Aller au contenu
  • billets
    39
  • commentaires
    5
  • vues
    2 967

2036. Chapitre Trois : Las Vegas (2).

Gouderien

210 vues

Mais ce vol-là fut calme. Même s’il n’avait pas très faim, ayant déjà déjeuné, il fit honneur au repas qu’on leur servit un peu plus tard, puis s’assoupit. Quand il se réveilla, l’appareil approchait des côtes américaines. Trois quarts d’heure plus tard, ils atterrirent à New York. L’escale lui parut très longue. Heureusement, peu après l’envol vers Las Vegas, ils eurent droit à une collation. Il sommeilla encore un peu, puis se plongea dans la lecture des questions qu’avait préparées son collègue à destination de Perez-Santiago. Du politiquement correct dans toute son horreur. Aucun risque de faire bondir le gouverneur de Californie sur son siège. Il se promit de pimenter un peu la chose… Enfin ils arrivèrent à Las Vegas à 21 heures – 14 heures heure locale, puisqu’il y avait 7 heures de décalage avec la France. En approchant du McCarran International Airport, l’aéroport principal de la capitale du jeu, ils survolèrent l’immense bidonville qui encerclait la ville, et cela rappela à Gérald Calcutta – enfin Calcutta avant la guerre avec le Pakistan, bien entendu. L’appareil se posa sur la piste à l’heure prévue. Quand il déboucha en plein air, Gérald encaissa de plein fouet la chaleur du Nevada. Il faisait encore plus chaud que dans son souvenir, et il se dit qu’à côté de ça la canicule française ce n’était vraiment pas grand-chose. L’air était tellement sec, qu’en respirant on avait l’impression d’avaler du sable. Trempée par la sueur, la chemise de coton bleu Lacoste, qu’il portait sous une veste saharienne, lui colla instantanément dans le dos. Une navette les conduisit aux bâtiments de l’aéroport, où régnait une climatisation si forte qu’il eut l’impression de passer directement du Sahara à l’Antarctique. Heureusement il avait prévu le coup, et il enfila un pull léger qu’il conservait dans son bagage de cabine. Il récupéra sa valise sur le tapis roulant, puis se dirigea vers les contrôles. Comme toujours en Amérique, on étudia son passeport très soigneusement. Le fonctionnaire qui examina ses papiers, un grand Noir au physique de catcheur, lui demanda ce qu’il venait faire aux États-Unis. « Je suis journaliste, et je viens interviewer le gouverneur de Californie », répondit-il.

 – Vous autres de la presse, vous êtes attirés par ce type comme les mouches par une charogne, répliqua l’homme.

Et Gérald se dit qu’à Las Vegas, tout le monde n’était pas partisan de l’indépendance… Il fallut qu'il donne ses mots de passe sur les différents réseaux sociaux, histoire de prouver qu'il ne diffusait pas des messages à caractère terroriste - à priori, sa renommée n'était pas encore arrivée jusque-là. Les vérifications durèrent une éternité, après quoi on lui rendit son passeport dûment tamponné, et on consentit enfin à le laisser pénétrer en territoire américain. Puis il se mit à la recherche du comité d’accueil. De nombreux militaires américains armés de fusils d’assaut surveillaient l’aéroport, mais on voyait aussi des miliciens du Mouvement hispanique, reconnaissables à leur uniforme vert olive et à leurs vieilles Kalachnikov. Les deux troupes semblaient s’ignorer consciencieusement, ce qui créait une atmosphère curieuse, un peu surréaliste. Enfin il aperçut un bureau avec un écriteau « Presse ». Une jeune femme très brune l’accueillit :

  • Je peux vous aider ?

  • Je suis Gérald Jacquet, journaliste au « Figaro ». J’ai rendez-vous avec Mr Perez-Santiago demain.

  • Pouvez-vous me montrer vos papiers d’identité ?

Une fois de plus, il dut exhiber son passeport. A priori, la confiance ne régnait pas.

