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Mandragore.

Criterium

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Encore quelques mètres et j'arrive à la terrasse du bar dans lequel B. m'a donné rendez-vous. Les dalles du trottoir sont hexagonales sur une centaine de mètres, finement taillées. Cette touche moderne dénote un peu avec la vieille ville; l'ensemble toutefois n'est pas déplaisant esthétiquement. C'est la première fois que je viens ici. J'ai vaguement l'impression d'avoir vu cet agencement de maisons et ces gammes de couleurs dans un rêve. J'entends mon nom; cela fait, en fait, quelques instants que j'étais là, à contempler la perspective du lieu, et la lumière du jour tracer les contours des bâtisses sur les dalles. Quand étais-je ici pour la première fois, réellement?

"Flavia".

Il m'appelait par un nom secret. Nous en avions convenu ainsi; c'était B. – Revenant à mes esprits, je l'aperçus se lever un instant d'une table en terrasse pour me faire signe. Je le rejoignis et demandai au garçon qui arrivait un café, sans réfléchir, juste pour l'éloigner. Nous nous assîmes; il me parla de lui, de ce qu'il avait fait récemment, de quelques amis communs dont nous observions la vie, de quelques réflexions qu'il s'était faites durant cette observation - ces pensées sur les différentes persona que l'on revêtit dans différents milieux, et qui, comme les vêtements d'un acteur semblent parfois lui insuffler son rôle, prennent une vie propre et nous manipulent à travers chacune des étapes qui incombent aux scènes de ces personnages masqués. — Je l'écoutais parler, timide, préférant à la déferlante des mots de petits mouvements de la tête.

Puis je me rappelai: dans la poche gauche de mon gilet, un cabochon de grenat rouge. Contre le cœur, une malachite. Cette disposition de gemmes permet de renouveler son énergie, d'insuffler une force, une vigueur. Je jouais avec l'anse de la tasse; un certain enjouement m'était revenu et je commençai à vraiment parler. De fait, mon dynamisme prit rapidement le dessus et j'avais l'impression de désormais tenir les rênes.

Ç'avait été un détail dont nous avions parlé la dernière fois qui m'était resté ancré à l'esprit, m'était revenu sans cesse ces derniers jours: la mandragore. Un de ses amis avait été le gardien de quelqu'un en ayant pris. Le psychonaute avait préparé un thé, mélangé à d'autres herbes; à la suite d'un rituel assez kitsch, il avait bu le breuvage. L'ami pensait que ça se déroulerait comme une session de prise de champignons à psilocybine, ou de Salvia divinorum; il savait vaguement qu'il s'agissait là d'une plante autrement plus puissante, mais il ne s'attendait certainement pas à "ça". — Pendant trois jours, son compagnon avait nagé en plein délire. Les pupilles affreusement dilatées, il alternait épisodes cataleptiques et agitations complètement déconnectées du monde réel, s'entretenant avec des personnes ne se trouvant pas là; parfois euphorique, mais le plus souvent l'air terrifié. Le surveiller et le nourrir pendant ces trois jours avait été un calvaire. Il fallait aussi absolument l'empêcher de sortir dans un tel état; du coup, il était presque impossible de dormir, car de temps en temps l'autre se tenait devant la porte et s'apprêter à aller dehors. — Après l'expérience, aucun souvenir n'était resté; seulement une sensation de sécheresse et une nébuleuse frayeur. Le gardien avait catégoriquement refusé de renouveler une telle session; il n'eut pas à user de persuasion, puisqu'il avait semblé que ça n'avait pas été plaisant de l'autre côté, non plus.

