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Question :les choses n'ont-elles que l'importance que l'on leurs donnent ?


le merle

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Membre, 28ans Posté(e)
al-flamel Membre 1 054 messages
Mentor‚ 28ans‚
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Qu'est-ce que la valeur ? Que disons nous quand on dit qu'un objet a de la valeur ? Que vaut-il par ailleurs ?

Les économistes dissocient l'usage d'un objet et sa rareté et pose l'utilité marginale (l'utilité de la dernière unité consommée) comme l'expression de la valeur de l'objet.

Exprimée ainsi, l'objet aurait une valeur mais que vaudrait-il précisément ? Celle d'autres objets. La valeur serait donc un rapport de quantités de deux types de biens associés à des satisfactions marginales données (taux marginal de substitution).

Cependant cette valeur n'exprime pas la réalité de la valeur dans l'échange. On en reste ici (même en incorporant la rareté) qu'à la valeur d'usage.

Les économistes néoclassiques ont donc inventé la théorie de l'équilibre général dans laquelle plusieurs "agents" avec une répartition des dotations initiales différente et/ou des fonctions d'utilités différentes s'échangent les biens. La valeur du bien dans un échange idéalisé devrait égaliser les satisfactions marginales des agents, de sorte à ce qu'aucun échange mutuellement avantageux ne soit possible et que la situation soit Pareto-optimale. Seulement dans la réalité, le résultat des échanges n'a pas besoin d'être Pareto-Optimal pour avoir lieu, la répartition initiale et la quantité des dotations initiales a un impact réel sur la fixation des prix.

On peut formaliser à outrance en incorporant tous les problèmes de concurrence imparfaite, de théorie des jeux, etc. Tout ça peut se synthétiser en disant simplement que la valeur d'échange est le résultat d'un rapport social mêlant nécessité et jeux de pouvoir. Et on ne peut comprendre fondamentalement ce jeu de pouvoir qu'en s'intéressant à la valeur de chaque bien et à son expression intrinsèquement monétaire.

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Membre, Posté(e)
le merle Membre 21 605 messages
Maitre des forums‚
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Bonsoir

Il y aurait des valeurs incontournable qui sont vitales  : manger , boire et dormir.

D'autres valeurs peuvent-êtres relatives suivant les conditions?

Il semble que les valeurs vitales pour continuer à exister peuvent-être impératives .

la valeur des choses et objets tombes dans la valeur que l'ont leurs donnent si l'on ne les compare à celles qui nous sont vitale et obligées ?

bonne soirée 

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Membre, Agitateur Post Synaptique, 57ans Posté(e)
zenalpha Membre 23 748 messages
57ans‚ Agitateur Post Synaptique,
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Il y a 2 heures, al-flamel a dit :

Qu'est-ce que la valeur ? Que disons nous quand on dit qu'un objet a de la valeur ? Que vaut-il par ailleurs ?

Les économistes dissocient l'usage d'un objet et sa rareté et pose l'utilité marginale (l'utilité de la dernière unité consommée) comme l'expression de la valeur de l'objet.

Exprimée ainsi, l'objet aurait une valeur mais que vaudrait-il précisément ? Celle d'autres objets. La valeur serait donc un rapport de quantités de deux types de biens associés à des satisfactions marginales données (taux marginal de substitution).

Cependant cette valeur n'exprime pas la réalité de la valeur dans l'échange. On en reste ici (même en incorporant la rareté) qu'à la valeur d'usage.

Les économistes néoclassiques ont donc inventé la théorie de l'équilibre général dans laquelle plusieurs "agents" avec une répartition des dotations initiales différente et/ou des fonctions d'utilités différentes s'échangent les biens. La valeur du bien dans un échange idéalisé devrait égaliser les satisfactions marginales des agents, de sorte à ce qu'aucun échange mutuellement avantageux ne soit possible et que la situation soit Pareto-optimale. Seulement dans la réalité, le résultat des échanges n'a pas besoin d'être Pareto-Optimal pour avoir lieu, la répartition initiale et la quantité des dotations initiales a un impact réel sur la fixation des prix.

On peut formaliser à outrance en incorporant tous les problèmes de concurrence imparfaite, de théorie des jeux, etc. Tout ça peut se synthétiser en disant simplement que la valeur d'échange est le résultat d'un rapport social mêlant nécessité et jeux de pouvoir. Et on ne peut comprendre fondamentalement ce jeu de pouvoir qu'en s'intéressant à la valeur de chaque bien et à son expression intrinsèquement monétaire.

Oui ce qui est d'ailleurs signifiant, c'est par exemple comment le prix concernant le marché de l'art par exemple échappe à la notion d'utilité, voire même à une certaine... rationalité 

On encore comment un produit de luxe tire son attractivité de son prix élevé fixé de manière marketing et non de manière purement économique donc avant même de considérer son coût de production, les marges ou la logique de valeur ajoutée rationnelle

Le prix englobe évidemment des facteurs économiques objectifs mais aussi des facteurs subjectifs, cela au niveau de chaque agent.

