parla enfin de l’enlèvement de sa fille. Et, surprise ! il y avait du nouveau. On soupçonnait maintenant trois clandestins d'origine étrangère d’avoir kidnappé la jeune fille. Il se demanda comment on pouvait bien avoir de tels soupçons, puisque la police avait cherché vainement des témoins. Enfin c’était quand même positif, cela prouvait que l’enquête progressait. Il appela son père. Au téléphone, Philippe Jacquet semblait toujours aussi démoralisé, et honteux de ce qui était arrivé. Il tenta de lui relever le moral, ce qui était difficile puisque le sien était aussi en berne. Il lui annonça qu’il arrivait bientôt, et qu’il avait l’intention de se rendre immédiatement à Charlagnac – non sans avoir pris un café très fort auparavant, bien sûr.

  • Je crois que ça ne va pas être possible aujourd’hui, dit son père sur un ton d’excuse.

  • Pourquoi donc ?

  • Parce que la gendarmerie est là, et ils ont tout un tas de questions à te poser.

Merde… Il aurait dû s’en douter.

  • Mais pourquoi à moi ? interrogea-t-il. Je n’étais même pas là quand c’est arrivé.

  • Je ne sais pas. Ils te le diront eux-mêmes…

Il ne voyait pas trop ce qu’il pourrait leur dire qui fasse avancer l’enquête. C’était ce qu’on appelle en aviation la « loi de l’Emmerdement maximum ». Il rectifia aussitôt : non, l’emmerdement maximum, ça serait que son ex débarque comme une hystérique à Chennevières, traînant à sa suite son Kévin de mari. Oui, là il y aurait de quoi avoir les boules.

Mais les boules, il les avait déjà, rien qu’à la pensée que sa fille puisse être en danger…

  • Il n’y a pas eu de demande de rançon ? demanda Gérald.

  • Non, répondit son père, mais les gendarmes ont mis mon téléphone sur écoute.

Les téléphones fixes étaient de plus en plus rares chez les particuliers, mais, sur ce point comme sur quelques autres, Philippe Jacquet était plutôt vieux jeu.

  • Bon, dit Gérald avant de raccrocher, on parlera de tout ça de vive voix tout à l’heure. Je serai bientôt là.

  • Je t'attends.

 

Peu avant 15h30, il arriva enfin à Chennevières. Devant la propriété de son père étaient garées une camionnette de la gendarmerie - et aussi, chose qu'il n'avait pas prévue mais à laquelle il aurait bien dû s'attendre, plusieurs voitures de presse. Même la télévision était là. Ce qui le sauva, c'est qu'on ne le reconnut pas tout de suite. Le gardien Éric lui ouvrit le portail, et Gérald n'eut que le temps de s'engouffrer à l'intérieur de la propriété, avant que ses collègues journalistes ne se ruent sur lui. Il gara son véhicule, puis en descendit. Le temps qu’il extraie ses bagages du coffre, son père et Irène sortirent de la maison pour venir à sa rencontre. Ils étaient suivis par trois gendarmes en uniforme dont un gradé. Celui-ci était un personnage longiligne, barbu, portant la tenue réglementaire ; il faisait très chaud en ce samedi, et la transpiration avait formé des auréoles sur sa chemise d’uniforme, à hauteur des aisselles. Il eut la politesse de laisser Gérald saluer son père, avant d’intervenir.

Philippe Jacquet faisait une sale tête ; en fait, son fils ne lui avait pas vu une mine aussi sombre depuis la mort de sa mère, Bernadette Jacquet. Et même alors, on ne discernait pas sur son visage ce sentiment de honte qui y apparaissait aujourd’hui.

Ils se donnèrent l’accolade, puis s'embrassèrent.

  • On va la retrouver, papa, dit Gérald.

  •  J’espère, dit son père. Je l’espère de tout mon cœur. Si tu savais comme je m’en veux…

  • Ne culpabilise pas.

Il salua Irène, qui elle aussi semblait accuser le coup. L’officier de gendarmerie avait attendu sans broncher la fin de ces retrouvailles familiales, mais il finit par s’impatienter et rappela sa présence par un raclement de gorge.

  • Capitaine Leclerc, dit-il en saluant.

Gérald lui serra la main.

  • Vous êtes Gérald Jacquet, le père de la gamine qui a disparu ? continua l’officier.

  • Tout à fait.

  • Nous allons rentrer dans la maison. J’ai un certain nombre de questions à vous poser.

Ils pénétrèrent dans la vieille demeure, où il faisait nettement plus frais qu'au dehors.

  • Je vais préparer du café, dit Philippe. Vous en voulez, mon capitaine ?

  • Non merci, je préfèrerais une boisson fraîche. Mais vous pouvez en proposer à mes hommes.

Gérald et le capitaine s’installèrent devant la table de la cuisine. Un autre gendarme s'assit à côté, prêt à enregistrer la conversation sur son portable.

  • Vous avez du nouveau ? demanda le journaliste. J’ai entendu à la radio qu’on soupçonnait trois clandestins.

  • La diffusion de cette information était quelque peu… prématurée, maugréa l’officier. Je ne peux rien vous dire de plus.

  • Je vois.

  • Qu’est-ce que vous pouvez m’apprendre à propos de votre fille ? De préférence, quelque chose que je ne sache pas déjà ?

Gérald haussa les épaules.

  • Malheureusement, pas grand-chose. C’est une ado comme les autres, sans histoire. Enfin j’imagine. Après tout, moi je ne la vois que pendant les vacances, et un week-end de temps en temps.

  • Effectivement.

Le gendarme demeura silencieux quelques secondes, puis déclara :

  • Bon, on va faire les choses dans l’ordre. Nom, prénom, âge, adresse, profession?

  • Gérald Jacquet, 43 ans. J'habite 26, rue Jean du Bellay, Paris 4e.

     Le capitaine Leclerc sifflota :

  • C'est dans l'île Saint-Louis ça, non?
  • Exactement.
  • Un beau quartier, dites-moi!
  • Oui, et alors?
  • Non, rien. Continuez.
  • Profession : journaliste, comme vous le savez déjà j'imagine.
  • Vous étiez où, ces derniers jours ?

Gérald soupira.

  • Je ne vois pas en quoi ça va faire avancer votre enquête.

  • Ça c’est mon problème.

  • Oui ben, qu’on retrouve ma fille, c’est aussi le mien. Si vous voulez tout savoir, j’étais aux États-Unis, à Las Vegas, où je tentais de faire mon métier de journaliste, ce qui n’est pas facile tous les jours. Je suppose que vous savez ce qui s’est passé là-bas ?

  • Effectivement. Il m’arrive d’écouter les informations.

  • Je vous prie de croire que ça a été assez pénible comme ça – après tout, on a assassiné l’homme que je venais interviewer, et puis on m’a viré comme un malpropre, comme une bonne partie des journalistes présents d’ailleurs -, sans que j’apprenne en plus dans l’avion du retour que ma fille avait disparu.

  • Je m’en doute. Excusez-moi, j’essaye simplement moi aussi de faire mon métier.


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