Ce qui me fascinait dans cette histoire, c'était à quel point elle montrait simplement que le modèle de tant de psychonautes amateurs était faux. L'on dit que chaque plante — chaque être vivant — synthétisant des alkaloïdes psychotropes est comme un Guide, chacun possédant son caractère, sa personnalité; ils utilisent des mots différents, des images différentes; chacun permet d'apercevoir par-delà notre réalité quelques perceptions d'une réalité supérieure. Par exemple la Dame de la Salvia nous apparaît douce, sirupeuse, un serpent qui enlace; alors que les esprits des Psilocybe sont festifs, colorés, des nains joueurs qui s'annoncent en tirant d'un côté puis d'un autre les cordes de notre perception spatiale. Untel aura une affinité plus forte avec l'un ou l'autre guide, ce qu'il découvrira au fur et à mesure qu'il les rencontrera les uns et les autres; il deviendra alors peut-être le disciple de l'un d'entre eux. Cependant, chacun nous guiderait vers la même dimension, chacun, espiègle ou non, reste bénévolent. D'aucuns découvrant ces univers parallèles réalisent alors que tout est connecté, qu'il y a une gigantesque toile, une connexion entre êtres vivants, dont la réalité et la vigueur restent insoupçonnées tant que l'état de conscience n'est pas "réveillé". — En quelle mesure l'esprit de la mandragore était-il un guide bénéfique? Elle n'ouvrait manifestement pas les mêmes portes. Or, je pensais qu'il existait beaucoup de portails - plusieurs plans surimposés à notre réalité. Comment ne pas ignorer la possibilité que certains de ces portails étaient tournés vers la direction opposée — la Nuit?

Il y aurait une abysse infernale, un immense continent éternellement baigné dans les ténèbres; il y aurait une silhouette maigre, maléfique; une veuve au voile noir. Le voyageur s'égarant dans ces contrées pouvait mourir ou devenir fou.

Or c'était bien ce qui se passait de temps en temps: des gens devenaient fous et mourraient. Il était aisé de s'en apercevoir en lisant des récits d'expériences similaires. Ces pensées étaient venues et revenues dans mon esprit; je savais désormais que la route était barrée à ceux qui parcourent le premier chemin, la voie positive. — Mais moi je n'étais pas de ceux-là. La Lune était mon astre et une indicible haine était cachée dans un recoin de mon cœur. Ces rejets, je les percevais comme une invitation discrète: les bras de la veuve noire ne me seraient pas fermés. De cela, j'en étais sûre depuis longtemps. Alors la voie qui se proposait à moi était devenue claire: il fallait me procurer, par l'intermédiaire de mon ami et de ses connaissances, une mandragore. À n'importe quel prix; quitte à offrir de mon sang.

Je propose à B. qu'il me présente son ami; comme j'écris beaucoup, il connaît ma curiosité envers personnes et événements hors de l'ordinaire. Il lui envoie un texto pour lui proposer un verre, et — signe du hasard? — une réponse arrive rapidement: "Je suis dans le coin! Ok j'arrive tu es où?". — C'est ainsi que quelques minutes plus tard, nous voyons un homme brun, en veste, plutôt mince, se diriger vers nous. Il est fraîchement rasé et plutôt bien habillé. Les présentations se font. Il s'appelle Xavier. Mon ami me présente avec le diminutif de mon vrai nom. Nous demandons au garçon de café revenant à l'affût quelques verres et commençons alors à parler de choses et d'autres; Xavier me paraît être quelqu'un d'agréable, même si rapidement je m'aperçois que la conversation est altérée du fait que je lui plais. - Qu'importe. Nous parlons de poésie, et petit à petit je lui présente quelques projets d'écritures, portant sur les états altérés de conscience: rêves plus ou moins lucides, expériences mystiques, lésions cérébrales, drogues psychotropes. Cela l'intéresse beaucoup, et il montre finalement qu'il a une certaine expérience avec quelques substances; il s'empresse de préciser qu'il n'a touché qu'à des choses qui n'étaient pas dangereuses, puis nous parle d'une connaissance qui, lui, a tout essayé, ou presque. Bingo. Il nous donne même son nom: A. — Celui-ci a lutté contre l'addiction et a frayé avec beaucoup de drogues risquées; ces expériences l'ont amené plusieurs fois à l'hôpital, et en psychiatrie. Pourtant, il s'en relevait toujours, et continuait sa vie de paradis artificiels. En manœuvrant la conversation vers cette direction, il nous dit avoir un mauvais souvenir d'épisodes où A. buvait des thés à base de plantes dangereuses, et avait besoin de son aide en tant que sitter. Puis nous changeons de sujet. Je parle un peu de mon ami le druide; nous discutons également un peu d'art et de l'influence des "visions" sur la peinture dans l'histoire.

