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Abysses

Quentin13

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Je me réveillais, doucement ,lentement, le temps d'étirer mes membres. Apaisé, je regardais les étoiles qui culminaient dans le ciel. J'étais conscient de mon retard visuel sur ces astres inconnus, et incompréhensibles. Leur lumière me parvenait à ce moment précis, où j'étais affalé sur le sol sablonneux de la dune, mais je savais pertinemment - grâce aux cours de physique - que cette lumière a depuis longtemps disparu, et que ces étoiles sont depuis longtemps mortes. Les jambes croisées, je m'imaginais voyager à travers cette mer de lumière baignant dans un océan de ténèbres. Seul, à l'abri de tout soupçons, de tout doutes, de toutes incertitudes, j'errais dans les abysses de la Voie Lactée, de la galaxie... Plus largement, de l'univers.

Je n'acceptais pas les conséquences de ce choix. Mes proches n'étaient pas, n'étaient plus, à mes côtés. Peu à peu, au fil des jours, des mois, des années à me noyer dans cette immensité, je les oubliais. Je m'oubliais. Mon âme, elle, se désagrégeait. Sur le chemin du retour sur Terre, je fais une halte sur la Lune, jumelle glacée, et glaçante, du Soleil. Son teint pâle, le caractère solide de sa surface, la beauté de ses fractures, me rappelait vaguement cette personne, sans visage, sans nom, sans but, qui continuait à se battre, malgré sa solitude. Quand je la quittais, une larme s'envola dans l'éternelle extension de l'espace. C'était une larme de honte, et d'anxiété, car j'avais peur de retrouver mes proches après tant de temps d'absence.

En rentrant à la maison, il n'y avait plus personne, et la demeure familiale semblait désespérément agonisante. Une passante, une vieille dame dépassant la centaine, mais débordante de générosité, de tendresse et de bonté, me demanda ce que je venais faire dans cette maison, depuis longtemps abandonnée. Je lui ai répondu que c'était ma maison, que je l'avais quitté un soir d'été, en même temps que je prenais la décision de quitter l'ensemble de ma famille, et de mes proches. Je lui ai dit mon nom. Et j'ai compris. Les larmes qu'elle avait, cette aura chaleureuse et réconfortante qu'elle dégageait, ce regard qu'elle me jetait... C'était ma mère.

Le temps s'écoule différemment dans l'infinité de l'immensité. M'éloignant de la Terre, j'accélérais le temps. Arrivé à l'orée de la galaxie, ce temps n'avait plus de limites de vitesse. Un rêve bien étrange...


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