  • Excusez-nous de notre méfiance, dit-elle en lui rendant le document. Vous ne tarderez pas à constater que la situation est un peu tendue.

  • Je m’en suis déjà rendu compte.

  • Attendez ici. On va vous conduire à votre hôtel.

  • Merci.

Quelques minutes plus tard, une charmante métisse, vêtue d’un tailleur bleu dont la jupe s’arrêtait à mi-cuisses, se présenta à lui.

  • Buenas tardes, senor Jacquet, dit-elle en lui tendant la main. Je suis Dolores Esperanza. C’est moi qui m’occuperai de vous durant votre séjour à Las Vegas.

  • Je suis enchanté, senorita. Buenas tardes.

Il détailla la fille des pieds à la tête, et songea qu’il aurait pu plus mal tomber.

 

Ils sortirent dehors, et se replongèrent dans la fournaise du Nevada, même si ce ne fut que pour un bref instant car une limousine blanche les attendait. L’espace d’un instant, il se demanda pourquoi ils n’utilisaient pas un aircar – sans doute en raison de la brièveté du trajet. Il jeta un coup d’œil vers le ciel et aperçut quelques rares véhicules volants, la plupart appartenant à l’armée, à la milice et à la police, les autres étant des taxis. A l’invitation de sa guide il monta à bord, et retrouva avec plaisir l’air climatisé. A côté du chauffeur était assis un malabar en costume-cravate, qui lui fit un salut de la tête quand il entra ; une bosse déformait le haut de sa veste, du côté gauche. Là aussi il y avait un bar, et Dolores Esperanza lui proposa une boisson fraîche ; il choisit une téquila. La jeune femme se contenta d’un Coca. Ils trinquèrent, et elle lui souhaita un bon séjour à Las Vegas. Assise sur la banquette, les genoux repliés sous elle, elle le dévisageait avec un intérêt certain, et il songea qu’il y avait longtemps qu’une femme ne lui avait pas fait un tel effet. Le senor Perez-Santiago savait recevoir… Ils n’avaient que peu de chemin à faire pour gagner le Caesars Palace : contrairement à beaucoup d’aéroports du monde, le McCarran International Airport est situé pratiquement en centre-ville. Ils empruntèrent Paradise Road vers le nord ; il y avait presque autant de circulation que jadis, sauf qu’une bonne partie des véhicules appartenaient à l’armée ou à la milice. Tout de suite, il fut frappé par l’état de délabrement de nombreux bâtiments. D’après ce qu’il avait lu, la ville avait perdu environ la moitié des 600.000 habitants qu’elle comptait à sa grande époque ; il est vrai qu’elle en avait récupéré une grande partie en tant que locataires des bidonvilles, mais ceux-là n’entraient pas dans les statistiques officielles… Le gros problème de Las Vegas, dès l’origine, avait été l’eau. Il pouvait d’ailleurs sembler fou d’avoir bâti une aussi grande cité, pratiquement à partir de rien, au beau milieu du désert le plus aride du pays. Mais à l’époque on avait une foi aveugle en la technologie, et on n’avait pas encore entendu parler du réchauffement climatique. On avait gaspillé l’eau, cette denrée précieuse entre toutes : Las Vegas était la ville des fontaines, mais aussi des piscines, des terrains de golf et des pelouses, dont le vert rivalisait avec le gazon britannique. Pour cela, on avait été obligé de capter l’eau de plus en plus profondément au sein de la terre. Quand les nappes phréatiques locales avaient commencé à donner des signes de faiblesse, on avait construit d’immenses aqueducs pour faire venir l’eau du lac Mead, lac artificiel créé par la construction du barrage Hoover sur le Colorado, dans les années 1930. Dès le début du XXIe siècle, on pouvait présager que la surconsommation entraînerait un jour l’assèchement de ce lac, qui d’autre part était gravement pollué par l’utilisation massive des pesticides dans l’agriculture. Déjà il fallait prévoir des solutions de rechange, et on envisageait la construction, à grand frais, d’un pipe-line, qui irait puiser l’eau 400 kilomètres plus au nord, dans la région de Great Basin. La pénurie généralisée d’énergie consécutive au rejet massif de l’électricité d’origine nucléaire qui avait suivi la catastrophe de la centrale du Blayais, en 2021, n’avait pas arrangé les choses. Et puis il y avait eu la canicule de 2028, couplée à la plus grave sécheresse que l’Amérique ait connue depuis au moins 150 ans. 30.000 personnes étaient mortes aux États-Unis, de terribles incendies de forêt avaient dévasté des centaines de milliers d’hectares. Le Nevada avait eu des problèmes avec ses voisins, la Californie et l’Arizona, qui l’accusaient de gâcher le précieux liquide. Et, pour la première fois de son existence, Las Vegas s’était trouvée à court d’eau. Asséchées les fontaines, terminées les piscines, carbonisé le gazon. Il avait fallu prendre des mesures de rationnement, ce que beaucoup de personnes n’avaient pas supporté. Et les gens avaient commencé à fuir la ville de tous les rêves… Des squatters avaient tenté de s’approprier les villas abandonnées, mais ils avaient été chassés sans ménagement par la police. Alors ils étaient allés grossir le flot des miséreux qui, depuis la crise des subprimes de 2008, avaient commencé à s’entasser dans des mobil-homes, des baraques en planches ou de simples tentes, aux portes de la ville. C’est ainsi, au fur et à mesure que le pays plongeait dans la misère, que s’était constitué l’immense bidonville qui cernait à présent la cité, et qui comptait maintenant certainement plus d’habitants que la ville elle-même.

