Aller au contenu

Entre abysses et Galaxie !

Noter ce sujet


Naluue

Messages recommandés

Membre, 23ans Posté(e)
Naluue Membre 1 154 messages
Mentor‚ 23ans‚
Posté(e)

(petite histoire vraie, bonne lecture, ou pas, à vous de vous le dire)

Avez-vous déjà perdu pied sur votre condition humaine, incapable de comprendre ? Non pas une incapacité passive, mais un désir si puissant de saisir la profondeur d’une contemplation indéfinissable qui vous laisse ainsi sans réponse. C’est impossible, rien de nos sens, nos mots, nos souvenirs ne pourrait résoudre l’énigme. J’y étais, hier tard ou ce matin tôt.

A la plage dans le noir, short de bain bleu d’Espagne que j’affectionne particulièrement et mon haut de bain noir, j’y étais. En arrivant sur la plage je bondissais sur mes jambes, excitée par la Voie Lactée et toutes ces étoiles ! Peu importe la réserve de mon ami, moi, j’irai courir embrasser la mer. Pourtant si peu frileuse, je me surpris à m’écrier « Elle est gelée ! », un visage puéril, la force de la vie, la force du moment, de la bêtise, de l’insouciance. C’est ce que j’aime chez moi. La peur du temps, des souvenirs ratés, des regrets, la peur qui trop souvent inquiète de manquer, et qui entre les abysses et la Voie Lactée, pousse à ne surtout pas renoncer à l’occasion. Les choses, qu’on veuille y croire ou non, n’arrivent jamais deux fois. Nous ne reviendrons pas sur cette plage, avec ce même ciel, et cette même mer ; peut-être même ni reviendrons-nous jamais.

J’ai avancé dans l’eau froide, calme, et si noire. Elle ondulait contre moi comme un monstre qui sommeille, et j’avançais intrépide, grande amoureuse des bains froids. Le spectacle était… sans mot, sans mot. Un ciel noir, habillé d’une infinité d’étoiles vives et puis une lance blanche traversant la nuit : la Voie Lactée. A l’horizon se dessinait, alors que je ne le pensais pas possible, une brume encore plus sombre que tout le reste ; c’était une obscurité sans fond, qui murmurait l’immensité de ce qui se trouvait face à moi, et qui me caressait déjà les cuisses. J’étais effrayée, éblouie, désemparée, comblée, entière et décomposée.

Moi qui confrontait la mer avec tant d’audace sous le Soleil protecteur, courant, me jetant à l’intérieur, fière de ne craindre ni sa température ni ses poissons ni ses méchantes vagues ou sa profondeur, je craignais là, le moindre petit pas qu’il me fallait entreprendre. L’eau ronronnait, noire, l’horizon me narguait, noire, et l’univers, noir, me regardait comme si je franchissais les portes de l’Olympe pour entendre un désintéressé « Es-tu perdu, petit short de bain bleu ciel ? ».

« Je ne sais pas trop », aurais-je répondu « j’ai très peur et vous êtes si beaux, je suis coincée entre les abysses et la Galaxie et je me sens si petit, j’essaye d’abandonner tout mon corps à cette eau menaçante pour observer vos lumières, les membres, la poitrine et les oreilles plongés dans un silence absolu, entre un fond et une hauteur illusoire, je cherche une place. Je veux vous contempler. Comprenez-vous ? ».

Finalement ce paysage sombre n’en faisait qu’un et ce n’était qu’une entité qui me dépassait tellement qu’elle ne me remarqua même pas. Pourtant, moi, je sentais mon cœur et je me répétais si excitée et terrifiée « allez, tes cuisses sont englouties, abandonne ton corps, allez. », alors dans un sursaut de courage je plongeais tout mon être dans la noirceur. Le froid me coupa le souffle – j’aime cette sensation ce ne fut pas un problème - mais j’eus si peur ! Tout mon corps perdu dans l’obscurité, comme si j’allais le perdre ! Avalé ! englouti ! Anéanti ! Volé ou repri ! Alors, quelques secondes je fis tout pour me résonner « mais regarde, regarde le ciel, tu baignes dans les abysses et tes yeux baignent dans la Galaxie. Mais ça ne dura qu’un si court instant avant que je ne me relève dans un élan de rire hystérique pour courir vers le sable. Je riais, je riais, je riais, je courais. Gelée, extatique, terrifiée, je riais. Ce fut magnifique, je refis quelques tentatives, mais j’avais trop peur que l’univers m’engloutisse. Peut-être que ça n’aurait pas été une mauvaise chose, qui sait ?