Lorsque B. s'absente un instant, Xavier se rapproche et, en tournant un peu autour du pot, me demande si nous sortons ensemble: j'éclate de rire. L'idée me paraît incongrue; lui par contre interprète cela comme une disponibilité. Il me parle d'une exposition d'art qui aura lieu ce soir. Les places sont très limitées, mais il a une invitation pour y aller: lui, et une personne de son choix. Il me dit qu'il pensait y aller avec un ami, mais que celui-ci venait de se rendre compte qu'il était indisponible aujourd'hui, il se retrouvait donc seul - et qu'il pouvait m'inviter, moi, si cela m'intéressait. L'artiste principal créait des illusions d'optiques dans un style apparenté à celui d'Octavio Ocampo, avec des thèmes plus technologiques que religieux. Les explications étaient un peu pédantes — cela m'irritait, mais l'exposition elle-même pouvait se révéler intéressante. J'accepte. — Il m'indique qu'à son avis, je plais à B., et que donc ce serait peut-être mieux si nous ne lui parlions pas de ce soir. Peut-être craint-il que je ne change d'avis, ou que l'on me fasse changer d'avis?

Nous venons d'échanger nos numéros de téléphone lorsque B. revient, un grand sourire aux lèvres: il vient de recevoir une bonne nouvelle, quelque chose en rapport avec son travail. Généreux, il nous propose de nous offrir une tournée. Nous acceptons et passons une demi-heure agréable, après laquelle nous nous disons tous au revoir. — Sur le chemin du retour, quelques minutes plus tard, je reçois un message:

Xavier — "À ce soir alors, F."

J'espère que ça ne se retournera pas contre moi. Le hasard nous offre des opportunités, l'on fonce tête baissée dans une direction donnée, et en prenant une pause, parfois, l'on s'aperçoit que notre vision périphérique n'a pas beaucoup fonctionné chemin faisant. Ça nous est tous arrivé. L'on se réveille dans des situations cocasses. Ce n'est pas pour autant qu'il faille s'empêcher d'avancer! - Je repris la marche.

*

* *

La brise s'était levée vers la fin de l'après-midi, et la soirée était en conséquence plutôt fraîche pour cette période de l'année. Déjà çà et là des groupes d'étudiants se rejoignaient et discutaient vivement, un bruit de fond de voix s'entendait le long des rues que je parcourais. Il fallait traverser ce côté de la vieille ville, pour finalement arriver aux quartiers riches; ceux-là étaient alors beaucoup plus calmes, déjà presque endormis. La salle d'exposition se trouvait là, dans cet endroit proche de tout dans la ville: à la fois proche du centre festif et étudiant, proche de l'artère commerciale principale, proche des grandes demeures des élites bourgeoises, proche des vieilles bâtisses centenaires du centre historique... C'était une petite rue connexe, dans ce seuil ambivalent connectant différents mondes. Je m'approchais des grandes vitres du bâtiment moderne; Xavier m'attendait là. J'avais effectivement imaginé qu'il s'agirait d'une sorte de vernissage mondain, et j'en eus la confirmation en le voyant, très bien habillé, chemise et veste chères. On pouvait également apercevoir à l'intérieur des femmes en tenue de soirée, et la population-type des haut-lieux artistiques: couples, la cinquantaine, affectant à la fois un soin réfléchi à leur personne et à leur apparence, et à se parler pourtant très familièrement entre eux, comme s'ils se permettaient, esthètes, de jongler à la fois avec le bon et le mauvais goût. J'avais souvent rencontré ce genre de milieu, ayant frayé avec l'art et différentes classes de poètes. À chaque fois, l'hypocrisie me révulsait – c'était la sphère des fortunés, le cercle des élites artistiques. Je pouvais néanmoins m'infiltrer partout. — Comme j'avais prévu qu'il s'agirait de ce type d'événement, j'avais mis une robe de soirée noire sous mon duffel-coat. Nous entrâmes; gentleman, il m'aida à enlever le manteau pour le confier au préposé du vestiaire, puis me glissa, timidement, un compliment sur ma tenue. Je le sentais un peu confus, gauche; il s'apercevait que son plan, conscient ou pas — m'inviter dans un lieu de mondanité où l'on venait typiquement en couple — pouvait autant nous rapprocher, que se retourner contre lui, puisque nous n'aurions pas forcément de manifestations subtiles de familiarité et d'intimité. Tout se reposait d'une certaine façon sur moi, et la façon dont j'allais me déplacer avec lui dans les salles. Je voyais qu'il appréhendait ce qui allait se passer, et qu'il se rendait compte qu'il préférerait même renoncer à tout rapport de séduction et que l'on interagisse ensemble comme des amis proches, plutôt que de se retrouver seul. Mais comme il n'avait pas encore renoncé — il ne savait pas exactement ce qu'il devait faire: ni trop, ni pas assez; garder une position d'équilibriste, de funambule. Cela se lisait sur son visage, sur ses mouvements. Quant à moi, je n'avais pas encore décidé ce que je voulais, j'étais impulsive. Et puis je ne le connaissais pas assez pour l'instant. — Cette fois, j'avais amené un œil-de-tigre.

