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Le temps meurtrier


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Les souvenirs, ce sont ces bribes de notre vie sur Terre, ce sont les pièces du puzzle de notre existence en tant qu'être. Les souvenirs sont la source de nos émotions, de nos sentiments, de notre humanité. Ils peuvent, tout comme les mots, nous donner le sourire, nous faire pleurer, nous faire rêver, parfois... Les souvenirs nous ramènent à l'instant présent de ce passé révolu.

Je me remémore souvent mes souvenirs d'enfance, synonymes d'union, de famille, de complicité, de sourire, de rêve... Ils sont mes plus beaux souvenirs. Ceux que je retiens le plus sont ceux avec mes parents, amoureux et ensemble à cette époque. Je me rappelle quand mon père venait me chercher à l'école, après les huit heures de boulot quotidiens ; je me rappelle de ma mère qui préparait le repas du soir, et de la bonne odeur provenant des fours ; je me rappelle des chamailleries permanentes de mes deux grands frères... Je me rappelle de cette enfance idyllique, somptueuse, sans faux-semblants.

Chaque odeur, chaque date, chaque film et série me rappellent cette période de ma vie. Dans chaque action que j'entreprends, je reconnais la détermination de mon père, et la réflexion de ma mère. Mais avec ces souvenirs d'enfance, je ne peux m'empêcher de penser à la division familiale qui s'en est suivi... J'avais dix-huit ans, quand mon père est mort, emporté par la maladie... Par le cancer. La maison est devenue silencieuse, les fleurs se sont fanées, les rires se sont tus, et l'horizon que l'on voyait par-dessus le balcon, est devenu impassible, sans émotions, sans panache, sans vie.

L'année suivante, ma mère, laissée seule par ses trois enfants, alors étudiants, ou travailleurs, a laissé le temps faire les choses. Sa manie de tout prévoir un mois à l'avance s'en est aller avec l'âme de mon père. Elle fut emportée par le chagrin, sans que personne ne s'en aperçoive. Plus jeune que mes frères, la nouvelle a eu le goût de la belladone... J'ai eu l'impression d'avaler des clous...

Le temps est le plus grand criminel que l'humanité est jamais connu. Il nous est soumis, et nous ne pouvons rien y faire. Il arrache avec notre jeunesses, nos rêves. Il nous affaiblit, nous rend malade, vieux. Le temps nous tue, tous, lentement, sûrement, délicatement...

" Le temps est assassin, et emporte avec lui, les rires des enfants..."

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