Le Seigneur des anneaux : un chef-d'œuvre réactionnaire

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Commentaires

 

http://www.dedefensa.org/article/a-propos-de-tolkien

 

Question : Pourquoi ce nouveau livre sur Tolkien ?

Nicolas Bonnal : J'aime réécrire mes livres. Je réécris dix fois un article avant de l'envoyer. C'est pour cela qu'ils sont cités et repris, et en plusieurs langues. Je l'ai fait pour Mitterrand ou pour le Graal. Mais aussi pour d'autres raisons plus eschatologiques. Nous vivons des temps affreux sur le plan intellectuel et moral. Alors je réécris Tolkien pour défier l'époque et compléter l'autre, qui parut en 1998, et fut traduit en plusieurs langues, dont le russe et l'ukrainien. Tolkien a bien dénoncé son époque dans sa correspondance, y compris et surtout les Alliés. Pour lui l'homme moderne est facilement un orque.  Il dit à son fils que l'aviation est le vrai méchant de la Guerre. Il est aussi catastrophé par la dévastation de l'Allemagne et par la  prise soviétique de Berlin, avec les quinze millions de réfugiés. Tout cela je le cite bien. Je rappelle aussi qu'il adore son pays, mais qu'il déteste l'empire britannique, le Commonwealth et l'Amérique, avec son commerce, son féminisme, sa matrice universaliste et niveleuse. Tout cela je voulais le répéter. Tolkien défend l'Europe traditionnelle contre le monde moderne, d'où mes références à Guénon qui éclaire son symbolisme crypté.

Question : Vous le rapprochez de Bédier, de Chrétien de Troyes, de Virgile ?

Nicolas Bonnal : Oui, le plan nordique ne marche pas toujours pour éclairer Tolkien. Virgile ou Ovide très bien, Chrétien de Troyes très bien. Il faisait ses discours comme ça en grec et en latin. Il y a cette influence des sagas ou du très bon Beowulf, mais j'ai voulu moi la rattacher aussi à la tradition gréco-latine. Ma femme Tatiana a trouvé un passage des Deux Tours où les hobbits sont perdus en Ithilien. Cette Ithilien est l'Italie avec sa belle végétation. Le lieu magique, la chevalerie, les chansons, tout cela je le relie bien sûr à la chanson de geste. On pourra toujours contester le procédé, pas le résultat.

Question : Vous célébrez la femme et la guérison...

Nicolas Bonnal : Oui. La femme elfique guérit le monde par son chant, ses manières, sa nourriture, ses drogues. Tolkien a sublimé l'image féminine, et j'ai trouvé important d'insister sur ce point. En même temps elle est capable d'aller au combat. Mais Tolkien dénonce aussi la femme moderne dans l'histoire de Sylvebarbe (le mot Ente est chez Chrétien de Troyes), la casse-pieds de service. J'ai repris Guénon et ses symboles de la science sacrée pour éclairer le rapport magique à la végétation. Sa vision thaumaturge de la littérature et du conte initiatique d'origine germanique et romantique rejoint cette belle image de la femme thaumaturge. D'où mes rappels de Novalis.

Question : Et son catholicisme ?

Nicolas Bonnal : Il a été catastrophé par Vatican II. Il écrit que pour lui en tant que chrétien l’histoire ne peut être qu'une continuelle défaite avant la parousie. Ce catholicisme pessimiste est le mien, et rompt bien sûr avec l’optimisme bidon qui tourne aujourd'hui à l'opérette chez les cathos bourgeois. Il sert le propos lugubre des deux grands livres, qui rejoignent la tragédie ou le Fatum. Le retour du tragique païen avait aussi été souligné par le catholique Domenach après la guerre.

Question : Pourquoi le monde de Tolkien est-il tombé si bas ?

Nicolas Bonnal : A cause de Hollywood et des effets spéciaux, qui ont tué le cinéma, disait Joe Mankiewicz. A cause du consumérisme et de la bêtise ambiante, qui adore les monstres sur fond de satanisme de masse. A cause de la pesanteur de l'homme moderne contre laquelle il s'est élevé lui, le britannique d'origine germanique de tradition catholique traditionnelle. J'ai été surpris par l'article du Monde, qui en marge de la dérive désastreuse de ce journal (qui avait toujours recensé mes ouvrages), tape sur l'exploitation et la destruction de son œuvre par le commerce, ce chancre du monde, comme dit Ferdinand. C'était prévisible. Ses monstres venus de Beowulf (voyez mon analyse via le critique Botkine) et autres avaient tout pour séduire le commerce de cette époque immonde.

Question : Un mot optimiste pour terminer ?

Nicolas Bonnal : Le salut par Tolkien !

 

Modifié par Roger_Lococo

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C'est vrai, j'ai finalement regardé la suite et je me suis trompé.

En général quand je vois écrit "catholique et réactionnaire" je ne prends pas ça pour un compliment mais pour une insulte implicite. Je vais donc rectifier mon autre post.

 

NB : je ne connais pas TV Libertés, mais jouer sur l'ambiguité ne me semble pas une idée judicieuse.

Et je ne comprends pas trop le concept de se revendiquer réactionnaire.

Modifié par Roger_Lococo

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Il n'y a pas de volonté d'ambiguïté, il y a juste une affirmation de soi. Être réactionnaire est la chose la plus saine qui soit quand l'époque est décadence, il faut que ça devienne une évidence, on ne réhabilite pas les idées sans réhabiliter les mots. Tolkien a été usurpé par les gauchistes, il est cependant des nôtres et il faut le revendiquer.

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Liberté TV, ça me semble ambiguë parce que liberté est le mot d'ordre libertaire et libéral soit l'anti-thèse de la réaction.

Et réactionnaire de réaction est un mot qui a un sens bien précis, celui de riposter à l'initiative des autres. Les réactionnaires sont ceux qui ont perdu d'avance, mènent un combat d'arrière garde, la masse passive qui finira vaincue. Personnellement je ne me décrirais pas de cette manière si je comptais remporter une lutte quelle qu'elle soit.

 

Tolkien est conservateur et je trouve que la phrase "c'est l'avion de guerre qui est le véritable méchant" démontre une humanité qui manque à notre époque. Les idéaux chevalresques ont eu eux aussi leurs défaillances comme tout ce qui est poussé à l'extrême mais le romantisme recèle une beauté indéniable qui appelle à la nostalgie. 

 

Néanmoins on ne fait jamais revenir le passé, il ne faut donc pas lutter pour lui mais pour un avenir conforme à nos aspirations plutôt qu'à celle de nos adversaires. Laisser l'avenir aux progressistes c'est d'avance s'avouer vaincu.

 

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