Nous nous avançâmes vers la première salle. Un groupe de personnes s'était assemblé, discutant bruyamment à côté d'un buffet. Il y avait du saumon, du hareng, une multitude de petites salades et d'amuse-bouches; c'était un type de smörgåsbord. Aussitôt, une femme d'un certain âge s'approcha de nous; elle semblait tout à fait dans son élément, très cordiale. Sa voix carillonnait: – "Xavier! ... Me présentes-tu ton amie?". J'appris qu'il s'agissait là de sa tante. Pendant qu'il nous présentait, je voyais qu'elle m'observait des pieds et à la tête et que j'étais en train de passer une sorte de test. À ma manière, à ma posture, à ma voix, elle devait subconsciemment effectuer beaucoup de petits calculs pour en déduire mon caractère et surtout ma position socio-culturelle. Lui semblait s'en rendre compte, mais ne pas y prêter beaucoup d'attention. Toujours est-il que j'avais dû recevoir une bonne note, et elle fut sympathique avec moi — le cas échéant, peut-être y aurait-il eu une pique subtile, un petit commentaire désagréable à mon égard ou à celui de son neveu. Le test passé, elle nous quitta rapidement, pour nous laisser tous les deux explorer les salles. Elle nous avait dit que c'était là l'exposition d'un artiste magnifique.

De fait, c'étaient réellement des œuvres attrayantes: peintures et sculptures en trompe-l'œil, invitations à la paréidolie, grilles striées de fils d'acier créant de nouvelles formes selon l'angle d'observation, et plusieurs variations intéressantes sur le thème de l'anamorphose. Le tout présentait effectivement une panoplie de motifs technologiques, comme pour nous susurrer: "Prenez garde aux illusions modernes". — Nous parcourions les quelques salles, celles du fond étaient moins peuplées et nous y restions plus longtemps pour en apprécier les sculptures. Je découvris sur un bout de métal un chiffre minuscule, gravé dans un coin de l'œuvre: 4. Je le montrai à Xavier et nous nous demandions alors s'il n'y avait pas un code stéganographique surimposé à l'exposition. Nous établissions par jeu des théories alambiquées sur le pourquoi et le comment — est-ce que parmi ce cercle de personnes se cachait un diplomate ou un agent opérationnel, est-ce que les œuvres formaient une sorte de boîte au lettres morte, est-ce que les chiffres mis bout à bout indiquaient un numéro qui, consulté dans un livre-code, formulait la réponse quant à l'état d'une "ressource"... ? Nous poursuivons un peu, mais nous convînmes que ce n'était qu'une fantaisie: un chiffre caché sur une pièce d'art peut aider à un simple inventaire, connu de l'artiste seul, et un message codé se transmet plus facilement par une station de nombres émise sur les ondes courtes. Néanmoins cette petite folie avait été plaisante. Xavier semblait heureux que je sois restée avec lui. — L'artiste, jouant l'atout du mystère, n'était pas apparu au vernissage, ou alors était passé en flèche. Nous goûtâmes au buffet, nous eûmes quelques conversations brèves et spirituelles avec d'autres invités; après quoi nous décidâmes de nous esquiver dehors. Il salua sa tante; je repris mon manteau, et nous sortîmes dans la nuit.