 

Ils tournèrent à gauche dans Tropicana Avenue, puis remontèrent Koval Lane, avant d’obliquer une nouvelle fois vers la gauche dans Flamingo Road. Enfin ils traversèrent le Las Vegas Boulevard, le fameux Strip, là où se trouvent la plupart des palaces et des casinos célèbres. Devant eux se dressait à présent l’immense complexe hôtelier du Caesars Palace. Contrairement à d’autres, cet illustre établissement, fondé en 1962 par Jay Sarno, semblait avoir à peu près résisté aux crises à répétition qui secouaient l’Amérique depuis bientôt trois décennies. La légende, qui en faisait une sorte de vitrine et de navire amiral de la mafia italo-américaine, expliquait peut-être que ce casino ait survécu quand d’autres, non moins célèbres pourtant, avaient sombré dans la tourmente. Les gigantesques bâtiments d’un blanc immaculé qui constituaient le Palace étincelaient au soleil ; un toit rose imitant vaguement les tuiles romaines les surmontait. En pénétrant dans le domaine, il constata que là aussi les fontaines avaient été coupées, même s’il y avait encore de l’eau dans les bassins. La limousine s’arrêta devant l’une des entrées, et son hôtesse l’invita à descendre. Il remit ses Ray Ban, qu’il avait ôtées dans le véhicule, afin d’affronter le soleil éblouissant, et admira le décor de péplum qu’il avait sous les yeux. Plus encore que New York, Las Vegas avait toujours été la ville de toutes les extravagances, de toutes les folies ; et il était forcé d’admettre qu’elle avait encore de beaux restes. Un porteur se précipita pour l’alléger de sa valise. Il suivit son hôtesse, qui le conduisit vers le lounge de l’Augustus Tower, où il échangea son voucher contre une carte magnétique permettant d’entrer dans sa chambre, située au 18e étage. Dolores l’accompagna dans l’ascenseur.

- Ça va ? s’inquiéta-t-elle. Vous ne souffrez pas trop du décalage horaire ?

- Pour l’instant ça va encore, dit-il. Vous savez, le jetlag c’est surtout pénible dans l’autre sens.

