• billets
    17
  • commentaires
    50
  • vues
    9 436

Aergie - Episode 9 - Hurle pour ta vie

zenalpha

85 vues

Je dédicace cet épisode à une âme unique.

Pensées croisées... et comprenne qui me comprend...

A perte de vue, les machines oeuvraient dans un bruit lanscinant.

Des êtres élus surgissaient de chaque matrice sous le contrôle d'opérateurs s'assurant du bon déroulement des protocoles scientifiques.

La magie opérait quand 5 âmes défuntes reprenaient vie dans un corps humain parfait et pourvu de pouvoirs particuliers issus de recherches génétiques pointues.

Et depuis plusieurs semaines, une cadence infernale produisait par dizaines le dernier espoir des renascimenti : les élus.

Au fond du hangar, un groupe de scientifiques s'activait. Les corps abritant les âmes ressuscitées étaient une des nombreuses réussites tangibles du département des Improbables expériences rendant réelle la réincarnation des âmes mais bien d'autres avancées dans tous les domaines scientifiques n'avaient été possibles que par leur dévouement au progrès.

Hera avait 45 ans, les traits tirés d'une longue vie de recherche néanmoins réguliers et infiniment bienveillants, les yeux emplis d'une farouche volonté.

Elle rayonnait d'énergie, d'intelligence et d'envie. Son coeur battait la chamade. Derrière son pupitre, un choix se présentait. Elle n'avait que quelques secondes pour prendre seule, ici et maintenant, la décision qui conditionnerait la réussite ou l'échec de 20 ans de recherches personnelles sur le programme auquel elle avait voué la majeure partie de sa vie et de ses travaux.

Les choses ne se présentaient pas comme prévu. Les âmes entremêlées qu'elle avait finalement repéré dérivaient inexplicablement risquant de ne plus être à portée du rayon d'action du téléport du fleuve des âmes. Et malheureusement, le protocole de rapatriement de la matrice n'était pas terminé, en particulier le module physiologique de réincarnation.

Son choix fût aussi rapide que décisif même si elle en comprit les implications pour son sujet.

Hera activa la manoeuvre de transfert même si cela risquait de tuer l'être élu qui ne pouvait supporter la douleur indescriptible et totalement inévitable à présent. Qui pouvait survivre à ça ?

Hurlements. Je suis née dans un hurlement.

Nulle souffrance ne peut exister supérieure à ce que j'ai vécu à cet instant.

Etait-ce le rayon d'Ostium qui m'avait touché ? Je ne le savais pas mais le prix de ma vie nouvelle avait un nom : LA DOULEUR.

Pendant 5 minutes qui me parurent une éternité, nerfs, muscles, os s'assemblèrent sans anesthésique. J'appris à cet instant ce que vivre l'enfer signifiait.

Si 4 de mes âmes supplièrent de nous abandonner à la mort, la cinquième qui n'avait pas vécu, qui n'avait pas compris, qui avait soif d'être ne voulut rien lâcher.

J'apparue au centre de la matrice avec l'écho de la souffrance mais avec une volonté de vivre infinie...


1 personne aime ça


3 Commentaires


Cet épisode me touche particulièrement...

Il est comme une réponse à de trop nombreux "Pourquoi ?" et ce qui le rend davantage prenant est qu'à l'instant où je commençais ma lecture, un piano entamait "Show" de Beth Gibbons dans ma liste d'écoute, rajoutant une dimension presque surnaturelle à tes mots...

Peut-être connais-tu, sinon, je te l'offre.

Partager ce commentaire


Lien vers le commentaire

Non, je ne connaissais pas.

Je l'ai entendue, lue et ressentie au delà des sens.

Elle est magnifique.

Merci de ton présent.

Elle donne sens au passé et augure l'avenir.

Si comme elle le prétend il y a une vie à trouver dans ce monde,

Si les lumières du jour vont et viennent avec la marée,

Alors, j'espère y trouver cette crique gaélique dont la mer serait radieuse...

Et radieuse, combien elle l'est...

Je souhaiterai la voir de mes yeux, m'y baigner et me laisser bercer par le murmure de ses flots.

M'y allonger, longtemps et sentir le parfum de fleurs imaginaires qui seraient un jardin secret.

Et laisser loin derrière les embruns tumultueux pour m'extasier d'une pluie fine rafraîchissante.

Il faut vivre ses rêves pour ne pas rêver sa vie.

Un jour sans l'ombre d'un doute.

Partager ce commentaire


Lien vers le commentaire
Invité
Ce billet ne peut plus recevoir de commentaires supplémentaires.