Après ça, sur la mer, tout me paru magnifique et calme, non, tout l’était. Je n’avais qu’un regret, une petite bouteille de rhum pour rajouter un brin d’ivresse à ce ciel magnifique, oui, oui ça, ça aurait été le pompon. Que je puisse ainsi regarder ce monde avec un peu d’insolence à mon tour, dans mon short de bain bleu ciel.

Je n’oublierai jamais.

Modifié par Naluue
  • Like 3
  • Merci 1
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Annonces
Maintenant
Membre, 58ans Posté(e)
Témoudjine Membre 1 722 messages
Forumeur vétéran‚ 58ans‚
Posté(e)
Il y a 7 heures, Naluue a dit :

(petite histoire vraie, bonne lecture, ou pas, à vous de vous le dire)

Avez-vous déjà perdu pied sur votre condition humaine, incapable de comprendre ? Non pas une incapacité passive, mais un désir si puissant de saisir la profondeur d’une contemplation indéfinissable qui vous laisse ainsi sans réponse. C’est impossible, rien de nos sens, nos mots, nos souvenirs ne pourrait résoudre l’énigme. J’y étais, hier tard ou ce matin tôt.

A la plage dans le noir, short de bain bleu d’Espagne que j’affectionne particulièrement et mon haut de bain noir, j’y étais. En arrivant sur la plage je bondissais sur mes jambes, excitée par la Voie Lactée et toutes ces étoiles ! Peu importe la réserve de mon ami, moi, j’irai courir embrasser la mer. Pourtant si peu frileuse, je me surpris à m’écrier « Elle est gelée ! », un visage puéril, la force de la vie, la force du moment, de la bêtise, de l’insouciance. C’est ce que j’aime chez moi. La peur du temps, des souvenirs ratés, des regrets, la peur qui trop souvent inquiète de manquer, et qui entre les abysses et la Voie Lactée, pousse à ne surtout pas renoncer à l’occasion. Les choses, qu’on veuille y croire ou non, n’arrivent jamais deux fois. Nous ne reviendrons pas sur cette plage, avec ce même ciel, et cette même mer ; peut-être même ni reviendrons-nous jamais.

J’ai avancé dans l’eau froide, calme, et si noire. Elle ondulait contre moi comme un monstre qui sommeille, et j’avançais intrépide, grande amoureuse des bains froids. Le spectacle était… sans mot, sans mot. Un ciel noir, habillé d’une infinité d’étoiles vives et puis une lance blanche traversant la nuit : la Voie Lactée. A l’horizon se dessinait, alors que je ne le pensais pas possible, une brume encore plus sombre que tout le reste ; c’était une obscurité sans fond, qui murmurait l’immensité de ce qui se trouvait face à moi, et qui me caressait déjà les cuisses. J’étais effrayée, éblouie, désemparée, comblée, entière et décomposée.

Moi qui confrontait la mer avec tant d’audace sous le Soleil protecteur, courant, me jetant à l’intérieur, fière de ne craindre ni sa température ni ses poissons ni ses méchantes vagues ou sa profondeur, je craignais là, le moindre petit pas qu’il me fallait entreprendre. L’eau ronronnait, noire, l’horizon me narguait, noire, et l’univers, noir, me regardait comme si je franchissais les portes de l’Olympe pour entendre un désintéressé « Es-tu perdu, petit short de bain bleu ciel ? ».

« Je ne sais pas trop », aurais-je répondu « j’ai très peur et vous êtes si beaux, je suis coincée entre les abysses et la Galaxie et je me sens si petit, j’essaye d’abandonner tout mon corps à cette eau menaçante pour observer vos lumières, les membres, la poitrine et les oreilles plongés dans un silence absolu, entre un fond et une hauteur illusoire, je cherche une place. Je veux vous contempler. Comprenez-vous ? ».