Pour le moment, il se sentait surtout désorienté. Il savait par expérience que si, dans un premier temps, l’idée de vivre une journée de plus de trente heures était séduisante, on la payait ensuite assez cher, par des insomnies et surtout par une fatigue qui vous tombait dessus à un moment ou à un autre. Étant donné la brièveté de ce séjour, il pensait que c’est au retour qu’il aurait des vrais problèmes. Ils arrivèrent à l’étage indiqué, et il découvrit sa chambre, qui était à la fois immense et luxueuse. Par contre il y régnait un froid polaire, et il se promit de s’attaquer tout de suite au réglage de la climatisation. La jeune femme s’assit sur le lit, où trois personnes auraient pu tenir à l’aise. Elle croisa les jambes, posa les mains sur le couvre-lit en soie et se pencha légèrement en arrière, mettant son buste en valeur.

  • Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’ayez pas peur de faire appel à moi, dit-elle d’un ton sans ambiguïté, en lui tendant un bristol où était inscrit son numéro de téléphone. Le senor Perez-Santiago aime beaucoup la France, et il sait que vous êtes un journaliste influent. Alors je ferai tout pour vous satisfaire. De jour comme de nuit.

Au moins comme ça c’était clair.

  • Vous êtes très gentille, dit-il d’un ton appréciateur. Mais pour l’instant je vais m’installer, prendre une douche et me reposer un peu.

  • Entendu. Je suis à l’accueil.

  • D’accord. A tout à l’heure.

Elle se leva et sortit, laissant dans son sillage les effluves d’un parfum capiteux. Il contempla durant quelques secondes la porte par laquelle elle venait de disparaître, et, pour la première fois depuis que l’appel de Ghislaine Duringer avait interrompu ses vacances, songea que finalement, son collègue Guilbert avait bien fait de se casser une jambe. Pendant un moment il s’était demandé si ce voyage à Las Vegas n’avait pas un rapport avec le rappel de sa condition d’agent secret « dormant », et il avait craint que l’on profite de sa rencontre avec Perez-Santiago pour lui demander de commettre quelque mauvaise action. Il était à présent pleinement rassuré : si cela avait été le cas, il aurait été déjà prévenu. D’ailleurs les Yankees n’avaient pas coutume de faire accomplir leurs basses besognes par des services étrangers, et surtout français. Il se rua vers le tableau qui permettait de régler l’air climatisé : crise ou pas, la passion pour la climatisation à outrance demeurait la grande manie des Américains. Avant d’aller prendre une douche, il jeta un coup d’œil par la fenêtre. Droit devant se dressait un autre des hôtels mythiques de Las Vegas, le Bellagio. Plus loin encore s’élevaient d’autres palaces : le Mandarin Oriental et le Monte Carlo et, plus loin encore, à présent inoccupé et tombant en ruines, le fameux Mandala Bay ; c’est du balcon du 32e étage de cet hôtel qu’un cinglé avait ouvert le feu sur la foule qui écoutait un concert, le 2 octobre 2017, tuant plus de 50 personnes et en blessant des centaines. Mais en se tournant vers la droite on découvrait une vue étonnante sur la cité, les bidonvilles qui la cernaient, les collines pelées dominées par le Charleston Peak, et le désert au loin. Dans le ciel d’un bleu d’azur, un hélicoptère de l’armée faisait des rondes. Malgré l’épaisseur du double vitrage, on entendait vaguement le bruit de la circulation, ainsi que le hurlement d’une sirène de police – une composante habituelle du paysage sonore des villes de ce pays. Il contempla ce panorama quelques instants, en regrettant qu’il n’y ait pas de balcon ; la faute à la chaleur, et à la sacro-sainte climatisation. Il envoya un texto à son père et à Agnès, pour les prévenir qu'il était bien arrivé, puis il se dirigea vers la salle de bains. Après s’être douché il s’enveloppa dans une robe de chambre et se sécha les cheveux, puis s’étendit un moment pour se reposer, après avoir prévenu la réception qu’on le réveille une heure plus tard – s’il voulait avoir une chance de dormir cette nuit, c’était le maximum qu’il puisse se permettre. Quand le téléphone sonna, il sursauta, et mit un moment à réaliser où il se trouvait. Il s’étira et se leva, contemplant sa chambre avec un plaisir évident. Il était bien forcé de le reconnaître, il était reçu princièrement. Mais si le gouverneur de Californie s’imaginait que cela lui ferait changer une virgule dans l’article qu’il rédigerait pour son journal, il se mettait le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Il explora le minibar, qui était bien rempli. Sur une tablette, devant l’immense poste de télévision, s’entassaient des cartes et des coupons de réduction, à utiliser dans les bars, restaurants ou casinos du Caesars Palace ou des établissements des environs. Jadis Las Vegas avait la réputation d’être une ville relativement bon marché, car tout était fait pour que les touristes se sentent à l’aise, restent le plus longtemps possible et finalement abandonnent leur argent sur les tapis des tables de roulettes ou de blackjack, ou dans les bandits manchots. Cela demeurait en partie vrai, même si ce « bon marché » restait encore bien trop cher pour une large partie de la population. Il découvrit aussi un encart publicitaire, faisant la promotion des shows qui se donnaient actuellement au Colosseum, l’immense salle de spectacle construite spécialement pour Céline Dion : en alternance, Lana del Rey et Justin Bieber. Il s’apprêtait à appeler son hôtesse, quand on frappa à la porte. C’était elle.