La micro économie "souffre" d'un excès de rationalité qui pousse à considérer des modèles théorisés rationalisés

Y compris collectivement 

Puisqu'on parle de théories des jeux, est on certains que, pour maximiser l'ensemble des "gains" du groupe, les agents se comporteraient par des comportements maximisant le gain global à la John Nash ?

Perso je drague la fille en rouge

Smith rationalise, Keynes rationalise, Nash rationalise pourtant les modèles aujourd'hui de prévision d'évolution des cours de la bourse se basent sur des heuristiques et des méthodes très éloignées de la méthode rationalisante de Gordon Shapiro

Regardez la montagne russe Elon Musk

Comment sa valeur financière peut elle perdre 100 milliards de capitalisation boursière ?

L'image, la posture, la communication.....

Le prix qu'on accorde est comme le crédit qu'on donne.

Hautement irrationnel, comme le bitcoin qu'on a cité

Le but n'est plus de connaître la valeur du sous jacent ni sa valeur fondamentale ni même son potentiel de développement mais l'image et la confiance que les agents accordent

Les sub prime pourris en sont les évidences, comme les bulles boursières

Il y a peu de temps, le prix du litre d'essence générait une révolte 

A peine quelques mois plus tard, l'état subventionne pour l'acheter encore plus cher

La résilience humaine est énorme, son irrationnalité beaucoup plus attrayante et beaucoup plus bancable 

La pub l'a bien compris en s'adressant à nos inconscients.

Le conscient est un âne, les français sont des veaux dirait De Gaulle :)

Est plus important de générer l'image pour générer la valeur 

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Membre, Posté(e)
Dompteur de mots Membre 1 842 messages
Forumeur activiste‚
Posté(e)
Il y a 12 heures, le merle a dit :

Un diamant de nombreux carats, vaut une fortune dans un milieu dit normal. Dans un désert, la valeur d'un diamant hors de prix, a-t-il la même valeur qu'un verre d'eau ?

Oui, la valeur est relative aux circonstances, à la ou les personnes qui jugent et, forcément, aux conditions qui les entourent. On peut s'en convaincre en remarquant qu'il est impossible d'observer de la valeur dans le monde. Je veux dire que l'on ne croisera jamais la valeur au coin de la rue ou en faisant ses courses. Bref, elle n'a pas d'objectivité.

Simplement, la valeur est une idée que nous avons inventée et comme toutes les idées, elle nous sert essentiellement à communiquer. En l'occurrence, le concept de valeur nous sert à médiatiser nos désirs, et éventuellement à les projeter sur une échelle, à ériger des systèmes (comme le marché) qui nous permettent de réguler nos désirs mutuels de façon à ce que la vie commune soit possible, ou encore à aménager l'utilisation future des objets de nos désirs.

À l'opposé, un désir, comme par exemple un désir de boire de l'eau après une longue marche dans un désert, cela s'apprécie de façon très objective: les lèvres et la bouche s'assèchent, la tête se met à cogner, la fatigue monte, etc. Mais désirer quelque chose, ce n'est pas la même chose que de lui accorder une valeur. Pour accorder de la valeur, il faut un référent, il faut être capable de se projeter dans un monde d'objets duquel nous puissions un tirer une échelle. C'est pourquoi les bébés ne font que dire "je veux ci ou je veux ça": ils désirent mais ils n'ont pas encore acquis le degré d'abstraction leur permettant de se projeter dans ce monde d'objets. Lorsque ce sera le cas, il en viendront à former des déclarations du genre "je trouve ceci important" ou "je préfère cela".

Donc, ultimement, ta question n'a donc aucun sens puisqu'il n'y a personne dans ton désert pour apprécier le diamant et le verre d'eau.

Il y a 9 heures, zenalpha a dit :

En fait il existe des biens qui sortent du marché dont la valeur est inestimable: l'air qu'on respire, la planète qui nous abrite, la vie...

Beaucoup de personnes adhèrent à des système de valeurs, comme celui de la valeur marchande ou celui du matérialisme consumériste, qui font en sorte que ces biens n'ont pas du tout une valeur inestimable à leur esprit (en dehors de toute hypocrisie, bien sûr).

Il y a 6 heures, Fraction a dit :

Il vaut mieux posséder 4 pommes plutôt que 2, même si on n'a pas faim.

Tu viens de résumer de façon brillante le système de valeur de l'Occident quant à la gestion des biens, et particulièrement quant à la gestion des réserves de nourritures mondiales. Cependant, tous n'adhèrent pas à ce système.