Finalement ce paysage sombre n’en faisait qu’un et ce n’était qu’une entité qui me dépassait tellement qu’elle ne me remarqua même pas. Pourtant, moi, je sentais mon cœur et je me répétais si excitée et terrifiée « allez, tes cuisses sont englouties, abandonne ton corps, allez. », alors dans un sursaut de courage je plongeais tout mon être dans la noirceur. Le froid me coupa le souffle – j’aime cette sensation ce ne fut pas un problème - mais j’eus si peur ! Tout mon corps perdu dans l’obscurité, comme si j’allais le perdre ! Avalé ! englouti ! Anéanti ! Volé ou repri ! Alors, quelques secondes je fis tout pour me résonner « mais regarde, regarde le ciel, tu baignes dans les abysses et tes yeux baignent dans la Galaxie. Mais ça ne dura qu’un si court instant avant que je ne me relève dans un élan de rire hystérique pour courir vers le sable. Je riais, je riais, je riais, je courais. Gelée, extatique, terrifiée, je riais. Ce fut magnifique, je refis quelques tentatives, mais j’avais trop peur que l’univers m’engloutisse. Peut-être que ça n’aurait pas été une mauvaise chose, qui sait ?

Après ça, sur la mer, tout me paru magnifique et calme, non, tout l’était. Je n’avais qu’un regret, une petite bouteille de rhum pour rajouter un brin d’ivresse à ce ciel magnifique, oui, oui ça, ça aurait été le pompon. Que je puisse ainsi regarder ce monde avec un peu d’insolence à mon tour, dans mon short de bain bleu ciel.

Je n’oublierai jamais.

De réelles et évidentes qualités d’écriture.

Peut-être un peu trop « français ».

Mais il suffirait probablement de peu de choses pour que tu intéresses vraiment un éditeur sérieux.

 

  • Like 1
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 23ans Posté(e)
Naluue Membre 1 154 messages
Mentor‚ 23ans‚
Posté(e)

@Témoudjine C'est un grand compliment ! Merci, ça me touche.

Je me demande seulement, qu'entendez-vous par un peu trop "français", je suis curieuse.

Modifié par Naluue
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, Posté(e)
lumic Membre 10 330 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
Il y a 21 heures, Naluue a dit :

(petite histoire vraie, bonne lecture, ou pas, à vous de vous le dire)

Avez-vous déjà perdu pied sur votre condition humaine, incapable de comprendre ? Non pas une incapacité passive, mais un désir si puissant de saisir la profondeur d’une contemplation indéfinissable qui vous laisse ainsi sans réponse. C’est impossible, rien de nos sens, nos mots, nos souvenirs ne pourrait résoudre l’énigme. J’y étais, hier tard ou ce matin tôt.

A la plage dans le noir, short de bain bleu d’Espagne que j’affectionne particulièrement et mon haut de bain noir, j’y étais. En arrivant sur la plage je bondissais sur mes jambes, excitée par la Voie Lactée et toutes ces étoiles ! Peu importe la réserve de mon ami, moi, j’irai courir embrasser la mer. Pourtant si peu frileuse, je me surpris à m’écrier « Elle est gelée ! », un visage puéril, la force de la vie, la force du moment, de la bêtise, de l’insouciance. C’est ce que j’aime chez moi. La peur du temps, des souvenirs ratés, des regrets, la peur qui trop souvent inquiète de manquer, et qui entre les abysses et la Voie Lactée, pousse à ne surtout pas renoncer à l’occasion. Les choses, qu’on veuille y croire ou non, n’arrivent jamais deux fois. Nous ne reviendrons pas sur cette plage, avec ce même ciel, et cette même mer ; peut-être même ni reviendrons-nous jamais.

J’ai avancé dans l’eau froide, calme, et si noire. Elle ondulait contre moi comme un monstre qui sommeille, et j’avançais intrépide, grande amoureuse des bains froids. Le spectacle était… sans mot, sans mot. Un ciel noir, habillé d’une infinité d’étoiles vives et puis une lance blanche traversant la nuit : la Voie Lactée. A l’horizon se dessinait, alors que je ne le pensais pas possible, une brume encore plus sombre que tout le reste ; c’était une obscurité sans fond, qui murmurait l’immensité de ce qui se trouvait face à moi, et qui me caressait déjà les cuisses. J’étais effrayée, éblouie, désemparée, comblée, entière et décomposée.