  • Vous tombez bien, j’allais justement vous téléphoner, lança-t-il.

  • J’ai senti que vous alliez avoir besoin de moi, dit-elle avec un sourire.

Puis elle se rendit compte qu’il était en robe de chambre, et ajouta :

  • Mais je vous dérange, peut-être ?

  • Non non, pas du tout.

Elle entra et referma la porte. Il se pencha vers le bar.

  • Vous voulez quelque chose ? proposa-t-il.

  • Je vous remercie, mais je n’ai pas le droit de boire pendant le service.

  • Bah, moi aussi je suis en service, et pourtant je ne me gêne pas, répliqua-t-il en prenant une cannette de bière mexicaine. Un Coca light, alors ?

  • Si vous voulez.

Il posa les boissons sur une petite table devant l’une des fenêtres, ajouta des verres, approcha deux chaises et s’assit. Elle l’imita. Elle but une gorgée de soda, puis demanda :

  • Alors, vous avez établi votre programme ?

  • Oui, et je ne suis pas certain qu’il vous plaise.


   Alerter


2 Commentaires


Commentaires recommandés

bonsoir 

intéressent , ha ! Las Végas , l'enfer du jeu et aussi des revues ou Céline Dion à prit racine et touchée des millions de Dollars . le Névada des pionniers à bien changer .

bonne soirée 

Partager ce commentaire


Lien vers le commentaire

Attention, ça ne se veut pas une description réaliste de ce que sera Las Vegas dans 20 ans (et la suite est encore bien plus délirante). C'est du roman. Mais j'essaye de m'éloigner de la réalité le moins possible. Par exemple, la question de l'eau se pose effectivement déjà, et bien sûr si le réchauffement climatique s'accentue, ça ne s'arrangera pas.  

Modifié par Gouderien
  • Merci 1

Partager ce commentaire


Lien vers le commentaire

Créer un compte ou se connecter pour commenter

Vous devez être membre afin de pouvoir déposer un commentaire

Créer un compte

Créez un compte sur notre communauté. C’est facile !

Créer un nouveau compte

Se connecter

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici.

Connectez-vous maintenant
×

Information importante

Ce site internet utilise des cookies pour améliorer l'expérience utilisateur. En naviguant sur ce site vous acceptez que des cookies soient placés sur votre navigateur. Conditions d’utilisation