Il y avait un bar lounge assez proche, nous allions y prendre un verre. Ce jour-ci, il n'y avait presque personne; un jazz doux et très lent rythmait la nuit. L'ambiance était tamisée: de faibles sources de lumières, dans les tons chauds, étaient dispersées çà et là dans la salle, laissant une multitude de recoins d'ombres. Nous nous assîmes sur une banquette orientale aux teints rouges — de façon à pouvoir embrasser du regard tout l'endroit et profiter de son atmosphère. Il m'avait frôlé la taille lorsque nous nous étions assis. — Nous parlions de livres, de voyages, de hobbies, de ces choses qui gravitent autour d'une personne - d'une persona... ; il me posa quelques questions sur mes amis; c'était un sujet sur lequel je ne m'étendais pas, car j'ai toujours eu l'impression de ne pas avoir un véritable cercle d'amis, mais quelques connaissances, formant des cercles très distincts, évoluant et se déplaçant avec le temps; et j'avais du mal à garder contact avec les gens perdus de vue; de plus, je voyageais souvent. Lui me parla d'une pérégrination en Amérique du Sud, il y a quelques années. Nous avions commandé des cocktails parmi une liste aux noms improbables — New York's Midnight Rose? Noble Experiment? — toute la carte était en anglais. L'atmosphère était plaisante. Nous sirotions nos verres à l'occasion de quelques moments silencieux. Je n'avais pas encore décidé de si j'allais lui parler d'occultisme et de magie; d'un côté, il s'était intéressé au fait que j'écrivais sur les états d'entre-deux et il en avait vécu lui-même; de l'autre côté, il semblait plutôt cartésien. Apprécier les poètes du XIXe ne signifie pas toujours que l'on a le pressentiment de l'au-delà, bien que ceux-là l'avaient certainement. Alors nous parlions plutôt de lieux que nous voudrions voir ou visiter. — Il se faisait tard, nos verres étaient finis. Il me proposa de me ramener chez moi.

Nous marchions en silence. Une fois le quartier festif dépassé, nous n'entendions presque plus que nos pas, et le brouhaha faible de la ville se confondait avec le bruissement des feuilles sous la brise. Il se demandait ce qu'il devait faire pour me dire au revoir, maintenant que nous nous approchions de mon appartement; fallait-il faire un bise, fallait-il s'enhardir et m'embrasser? J'avais l'impression de pouvoir lire cette interrogation dans ses pensées. – Somme toute, il me plaisait bien aussi. Je n'étais toutefois pas sûre de toute la signification que ça allait revêtir pour lui; si certains n'interprètent rien, d'autres y voient presque une signature et une promesse... Or, les liens sont plus subtils. Il y a d'autres secrets. Il y a des choses apparentées au sang. — Veut-il que je sois sa mandragore?

— Voilà: nous arrivons. — "C'est l'heure de se souhaiter bonne nuit".

Xavier est en face de moi, je le sens hésitant, la voix inhabile.

Je reste là, sourire sibyllin; alors il s'approche, pose sa main sur ma taille, et me dépose un baiser sur les lèvres.

Un instant plus tard, chacun s'était éclipsé; – là-haut, la Lune était rousse.


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3 Commentaires


Commentaires recommandés

Invité Karbomine

Posté(e) · Signaler

Les texte est très élégant et, s'il se lit bien, il en résulte malgré tout une vague sensation de vide narratif. J'ai l'impression que tu amorces des développements qui ne viendront jamais, notamment sur les plantes. Les digressions promettent beaucoup mais finalement, tout le texte se concentre sur la situation amoureuse et cela, je dois le dire, m'a un peu déçue. Du moins, je reste sur ma faim.

As-tu prévu d'agrandir la toile ? Certains personnages en vaudraient la peine, notamment cet ami, B., qui disparaît soudain.

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Merci d'avoir lu :)

Je dois avouer qu'en l'état mon avis est en fait assez similaire — ce n'est qu'un début, ou une partie, je ne sais pas encore tout à fait. En fait, je voulais initialement y ajouter une troisième partie, cette fois plus centrée sur A. et les drogues, mais je croulais de sommeil et j'avais envie de poster le texte. Du coup, ça insiste plus sur le premier baiser que sur le côté maléfique de la mandragore... Il y aura une suite.

Ça me donne également une piste, ce que tu me dis. — J'ai l'impression de fonctionner plus par "atmosphères" que par "trames narratives" — vers une direction nébuleuse plutôt David Lynch-esque que vers romans-feuilletons ou séries romanesques, chroniques... — et donc ce serait intéressant de tenter le contraire, de tester l'approche opposée, histoire d'explorer différents modes. Peut-être avec de la fiction-politique ou de la fantasy? (Incroyable!)

:)

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