Moi qui confrontait la mer avec tant d’audace sous le Soleil protecteur, courant, me jetant à l’intérieur, fière de ne craindre ni sa température ni ses poissons ni ses méchantes vagues ou sa profondeur, je craignais là, le moindre petit pas qu’il me fallait entreprendre. L’eau ronronnait, noire, l’horizon me narguait, noire, et l’univers, noir, me regardait comme si je franchissais les portes de l’Olympe pour entendre un désintéressé « Es-tu perdu, petit short de bain bleu ciel ? ».

« Je ne sais pas trop », aurais-je répondu « j’ai très peur et vous êtes si beaux, je suis coincée entre les abysses et la Galaxie et je me sens si petit, j’essaye d’abandonner tout mon corps à cette eau menaçante pour observer vos lumières, les membres, la poitrine et les oreilles plongés dans un silence absolu, entre un fond et une hauteur illusoire, je cherche une place. Je veux vous contempler. Comprenez-vous ? ».

Finalement ce paysage sombre n’en faisait qu’un et ce n’était qu’une entité qui me dépassait tellement qu’elle ne me remarqua même pas. Pourtant, moi, je sentais mon cœur et je me répétais si excitée et terrifiée « allez, tes cuisses sont englouties, abandonne ton corps, allez. », alors dans un sursaut de courage je plongeais tout mon être dans la noirceur. Le froid me coupa le souffle – j’aime cette sensation ce ne fut pas un problème - mais j’eus si peur ! Tout mon corps perdu dans l’obscurité, comme si j’allais le perdre ! Avalé ! englouti ! Anéanti ! Volé ou repri ! Alors, quelques secondes je fis tout pour me résonner « mais regarde, regarde le ciel, tu baignes dans les abysses et tes yeux baignent dans la Galaxie. Mais ça ne dura qu’un si court instant avant que je ne me relève dans un élan de rire hystérique pour courir vers le sable. Je riais, je riais, je riais, je courais. Gelée, extatique, terrifiée, je riais. Ce fut magnifique, je refis quelques tentatives, mais j’avais trop peur que l’univers m’engloutisse. Peut-être que ça n’aurait pas été une mauvaise chose, qui sait ?

Après ça, sur la mer, tout me paru magnifique et calme, non, tout l’était. Je n’avais qu’un regret, une petite bouteille de rhum pour rajouter un brin d’ivresse à ce ciel magnifique, oui, oui ça, ça aurait été le pompon. Que je puisse ainsi regarder ce monde avec un peu d’insolence à mon tour, dans mon short de bain bleu ciel.

Je n’oublierai jamais.

Comme je vous comprends .Je ne sais si vous vous êtes baignée nue mais je vous le conseille car c ' est encore une sensation de plus de totale liberté .

Je n ' ai pas eu l ' occasion de le faire sous un ciel bien noir sous des myriades d ' étoiles ...

Vous avez vécu quelque chose de fantastique et merci pour ce témoignage ...

  • Like 1
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Membre, 42ans Posté(e)
Crève Membre 3 563 messages
Mentor‚ 42ans‚
Posté(e)

J'aime aussi contempler les nuits serties d'étoiles, la traînée lumineuse de la voie lactée, tel un chemin de table, tel les portes vers la lumière, rappelle que nous sommes de petites créatures perdues sur un cailloux qui flotte dans les immensités du noir de l'espace. Entre la profondeur de la mer et celle du ciel, nous vivons.

Modifié par Crève
  • Like 1
Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Annonces
Maintenant

Rejoindre la conversation

Vous pouvez publier maintenant et vous inscrire plus tard. Si vous avez un compte, connectez-vous maintenant pour publier avec votre compte.

Invité
Répondre à ce sujet…

×   Collé en tant que texte enrichi.   Coller en tant que texte brut à la place

  Seulement 75 émoticônes maximum sont autorisées.

×   Votre lien a été automatiquement intégré.   Afficher plutôt comme un lien

×   Votre contenu précédent a été rétabli.   Vider l’éditeur

×   Vous ne pouvez pas directement coller des images. Envoyez-les depuis votre ordinateur ou insérez-les depuis une URL.

Chargement
×