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Membre, Agitateur Post Synaptique, 57ans Posté(e)
zenalpha Membre 23 748 messages
57ans‚ Agitateur Post Synaptique,
Posté(e)

Le "prix d'un produit ou d'un service" intégre aujourd'hui dans l'équation un modèle économique rationnel....devant un concept collectif pragmatique limité dans ses fondements à la simple confrontation de l'offre et de la demande...avec des agents économique du consommateur au producteur hautement ..."irrationnels"

Irrationnel par la psychologie, on a vu que "craquer pour un coup de coeur" ne faisait pas partie du modèle micro économique, que spéculer sur une hausse des prix avait pour conséquence de dérégler le marché comme organe de réglement monétaire de l'offre à la demande, laquelle demande sur réagit et sous estime.

Mais là plus forte irrationnalité...consiste...à avoir abandonné...ce lien entre "réalité" qui est la valeur des ressources naturelles, de la vie animale et végétale, de l'éco système dont nous faisons partie...à un homme "hors sol" comme maître et possesseur de la nature et qui s'en gave en croissance 

Car la plus grande réussite du système économique est aussi sa plus grande faiblesse : avoir besoin impérativement de croissance pour dépenser de plus en plus rapidement aujourd'hui les ressources ... naturelles...que nous n'aurons plus ...demain.

Un crédit financier, une dette publique mais surtout un sol exsangue au passage d'Attila

Une croissance comme ... saccage...un saccage vital aussi discret que celui des camps nazis dont l'horreur n'est apparue qu'après coup, lorsque les yeux ont enfin conceptualisé a posteriori ce que l'inconscient a profondément rejeté

Chercher la valeur demande un changement de logiciel alors ...que nous faisons partie du programme...que nous sommes nourris par le programme 

Une ligne de basic qui comprendrait que la somme du programme n'est pas la croissance dont les arbres atteignent le ciel avec des hyper milliardaires qui se font plaisir dans l'espace mais le progrès humain

Nous avons construit des grands parcs d'attraction, un dysney land mondial dont les dirigeants sont des ânes sous les applaudissements d'un troupeau de chèvres 

Donc Philosophiquement, la révolution de la valeur est énorme et il y aura un prix à payer

Les retraites aujourd'hui, la démocratie menacée avec le congrès américain envahi ou le parlement brésilien, le populisme consumérisé à la barre d'intérêts particuliers,

La richesse ne ruisselle pas...jamais...

Ce sont les petits larcins à la nature qui "enrichissent" les capitaines sous les hourra de la foule

 

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Membre, Posté(e)
le merle Membre 21 605 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)
Il y a 10 heures, Dompteur de mots a dit :

Oui, la valeur est relative aux circonstances, à la ou les personnes qui jugent et, forcément, aux conditions qui les entourent. On peut s'en convaincre en remarquant qu'il est impossible d'observer de la valeur dans le monde. Je veux dire que l'on ne croisera jamais la valeur au coin de la rue ou en faisant ses courses. Bref, elle n'a pas d'objectivité.

Simplement, la valeur est une idée que nous avons inventée et comme toutes les idées, elle nous sert essentiellement à communiquer. En l'occurrence, le concept de valeur nous sert à médiatiser nos désirs, et éventuellement à les projeter sur une échelle, à ériger des systèmes (comme le marché) qui nous permettent de réguler nos désirs mutuels de façon à ce que la vie commune soit possible, ou encore à aménager l'utilisation future des objets de nos désirs.

À l'opposé, un désir, comme par exemple un désir de boire de l'eau après une longue marche dans un désert, cela s'apprécie de façon très objective: les lèvres et la bouche s'assèchent, la tête se met à cogner, la fatigue monte, etc. Mais désirer quelque chose, ce n'est pas la même chose que de lui accorder une valeur. Pour accorder de la valeur, il faut un référent, il faut être capable de se projeter dans un monde d'objets duquel nous puissions un tirer une échelle. C'est pourquoi les bébés ne font que dire "je veux ci ou je veux ça": ils désirent mais ils n'ont pas encore acquis le degré d'abstraction leur permettant de se projeter dans ce monde d'objets. Lorsque ce sera le cas, il en viendront à former des déclarations du genre "je trouve ceci important" ou "je préfère cela".

Donc, ultimement, ta question n'a donc aucun sens puisqu'il n'y a personne dans ton désert pour apprécier le diamant et le verre d'eau.

Beaucoup de personnes adhèrent à des système de valeurs, comme celui de la valeur marchande ou celui du matérialisme consumériste, qui font en sorte que ces biens n'ont pas du tout une valeur inestimable à leur esprit (en dehors de toute hypocrisie, bien sûr).

Tu viens de résumer de façon brillante le système de valeur de l'Occident quant à la gestion des biens, et particulièrement quant à la gestion des réserves de nourritures mondiales. Cependant, tous n'adhèrent pas à ce système.

Bonjour

le sens de la question est : le verre d'eau sauve la vie d'un homme qui risque de mourir de soif et le diamant , qui vaut une fortune , ne servira à rien pour cet homme .dans cette situation .

Bonne journée

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